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2018: Le plus grand syndicat d’Allemagne annonce une escalade des moyens de pression pour la semaine de 28 heures.

Alors qu’en Amérique du Nord, la majorité des syndicats mènent une campagne de relations publiques et de lobbyisme pour un salaire minimum à 15$ de l’heure, si possible avant que le coût de la vie ne dépasse les 20$ de l’heure, en Allemagne le syndicat des métallos annonce une escalade des moyens de pression pour la semaine de 28 heures.

En négociation depuis quelques mois avec le patronat, l’IG Metall Union s’était engagé à ne déclencher aucune grève jusqu’au 31 décembre. La date limite ayant maintenant été dépassée et le patronat n’ayant démontré aucun signe d’ouverture concret, le Syndicat s’apprête à durcir le ton et à passer à l’attaque.

« Les employeurs sont mieux de se préparer à des grèves annoncées à la toute dernière minute s’ils ne changent pas d’attitude. Si à la fin du mois janvier ils n’ont toujours pas modifié leur position, nous allons considérer des grèves de 24 heures et appeler au vote pour une grève générale » – dit Joerg Hofmann, président de la IG Metall Union.

Le syndicat industriel demande non seulement une hausse des salaires de 6%, mais, en plus, une réduction de la semaine de travail de 7 heures et ce sans réduction de salaire majeur. Rappelons que si le recours à la grève est chose rare en Allemagne, l’IG Metall Union, qui représente 3.1 millions d’adhérent.es compte parmis ses grandes victoires la semaine de 5 jours (1959) et la réduction du temps de travail à 40 heures (1967), puis à 35 heures (1995).

Alors que les économistes sortent leur baratin habituel en se portant soudainement à la défense des petites et moyennes entreprises et en parlant d’une économie européenne qui n’est pas à son mieux, le syndicat répond qu’il est plus que temps que la flexibilité des heures de travail cesse de ne servir que le patronat et commence à être utilisé pour améliorer la vie des travailleurs et des travailleuses. Un plus grand contrôle sur l’horaire, une plus grande autodétermination et un plus grand contrôle sur leur vie, voila ce que demande les syndiqué.es de la IG Metall Union.

 

Mathieu Stakh

 

 

Crédit photo: http://www.industryweek.com
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Grève Générale: 175 000 travailleurs et travailleuses en grève dans l’industrie de la construction!

Ce matin les 175 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs de la construction déclenchent une grève générale pour forcer l’avancement des négociations en cours. Sans convention collective depuis le 30 avril dernier, l’Alliance Syndicale regroupant les cinq syndicats de la construction veut défendre les conditions de travail de ses membres assaillis par les associations patronales.

C’est dans ce contexte que le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses (SITT-IWW) souhaite exprimer sa solidarité et se joint aux 175 000 ouvriers et ouvrières dans la défense de leur droit de faire grève et appuie l’ensemble de leurs revendications.

Solidairement,
Le SITT-IWW Montréal

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Exploitation carcérale, riposte syndicale!

Les prisonniers et prisonnières forment depuis de nombreuses décennies déjà la ligne de
front d’un système de production basé sur l’esclavage. Coincé.es entre quatre murs pour
la durée de leur peine, ils et elles sont souvent forcé.e.s de travailler pour des salaires
dérisoires et dans des conditions inhumaines. Sous le couvert du mensonge voulant qu’ils et elles rendent à la société ce qu’ils et elles lui auraient pris ou à tout le moins qu’ils et elles contribuent à rembourser ce qu’il coûte de les maintenir en détention, le complexe carcéral américain offre de plus en plus régulièrement les services de cette main d’œuvre à faible coût à des compagnies privées.

Considérant que la majorité des gens ayant passé par le système carcéral y retourneront,
qu’ils et elles sont majoritairement issu.e.s de communautés racisées et que vue l’expansion qu’a pris le système carcéral aux États-Unis (70 millions d’états-uniens et états-uniennes ont un casier judiciaire et près d’un pour cent de la population totale est actuellement derrière les barreaux) il ne fait plus aucun doute qu’il s’agit non seulement d’une manière de mettre les sans-emplois au travail forcé, mais aussi de s’assurer que les plus démuni.e.s de la société ne puissent pas exprimer leur mécontentement. C’est pourquoi dès le début de l’année 2014, des membres de l’IWW contactés par des prisonnier.es ont aidé à former l’Incarcerated Workers Organizing Committee iwoc(IWW-IWOC). L’objectif était clair, il fallait faciliter la liaison des prisonniers et prisonnières voulant s’organiser selon les bases du syndicalisme afin d’améliorer leurs conditions de vie. En quelques mois à peine, plus de 700 cartes étaient signées, faisant de l’IWOC l’un des plus gros syndicats de  l’IWW moderne aux États-Unis.

Au début du mois d’avril dernier, la mobilisation a atteint un sommet sans précédent lorsque des grèves ont éclaté dans sept prisons de l’État du Texas. Prenant le slogan «Nous sommes en dedans pour vous, vous êtes en dehors pour nous» au pied de la lettre, les membres des sections locales de l’IWW des quatre coins du monde ont saisi leurs téléphones pour appeler les autorités concernées afin de souligner leur soutien à l’IWOC et leur mécontentement face aux conditions dans lequel ces derniers et dernières sont obligé.e.s de travailler, occasionnant ainsi un blocage complet des communications du Département de la justice criminelle du Texas. De nombreuses grèves continuèrent de manière spontanée jusqu’au 27 avril ou refusant de travailler en plein orage, les travailleurs incarcérées de la prison d’Estelle, toujours au Texas, laissèrent savoir qu’ils pourraient bien devenir la 8e prison de l’État à tomber en grève générale. Face à cette menace, les autorités répondirent en tirant de force les prisonniers de leurs cellules, usant gaz lacrymogène et matraques avant d’en placer plusieurs en cellules de confinement et de leur interdire tout contact avec l’extérieur.

Ne reculant pas devant la menace, le 10 juin, 7 prisonnier.es du Waupun Correctional Institution et du Columbia Correctional Institution entamèrent une grève de la faim afin d’attirer l’attention sur le caractère inhumain des cellules de confinement. En date de publication, les 7 prisonnier.es en seraient à leur 3e journée sans manger et l’IWOC ne compte pas s’arrêter là ayant déjà annoncé une Grève générale nationale le 9 septembre prochain.

Pour plus d’informations, visitez le site de l’IWOC ou consultez son journa bi-annuel l’Incarcerated Worker

 

 

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Un 9 décembre de Grève Nationale, chapitre 2

Un demi-million de gréviste au Québec! Il s’agit en terme de chiffre de la plus grande grève que la province ait connu depuis 1972. Ça en aura pris des années de déficit zéro, de réingénierie, de PPP et d’austérité pour que le fond du baril nous semble suffisamment proche pour provoquer une réaction à sa mesure!

Manifestation aux quatre coins de la province

La journée commença à Québec où les membres de la Fédération des Syndicats de l’Enseignement et du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec ont manifesté, accompagnés de leurs familles, amis et alliés du mouvement communautaire. Ils ont fait irruption dans les bureaux du ministre Blais, avant de manifester du Parc Victoria à la Haute-Ville, après un rapide passage devant la permanence du Parti Libéral où murs et fenêtres furent tapissés de collants pro-grève et pro-négociation. Finalement ce sont plus de 18 000 personnes qui se rassemblèrent devant l’Assemblée Nationale

À Laval une bannière Laval Unis Contre l’Austérité était suspendue au dessus de l’autoroute 15 et tôt en avant-midi à Montréal les membres de la Fédération Autonome de l’Enseignement se regroupait déjà devant le Ministère de l’Éducation des Loisirs et des Sports pour y ériger un campement qu’ils comptent occuper jusqu’à vendredi et ce en dépit des menaces faites par la ville qui compte faire intervenir la police «si nécessaire». La FAE tint aussi une manifestation amenant ses membres du cœur du quartier populaire Centre-Sud au Carré Émilie-Gamelin où ils se joignirent à un deuxième rassemblement avant de terminer la marche au Square Victoria ou ils rejoignirent un 3e rassemblement d’environ 5000 personnes vers 13h30. Maintenant sans convention collective depuis 4ans, les 8000 Cols Blancs de Montréal profitèrent du moment pour tenir une demi-journée de grève et organiser une manifestation devant l’Hôtel de ville.

En soirée de nombreux groupes de pression plus axé sur un syndicalisme de combat, voir de solidarité, notamment Printemps 2015, appelèrent à reprendre la rue dès 20h. Ce sont quelques centaines de personnes qui ce réunirent à nouveau au Carré Émilie-Gamelin, d’ou le cortège marcha vers le centre-ville avant d’être rapidement bloqué par la police les obligeant à rebrousser chemin. Il n’était pas 21h encore que les forces policières sortirent les gaz lacrymogènes pour dispercer une la foule qui, selon toute vraissemblance, exercait pacifiquement son droit de manifester. Au moment de publier, on ne recensait ni blessé.es, ni arrestation.

En Abitibi-Témiscamingue, où on retrouve 10 000 des 400 000 membres du Front Commun, la solidarité et la combativité était aussi au rendez-vous. À Ville-Marie ont comptait plus d’une centaine de travailleurs et travailleuses de la santé dans les rues, tandis qu’à Témiscamingue c’était les enseignants et les enseignantes qui occupaient la place.

Dans la région de la Mauricie, si les membres du Syndicat de l’Enseignement des Vieilles-Forges organisèrent des autobus pour se joindre à la manifestation de Québec, 3000 autres travailleurs et travailleuses des services publics, en plus des enseignant.e,s de Shawinigan, optèrent pour une manifestation à Trois-Rivières qui les emportèrent du Parc de l’Exposition au Centre-Ville.

Du coté de l’Estrie, ce sont 2000 personnes séparées entre un contingent en provenance du CHUS et un autre qui s’était réuni aux Galeries Quatre-Saisons qui, en dépit de la forte présence policière, prirent d’assaut le viaduc passant sur l’autoroute 610. Pour les organisateurs et organisatrices, cette manifestation de 2000 personnes apparait comme un moment de mobilisation historique, non seulement pour le Québec en entier, mais aussi pour la région de l’Estrie en particulier.

Sur la Côte-Nord, outre les nombreux autobus qui quittèrent la région tôt ce matin afin d’aller prêter mains forte aux grévistes de la ville de Québec, des manifestations et des lignes de piquetage eurent lieu à Baie-Commeau et Sept-ile.

Les IWW

Fidèles à leurs habitudes, des wobblies des villes de Montréal, Sherbrooke et Québec se joignirent aux mobilisations. Parfois en solidarité comme ils et elles le firent sur les lignes de piquetages du SÉTUE en début de semaine et aux manifestations de la coalition Main Rouge de 28 novembre à Montréal et du 5 décembre à Québec, mais surtout aussi parce qu’illes sont touché.e.s directement par les attaques gouvernementales. Un nombre important du membership de l’IWW porte actuellement deux cartes, soit celle du Grand Syndicat pour Tous et Toutes (IWW, One Big Union), mais aussi celles de l’une ou l’autre des centrales affiliées au Front Commun. Ces membres qu’on retrouve généralement parmi les plus actifs de leurs syndicat savent qu’une attaque contre une portion de la classe ouvrière représente une attaque contre toute la classe ouvrière, une victoire d’une portion de la classe ouvrière représente aussi une victoire pour toute la classe ouvrière.

Mais est-ce que cela sera suffisant, le gros risque des grèves se limitant à un ou deux jours est, aussi grosse puisse-t’elle être, qu’elles ne sont pour le gouvernement qu’un dur moment à passer. Un 24h durant lesquelles il devra s’accrocher le temps que la tempête passe. Le Front Commun n’est pas dupe et s’est gardé quelques jours de grève en poche question de pouvoir revenir à la charge au mois de janvier, mais qu’adviendra-t-il au mouvement une fois ces grèves passées? Quelles seront les prochaines actions et comment réagiront les hautes sphères des centrales, de même que la base qui les supporte lorsque les 6 jours de grèves seront passés?

De nombreux articles ont tenté de répondre à cette question en soulignant les faiblesses du mouvement syndical actuel et les stratégies mises de l’avant par le gouvernement, notamment l’usage des lois spéciales, afin de mieux préparer les syndiqué.es. Parmis ces articles notons Le portrait de la situation actuelle publié par le SITT-IWW et disponible sur ce blogue, mais aussi Raterons-nous ce rendez-vous de l’histoire? Par le webzine Dur Réalité et Le bluff manqué du Front Commun par Ricochet qui mettent de l’avant une analyse combative des stratégies à utiliser Ces questions sont importantes et les décisions et actions qui en découleront le sont tout autant.

Aujourd’hui nous étions un demi millions dans la rue, demain, avec courage et détermination nous serons 7 milliards. Solidarité!

Radicalization of the May 1st 2015 Strike

Pour lire cet article en français, cliquez ici. 

A phantom haunts the province of Quebec. It is the phantom of the General Strike. Since 2012, our elites have known that the working class, the students, and all those who continue to decry injustice and repression have the power to take to the streets and impose their legitimacy in the face of the State. Despite this dread, the high-priests of capitalism, and especially those preaching its liberal vision, can not hold back from waging an open war against everything that isn’t merchandise, against everything that isn’t financially valuable. From budget cuts to over-arming police forces, and from underpaid jobs to public insults against the poor and the exploited, everything leads one to believe that Quebec is now the foreground of unbridled capitalism. This neo-liberal paradise, protected by the State and its minions, ruins our lives and those of our families and friends, quashes what little is left of our liberty, spits in the faces of those most hard on their luck and on the misery of its own creation.

We have long ceased to believe in the regulatory capacity of this system. By destroying itself, it will destroy us too. Each new day we are reminded of this programmed failure: environmental disasters, increased inequality, the deterioration of working conditions, institutional racism, systemic corruption of our political system, and harassment of women in their workplaces or at school. Generally speaking, it is all forms of domination that are dangerously increasing, pushing the most exploited and dominated to the breaking point, all in order to install our elites on a too-comfortable pedestal.

This is why we call the rebellious among us to insurrection. We hope that the spring will bring out the most angry, those who are disgusted at the system, in the streets and in actions. Because apathy just isn’t enough, we firmly believe in our common capacity to create a better world. More than a simple timely struggle against austerity, we see on the horizon the premises of a social war, of which the 2012 strike was only a beginning. Each government, left or right, has tried time and again to impose their rotten economic and societal concepts upon us. A single day of strikes is not enough to push back a government which dearly protects the financial assets of the most dominant in society. We believe that a global revolt of all society must emerge during the spring. This revolt must be planned on the long term: in Quebec as in Europe, there are too many recent examples that demonstrate the futility of punctual and singular actions against governments that are now used to and prepared for social discontent.

Against capitalism and liberalism, we reaffirm our right to manage our own lives, whether the people who rule us like it or not. Our daily lives belong to us, our cities too. We firmly believe that capitalism must be erased from Quebec. In this goal, we will always be in solidarity with those who struggle, and always at odds with those who remain resigned and prostrate. We will be alongside workers and students in their struggles, and we will oppose all police brutality with working class solidarity. In the streets, in our workplaces and schools, in our neighborhoods, we are here to struggle and help.

Let us not fear our utopias!

Let us dare to overthrow the established order!