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Grève Générale: 175 000 travailleurs et travailleuses en grève dans l’industrie de la construction!

Ce matin les 175 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs de la construction déclenchent une grève générale pour forcer l’avancement des négociations en cours. Sans convention collective depuis le 30 avril dernier, l’Alliance Syndicale regroupant les cinq syndicats de la construction veut défendre les conditions de travail de ses membres assaillis par les associations patronales.

C’est dans ce contexte que le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses (SITT-IWW) souhaite exprimer sa solidarité et se joint aux 175 000 ouvriers et ouvrières dans la défense de leur droit de faire grève et appuie l’ensemble de leurs revendications.

Solidairement,
Le SITT-IWW Montréal

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Près d’un millier de manifestant-es pour la journée internationale des travailleurs et travailleuses

 

Dans le cadre du 1er mai 2017, alors que les centrales syndicales envoyaient leurs permanent-es et salarié-es distribuer des tracts, le IWW ainsi que de nombreux groupes se mobilisèrent pour une journée de lutte, de solidarité ouvrière et de combat. Au programme; occupation des bureaux d’agences de placement, repas populaire et manifestation du quartier Centre-Sud jusqu’au Centre-Ville où la police nous attendait de pied ferme!

Occupation des bureaux des bureaux de Thompson Tremblay et de ManPower Solutions de Recrutement

Cette année le coup d’envoi de la journée internationale des travailleurs et travailleuses à été donné dès midi pour les membres du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) de Montréal et de l’Association des Travailleurs et Travailleuses Temporaires d’Agences de Placement (ATTAP) qui sont allés occuper les bureaux de Thompson Tremblay et de ManPower Solutions de Recrutement, deux agences de placement.

Les agences de travail temporaire se spécialisent pour offrir de la main-d’œuvre flexible aux entreprises. Essentiellement, cela transforme la relation patron-employé en une relation triangulaire de patron-agence-employé. Les agences permettent aux entreprises de réduire leurs coûts de production par une réduction du personnel comptable ainsi que l’évasion du paiement des avantages sociaux et des protections garanties par les normes minimales du travail telles que les cotisations à l’assurance-emploi, l’assurance en cas d’accidents de travail, les congés parentaux, ainsi que celle pour les aidants naturels, les régimes de retraite, les vacances, etc. Elles limitent aussi le droit à la syndicalisation, le droit à la négociation directe avec le patron pour avoir une convention collective de travail et le droit de faire la grève comme mécanisme de défense. Les travailleurs et les travailleuses victimes de ce procédé n’accumulent aucune ancienneté, n’ont pas de minimum d’heures de travail garanti ni de sécurité d’emploi et ne bénéficient d’aucune augmentation de salaire annuelle. Depuis la perturbation de la conférence de l’ACSESS le 5 avril 2017, nos conditions de travail ne se sont pas améliorées. Nos revendications restent donc les mêmes:

L’augmentation immédiate du salaire minimum à 15$/heure, l’embauche obligatoire des travailleurs-euses d’agence par l’entreprise cliente après trois mois de service, la co-responsabilité des agences de placement et des entreprises clientes en ce qui concerne les normes du travail et de santé-sécurité, le même salaire pour les travailleurs-euses d’agences que pour ceux et celles qui sont embauché-e-s directement par l’entreprise cliente.

Repas populaire dans le quartier Centre-Sud
Malgré la pluie, ce sont près de 200 personnes qui se sont regroupées au Parc Médéric Martin en début d’après-midi.  Abrité-e-s par les tentes de SOS Itinérance et réchauffé-e-s par la nourriture fournie par le Café Coop Touski, les membres de notre dévoué syndicat, mais aussi ceux du Mouvement Action Chômage, du Comité Logement du Plateau Mont-Royal, du Collectif Opposé à la Brutalité Policière, de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), du Syndicat des Étudiant-es Travailleurs et Travailleuses de l’UQÀM, de Solidarité Sans Frontière, de l’Association Facultaire des Étudiant-es en Sciences-Humaines de l’UQÀM, ainsi que de divers collectifs Antifascistes présents dans le quartier comme le RASH, le Montreal SisterHood et la Jeune Garde ont profité de ce rassemblement communautaire.

Le thème de la journée? La coupe est pleine! Alors que le coût de la vie augmente sans arrêt, les services publics se font tronçonner. Les personnes assistées sociales subissent des attaques sauvages. Il y a la menace d’une réforme des Normes du travail à la sauce patronale qui nous guette, et pour ajouter l’insulte à l’injure, tandis que syndicats et groupes communautaires réclament un salaire minimum à 15$ de l’heure, les boss et l’État répondent : vous ne valez guère plus de 11,25$/h.

Comme si ce n’était pas suffisant, le climat social se dégrade. Les discours racistes ont de vastes tribunes. On maltraite la différence. Les crimes haineux visant les femmes, les musulman.es et la communauté LGBTQIA* se multiplient. Nous ne tolérons pas ces discours de haine qui se propagent autant dans les médias, les milieux de travail et nos communautés.

Manifestation du Métro Frontenac au Centre-Ville

Finalement rejoint par le Pink Bloc et des groupes anti-gentrification du quartier Hochelaga-Maisonneuve, c’est sous le thème de l’antifascisme et de l’ouverture des frontières plutôt que du repli sur sois que la manifestation se mit finalement en branle à 17h40. Fanfare, drapeaux, fumigènes et feux d’artifices animèrent la rue Ontario du métro-Frontenac jusqu’à la Grande Bibliothèque au métro Berri-UQÀM ou les manifestant-es prirent les rues du Centre-Ville afin d’aller rejoindre la grande manifestation organisée par la Convergence des Luttes AntiCapitaliste (CLAC). Si les participant-es de cette dernière avaient déjà eu à se défendre d’une première charge policière à la place Ville-Marie, l’arrivée du contingent antifasciste et syndicaliste révolutionnaire donna un second souffle à la manifestation qui continua jusqu’à passé 20h le soir dans les rues du Centre-Ville.

Au moment de publication, on ne comptait qu’une seule arrestation. Tous nos remerciement aux équipes d’avocat-es de Desmarais & Desvignes et Ouellet Nadon et AssociéEs qui s’unirent pour faire la veille légale de nos membres.

 

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Solidaire des arrêté-e-s de la Loi Travail

En solidarité avec celles et ceux qui ont lutté et qui luttent encore contre la Loi Travail et « son monde », le SITT-IWW Montréal a organisé une soirée de financement afin d’aider le groupe de Défense Collective (DefCol) de Paris, et ce en offrant un soutient moral et financier aux personnes arrêté.e.s et/ou incarcéré.e.s en lien avec le mouvement qui a débuté ce printemps. Ce montant est bien entendu symbolique, mais il représente une solidarité internationale qui doit être maintenue afin de combattre le système qui nous affame et qui nous plonge dans la précarité.

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Exploitation carcérale, riposte syndicale!

Les prisonniers et prisonnières forment depuis de nombreuses décennies déjà la ligne de
front d’un système de production basé sur l’esclavage. Coincé.es entre quatre murs pour
la durée de leur peine, ils et elles sont souvent forcé.e.s de travailler pour des salaires
dérisoires et dans des conditions inhumaines. Sous le couvert du mensonge voulant qu’ils et elles rendent à la société ce qu’ils et elles lui auraient pris ou à tout le moins qu’ils et elles contribuent à rembourser ce qu’il coûte de les maintenir en détention, le complexe carcéral américain offre de plus en plus régulièrement les services de cette main d’œuvre à faible coût à des compagnies privées.

Considérant que la majorité des gens ayant passé par le système carcéral y retourneront,
qu’ils et elles sont majoritairement issu.e.s de communautés racisées et que vue l’expansion qu’a pris le système carcéral aux États-Unis (70 millions d’états-uniens et états-uniennes ont un casier judiciaire et près d’un pour cent de la population totale est actuellement derrière les barreaux) il ne fait plus aucun doute qu’il s’agit non seulement d’une manière de mettre les sans-emplois au travail forcé, mais aussi de s’assurer que les plus démuni.e.s de la société ne puissent pas exprimer leur mécontentement. C’est pourquoi dès le début de l’année 2014, des membres de l’IWW contactés par des prisonnier.es ont aidé à former l’Incarcerated Workers Organizing Committee iwoc(IWW-IWOC). L’objectif était clair, il fallait faciliter la liaison des prisonniers et prisonnières voulant s’organiser selon les bases du syndicalisme afin d’améliorer leurs conditions de vie. En quelques mois à peine, plus de 700 cartes étaient signées, faisant de l’IWOC l’un des plus gros syndicats de  l’IWW moderne aux États-Unis.

Au début du mois d’avril dernier, la mobilisation a atteint un sommet sans précédent lorsque des grèves ont éclaté dans sept prisons de l’État du Texas. Prenant le slogan «Nous sommes en dedans pour vous, vous êtes en dehors pour nous» au pied de la lettre, les membres des sections locales de l’IWW des quatre coins du monde ont saisi leurs téléphones pour appeler les autorités concernées afin de souligner leur soutien à l’IWOC et leur mécontentement face aux conditions dans lequel ces derniers et dernières sont obligé.e.s de travailler, occasionnant ainsi un blocage complet des communications du Département de la justice criminelle du Texas. De nombreuses grèves continuèrent de manière spontanée jusqu’au 27 avril ou refusant de travailler en plein orage, les travailleurs incarcérées de la prison d’Estelle, toujours au Texas, laissèrent savoir qu’ils pourraient bien devenir la 8e prison de l’État à tomber en grève générale. Face à cette menace, les autorités répondirent en tirant de force les prisonniers de leurs cellules, usant gaz lacrymogène et matraques avant d’en placer plusieurs en cellules de confinement et de leur interdire tout contact avec l’extérieur.

Ne reculant pas devant la menace, le 10 juin, 7 prisonnier.es du Waupun Correctional Institution et du Columbia Correctional Institution entamèrent une grève de la faim afin d’attirer l’attention sur le caractère inhumain des cellules de confinement. En date de publication, les 7 prisonnier.es en seraient à leur 3e journée sans manger et l’IWOC ne compte pas s’arrêter là ayant déjà annoncé une Grève générale nationale le 9 septembre prochain.

Pour plus d’informations, visitez le site de l’IWOC ou consultez son journa bi-annuel l’Incarcerated Worker

 

 

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Un 9 décembre de Grève Nationale, chapitre 2

Un demi-million de gréviste au Québec! Il s’agit en terme de chiffre de la plus grande grève que la province ait connu depuis 1972. Ça en aura pris des années de déficit zéro, de réingénierie, de PPP et d’austérité pour que le fond du baril nous semble suffisamment proche pour provoquer une réaction à sa mesure!

Manifestation aux quatre coins de la province

La journée commença à Québec où les membres de la Fédération des Syndicats de l’Enseignement et du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec ont manifesté, accompagnés de leurs familles, amis et alliés du mouvement communautaire. Ils ont fait irruption dans les bureaux du ministre Blais, avant de manifester du Parc Victoria à la Haute-Ville, après un rapide passage devant la permanence du Parti Libéral où murs et fenêtres furent tapissés de collants pro-grève et pro-négociation. Finalement ce sont plus de 18 000 personnes qui se rassemblèrent devant l’Assemblée Nationale

À Laval une bannière Laval Unis Contre l’Austérité était suspendue au dessus de l’autoroute 15 et tôt en avant-midi à Montréal les membres de la Fédération Autonome de l’Enseignement se regroupait déjà devant le Ministère de l’Éducation des Loisirs et des Sports pour y ériger un campement qu’ils comptent occuper jusqu’à vendredi et ce en dépit des menaces faites par la ville qui compte faire intervenir la police «si nécessaire». La FAE tint aussi une manifestation amenant ses membres du cœur du quartier populaire Centre-Sud au Carré Émilie-Gamelin où ils se joignirent à un deuxième rassemblement avant de terminer la marche au Square Victoria ou ils rejoignirent un 3e rassemblement d’environ 5000 personnes vers 13h30. Maintenant sans convention collective depuis 4ans, les 8000 Cols Blancs de Montréal profitèrent du moment pour tenir une demi-journée de grève et organiser une manifestation devant l’Hôtel de ville.

En soirée de nombreux groupes de pression plus axé sur un syndicalisme de combat, voir de solidarité, notamment Printemps 2015, appelèrent à reprendre la rue dès 20h. Ce sont quelques centaines de personnes qui ce réunirent à nouveau au Carré Émilie-Gamelin, d’ou le cortège marcha vers le centre-ville avant d’être rapidement bloqué par la police les obligeant à rebrousser chemin. Il n’était pas 21h encore que les forces policières sortirent les gaz lacrymogènes pour dispercer une la foule qui, selon toute vraissemblance, exercait pacifiquement son droit de manifester. Au moment de publier, on ne recensait ni blessé.es, ni arrestation.

En Abitibi-Témiscamingue, où on retrouve 10 000 des 400 000 membres du Front Commun, la solidarité et la combativité était aussi au rendez-vous. À Ville-Marie ont comptait plus d’une centaine de travailleurs et travailleuses de la santé dans les rues, tandis qu’à Témiscamingue c’était les enseignants et les enseignantes qui occupaient la place.

Dans la région de la Mauricie, si les membres du Syndicat de l’Enseignement des Vieilles-Forges organisèrent des autobus pour se joindre à la manifestation de Québec, 3000 autres travailleurs et travailleuses des services publics, en plus des enseignant.e,s de Shawinigan, optèrent pour une manifestation à Trois-Rivières qui les emportèrent du Parc de l’Exposition au Centre-Ville.

Du coté de l’Estrie, ce sont 2000 personnes séparées entre un contingent en provenance du CHUS et un autre qui s’était réuni aux Galeries Quatre-Saisons qui, en dépit de la forte présence policière, prirent d’assaut le viaduc passant sur l’autoroute 610. Pour les organisateurs et organisatrices, cette manifestation de 2000 personnes apparait comme un moment de mobilisation historique, non seulement pour le Québec en entier, mais aussi pour la région de l’Estrie en particulier.

Sur la Côte-Nord, outre les nombreux autobus qui quittèrent la région tôt ce matin afin d’aller prêter mains forte aux grévistes de la ville de Québec, des manifestations et des lignes de piquetage eurent lieu à Baie-Commeau et Sept-ile.

Les IWW

Fidèles à leurs habitudes, des wobblies des villes de Montréal, Sherbrooke et Québec se joignirent aux mobilisations. Parfois en solidarité comme ils et elles le firent sur les lignes de piquetages du SÉTUE en début de semaine et aux manifestations de la coalition Main Rouge de 28 novembre à Montréal et du 5 décembre à Québec, mais surtout aussi parce qu’illes sont touché.e.s directement par les attaques gouvernementales. Un nombre important du membership de l’IWW porte actuellement deux cartes, soit celle du Grand Syndicat pour Tous et Toutes (IWW, One Big Union), mais aussi celles de l’une ou l’autre des centrales affiliées au Front Commun. Ces membres qu’on retrouve généralement parmi les plus actifs de leurs syndicat savent qu’une attaque contre une portion de la classe ouvrière représente une attaque contre toute la classe ouvrière, une victoire d’une portion de la classe ouvrière représente aussi une victoire pour toute la classe ouvrière.

Mais est-ce que cela sera suffisant, le gros risque des grèves se limitant à un ou deux jours est, aussi grosse puisse-t’elle être, qu’elles ne sont pour le gouvernement qu’un dur moment à passer. Un 24h durant lesquelles il devra s’accrocher le temps que la tempête passe. Le Front Commun n’est pas dupe et s’est gardé quelques jours de grève en poche question de pouvoir revenir à la charge au mois de janvier, mais qu’adviendra-t-il au mouvement une fois ces grèves passées? Quelles seront les prochaines actions et comment réagiront les hautes sphères des centrales, de même que la base qui les supporte lorsque les 6 jours de grèves seront passés?

De nombreux articles ont tenté de répondre à cette question en soulignant les faiblesses du mouvement syndical actuel et les stratégies mises de l’avant par le gouvernement, notamment l’usage des lois spéciales, afin de mieux préparer les syndiqué.es. Parmis ces articles notons Le portrait de la situation actuelle publié par le SITT-IWW et disponible sur ce blogue, mais aussi Raterons-nous ce rendez-vous de l’histoire? Par le webzine Dur Réalité et Le bluff manqué du Front Commun par Ricochet qui mettent de l’avant une analyse combative des stratégies à utiliser Ces questions sont importantes et les décisions et actions qui en découleront le sont tout autant.

Aujourd’hui nous étions un demi millions dans la rue, demain, avec courage et détermination nous serons 7 milliards. Solidarité!

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Retour sur le 1er mai du SITT-IWW

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À l’occasion de ce 1er mai 2015, le SITT-IWW Montréal a organisé et participé à de nombreuses actions de perturbation. Prévue depuis plusieurs mois, cette journée de mobilisation s’inscrivait dans un contexte de lutte contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement. Un appel à la grève générale a été relayé depuis presque un an sur les lieux de travail, dans les universités et les établissements scolaires, les hôpitaux, les services de poste,  et parmi les organismes communautaires. A la veille du 1er mai, ce sont des centaines d’organismes et lieux de travail qui avaient votés en assemblée générale un mandat de grève pour ce 1er mai, ainsi que de très nombreux établissements d’enseignement supérieur.

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Blocage de la tour de Radio-Canada

Dès le soir du 30 avril, le SITT-IWW Montréal a organisé une action de blocage de la tour de Radio-Canada, où d’importantes coupures et suppressions de postes sont à prévoir. Plusieurs centaines de personnes ont répondu présentes à notre appel, permettant à cette action d’être une franche réussite, malgré quelques arrestations et l’utilisation de gaz au poivre. Alors qu’une très importante force policière bloquait la manifestation et nous faisait tourner en rond, nous avons réussi à nous disperser sans éveiller les soupçons et à nous retrouver presque aussi nombreux-ses sur le lieu même de l’action.

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Blocage du stationnement de la Section de l’application des règlements du stationnement du SPVM

A 7h le vendredi 1er mai, plusieurs dizaines de wobblies ont bloqué les quatre sorties du stationnement de la Section de l’application des règlements du stationnement du SPVM. Pendant presque deux heures, aucun véhicule n’a pu sortir du stationnement, jusqu’à l’intervention tranquille de la police anti-émeute.

Après une opération de métro populaire, nous avons convergé avec plusieurs groupes  communautaires en grève afin de participer en masse à la manifestation organisée par la Coalition Main Rouge, que nous avons joyeusement prolongée en manifestation sauvage autour du Square Victoria. Plusieurs centaines de personnes nous ont alors suivis spontanément. Nous avons également apporté notre soutien à la manifestation de la FTQ.

Entre 14h et 17h, le SITT-IWW Montréal organisait un barbecue dans le parc situé près de notre local. Une fois encore, notre capacité de mobilisation a dépassé toutes nos espérances, transformant ce moment de repos bien mérité en une action de blocage de la rue adjacente.

Nous avons ensuite rejoint la manifestation des quartiers du nord afin de descendre vers le centre-ville, où devait avoir lieu une action de blocage de la tour HSBC, organisée par la CLAC. Quelques minutes avant notre arrivée, la manifestation principale fut très violemment attaquée par les forces anti-émeutes, la fractionnant en plusieurs petites manifestations se propageant dans tout le centre-ville. S’en sont suivis plusieurs heures d’affrontement avec les forces de police, dont la violence fut proportionnelle à l’inutilité tout au long de cette journée. Ce jour-là, la police n’a protégé et servi personne, à part le capitalisme.

Il est important de noter que nos actions ont toutes bénéficié d’un franc soutient de la part des travailleurs et travailleuses, ainsi que des passant-e-s. Il est assez rare de recevoir autant de manifestations de soutien de la part des automobilistes, alors même que notre contingent affichait fièrement nos couleurs rouge et noir. Les travailleurs et travailleuses des établissements bloqués nous ont parfois signifié leur désir de se mettre également en grève, bien que les conditions légales ne le permettaient pas encore. Nous les avons poussés à prendre leur propre légitimité.

Bien entendu, le SPVM était lui aussi fortement mobilisé pour cette journée. Le courage des policiers et policières n’a eu d’égal que leur incapacité à contrôler les foules, tant le nombre d’actions organisées était important. Nous pouvons affirmer que la police a été clairement débordée tout le long de cette journée, et souhaitait se rattraper lors de la manifestation de soir. Il est certainement plus simple de réprimer une seule grosse manifestation localisée que des centaines de petites actions disséminées.  Des informations sur les mouvements du SPVM nous ont permis de comprendre que nous étions une cible privilégiée (voir la « priorité numéro 1 ») suite à notre action de blocage de leurs agents du stationnement, et d’échapper à une tentative de souricière à midi (grâce à l’appui de  la FTQ). Ainsi, nous avons pu éviter toute criminalisation de nos membres et sympathisant-e-s, et nous nous en sommes sortis avec seulement 5 contraventions.

En fin de compte, nous sommes très fiers/fières d’avoir participé à l’organisation de cette journée. Les bénéfices en termes d’image du syndicat, de diffusion de notre discours, et de nouvelles adhésions se font déjà ressentir. Nous avons réussi à nous présenter comme un facteur de rassemblement, autant vis-à-vis des autres syndicats que des travailleurs et travailleuses en lutte, sans pour autant renier ni dissimuler nos convictions révolutionnaires. Les efforts fournis pour l’organisation de ces actions permettront surement aux prochaines journées du 1er mai d’être aussi intéressantes et stimulantes que celle-ci, d’en faire une véritable journée de combat révolutionnaire. Mais nous ne nous reposons pas, et nous sommes déjà à la conquête de nouvelles luttes.

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Lettre d’appui aux six camarades suspendu.e.s de Rosemont

Camarades,

Nous tenons à rendre hommage à tous les acteurs et actrices de partout à travers le Québec pour la colossale mobilisation qui s’est tenue le 1er Mai : seule véritable journée des travailleuses et des travailleurs. C’est par le fruit de notre labeur et le sacrifice du temps de nos vies que tout le fonctionnement de la société est possible et que les richesses sont créés et rien d’autre. Sans nous , rien ne se ferait. Alors un immense merci pour tout ce travail effectué au quotidien, reconnu ou non, tous secteurs confondus.

Malheureusement, si cette journée a eu comme heureuse conséquence de forger des liens d’amitié et d’exercer notre rapport de force face au patronnat, ce qui est un des objectifs de l’action directe si chère à notre syndicat, en revanche, six de nos camarades enseignant.e.s du Collège de Rosemont furent suspendu.e.s pour avoir fait respecter leur mandat de grève adopté à très forte majorité par les membres: seule autorité légitime dans un syndicat.

Par la présente , nous tenons tout d’abord à afficher notre profonde solidarité ainsi que notre soutien inconditionnel envers toutes les personnes dissidentes qui existent au sein de la société, vous n’êtes pas seul.e.s, mais tout particulièrement envers ces six enseignant.e.s qui subissent injustement ces mesures. Nous vous félicitons pour votre courage et votre détermination à faire respecter votre « droit » de grève; est-ce encore possible de le nommer ainsi?!? Vous êtes des exemples à suivre et nous espérons que plus de gens se dresseront comme vous à travers cette longue Lutte à l’austérité que vos Centrales syndicales et les étudiant.e.s ont avec raison encensée.

Nous condamnons fermement ces suspensions purement arbitraires et exigons que ces travailleurs et travailleuses soient réintégré.e.s à leur quart de travail dès lundi. Ces enseignant.e.s n’ont absolument rien fait de mal. Ils ont usé de leur droit inaliénable de faire la grève lorsque la tentative de dialogue a échoué entre les parties, ce qui est très clairement le cas avec le gouvernement actuel qui passe la chainsaw dans le peu de filet social qu’il nous reste. À quoi peu bien servir un droit lorsqu’il faut demander la permission à une quelconque commission pour en faire usage? Un droit n’a-t-il de valeur réelle que lorsqu’il est exercé librement et de façon autonome? Et dans le cas où il faut attendre la permission d’une quelconque autorité pour en faire usage, cela ne s’apparente t’il pas plus à un privilège qu’à un droit? Et le cas échéant , depuis quand a-t-on collectivement décidé que cela revenait au maître de décider où et quand nous pouvions le constester?

Une grève illégale, ça n’existe pas. Ou plutôt , ça n’existe que dans la tête de ceux et celles qui profitent d’un tel système légaliste, qui avouons-le, nous offre un exemple frappant de ses limites.

Nous réitérons d’ailleurs notre position à savoir que les travailleurs et les travailleuses n’ont strictement rien à voir avec les patrons et réaffirmons l’importance du syndicalisme de combat afin de s’armer d’un rapport de force adéquat face au pouvoir démesuré que les admistrateur.ice.s tout acabit s’octroient sur nos vies. Le partenariat stratégique entre employé.e.s et patron.ne.s est une illusion peu importe la dissonance cognitive que le sentimalisme puisse provoquer à leur égard au fil des années passées à les cotoyer. Advenant le cas où vous décidiez d’user de vos droits, illes se retourneraient contre vous et vous trahiraient sans scrupule et cet exemple en est une preuve concrète. “

Solidarité et que la lutte continue!

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Solidarité avec les camarades des Philippines

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À l’aube de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses, le SITT-IWW Montréal tient à démontrer tout son soutien à ses camarades des Philippines. Les militant-e-s syndicaux et les travailleur-se-s des Philippines font encore et toujours face à la répression des capitalistes étrangers et de leur complice, le gouvernement du Président Benigno Aquino et le patronat local. Nous dénonçons  avec force cette répression et désirons témoigner notre support et notre solidarité à la centrale syndicale Kilusang Mayo Uno (KMU), à ses fédérations et syndicats locaux, ainsi qu’à l’ensemble des travailleur-se-s et des militants-es progressistes des Philippines.

Nos pensées vous accompagnent pour les célébrations du 1er mai et nous sommes à vos côtés dans cette lutte pour l’avancement des droits, du bien-être et des conditions des travailleur-se-s des Philippines.

Solidarité!

SITT-IWW Montréal

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Radicalisation de la grève du 1er mai 2015 !

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Un spectre hante le Québec. Ce spectre, c’est la grève générale. Depuis 2012, nos élites savent que la classe ouvrière, les étudiant-e-s, et tout ceux et celles que l’injustice et la répression n’indiffère pas encore, peuvent prendre la rue et imposer leur légitimité face à l’État. Mais malgré cette hantise, les apôtres du capitalisme, et particulièrement de sa vision libérale, ne peuvent s’empêcher de mener une guerre ouverte contre tout ce qui n’est pas marchandise, contre tout ce qui n’est pas valorisable financièrement. Des coupures budgétaires au sur-armement policier, depuis nos jobs sous-payés jusqu’aux insultes publiques contre les pauvres et les exploité-e-s, tout porte à croire que le Québec s’est fait le chancre d’un capitalisme débridé. Ce paradis néo-libéral, protégé par l’État et ses sbires, ruine nos quotidiens et celui de nos proches, piétine volontairement les restes de notre liberté, crache aux visages des plus démunis et d’une misère qu’il a lui-même engendré. Nous avons cessé depuis bien longtemps de croire en la capacité régulatrice de ce système. En s’autodétruisant, il nous entrainera tous et toutes simultanément dans son sillage. Nous subissons chaque jour de nouveaux rappels de cet échec programmé: catastrophes environnementales, montée des inégalités, dégradations des conditions de travail, racisme institutionnel, corruption systémique de notre système politique, harcèlement des femmes sur leurs lieux de travail ou à l’université… D’une manière générale, ce sont toutes les formes de dominations qui augmentent dangereusement, poussant dans leurs derniers retranchements les exploité-e-s et les dominé-e-s de notre société, pour installer nos élites sur un piédestal bien trop confortable.

C’est pourquoi nous appelons les insoumis-e-s à l’insurrection. Nous espérons que ce printemps verra tous les enragé-e-s, tout-e-s ceux et celles que ce système dégoute, dans la rue et dans l’action. Parce que l’apathie ne nous convient pas, nous croyons fermement en notre capacité commune à créer un monde meilleur. Au-delà d’une simple lutte ponctuelle contre l’austérité, nous voyons pointer au loin les prémisses d’une guerre sociale, dont la grève de 2012 n’était que le début. Les gouvernements successifs et répétitifs, de droite comme de gauche, tentent depuis trop longtemps de nous imposer leur conception mortifère de l’économie, et plus largement de la société. Une seule et unique journée de grève n’est pas suffisante pour faire reculer un gouvernement protecteur des intérêts financiers des dominant-e-s. Nous pensons qu’une révolte globale de l’ensemble de la société doit émerger durant ce printemps. Cette révolte doit s’inscrire sur le long terme : au Québec comme en Europe, de trop nombreux exemples de mouvements sociaux récents ont prouvé l’inutilité d’actions ponctuelles contre des gouvernements désormais accoutumés et préparés à la grogne sociale.

Contre le capitalisme et le libéralisme, nous réaffirmons notre droit à la gestion de nos propres vies, que cela convienne ou non à ceux et celles qui nous dirigent. Notre quotidien nous appartient, nos villes sont à nous. Nous croyons fermement que le capitalisme doit être banni du Québec. Pour cela, nous nous montrerons toujours solidaires de ceux et celles qui luttent, mais à jamais antipathique aux yeux des résigné-e-s et des prostré-e-s. Nous serons aux côtés des travailleur et des travailleuses ainsi que des étudiant-e-s en lutte, et nous opposerons à la brutalité policière une solidarité prolétarienne. Dans la rue, sur les lieux de travail et d’étude, dans nos quartiers, nous sommes présent-e-s pour vous soutenir et vous aider.

N’ayons pas peur de nos utopies!

Osons nous battre pour renverser l’ordre établi!