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Fier-ère de faire parti d’un Syndicat chantant: la lutte au Ellen’s Stardust Diner

Le Ellen’s Stardust Diner est une institution New-Yorkaise, un endroit les acteurs et actrices de Broadway ne font pas qu’attendre une table, mais y chantent des chansons de leurs spectacles lorsqu’il-les y sont. C’est également un endroit il y a actuellement un conflit de travail en cours qui a vu des renvois de masse, des grèves, des manifestations ainsi que des lignes de piquetage qui a retourné des livraisons de nourriture matinales.

Les employé-es du Ellen’s se sont organisé-es avec les IWW pour une grande partie de la dernière année. Leur syndicat, Stardust Family United, est sorti dans les rues, élevant leurs voix et levant leurs poings pour défendre et améliorer leurs conditions de travail.

Plusieurs Stardusters ont travaillé au restaurant de temps à autres au fil des années. Selon leurs dires, Ellen’s était un vraiment bel endroit pour travailler. Les gestionnaires étaient accommodants quand venait le temps de prendre congé pour un spectacle. Et en dépit du grand nombre de serveurs et de serveuses qui décollaient pour la scène, Ellen’s était une communauté tricoté serré. C’était un endroit les travailleurs et travailleuses développaient leur talent et bâtissait des amitiés qui traversaient les années.

Tout ça allait changer l’année dernière quand la nouvelle administration a été introduite.

Les gérant-es ont cessé d’être accommodantes quand venait le temps de prendre congé. Les travailleurs et travailleuses qui dénonçaient des problèmes de sécurité ou se plaignaient de harcèlement sexuel étaient ignoré-es ou, pire encore, renvoyé-es du restaurant. Les travailleurs et travailleuses de longue date, dont certain-es qui cumulaient plusieurs années de service à double chiffre, étaient renvoyé-es sans reconnaissance de leurs services.

Donc l’idée est venue de former un syndicat. Les travailleurs et travailleuses ont contacté quelques syndicats locaux et l’IWW New-York s’est montré le plus réceptif, arrangeant rapidement une formation d’organisation pour les employé-es du Stardust. Les travailleurs et travailleuses ont trouvé le modèle de syndicalisme solidaire de l’IWW, lequel met l’accent sur le contrôle de base et une approche par l’action directe pour s’organiser, comme étant un modèle de solidarité qu’il-les avaient déjà établi dans leur milieu de travail.

Durant quelques temps, l’organisation se déroulait sous le radar. Les problèmes concernant la santé et la sécurité ont été soulevés et les travailleurs et travailleuses ont utilisé le système de communication interne pour faire pression sur la direction. Il et elles ont également organisé une « march on the boss » pour ravoir leur sceau de pourboire et c’est suite à cette action qu’ils et elles ont décidé de sortir publiquement en tant que syndicat. L’endroit par lequel il-les ont choisi de le faire : The New York Times.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas voté pour l’élection d’un conseil du travail, demandant plutôt au propriétaire, Ken Sturm, de négocier directement avec eux et elles.

Au début, la direction laissait entendre qu’ele serait coopérative. Mais cela n’a pas duré. Peu de temps après que le syndicat soit sorti publiquement, Sturm a engagé une firme de démantèlement de syndicat et a inventé des raisons pour renvoyer plus de 15 employé-es soupçonné-es d’être des leaders ayant conduit à la lancée du syndicat.

Les travailleurs et travailleuses ont répondu avec une grève du chant (a singing strike), refusant de performer durant leurs quarts de travail.

Puis quelque chose de remarquable s’est produit; le restaurant a fermé ses portes pour la journée. Ni le 11 septembre, ni le passage de l’ouragan Sandy n’avaient réussi à forcé les patrons du Ellen’s à fermer, mais les travailleurs et travailleuses ont démontré qu’en restant seulement silencieux-euses, il-les avaient le pouvoir de mettre le restaurant en arrêt.

Suivant les mises à pied récentes, la campagne a vraiment commencé à chauffer. Les travailleurs et travailleuses ont réunis des nouveaux et nouvelles employé-es pour rebâtir le nombre de membres du syndicat. Il-les ont réussi avec succès à se défendre contre les tentatives patronales de leurs faire apprendre de nouvelles chansons sur leur propre temps personnel. Il-les ont obtenus de l’administration, un retour à un niveau de personnel adéquat. Une pièce instable de la scène ayant causé des blessures a finalement été remplacée.

Quelques mois plus tard, Ken Sturm s’est engagé dans une autre ronde de renvois massifs illégaux. Lors de cette dernière, sur 70 serveurs et serveuses qui étaient employé-es au moment de la formation du syndicat, la moitié furent renvoyé-es. À nouveau, certain-es y travaillaient depuis plus de 6 ans, on parle même de 20 ans pour certain-es. Le  National Labor Relation Board  a reculé suite à une requête du syndicat pour une injonction.

Les renvois n’ont toutefois pas stoppé la campagne. C’est suite à tous ces renvois que les Stardusters ont organisé leur action la plus radicale : une grève de douze heures durant le « rush » du vendredi soir.

Dans une action de travail distincte, les travailleurs et travailleuses ont refusé-es d’être filmé par une équipe de cinéma Brésilienne qui avait conclu une sorte d’affaire avec l’administration. Il-les ont spontanément créé une pétition et l’ont présenté à la gérance sur le plancher, qui a été forcé de s’y plier.

Quelques participant-es lors de ces actions ne travaillaient au restaurant que depuis quelques semaines seulement. Tout ceci est un témoignage du succès que les travailleurs et travailleuses ont réussi à bâtir dans le restaurant afin de se tenir debout pour soi et pour les autres.

Les travailleurs et travailleuses se sont battu-es ardemment avec des actions incluant le personnel qui avait été renvoyé : manifestations musicale hebdomadaires, un « sip-in » (action durant laquelle les supporters du syndicat se présente au restaurant et laisse un excellent pourboire sans rien acheter), « phone and Facebook blasts », et viser d’autres commerces associés au propriétaire Ken Sturm.

À un certain point, l’administration a même fait venir des musiciens de l’extérieur pour tenter de noyer le son des piquets du samedi soir. Toutefois, il fut découvert que ceux et celles-ci était de musicien-nes syndiqué-es qui, après un mot discret, se sont joint-es pour quelques chansons de protestation et peu après quittèrent. L’administration n’a pas tenté cette tactique à nouveau depuis.

On a récemment vu le personnel du Stardust retourner des livraisons avec leurs piquets de grève musicale.

Derrière leur action régulières au travail, la “Stardust Family United” tient régulièrement une levée de fond « Stardust after dark » et a lancé sa propre page Facebook et son site web. Ses membres sont également en lien avec d’autres salarié-es de la restaurant afillié à l’IWW, en bâtissant particulièrement une relation avec le « Burgerville Worker Union » de Portland.

La campagne a me sa propre chanson-thème, écrite par un-e membre de la “Stardust Family United” et récemment reprise par Tom Morello comme un hommage au dévouement et la créativité des travailleurs et travailleuses du Stardust.

Les travailleurs et travailleuses du Stardust comprennent qu’il-les sont pris-es dans un long processus et , en dépit des réponses illégales et draconiennes de l’administration, Il-les sont déterminé-es à continuer le combat et continuer de chanter jusqu’à ce qu’il-les gagnent.

 

Pour plus d’information, allez voir le lien plus bas. Si vous passer par la ville de New York, jetez un œil sur leur page Facebook pour les manifestations et les événements de levées de fonds. Si vous êtes de l’extérieur, S’il-vous-plait pensez à faire un don :https://www.youcaring.com/stardust-family-united-634720/donate?utm_source=widget#wp

Une douzaine de travailleurs et de travailleuses ont jusqu’à maintenant ont été renvoyé-es et New York étant une ville dispendieuse, tout ce que vous pouvez donner serait d’une aide grandement appréciée. Parallèlement, pourquoi vos branches locales syndicales ou vos groupes politiques n’organiseraient pas une levée de fonds pour supporter ces travailleurs et travailleuses inspirant-es ?

Chilli Sauce, mars 2017

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