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Aux Origines du Syndicalisme de Solidarité: Rapport Minoritaire 1

Ces dernières années, j’ai contribué occasionnellement à une rubrique qui s’appelait “Wobbling the Works”, qui mettait l’accent sur l’impact des lois encadrant le monde du travail sur l’organisation syndicale. Je continuerai à écrire à ce sujet de temps à autre, mais depuis peu mon attention a été porté sur un concept que je désigne comme le “syndicalisme minoritaire”, soit une façon de décrire une méthode d’organisation qui n’attend pas après la majorité des ouvriers d’un lieu de travail pour gagner le droit légal de négocier. Ce mois-ci, je vais partager quelques aspects qui ont suscité mon intérêt et qui m’ont mené dans cette direction.

 

Récemment, j’ai dut réécrire la constitution du SITT-IWW pour nos camarades des Comités d’Organisation Régionaux, qui étaient fatigué-es des fautes d’orthographes américaines telles que “labour et “organising”. Examiner minutieusement la constitution m’a fait penser à l’idée des branches d’emplois. Une branche d’emplois est un groupe de cinq membres ou plus du SITT-IWW sur un même lieu de travail et qui  se réunisse au minimum une fois par mois. Cela implique de manière plus ou moins implicite qu’il-les discutent de leurs griefs, qu’il-les crée des stratégies pour les résoudre et établissent une présence syndicale à leur travail.

 

Je travaille présentement sur un projet qui se voulait au départ une version vidéo du pamphlet classique des IWW, “A Worker’s Guide to Direct Action”, mais qui a pris de l’ampleur après que l’on ait commencé. En faisant de la recherche pour la vidéo, j’ai vu parler Miriam Ching Yoon Louie à propos de son livre, Sweatshop Warriors, qui fournit d’excellent exemples expliquant comment les centres de travailleurs et travailleuses immigrant-es ont aidé de nombreux travailleurs et travailleuses à comprendre leurs droits et à s’organiser autour de divers problèmes au travail et dans la communauté. J’ai aussi eu la chance d’interviewer Barbara Pear, une femme de ménage à l’Université de la Caroline du Nord et présidente de la branche de l’UE numéro 150, lorsqu’elle a visité le personnel d’entretien au Collège Swarthmore, qui ont mené une campagne pour le salaire suffisant pendant plus de six ans. Le syndicat de l’Université n’a pas le droit légal de négocier, mais a pourtant eu du succès grâce à l’utilisation de moyens de pression ayant pour but d’amener les administrateurs à la table de négociation et d’obtenir des améliorations pour les travailleurs et les travailleuses les moins payé-es.

 

Je pense souvent aux façons que les travailleurs et travailleuses, qui n’ont pas le droit légal de négocier ou qui n’ont pas de convention collective, peuvent mettre de l’avant pour agir comme un syndicat, en utilisant la loi pour amplifier leur travail. Cela m’est venu à l’esprit parce que Staughton Lynd m’a demandé de rééditer notre pamphlet “Labor Law for the Rank and Filer” à un moment où j’étais devenu particulièrement cynique à l’égard de l’utilisation des lois encadrant le travail dans l’organisation syndicale. Je revenais d’une fin de semaine avec la famille Lynd, des personnes du “Youngstown Workers Solidarity Club” et leurs cohortes de perturbateurs, perturbatrices, de vétérans et vétéranes du militantisme et d’organisateurs et d’organisatrices étudiant-es, issu d’un peu partout aux États-Unis.

 

Le club s’était développé comme une centrale syndicale parallèle qui remplissait un manque quand la centrale local ne pouvait fournir un support adéquat pour une grève. Me tenir avec ces gens fut l’antidote au cynisme que je ressentais; ce n’est pas que j’ai plus de confiance en la loi, mais je me sens maintenant capable de voir les possibilités… Il y a un mois j’ai vu un documentaire, American Standoff, sur la grève de la compagnie de camionnage Overnight, que j’ai critiqué dans le dernier numéro. “Standoff” illustrait beaucoup de problèmes que la classe ouvrière n’a pas encore confronté adéquatement. Comment pouvons nous nous organiser dans des compagnies qui sont tellement anti-syndicales qu’elles sont prêtes à dépenser des millions de dollars juste pour garder les ouvrier-es loin de la table de négociation? La campagne des Teamsters chez Overnight, qui est présentement dans une situation si difficile que ce n’est même pas certain qu’elle pourra être reprise en main, n’est que le dernier exemple d’une longue liste de campagnes qui a laissé la gauche syndicale se gratter la tête en se demandant quoi faire face à un patronat autodestructeur et des lois du travail tout à fait arriérées. Évidemment, la réponse, c’est de ne pas abandonner. Mais il ne s’agit pas non plus de se contenter d’une clique d’agitateurs et d’agitatrices minoritaires sur chaque milieu de travail. Il s’agit de créer de véritables réseaux solidaires qui sont organisés et capable de gagner des améliorations dans des milieux de travail individuels, passant par les industries, et pour le bénéfice de la classe ouvrière internationale.

 

Et, enfin et surtout, plusieurs camarades de l’autre côté de l’atlantique m’ont envoyé un article sur le syndicalisme minoritaire qui a paru dans une édition récente du magazine The Nation. L’article, rédigée par Richard B. Freeman et Joel Rogers, soutient que l’AFL-CIO devrait développer un plan d’organisation qui ne dépend pas du recrutement de la majorité des travailleurs et travailleuses d’un milieu de travail. Ce qui était incroyable de recevoir de multiples copies de cet article dans mes courriels était l’étonnement des syndicalistes non-américains qui l’ont envoyé. La façon tout à fait à l’envers dont nous faisons les chaisons est absurde. Peu de pays pratiquent le syndicalisme comme nous le faisons aux États-Unis (et au Canada) avec le syndicat comme seul agent de négociation d’une majorité déclarée. Je pense que cela aiderait beaucoup si une plus grande partie des travailleurs et travailleuses avec lesquels je discute étaient au courant de comment les choses se font ailleurs, et ça serait aussi bien si les personnes d’ailleurs pouvaient voir les conséquences de notre façon d’organiser.

 

Alors, c’est le but de cette rubrique. Je veux partager ces histoires et ces expériences. Je veux connecter mes camarades avec des ressources que d’autres ont trouvés utiles dans leur travail de syndicaliste. Je ne peux pas offrir la recette du succès. Ces exemples ne seront pas toujours appropriés pour tout le monde. Mais une réflexion intelligente sur une façon d’avancer n’est pas seulement une possibilité, il s’agit de quelque chose qui est déjà en court. Et en développant des ressources pour essayer ces idées, nous allons nous donner la confiance de transformer des commentaires du genre “quelle bonne idée!” à “Je vais l’essayer!”.

 

La série des “Rapports minoritaires” a été écrite et publiée en 2002 sur le site web de l’IWW, par le FW Alexis Buss.

Lien vers l’article original: https://iww.org/about/solidarityunionism/explained/minority1

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Appel pour un contingent intersyndical le 12 novembre 2017

Tandis que les riches et les politiciens s’engraissent toujours plus, les discours politiques et populaires nationalistes tentent tant bien que mal de diviser la population sur la question de l’immigration. On nous propose des idées prémâchées, issues de raccourcis intellectuels qui alimentent l’idée que la solution se trouve dans un «nous» unis et fort et qui se tient debout et fièrement face à «l’invasion» de l’autre. Il est important dans ce contexte où la classe des travailleuses et des travailleurs est divisée sur cet enjeu, d’utiliser notre colère face à ces injustices, afin de s’unir et dire Non! À l’intolérance. Nous nous devons de répondre chaque moment où l’extrême droite s’exprime dans les radios, dans nos quartiers ou encore dans les discours politiques. Il est temps de couper l’herbe sous le pied à l’extrême droite et de prendre les devants avec celles et ceux qui sont victimes de la haine et du racisme.

En tant que syndicalistes, nous devons être solidaires avec tous nos collègues de travail puisque ceux-ci vivent la même oppression de classe. C’est en brisant l’isolement et en tenant tête au racisme que nous pourrons faire face à l’exploitation patronale qui divise, qui hiérarchise et qui maintient les travailleuses et les travailleurs en situation de précarité.

Il est non seulement important de s’unir entre collègues, afin de reprendre le contrôle de notre force de travail et ainsi rompre avec les discours racistes qui nous divisent. Nous devons aussi nous unir entre syndicalistes, afin de rendre visible un contre-discours réellement populaire et solidaire face à celui de l’extrême droite et qui ne laissera plus de place aux idées de haine actuellement diffusées dans l’espace public.

C’est pourquoi le SITT-IWW Montréal appelle à un contingent intersyndical lors de la manifestation contre le racisme et la haine le 12 novembre 2017 à 14 heures à la Place Émilie-Gamelin. Joignons nos forces en solidarité avec celles et ceux qui subissent la haine et l’exclusion et faisons front commun face à ceux qui veulent nous diviser pour mieux nous exploiter!

 

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Soutien à la grève générale : non à la répression politique en Catalogne

Les IWW Montréal est en solidarité aujourd’hui avec la population de la Catalogne, nos camarades de la CNT, mais aussi avec les syndicalistes catalans qui se mobilisent et appellent à la grève générale pour faire valoir le droit à l’autodétermination de la population catalane et dénoncer la violence de l’État espagnol.

Depuis l’annonce d’un référendum pour l’indépendance de la Catalogne, l’État espagnol a utilisé autant les tribunaux que la force pour empêcher la tenue du scrutin. Que ce soit les menaces d’emprisonnement, l’annonce du blocage des bureaux de scrutin, la mobilisation de milliers de policiers, l’arrestation de poseurs d’affiches, les perquisitions, une présence armée dans les rues, l’État espagnol a usé de la force pour  nier un droit fondamental : le droit à l’autodétermination.

Nous sommes donc devant le consulat espagnol aujourd’hui pour dénoncer la violence et le mépris de l’État espagnol à l’égard de la Catalogne. Nous sommes également ici pour apporter notre soutien et notre solidarité au peuple catalan et témoigner du courage de nos camarades de la CNT et des syndicats alliés, qui se mobilisent, appellent à la grève générale et font des actions pour faire respecter le droit en Catalogne et dénoncer la répression de l’État.

Nous demandons donc à l’État espagnol de cesser cette campagne violente, ce bris des droits collectifs, la répression politique et l’usage de la force à l’endroit de la population catalane.

Toute notre solidarité avec les travailleuses et les travailleurs, les syndicalistes catalans ainsi que la population de la Catalogne, votre voix sera entendue!

Les IWW Montréal


La secció de Montreal de l’IWW (Industrial Workers of the World, Treballadors Industrials del Món) es solidaritza avui amb el poble de Catalunya, amb les nostres camarades de la CNT, així com amb els i les sindicalistes catalanes que es mobilitzen per fer valer el dret a l’autodeterminació del poble català i per denunciar la violència de l’Estat espanyol.

Des de l’anunci d’un referèndum sobre la independència a Catalunya, l’Estat espanyol ha utilitzat els tribunals i la força per impedir la celebració del vot. Les amenaces d’empresonament, l’anunci de la clausura dels col·legis electorals, la mobilització de milers de policies, l’arrest de les persones que han penjat cartells relatius al referèndum, la confiscació de material, la presència armada als carrers, han estat algunes de les maneres com l’Estat espanyol ha utilitzat la força per negar un dret fonamental: el dret a l’autodeterminació.

Avui ens hem concentrat davant del consolat espanyol a Montreal per a denunciar la violència i el menyspreu de l’Estat espanyol envers Catalunya. Estem aquí concentrades i concentrats per a manifestar el nostre recolzament i la nostra solidaritat al poble català i testimoniar de la valentia de les nostres camarades de la CNT i les seves aliades sindicalistes, que es mobilitzen i fan accions per a fer respectar el dret a l’autodeterminació a Catalunya i denunciar la repressió de l’Estat.

Demanem a l’Estat espanyol que aturi la campanya violenta, la vulneració dels drets col·lectius, la repressió política i l’ús de la força contra el poble català.

Tota la nostra solidaritat amb les treballadores i els treballadors, els i les sindicalistes catalanes, així que amb el poble de Catalunya. La vostra veu s’escoltarà!


Apoyo a la Huelga General : Ya basta la represión política en Cataluña

El IWW-SITT Montreal está, hoy, en solidaridad con el pueblo de Cataluña, nuestro’as compañero’as de la Confederación Nacional del Trabajo y tambien con lo’as syndicalisto’as cataluño’as mobilisado’as y llamando la huelga general por defender el derecho de autodeterminación del pueblo catalán y para denunciar la violencia del Estado español.

El gobierno español usa de su sistema de justicia y violencia para bloquear el pueblo catalán desde que sabemos la fecha del referéndum por la independencia. Amenazar de aprisionar, bloquear los centros de votación, movilizar más de mil policías, detener lo’as militantes, perseguirlo’as y más, el Estado Español usa fuerza para negar un derecho básico – el derecho de autodeterminarse!

Entonces, hoy estamos en el consulado español para denunciar la violencia y el desprecio del Estado español con la Cataluña. También, estamos aquí por apoyar el pueblo catalán y testimonar del valor y de la fuerza de nuestro’as compañero´as de la CNT y de los sindicatos aliados, que están movilizando, llaman a la huelga general y hacen acciones por defender el derecho de autodeterminación de la Cataluña y denunciar la represión del gobierno español.

Decimos al Estado español – Tu violencia, tu desprecio de la democracia y tu represión política sobre el pueblo catalán « ¡YA BASTA! »

¡Solidaridad con lo’as trabajadore’as, sindicalistas catalane’as y el pueblo de Cataluña!

¡Vuestra voz llevara la libertad!

 

La fête des boss pourris !

Comme vous le savez tous et toutes pertinemment, la Fête du Travail arrive à grands pas. Le Syndicat Industriel des Travailleuses et des Travailleurs (SITT-IWW) a prit la décision, il y a deux ans de cela, d’organiser annuellement une activité à caractère politique en cette journée fériée. Historiquement créée à une date sans signification populaire afin de faire sombrer dans l’oublie la grande importance de la Fête des Travailleuses et des Travailleurs, soit le 1er mai, et ainsi dévier la lutte ouvrière d’une date remplie d’histoire, de luttes, de sang et de sueurs! Nous désirons nous réapproprier cette fête patronale afin de lancer un message clair à ceux et celles qui croient avoir la légitimité de nous dominer, de nous exploiter et de nous faire vivre dans des conditions misérables pour leur insatiable désir d’hausser les profits et leur pouvoir économique :

À BAS LE SALARIAT! À BAS L’EXPLOTATION PATRONALE! À BAS LE CAPITALISME!

Le lundi 4 septembre, nous continuons cette tradition pour une 3e année! Au Parc des Faubourgs dès 17h30, il y aura un rassemblement durant lequel des discussions et des prises de paroles se feront sur divers sujets tel que : le 15$ de l’heure minimum; l’itinérance et la crise des logements; l’immigration et l’intégration sur le marché du travail. Si votre organisme/organisation peut et désire qu’un.e de leurs membres et/ou représentant.es prenne la parole, cela nous ferait un grand plaisir de vous laisser prendre le micro et d’écouter vos propos! De plus, de la nourriture et de la musique acoustique devraient être au rendez-vous! Sans oublier que nous publierons officiellement (et en exclusivité) le palmarès des Boss Pourris 2017!

C’est donc avec un grand plaisir que nous vous invitons à participer à notre rassemblement et à dénoncer, avec nous, les immondes conditions de vie et de travail auxquelles nous sommes tous et toutes confronté.es! Le lundi 4 septembre à 17h30 au Parc des Faubourgs, près du métro Papineau, nous vous y attendons!

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Panorama des luttes passées et à venir en Gaspésie

1909- Partout en Gaspésie, la pêche est menée par des compagnies étrangères de l’île de Jersey, avec en tête la Charles Robin, Collas and Co. Charles Robin est de loin, le pire des employeurs ; il met en effet sur pied le «système Robin» : celui-ci assure une loyauté obligée du pêcheur envers le commerçant. Pour ce faire , s’il veut acquitter sa dette accumulée durant l’hiver dans le magasin général tenu par le même commerçant, le pêcheur ne peut voir qu’une solution : accroître la quantité de morues pêchées la saison suivante. Cependant, comme c’est Robin qui décide le prix des produits et des prises, le remboursement est, à chaque saison, loin d’être complet.

Septembre 1909, les pêcheurs apprennent que les marchands fixent le prix du quintal de morue à 3,50$ alors qu’ils s’attendaient à 5 piastres. La situation est claire : on doit agir collectivement dans l’intérêt de tous et toutes. C’est donc avec la peur au ventre, mais le poing levé, que les pêcheurs entament leurs revendications le quatrième jour de septembre. Partant de petits villages près de Rivière-au-Renard, la population entame une marche qui la mène jusqu’au lieu où se trouve les commerçants ,avec la ferme intention de mettre fin à plus d’un siècle d’exploitation.

La suite de l’histoire est prévisible, les marchands font appel aux forces armées pour assurer leur sécurité, la répression est mise en place, il y aura mort, blessés, emprisonnement chez les pêcheurs et les revendications seront refusées. Cependant, quelques années plus tard, les pêcheurs s’organiseront en coopératives pour battre le monopole en place et se libéreront ainsi de l’emprise directe des commerçants. La révolte des pêcheurs fut le premier pas vers leur émancipation face à des employeurs sans scrupules. À travers ce mouvement collectif, les pêcheurs n’apprirent non pas qu’à revendiquer de meilleurs conditions de la part de leurs patrons, mais surtout, ils comprirent qu’ils devaient s’organiser de manière à pouvoir se passer d’eux.

1957- Plus connue et récemment soulignée dû à son 60ème anniversaire : la grève des mineurs de Murdochville en Gaspésie . La principale cause de cette grève fut le refus patronal de l’affiliation des ouvriers et ourières à un syndicat plus combatif versus le syndicat de boutique et catholique auquel il-les était affilié-es. Cette grève fut aussi fortement réprimée et aucun gain direct ne fut obtenu par les grévistes. Deux d’entre eux moururent durant le conflit, environ 500 furent congédiés pour être remplacés par les scabs. Cependant, on reconnaît aujourd’hui que ce soulèvement, en plein règne Duplessiste, fut le déclenchement de nombreux autres mouvements sociaux. Il força la mise en place de quelques réformes allant vers l’amélioration partielle des conditions de travail et surtout, vers le droit pour les travailleurs et travailleuses de choisir le syndicat de leur choix au lieu d’un système de représentation des ouvriers et ouvrières. Ce système de représentation, souvent mis en place par le patronat, favorisait en effet une paix permanente entre les deux parties. Malgré cette victoire, cette culture syndicale héritée des syndicats catholique perdure toujours.

Ainsi, derrière une image de destination vacances, la Gaspésie, à travers son histoire depuis la colonisation, est le théâtre d’importantes batailles entre forces productives vs les détenteurs de capitaux et leurs moyens de productions. Bien entendu, ce rapport de domination des seconds sur les premiers est toujours d’actualité.

Parlant de destination vacances, le travail saisonnier lié à l’industrie du tourisme est ici un secteur économique de premier ordre. Les petits commerçants, dans le domaine de la restauration par exemple, doivent profiter de de la manne estivale pour accumuler le capital nécessaire pour maintenir à flots leur entreprise et leur rythme de consommation à l’année, tandis que l’employé-e espère accumuler suffisamment d’heures pour pouvoir collecter son chômage en vue de sa mise à pied une fois la saison terminée ou, s’il ou elle est étudiant-e, pour tenter d’accumuler le nécessaire pour survivre à une année scolaire. Donc, les employé-es saisonnier-ères doivent produire de manière intensive durant la saison estivale et ce, malgré la faiblesse du salaire reçu. Le petit commerçant dira alors devoir offrir des petits salaires durant l’été pour engranger des économies suffisantes et des petits salaires le reste l’année, pour tenir jusqu’à la saison suivante.

Voilà ce qui m’amène à parler d’une première difficulté dans le domaine de l’organisation et de la revendication. C’est qu’il semble difficile, dans ce contexte, de revendiquer de meilleures conditions de travail sans se faire reprocher de s’en prendre «aux petits commerces qui font vivre l’économie locale». Le prétexte de la «précarité économique» des petits commerces gaspésiens semble justifier, aux yeux de plusieurs, la précarité des travailleurs, travailleuses et étudiant-es gaspésien-nes. Ainsi, les personnes travaillant d’arrache-pied dans les cuisines, les salles à manger, les cafés, les boutiques diverses pour que les touristes se sentent reçu-es comme roi et reine, jouent éternellement le rôle de support économique jetable et bon marché au service des patrons et des touristes.

Une autre difficulté d’ici dans le même domaine semble provenir du fait que dans ce milieu où tout le monde se connaît, les situations conflictuelles semblent devoir être évitées à tout prix, de peur qu’elles n’affectent les relations sociales hors travail et que les noms des personnes concernées ne deviennent synonymes de «trouble maker» et ainsi entraîner pour elles une certaine exclusion du marché du travail, problème moins présent dans l’anonymat des grands centres urbains.

Une troisième difficulté est le caractère de courte durée de la saison durant laquelle ce type d’emplois abondent. Un changement de culture est long à effectuer et demande une implication constante de nombreuses personnes. Bon nombre de ces travailleurs et travailleuses n’étant que de passage, ils et elles laissent derrière eux et elles les même conditions de travail qu’à leur arrivée, se disant que de toute façon ce n’est que temporaire. La saison hivernale serait donc le bon moment pour s’organiser avec celles et ceux qui héritent de cette situation de précarité à l’année.

Outre cela, on nous chante ici souvent la promesse de jours meilleur grâce à l’arrivée de la grande industrie : pâte et papier (la Gaspésia), ciment (ciment McInnis à Port-Daniel), pétrole (Pétrolia), industrie de l’éolienne (LM windpower)etc. Ces géants industriels, en collaboration avec l’État qui les finance, se présentent comme les sauveurs de la région. «Ils apporteraient emplois et prospérité», alors qu’à de nombreuses reprises, ce type de modèle économique n’engendre que chômage et dévitalisation. En effet, sauf dans le cas de LmWindpower qui engage plusieurs centaines de travailleurs et de travailleuses, ces industries préconisent l’achat d’équipement automatisé et n’apporte ainsi que quelques emplois qui disparaîtront aussitôt que l’entreprise subira les soubresauts d’une quelconque crise économique à Wall Street ou d’une décisions administrative prise très loin d’ici. Ainsi, elles laisseront derrière des personnes sans revenu et des ruines polluantes. Bref, il me semble qu’une organisation du travail fait par et pour les travailleurs et travailleuses dans l’optique d’une amélioration de la qualité de vie de tous et toutes serait sans doute supérieure à une distribution du travail par des dirigeants d’entreprises et d’état, décidant de produire tout et n’importe quoi, pourvu qu’il y ait un profit à en tirer pour les uns et pour les autres que leurs promesses électorales de création d’emplois semblent être tenues, au risque d’ajouter d’autres cicatrices sociales et environnementales dans la région.

Pour conclure, tout au long de leur histoire, les gens d’ici ont supporté d’intolérables traitements de la part d’élites économiques et politiques, autant sur la mer qu’au fond de la mine en passant par l’usine. Par contre, l’histoire populaire nous montre aussi que quand il est temps de se serrer les coudes entre camarades pour améliorer nos conditions, la passion, l’organisation et l’action sont au rendez-vous. Un long travail reste à faire pour déconstruire les préjugés qui divisent la population ouvrière, surtout ceux visant les personnes sans emplois, ou entre travailleurs et travailleuses permanent-es et saisonniers (chômeurs et chômeuseuses saisonnier-es). Aussi, avec un nouveau «chapitre» du groupe d’extrême droite La Meute en Gaspésie, la question du racisme et du fascisme devient prioritaire, sans oublier les luttes contre le sexisme, l’homophobie, luttes autochtone etc. Le SITT-IWW compte ici très peu de membres actuellement, mais son développement dans la région me semble fort pertinent et même urgent. Sur ce, s’il y a des personnes intéressées à venir «salter» dans le coin, gênez-vous pas!

 

Crédit Photo: Camping Québec.
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Immigration et soudain, les pauvres d’ici sont devenus importants

Aux IWW Montréal, nous sommes plusieurs à travailler ou s’impliquer dans le milieu communautaire. Que ce soit en droit du logement, prévention de l’itinérance, l’accès à l’aide médicale pour les sans-papiers, la prévention des ITSS, la défense de droits auprès de personnes assistées sociales, etc.

Il y a un peu plus d’une semaine, une nouvelle faisait les manchettes : une vague d’immigrant-
e-s haïtien-ne- s commençaient à affluer des États-Unis en demandant l’asile et étaient
actuellement logé-e- s au stade olympique, résultat des politiques toxiques d’Uncle Trump.

Et il n’en fallait pas plus pour que les peurs racistes s’éveillent. Que ce soit par l’influence du
tapage médiatique à la sauce panique épicée, par affinité avec les discours identitaires ou par
méconnaissance du sujet, le réflexe xénophobe est vite remonté à la surface. Et les groupes
d’extrême-droite ont vite fait de récupérer ce nouvel épouvantail.

Sauf que cette fois-ci, comme ce ne sont pas de « dangereux arabes infectés de charia », mais
plutôt des personnes d’origine haïtienne, accueillies aux USA depuis le tremblement de terre
de 2010, il est difficile d’invoquer une quelconque guerre des civilisations ou une invasion
religieuse pour refuser leur venue.

C’est donc, ironie du sort, les pauvres d’ici qui ont servi de prétexte aux groupes et individus
racistes : « Commençons par aider nos pauvres avant d’aider ceux des autres. » « Nos vieux
sont maltraités et on va dépenser de l’argent qu’on a pas pour accueillir des étrangers à gros
frais. » « Et après on se demande pourquoi on a pas d’argent pour nos hôpitaux. »
Si déjà l’IWW prône l’ouverture des frontières, l’antiracisme et la solidarité entre travailleuses et
travailleurs, quel que soit leur origine, ces arguments bidons et malhonnêtes nous mettent
franchement en colère, voire en tabarnak. Et pour plusieurs raisons, que nous voulons démolir
ici et maintenant.

Premièrement, de vouloir mettre le poids des politiques d’austérité libérales (au sens
économique, parce qu’on s’entend : PLQ, PQ, CAQ, même combat…) sur les épaules de ceux
et celles qui en paient tout autant les frais est bien dégueulasse. Soyons clairs : les pauvres,
qu’importe leur pays d’origine, subissent les choix économiques et politiques de la classe
dominante. Les seuls qui profitent des coupures dans nos services publics et de leur
privatisation, ce sont les patrons et les riches.

Deuxièmement, dire que l’on manque d’argent et que l’on doit donc favoriser nos pauvres à
nous plutôt que ceux et celles d’ailleurs, eh bien, c’est un faux choix. De l’argent, il y en a, on a
qu’à voir les salaires et bonus que se donnent nos élites politiques et patronales, les
subventions et aides financières faramineuses données à certaines entreprises bien de chez
nous (Bombardier, entres autres, qui reçoit plus d’un milliard de dollars d’aide financière de
l’État, tandis qu’ils mettent dehors ses employé-e- s et que les patrons se payent des salaires
exorbitants) ou bien les sommes astronomiques que nous laissons aller dans les paradis
fiscaux.

Alors, non seulement il y en a du fric, mais plutôt que d’aller le chercher chez ceux et celles qui
en ont un char pis une barge, on préfère leur laisser et aller en chercher dans les poches de la
classe ouvrière. Le seul choix que nous avons, c’est de s’organiser pour aller récupérer cet
argent, et dans les poches de ceux qui l’ont, soit nos riches bien à nous.

Troisièmement, utiliser « nos pauvres» pour exiger de fermer nos frontières sous prétexte de ne
pas les priver de services, c’est franchement hypocrite. Ces groupes d’extrême-droite, ou ces
personnes réactionnaires, sont bien souvent les premiers à se scandaliser à propos des « BS »,
à traiter les personnes assistées sociales comme des profiteurs vivant au crochet de la société,
à espérer que l’on coupe les vivres aux plus précaires. Mais là, soudainement, on jurerait que «
les pauvres d’ici » sont une priorité!

Alors quand le milieu communautaire se mobilise contre les coupures de services et pour des
personnes de toutes origines, c’est justement contre des intérêts intimement liés à la droite. Et
c’est bien normal, parce que la droite n’en a rien à faire de la solidarité de classe, car cette
dernière ne s’arrête pas à une couleur de peau, une nationalité, un sexe ou un genre.

Blâmer les maux, les difficultés, que vivent nos communautés sur d’autres personnes qui en
arrachent tout autant, plutôt que de diriger notre indignation vers ceux qui profitent de notre
travail et de nos malheurs, est donc non seulement lâche, mais le signe d’un agenda politique
hypocrite.

 

Travailleuses et travailleurs du communautaire, syndiqué-e-s IWW

 

 

Crédit photo: Radio Canada

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On s’laissera pas faire! Près d’une centaine de manifestant-es défilent dans Centre-Sud.

Face aux coupures dans le financement, divers organismes communautaires montréalais se sont réunis
hier dans le but de faire connaître leur mécontentement. Une manif fut organisée en collaboration avec
l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), le Groupe d’intervention par les pairs (GIAP) et plusieurs camarades du SITT-IWW Montréal afin de manifester leur soutien et de joindre leurs voix à celles des travailleurs et travailleuses du secteur qui en ont plus que marre de
devoir déshabiller paulette pour habiller pierre! En chanson, le groupe Union Thugs s’est fait porte voix
de la cause défendue en cette journée, et le groupe SOS Itinérance s’est chargé de nourrir les affamé-es
qui ont sillonnés les rues du Centre-Sud.

Cette année, c’est le Festival d’Expression de la Rue [FER] qui a fait les frais des ciseaux aiguisé du
gouvernement Trudeau, pourtant ce ne sont pas les sous qui manquaient (500 millions de dollars) pour
célébrer, l’espace d’une journée, les 150 ans de la fédération canadienne: triste héritage colonial du
raciste John A. Macdonald. Compte tenue des réductions constantes dans les budgets alloués par les
différents paliers gouvernementaux, les travailleurs et travailleuses du GIAP, comme d’autres, ont dû
faire des choix déchirants: « dans un contexte où nous peinons à maintenir nos services réguliers, nous
manquions de ressources pour organiser le festival. » Au municipal, on ajoute l’insulte à l’injure en
investissant des dizaines de millions de dollars dans des frivolités telles que la formule e et l’illumination d’un
pont rouillé aux os. On sent bien que malgré ses belles paroles, le maire Coderre se fout bien des impacts sur
la population de ses choix financiers digne d’un enfant roi dans un Toys-R-Us pour milliardaire… C’est
pourquoi la 21e édition du FER n’aura pas lieu en 2017.

Le FER c’est une tradition, un lieu de réjouissance mais aussi d’échange: un des rares espaces publics
où les gens.es de la rue peuvent se sentir inclus et non chassés par des gardes de sécurité en quête
d’émotions fortes. D’ailleurs, cette situation se fait de plus en plus sentir dans le bas de la ville avec les
divers projets de ‘’revitalisation’’ des espaces publics tel que le méga projet des ‘’Jardins Gamelins’’ qui a servi à mettre en place un système d’apartheid social en retirant de force l’accès à la place Émilie-Gamelin aux personnes itinérantes qui y séjournaient depuis toujours.

C’est donc pourquoi nous avons pris la rue, pour ceux et celles qui y vivent, y travaillent et l’on a cœur.
C’est aussi pourquoi nous croyons qu’en tant que membres du SITT-IWW nous devons tisser des liens
forts avec toutes celles et ceux qui se battent quotidiennement pour assurer la santé et la sécurité des
population stigmatisés par les gouvernements capitalistes, les banquiers, les patrons et les riches
propriétaires. Ensembles nous crions: On s’laissera pas faire!

Kacim

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Les origines du Syndicalisme de solidarité. Première Partie: Une Bibliographie

 

Le syndicalisme de solidarité est un terme qui fut principalement amené par Alice et Staughon Lynd, inspiré par le modèle d’organisation des premières campagnes de l’IWW qui arriva à obtenir des gains sans unité de négociation légale ou même sans être reconnu par la partie patronale (les conventions collectives ne sont juridiquement contraignantes aux États-Unis que depuis la signature du National Labor Relation Act en 1935, l’équivalent canadien pourrait être l’application de la formule Rand datant de 1946). Si le principe fut aussi inspiré par les travaux de Martin Glaberman, C.L.R. James et Stan Weird, l’usage du Syndicalisme de solidarité tel qu’il est compris aujourd’hui au SITT-IWW apparaît pour la première fois en juin 2002 dans un article du magazine The Nation intitulé Open Source Unionism: A proposal to American Labor, par Joel Rogers et Richard B. Freeman.

L’idée fut ensuite développée en grande partie par les efforts d’Alexis Buss, qui servit comme Secrétaire-trésorier général du Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses (SITT-IWW) de 2000 à 2005. C’est en lui donnant le nom de Syndicalisme de minorité, qu’il expliqua le concept dans une colonne publiée par l’Industrial Worker intitulée Rapport Minoritaire.

La littérature francophone est encore mince sur le sujet, mais pour ceux et celles d’entre vous ayant la chance de comprendre l’anglais, différents livres publiés, entre autre, par la Charles H. Kerr Company et Labor Notes sont aujourd’hui encore considérés comme des ouvrages clés. Le Quartier Général du SITT-IWW en a répertorié 9 parmis les plus importants:

  1. Punching Out & Other Writings – Martin Glaberman; édité par Staughton Lynd; Charles Kerr, 2002. 250 pages. 
  2. The New Rank & File -Édité par Staughton Lynd and Alice Lynd, ILR Press, © 2000. 288 pages. 
  3. Solidarity Unionism: Rebuilding the Labor Movement from Below – Staughton Lynd; Charles Kerr, 1993. 128 pages. 
  4. Democracy is Power: Rebuilding Unions from the Bottom Up – Mike Parker et Martha Gruelle, Labor Notes, © 1999. 262 pages.
  5. Class War Lessons; From Direct Action on the Job to the ’46 Oakland General Strike (Unions With Leaders Who Stay on the Job) – Stan Weir; Insane Dialectical Editions, 2006. 48 pages. 
  6. Singlejack Solidarity – Stan Weir; Université du Minnesota, © 2004. 408 pages. 
  7. A Troublemaker’s Handbook, How to Fight Back Where You Work–And Win! – Edité par Dan LaBotz, Labor Notes, 1991. 262 pages. 
  8. A Troublemaker’s Handbook 2, How To Fight Back Where You Work and Win! — Edité par Jane Slaughter, Labor Notes, 2004. 372 pages. 
  9. The Politics of Nonviolent Action – Gene Sharp, par Gene Sharp, Porter Sarg. © 1973. 913 pages.
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Vie de Wobblies: De Toronto à Montréal

Statistiquement, les femmes adoptent les intérêts et passe-temps de leur partenaire masculin. Lorsque j’ai commencé à fréquenter une personne s’identifiant comme homme,  j’étais déterminée à ne pas laisser ses intérêts devenir les miens. Évidemment, c’était mignon de voir à quel point il était heureux d’avoir signé sa première Carte Rouge, et j’appréciais le voir revenir des réunions remplit d’énergie et de nouvelles idées. J’étais tout de même déterminée à ne pas joindre l’IWW, simplement parce que notre relation était encore à ses débuts. D’autre part, c’était sain pour nous d’avoir notre autonomie et de garder nos intérêts séparés.

 

Ma façade, impénétrable à ses manières anarchistes, a été détruite lorsque j’ai été invité à une soirée, et que j’ai rencontré une jeune organisatrice passionnée (pour ne pas dire incroyablement cool!). Elle était pleine d’enthousiasme et parlait de la façon dont la branche était venue en aide à un travailleur immigrant pour gagner une campagne de vol de salaire. Le travailleur avait été congédié sans motif, et son employeur refusait de lui payer ses deux semaines de salaire. Plusieurs membres du Comité Solidarité ont accompagné le travailleur à son (maintenant ancien) lieu de travail pour soutenir sa demande, soit que l’employeur paie le salaire perdu. Quand l’employeur a appelé la police pour qu’ils viennent tasser les wobblies, les policiers lui ont demandé “Pourquoi sont-ils ici? Qu’est-ce qu’ils vous demandent de faire?” L’employeur a expliqué la situation aux policiers, et ils lui ont simplement répondu qu’il devrait payer le travailleur. Peu de temps après, le travailleur ainsi que les membres du Comité Solidarité ont quitté les lieux avec le salaire dût.

 

Alors, ça, c’était incroyable. En fait, c’était complètement fucking incroyable. Et je ne pouvais plus me nier à moi-même que l’IWW était un groupe radical qui accomplissait (et accomplit encore!) des changements concrets dans la vie des travailleurs et travailleuses du monde. J’admet que ça m’a tout de même pris quelques mois après cette soirée pour dire à mon partenaire qu’il avait raison. Puis, quelques semaines plus tard, nous étions d’accord de partager ce lieu d’organisation. C’est donc en août 2014 que j’ai officiellement signé ma carte. Depuis, j’ai participé à l’organisation de plusieurs comités y compris avec la section de Toronto sous le Comité de levées de fonds et d’éducation, ainsi que le Comité Femmes, puis en tant que Secrétaire de la section de Toronto, et à Montréal sous le Comité d’Organisation, le Comité Événements-Marchandises et le Comité Femmes. Je suis présentement une déléguée, et je m’organise avec le Comité Organisation et le Comité Solidarité. Pour moi, s’organiser avec l’IWW, c’est être dans un endroit épanouissant qui rend les changements tangibles au sein de nos communautés, soutenir les travailleurs et les travailleuses dans leur lutte de classe contre leurs employeurs, et travailler à la réalisation d’un monde plus radical et plus juste. Ensemble, nous pouvons faire changer les choses!

 

 

For the One Big Union,

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