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Les employé.es du Frite Alors Rachel se syndiquent avec les IWW

Nous nous occupons de la préparation, de la cuisson et du service. Nous prenons en charge le ménage et la sécurité et lorsque quelque chose ne va pas, nous sommes les premières et premiers concerné.es, ainsi que les premières et premiers à répondre.

Nous considérons que cela devrait nous donner le droit de négocier nos conditions de travail et que ces conditions devraient inclure le respect et une vie meilleure.

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Je suis serveuse, en quoi le 15-5-7 ça me concerne? Et comment y arriver?

Depuis que j’ai 14 ans, je travaille dans l’industrie de la restauration. Ça veut dire que depuis que j’ai 14 ans j’en ai vu de toutes les couleurs de passe droit et de salaire de merde. Mais j’ai eu de la chance, j’ai commencé hôtesse et ai toujours eu un peu de pourboire. Arrivée à l’étape de l’appartement, j’étais serveuse, ce qui me garantissait un coussin financier confortable.

Au printemps passé, pendant que je cherchais une job, je n’ai pas réussi à en trouver une tout de suite dans le service et c’est là que j’ai vécu, ou plutôt tenté de vivre, au salaire minimum. J’ai pas du tout la théorie qui vient derrière le 15$/h, mais j’ai le vécu. C’est pas vrai qu’à 10,55/h on réussi à payer son loyer, à bien manger et à se déplacer. Le salaire minimum à 15$/h, ça veut dire arrêter de se demander si j’ai assez d’argent pour prendre le métro à la place de marcher 1 heure l’hiver à -40°C. Ça veut aussi dire que, pour les parents, une job chacun à 40h/semaine pourrait être suffisante.

On va se le dire, j’ai 21 ans, pas d’enfants et aucune autre responsabilité que de m’occuper de moi-même. Si dans ma situation c’est difficile, j’imagine même pas c’est quoi pour mes collègues qui ont des enfants.

Comme salariée à pourboire ça veut dire quoi le 15$/h ?

Dans l’industrie dans laquelle je travaille, on retrouve deux positions envers le salaire minimum à 15$/h. Il y a les gens pour, qui souvent travaillent en cuisine et il y a nous, les serveuses qui, franchement, à moins de travailler dans un casse-croûte, nous retrouvons bien au-dessus de ça avec le pourboire. Nous voyons donc difficilement ce qu’il y a à gagner avec le 15$/h, mais plutôt ce qu’il y a à perdre.

Comme serveuse, on vante souvent l’idée que le service c’est un peu comme gagner à la loto ; on fait la palette. J’y crois presque encore, du moins c’est tellement ancré que je veux y croire. Mais quand j’y pense, à part les filles de mon âge, qui souvent commencent, des femmes et hommes émancipés et à l’aise financièrement dans leur job tellement payante dans le service, j’en ai jamais vus. Ma première job c’était une job géniale : petit restaurant haut de gamme en bordure de Québec, avec comme serveuses des femmes dans la quarantaine en montant et dans les petits postes, des gens de 14 ans, comme moi à l’époque. Pis je m’en rappelle de ces femmes-là, des anges, super gentilles, qui sont dans l’industrie depuis leurs 14 ans. Sauf que ce sont aussi des femmes qui en ont des histoires à dormir debout sur l’industrie. Des femmes qui ont jamais un congé de leur vie, qui se sont fait renvoyées quand elles sont tombées enceintes, qui ont des problèmes de consommation, des problèmes d’argent par dessus la tête, des problème de santés, mais pas d’assurance, rien, que des peanuts.

Pis dans ma deuxième job, on avait toutes entre 20 et 25 ans. On avait de l’argent à dépenser et les quatre jours de 12 h de file sont plus faciles à toffer avec quelque chose dans le corps qu’à jeun. Fait que quand on y pense, c’est normal que 20 ans plus tard dans cette industrie, on en ait des problèmes pis qu’on soit autant poquées. La loto du service je veux vraiment y croire, parce que c’est ce qui fait qu’on se dit que notre job est moins pire que celle du cook. Mais si c’est vraiment la loto pis que pour la gagner on se maganne, je vois pas en quoi le tip en vaut la chandelle.

Pis en plus ce qu’on oublie c’est qu’on cotise sur notre retraite, sur le chômage, sur les vacances, à 9,05$/h. Dans le fond on oublie que dans le moment, on y arrive en masse, mais que dès qu’on tombe malade, que notre boss nous trouve pu assez cute, qu’il ferme ou qu’on veut des vacances, on se retrouve avec des peanuts et, tout d’un coup, on y arrive pu pantoute.

Et on va se le dire, le tip que je fais est pas juste du à mon sourire, souvent il y a le «est-ce que ma bouffe était bonne» et «est-ce que ça a pris 1h ou 20 minutes avant de recevoir ma bouffe». Depuis 7 ans je suis dans l’industrie et depuis 7 ans que je vois les serveuses et les cuisiniers se battre sur la question de salaire. Ce serait tellement plus sain et juste qu’on soit toutes à 15$/h et de partager le pourboire. Pas juste ça, le «j’accepte la familiarité malaisante des clients» deviendrait tellement moins nécessaire, on pourrait respirer, et garder la même qualité de vie.

Pourquoi 5 semaines de vacances payées et 7 jours de congés maladies payés ?

Le 15$/h c’est vraiment sur la coche quand on a un salaire de 10,55$/h, c’est à peine si on réussit à y croire. Sauf que 5 jours semaine, 52 semaines par années, à moins que t’aie la chance d’être là depuis plus d’un an et que tu as 2 semaines de moins, c’est juste pas sain. Ça sert à quoi 15$/h quand on peut pas souffler ? Pis pourtant nos boss eux s’en offre des vacances, sur notre dos. Parce qu’on va s’entendre que si mon boss fait autant d’argent, c’est pas parce qu’il travaille plus que moi, c’est parce qu’il a eu l’idée et les ressource pour partir son entreprise. Les 5 semaines de vacances, c’est en gros d’aller chercher notre du en tant que force de travail. On crée le profit, on peut demander à en profiter aussi. C’est aussi simple que ça.

Ça fait 7 ans que je travaille dans la restauration, ça veut dire que jsais pas c’est quoi un congé maladie. Non seulement prendre congé parce qu’on est malades nous vaut souvent un avertissement écrit ou la perte de l’emploi, mais ça veut aussi dire une perte de journée de salaire et ça, on peut pas se le permettre.

Pis en fait, la majorité des gens vont dire que c’est DÉ-GUEU-LASSE de savoir que la majorité des employés de restauration prennent pas congé quand ils ont la gastro, parce que «hey, jla mange cette bouffe là moi !». Ben oui. C’est dégueulasse, mais le loyer se paye pas tout seul, sorry. Les 7 jours de congés maladies payés c’est comme les 5 semaines de vacances : c’est un gros minimum. Et là on demande pas à ce qu’ils soient payés seulement s’ils sont pris, non. On demande que, pris ou pas, les congés maladies soient payés. Ça veut dire : pas d’excuse de la part du patron sur le fait qu’il y avait pas de papier du médecin et pas besoin de justification pour se le faire payer.

Comment ça va être possible d’y arriver ?

Le 15-5-7, c’est possible et c’est un gros minimum. Mais, la seule façon que ça arrive de façon permanente, c’est qu’on s’organise sur nos milieux de travail. Quand on voit des gains par les élections, ces gains sont temporaires s’ils décident de le donner, ils peuvent décider de l’enlever. On l’a vu souvent, comme le Parti québécois qui a longtemps été mis de l’avant par les syndicats pendant les élections. Mais dans les faits, c’est le parti qui a mis en place le plus de Lois spéciales. La rhétorique électorale j’y crois pas, ça fait 7 ans que jvois le monde de mon industrie dans marde et maintenant que jle suis aussi, j’y crois encore moins. La politique des gens riches me concerne pas, leurs projets me concernent pas, la mienne est sur mon milieu de travail et prend acte avec mes collègues en opposition aux intérêts de nos patrons.

Quand on passe par la base et par l’auto-organisation des milieux de travail, on crée un momentum. Ce qui se passe, c’est un mouvement. Quand on s’organise sur nos milieux de travail, on s’organise avec nos collègues et nos collègues s’engagent dans la lutte contre leur adversaire direct : le patronat. Ce qu’on veut, c’est pas quelques personnes qui convainquent les masses. Le problème avec la tentative de «convaincre», c’est qu’un autre peut aussi le faire contre vous. Ce qu’on veut, c’est que ça vienne de nous ; parce que quand ça vient de la base, de nous, le gain est solide. Quand on se bat pour quelque chose, qu’on le gagne, si on nous l’enlève, on réagit. Quand on a l’impression qu’on nous l’a donné, si on le perd, on se résigne.

À l’IWW on croit que c’est par l’organisation qu’on peut vraiment gagner et renverser le rapport de force. On s’organise sur nos milieux de travail avec nos collègues. Dans la théorie, c’est vraiment beau de se dire que ça va se faire par les élections, mais le vrai pouvoir est sur nos milieux de travail, pis mes collègues et moi savons ben mieux comment le mettre en place qu’un gouvernement ou que n’importe quel autre groupe qui parle à travers son chapeau. À l’IWW on fonctionne par la base. En gros, quand à ma job on va se syndiquer, on va le faire dans nos propres termes, on va avoir nos propres revendications et nos moyens d’actions. La section locale intersectorielle n’aura aucun droit de décision, sauf si on le demande. Si on veut pas aller en grève, on ira pas. Mais si au contraire on veut y aller, watch out, y a personne qui pourra nous en empêcher.

Ce qu’on fait, c’est parler avec nos collègues, parce leurs problèmes, NOS problèmes, sont ce qui font qu’on se rassemble, pis qu’on se solidarise. J’ai une collègue que si tu lui parles de tes problèmes, elle compatie, mais hell no qu’elle s’embarquera pas dans quelque chose pour toi, ben oui, c’est ça l’individualisme. Mais quand tu lui demande ce qui va mal à job, elle en a gros sur le cœur et elle veut se battre pour ce qui la touche si elle sait qu’elle est pas seule.

Jamais on enverra quelqu’un leader une campagne. À l’IWW on a la célèbre phrase «every worker’s an organizer». Ça vient de nous tous : tout travailleur/toute travailleuse est un organisateur/une organisatrice, ça vient pas d’un comité central, pas d’une assemblée, et si on veut s’organiser on s’organise et on agit. C’est nous qui savons le mieux comment ça doit être sur nos milieux de travail, pas mon boss, pas mon camarade militant, nous ; c’est nous qui pouvons faire que ça soit possible, que ça change. Ce que ça fait, de s’organiser, c’est qu’on devient plus sûrs de nous, on prend les rênes et ça donne le goût d’agir.

Le 15-5-7 on va se le dire, c’est une méchante bonne idée. Sauf que on va aussi se le dire, il y a un superbe pattern dans certaines industries précaires qui veut que l’adversaire c’est pas mon boss, mais mes collègues. Parce que le cuisinier se force pas assez pour faire des belles assiettes pis que X a une section plus payante que moi. Ben oui, on s’est tous fait former dans l’optique de la «compétition naturelle» pis ça donne ça. Pis là, ça, ça brouille un peu les cartes, parce que pour que le 15-5-7 fonctionne, faut qu’on se tienne les coudes. Pis la compétition, ça fait le contraire.

Moi, la seule tactique que j’ai vu fonctionner pour solidariser mes collègues, c’est l’organisation. Pis l’organisation sur des enjeux qui touchaient tout le monde, même mes gérantes. Pis à partir de ça on augmente les demandes, pis les moyens de pressions. C’est pas vrai que dès le début tout le monde va vouloir le 15$/h. Mais un moment donné, quand ça fait des mois, voir des années que tu te bats contre le même adversaire avec tes collègues, sur des problèmes qui t’ont touchés au début, pis des fois pas, pis des fois juste toi pis pas lui, ben tu viens à te demander pourquoi les salaires sont pas plus justes. Ce qui fait que tout d’un coup, parce qu’il m’a aidée quand mon boss faisait du harcèlement, parce que je l’ai aidé quand il a eu besoin d’une hausse de 50 cennes, etc., partager mon tip de façon égale est vraiment plus logique qu’au départ.

Et là on va se le dire, c’est assez réformiste comme demande. Ce qu’on demande c’est pas l’abolition de l’exploitation, ni l’abolition du salariat. On demande juste une plus grande part des profits de nos patrons et un meilleur mode de vie. Sauf qu’à quelque part, en attendant d’arriver aux beaux projets de société qu’on essaie de me vendre à gauche pis à droite, j’aimerais ça pouvoir payer mon loyer, pis j’aimerais ça manger autre chose que les sandwichs qui sont gratuits à ma job. Pis dans tout ça, en voulant le 15$/h pis les vacances et les congés maladies payés, on lutte. Quand on s’organise entre travailleurs et travailleuses, on crée une classe plus forte, on se solidarise et on renverse le rapport de force.

Comme travailleuse, on m’a appris à penser que c’était impossible de changer les choses sauf si je devenais gérante. On m’a appris à critiquer mes collègues qui ne faisaient pas des doubles et à me référer à mes patrons s’il y avait un problème sur le plancher. Avec l’organisation et l’IWW, ce que j’ai commencé à voir, c’est que les intérêts de mes patrons ne sont pas d’avoir un milieu de travail avec une cohésion interne. La compétition entre serveuses et la rivalité cuisine-service est un bon exemple de ce qui sert le patronat. Diviser pour mieux régner, ça vous dit quelque chose ? Ben en voilà une belle illustration !

En s’organisant et en se solidarisant sur nos milieux de travail, on peut rendre possible ce genre de gain. On peut gagner ce qu’on demande. On s’empower et on comprend qu’on mérite encore plus. En renversant le rapport de force, on brise une barrière et on se rapproche de l’abolition du salariat.

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Discours de Morgane Mary-Parson, rerprésentante du SITT-IWW Montréal au forum pour le 15-5-7, en février dernier. Publié pour la première fois dans l’édition de Mai 2016 du Combat Syndical.

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Pour avoir le 15-5-7, pas de fatalité, il faut s’organiser et lutter!

S’il va sans dire que le mouvement pour le 15$ de l’heure au Québec n’a pas encore atteint le stade de mobilisation et de visibilité qui lui fut accordé aux cours de la dernière année, il a tout de même réussi à s’inscrire comme une partie intégrale de la stratégie de plusieurs regroupements communautaires et syndicaux.

Avec son forum 15-5-7 organisé en février dernier, le section locale montréalaise du SITT-IWW a mit la main à la pâte en regroupant une centaine de personnes autours des conférenciers et conférencières de divers horizons. Le 15 avril 2016 des marches étaient organisées dans de nombreuses villes canadienne. Profitant de l’occasion, la coalition réunis en février se remis en action et se regroupa au métro Jean-Talon pour défiler sur la Plaza Saint-Hubert. Aujourd’hui, au Québec une vingtaine d’organisations syndicales, politiques et communautaires soutiennent la lutte pour le 15$ de l’heure. Nous prendrons les quelques lignes ci-bas pour saluer chaudement quelques luttes mené sur le terrain, soit celles des préposés aux bénéficiaires, du Syndicat des employé.es du Vieux Ports et des salarié.es de l’Université McGill.

Les préposé.es aux bénéficiaires qui aident notamment aux soins d’hygiène, à la mobilité, à l’alimentation et à l’accompagnement des personnes malades ou présentant des incapacités (par exemple, en situation de vieillissement et/ou de handicap) gagnent en moyenne 12,50$. Les préposé.es sont engagé.es par l’état, mais aussi par des agences privées et des entreprises d’économies. Le combat pour l’augmentation du plancher salari13087421_1166449666712562_3629811911288487886_nale mené par les différents locaux syndicaux a commencé il y a plus de trois ans, mais prend une ampleur sans précédent, notamment du coté du SQEES-FTQ qui est en renouvellement de convention collective. Depuis l’automne dernier, ils et elles en profite par ailleurs pour multiplier les actions de visibilités telles les manifestations et les distributions de tracts. S’étant assez tôt doter d’un mandat de grève touchant plus de 3000 membres, les 10, 30 et 31 mai dernier se furent 42, puis 38 résidences privées pour aînées qui furent paralysé. Or, il ne s’agissait là que d’un avertissement lancé par le syndicat. Avertissement que le gouvernement aurait dût écouter, puisqu’une grève illimitée sera déclenchée dès le 21 juin dans une trentaine de résidences.

De leur côté, les 300 membres du Syndicat des employé.es de la société du Vieux Port (AFPC) sont en processus de renouvellement de convention collective depuis mars 2016, mais combattent pour le 15$/h depuis l’automne dernier. Une pétition a d’abord été lancée sur leur lieux de travail, suivie d’une distribution de tracts et pamphlets mettant l’accent sur le précédent historique et la solidarité. L’exécutif estime avoir réussi à toucher 80% des membres et organisèrent une action-éclair le 28 janvier lors d’une journée porte ouverte organisée par leurs employeurs. Le 27 mai une grève fut déclarée exerçant une pression économique sur leurs employeurs comme sur les commerces environnant. Depuis le tout début, le Syndicat des employés de la société du Vieux Port est présent dans pratiquement tous les événements pour le 15$/heures, mettant la collaboration à l’avant-plan de leur stratégie.

15_and_fairFinalement, c’est sous la bannière de 15$ and fairness Mcgill que huit associations syndicale, étudiantes et départementales se sont réunis au début de l’année 2016 pour obtenir un salaire et des conditions de vie décente pour les salarié.es et les sous-traitants de l’Université McGill. Bien que leur première action officielle fut de participer à la manifestation du 15 avril, les militant.es ont enchaîné plusieurs actions : un panel, une journée d’orientation et des capsules vidéos pour diffuser l’information.

Ce ne sont là que quelques uns des nombreux exemples prouvant que pour obtenir 15$/heures, 5 semaines de congé et 7 jours de maladie, on ne peut se laisser aller à la fatalité, il faut s’organiser et lutter!

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Les Wobblies à travers le monde, Chronique de Mars.

En date du 1er janvier 2016, Randall Jamrok, secrétaire-trésorier général de l’IWW, finissait de faire les comptes et nous annonçait que l’IWW compte désormais plus de 3500 membres. Majoritairement répartie entre l’Amérique du Nord et l’Angleterre on les retrouve aussi en Norgève, en Allemagne, en Lithuanie, en Austrie, en Suisse, en Grèce, en Australie et en Chine. Si cette chronique mensuelle ne ce veut pas une liste exhaustive des activités de chacune des 50 et quelques sections locales qui constituent actuellement le Syndicat pour Tous et pour Toutes, elle tentera tout de même, tant ben que mal, de mettre un peu de lumière sur les activités des wobblies de partout à travers le monde.

Le 1er mars, le fellow worker James, de la branche de Balti10569076_720396931330843_5408464749728183823_nmore se faisait finalement versé rétroactivement les 7500$ de salaire que les magasins Jimmy Johns lui devaient après l’avoir congédié illégalement pour activité syndicale. Un jugement similaire fut rendu par le National Labor Relation Bord quelques semaines plus tard, au sujet des employé.es congédiés.es des les franchises de Minneapolis. Rappelons que la campagne d’organisation des restaurants « Jimmy John » avait été lancée à Minneapolis en 2007 pour sortir publiquement dès 2010 avec l’organisation des 10 succursales rapidement rejointes par les fellow workers de Baltimore.

Toujours à Baltimore, le 2 mars dernier, le café-libraire Red Emma, anciennement accrédité au SITT-IWW, org10405585_751876278193930_2607770610963710947_nanisait le lancement de la dernière édition du livre du défunt Franklin Rosemont  Joe Hill et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire. Pour l’occasion David Roediger et Kate Khatib, des ami-es, collaborateur et collaboratrice de Rosemont furent invité-es à prendre la parole.

Le 15 mars, la section-locale de Montréal organisait un BBQ pour souligner la journée internationale contre la Brutalité Policière. La manifestation qui suivit attira plus de 200 personnes qui pour la première fois depuis de nombreuses années réussirent à prendre la rue et à terminer la manifestation sans arrestation de masse ni violence policière.

Le 19 mars, l’IWW Sheffield organisait une journée de formation axée sur les rapports d’oppressions reliés au genre, au sexe et à la sexualité sur les lieux de travail.

Des Formations d’Organisation 101, formation expliquant comment lancer un syndicat IWW sur son lieu de travail, furent organisé à Hartford, Détroit, Mineapolis, Milwaukee et Edmonton.

Deux émeutes secouèrent les prisons de l’État de l’Alabama, ctexaslockedin-300x288teau fort du Comité d’Organisation des Travailleurs et Travailleuses Incarcéré-es de l’IWW (IWOC-IWW), Au cours des dernières semaines. Pendant ce temps, les membres de l’IWOC au Texas se préparent à lancer une série d’arrêts et de ralentissement de travail afin d’obtenir des réformes dans les dossiers de la libération sur parole, de l’accès aux soins de santé et du système carcéral en général afin que les travailleurs et travailleuses incarcérées soient traités humainement.

Des membres de la branche de Portland se joignirent le 26 mars au Portland Solidarity Network pour tenir une ligne de piquetage devant LKQ Foster Auto Parts en solidarité avec le fellow worker Andrew congédié, alors qu’il tentait de s’organiser avec ses collègues contre la stagnation des salaires, la dangerosité de leur environnement de travail, le manque de transparence de la direction et le harcèlement au travail.

Déjà à sa sixième grève de la saison, Familias Unidas por la Justiciale organisait le 31 mars une manif-action au siège social de Driscoll à Watsonville en Californie afin de combattre les conditions de travail inhumaines des travailleurs et travailleuses migrant.es employé.es par la compagnie.

Notons pour terminer que l’été promet une modification géographique et démographique majeure pour l’IWW, majoritairement situé dans le Nord des États-Unis et en Angleterre! Alors que d’un côté les officiers et membres du Comité d’Organisation Régional Canadien, fier-es d’avoir assisté à la création des branches de Sherbrooke et Québec travaillent d’arrache-pied à la mise sur pied d’un projet visant une augmentation de 50% de leur membership et la création de 3 nouvelles branches en sol canadien (Drummondville, Kitchener-Waterloo et Saskatoon). Du côté du Sud des États-Unis, de nombreux membres se sont réunis pour organiser une tournée de conférences visant à faire la promotion du Syndicalisme de Solidarité dans leurs régions en plus de soutenir les efforts du Comité d’Organisation des Travailleurs et Travailleuses Incarcéré.es (IWOC-IWW) qui prévoit de nombreuses grèves et actions qui culmineront lors d’une grève nationale le 9 septembre prochain!

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Images du militantisme, du travail et de la dépression

Mention d’honneur – Images du militantisme, du travail et de la dépression – Graeme M.

Publié par Solidaridad, janvier 2015

Il s’agit du travail. C’est à dire, le travail terrible et précaire, toujours en gagnant moins que le minimum après avoir payé la cotisation du syndicat (J’étais membre du SCFP, le Syndicat canadien de la fonction publique et de la UFCW, United Food and Commercial Workers International Union). Par exemple, le SCFP fonctionne comme n’importe quelle entreprise, mais avec un discours différent. Ils parlent toujours de justice sociale et des difficultés de la vie de la classe ouvrière, mais ils n’hésitent pas à prendre leurs cotisations des salaires de gens qui gagnent seulement le minimum, les laissant encore plus pauvres et sans représentation. C’est une organisation incroyablement hypocrite. De la même manière que les grandes entreprises, elle protège seulement les intérêts de ses bureaucrates professionnels et laisse ses membres de la base dans des conditions très précaires.

Dans ce contexte, avec tout le stress, les préoccupations économiques et travaillant jusqu’à 23h pour revenir à 6h le jour suivant, vient la dépression. Ça commence lentement, dormant beaucoup ou trop peu, avec l’isolement, sans parler à personne… et au final j’ai fini par manquer du temps de travail. Après une semaine sans sortir de chez moi je suis retourné au travail, nettoyer un centre communautaire de la municipalité de Toronto. En entrant dans l’édifice, le patron m’attrape immédiatement et me salue :

« Salut Graeme, comment ça va? Ça fait longtemps qu’on ne t’as pas vu », dit mon boss.

– Désolé. J’étais malade et je ne suis pas sorti de chez moi de toute la semaine

– Tu sais que tu as besoin d’un billet du médecin hein?

-Oui je le sais. Ce qui se passe, c’est que je ne suis pas encore allé chez le médecin. Je peux vous le donner demain?

– Oui, oui. C’est bon. Mais comme on ne savait pas si tu allais venir aujourd’hui, on t’a remplacé par quelqu’un d’autre. Donc, tu n’as pas à rester. Tu peux revenir demain avec le billet du médecin.

Ainsi je retourne chez moi… il est 7h. « Dormir! », dis-je à voix haute. Je n’ai pas pensé une seconde à aller chez le médecin.

Je suis affilié avec les IWW depuis presque un an. Je suis devenu membre en revenant au Canada après avoir vécu deux ans à Santiago au Chili. En huit mois j’ai travaillé à trois endroits différents à Toronto : comme employé de ménage dans un centre communautaire (celui nommé plus haut), dans la pâtisserie d’un supermarché très cher et dans la construction. Je travaillais beaucoup, 45h par semaine et jusqu’à 65 en été, durant les vacances de la construction. À part mon horaire épouvantable, j’allais très bien la majorité du temps. Être occupé m’aide parfois, surtout parce que je rencontrais des gens et pouvais nouer des liens de solidarité. Ça équilibre ma santé mentale. Partager les expériences et les conditions de travail est un aspect essentiel de ce processus. Cependant, dans les lieux où je travaillais les problèmes de la réalité quotidienne recommençaient toujours à réapparaître. Comme m’a dit un collègue de travail un jour : « Ne fais rien; c’est mieux de te cacher. Lis à quelque part dans ce maudit édifice… fais qu’ils ne pensent même pas à toi ».

Il était Égyptien et avait passé trente ans à Toronto, la majorité de ces années comme employé de la ville: ramasser les vidanges, nettoyer les centres communautaires ou les rues… Ça faisait huit mois qu’on travaillait ensemble et j’étais en train de lui raconter pourquoi je n’avais pas pu venir au travail la semaine précédente. On a commencé à discuter et je lui ai dit que les patrons s’étaient trompés, qu’ils ne m’avaient pas payé la semaine où je n’étais pas là ni pour celles d’avant. Je lui disais que je pensais aller voir le syndicat pour déposer un grief, qu’on devrait faire quelque chose pour que les boss nous respectent, quand il m’a dit ce que j’ai mentionné plus haut.

« Ils sont toujours en train de nous avoir d’une manière ou d’une autre », ai-je dit. « Ou ils ne te payent pas ou ils te changent d’horaire sans avertir. Quoiqu’il arrive, c’est toujours pareil. Pourquoi faire comme si de rien n’était? »

– Regarde l’ami, fais ce que tu veux. Mais si tu les dénonce ça va juste te causer plus de problèmes. Tu peux aller voir le syndicat, le juge, parler avec mille avocats… et encore, tu ne vas rien gagner. Tu vas te mettre dans toute cette bureaucratie à te battre contre eux pendant huit ans et quand à la fin ils vont prendre une décision, tu vas être rendu à dormir dans la rue, sans argent et sans travail. Et en attendant, tous les boss vont avoir reçu des augmentations de salaire. Des milliers de dollars vont être dépensés pour ne pas te payer cinquante cents. Ils sont comme ça et si tu veux garder ton emploi ça serait mieux que tu te taises et que tu ne dises rien », m’a t’il dit.

Il avait l’air un peu ennuyé, peut-être même triste. Même s’il était bien payé et qu’il avait de l’ancienneté, il ne respectait pas une seconde les règles du jeu. Il était célèbre parce qu’il arrêtait de travailler quelques jours si les patrons le harcelaient. Comme ça il gardait un peu de sa liberté. Ses conseils étaient le reflet de la peur et de l’impuissance qu’on avait tous et toutes en plus ou moins grande quantité. Au centre communautaire il y avait peu de travailleurs et de travailleuses avec un emploi stable. Des milliers d’employé-e-s travaillaient pour la ville avec des contrats saisonniers instables, sans prestations d’emploi et avec des salaires pires que ceux des employés stables.

L’Administration publique, gestionnaire et propriétaire de ces centres, créait de la compétition entre les employé-e-s. En plus, le syndicat n’évitait pas qu’il y ait plusieurs classes de travailleurs et de travailleuses à l’intérieur de son organisation. Cela créait un climat de méfiance marqué par le stress et la peur. En plus il manquait la confiance, la solidarité entre les travailleurs et les travailleuses et le respect pour ceux et celles qui faisaient un travail nécessaire mais peu valorisé. La proposition implicite du syndicat : partir à la retraite sans causer de problèmes, si c’était possible, et fuir avant qu’ils ne privatisent tout.

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En novembre 2014 le Toronto Harm Reduction Workers Union organisait sa première sortie public.

Durant ces mois à Toronto, j’ai participé à la création du Harm Reduction Workers Union, affilié aux IWW, pour les personnes qui travaillent dans le traitement de la toxicomanie. Au début, beaucoup de membres nous disaient que les syndicats ne les acceptaient pas dans leurs rangs. Ces syndicats avaient l’air de discriminer les travailleurs et les travailleuses pour les mêmes raisons qu’ils les employaient : eux aussi avaient été toxicomanes, prisonnier-e-s et sans-abris. Une personne gagnait 10 dollars pour trois heures de travail pendant que dans d’autres centres le salaire était de 15$ l’heure pour les mêmes tâches. Ces employé-e-s travaillaient pour des municipalités qui dépendaient de l’État pour offrir des allocations de chômage a ses employés afin d’économiser l’argent de leurs budgets.

 

Nous avons organisé le syndicat pour lutter contre cette injustice, contre le stigmate des travailleurs et travailleuses qui avaient vécu dans la pauvreté et que l’administration ne voulait même pas considérer comme des employé-e-s. Elle leur donnait du travail comme si c’était une action charitable. Nous voulions également mettre en pratique les tactiques de résistance ouvrière et le soutien mutuel que la classe ouvrière a développé depuis très longtemps.

La solidarité, l’action directe et l’appui entre camarades marquaient un contraste avec les méthodes bureaucratiques des syndicats traditionnels. Au centre communautaire, le syndicat antérieur a joué le rôle de représentant des personnes qui travaillent mais il ne connaissait pas ses membres. Notre organisation était créée et dirigée par les travailleurs. Cela pouvait se voir dans l’attitude et l’enthousiasme de tout le monde.

Maintenant je vis à Buenos Aires et je suis affilié à la Federación Obrera Regional Argentina (FORA). La semaine prochaine, quand je vais terminer les formalités de résidence et de visa, je vais recommencer à travailler comme employé de ménage, cette fois dans un théâtre où travaille un camarade de la FORA. Il se présente à nouveau une opportunité dont je n’ai pas pu profiter lors de mon dernier emploi : l’opportunité d’organiser les camarades de travail et de leur présenter une alternative. Ça sera un travail précaire et mal payé mais avec la possibilité d’organiser les camarades.

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À mes 18 ans j’ai été diagnostiqué en dépression profonde. C’était la deuxième fois que je finissais par consulter une psychologue amie de ma famille. Les années suivantes, j’irai la voir beaucoup plus souvent. Accepter l’aide de quelqu’un était très difficile pour moi à cette époque. Je suppose que c’est parce que j’étais très jeune. Une personne croit en la nécessité de la solitude, en la nécessité de tout résoudre par soi-même. Quelque chose appris dans l’enfance, à l’école… qu’est-ce que j’en sais moi?

L’accent que donnent les médias de l’idée de l’individu totalement autosuffisant peut s’intérioriser de mille manières. Ce que je veux dire c’est que c’est seulement avec l’appui des autres que j’ai pu surpasser les sentiments d’impuissance, de peur et d’aliénation. Les racines de la dépression sont variées, trop pour en parler ici. Cependant, les conditions sociales du travail et les exigences d’une société individualiste sont des causes inséparables qui contribuent à la souffrance de beaucoup de personnes. L’individualisme tente de détruire les liens communautaires et les liens de solidarité. La lutte contre cette idéologie devrait se baser sur le contraire : la formation d’une société nouvelle où ces liens entre individus jouent un rôle essentiel.

J’ai voulu raconter des histoires quotidiennes de résistance dans l’organisation ouvrière et de ma santé mentale. Raconter les expériences de solidarité, sans hiérarchie sociale, est aussi un processus de création quand nous utilisons l’histoire comme exemple de de lutte populaire et de support mutuel. Bien sûr c’est seulement le début d’un long chemin, mais maintenant je sais que la prochaine fois que me viendra le désespoir et la surcharge de travail, je pourrai compter sur mes camarades.

Écrit par Graeme Myer sous le titre original Imágenes de la militancia, el trabajoy la depresión, l’article paraîtra dans Solidaridad, publication hispanophone officielle du SITT-IWW, en janvier 2015, avant de remporter une mentions d’honneur au working-writters contest qui lui vaudra une place dans le recueil Radical Works for Rebel Workers, The Best of the IWW 2015. Traduction par x385017 en février 2016 pour le Comité Communication-Traduction de la Section Locale Intersectorielle Montréalaise du SITT-IWW.

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Les Wobblies à travers le monde

Des États-Unis, au Canada, à la Grande-Bretagne et à l’Irlande, en passant par la Norvège, l’Allemagne, la Lituanie, l’Autriche, la Suisse, la Grèce, l’Australie et la Chine, les Industrial Workers of the World sont plus que jamais un syndicat présent à l’échelle mondiale. Mais que font nos organisateurs et nos organisatrices réparties aux quatre vents? Quels sont leurs plans? Quelles sont leurs luttes? C’est à ces questions que tentera tant bien que mal de répondre cette nouvelle colonne, qui chaque mois mettra le feu des projecteurs sur les activités des wobblies de partout à travers le monde!

Le 9 janvier 2016, le Comité de Défense Générale Local 14 de Minneapolis a rejoint la famille Quinn, Native Lives Matter, Idle No More, AIM, Black Lives Matter et bien d’autres pour aller manifester dans le froid afin de réclamer justice pour Phil Quinn, assassiné par la police de Minneapolis en décembre 2015. La ligne verte du système de métro et l’Avenue Université ont été bloquées tandis que des actions de perturbations avaient lieu dans un Target, un Walmart et un Club Food. (Industrial Workers Hiver 2016) Un mois plus tard le CDG Local 14 participait à une nouvelle action, cette fois pour Jam12744270_1729009820645471_1093583573150809589_nar Clarck, lui aussi assassiné par la police de Minneapolis. Le lendemain le CDG, le IWW African People Caucus et les membres de la branche de Minneapolis se réunissent pour une journée de discutions et de formation, notamment au sujet de l’augmentation de la violence policière.

Le 28 janvier, les membres de la branche de Boston se présentent pour la 4e fois à la Cour du District de Quincy, en solidarité avec les arrêtés du blocage de l’autoroute 93 lors de la Martin Luther King Day. Nombre d’entre eux et elles participeront également de manière hebdomadaire aux journées de tractage des fellow workers de la Museum Independant Security Union, qui se voient imposer des horaires pas possible suite à un gel des embauches.

Dès les premiers jours de février, des wobblies de la Pennsylvanie participent à des piquets pour protéger plus de 10 000 arbres qu’on menace de couper pour favoriser la construction d’un pipeline.

Le 1er février la branche de Portland marche au coté des travailleurs et travailleuses du Graduate Student Union de l’Université d’État de Portland alors qu’il-les rendent leur campagne publique en allant déposer leurs demande au bureau du président de l’Université.

Le 4 février les wobblies de la Grèce participaient à une grève générale qui paralyse les transports publics, les avions, les navires, les taxis, les écoles et ne laissa qu’un minimum vital d’employé dans les hôpitaux, le tout afin de contrer les réformes touchant la pension de vieillesse.

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Le 15 février la Branche de Washington et le 27 février la branche de Whatcom-Skagit participent à des blocages en solidarité avec Familias Unidas por la Justicia farm workers union qui appelle actuellement à un boycott des fruits Driscoll. Boycott que l’IWW accepta d’endosser lors de sa dernière convention internationale.

Le même jour, de nombreux prisonniers regroupés sous la bannière du Free Virginia Movement, faisant ainsi écho au Free Alabama Movement, rejoignent les IWWs afin de lancer des campagnes pour lutter contre le traitement des travailleurs et travailleuses incarcéré.es.

Le 17 février, les membres de la Branche de Milwaukee participent à un piquetage de solidarité avec les enseignant.es du Wisconsin.

Le 18 février, la branche de Madison participe à une grève sauvage généralisée dans l’État qui réunie plusieurs dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses immigrant.es dans la rue afin de contester un projet de lois anti-immigrant. Le soir même le Madison Infoshop (Syndicat Industriel 620 IWW ) et la Branche de Madison, en collaboration avec le Lakeside Press Printing Coop (IWW) organisent une conférence sur les soulèvement populaires que connut le Wisconsin en 2011.

Le 19 février, le Irish Center for Histories of Labour and Class, situé à Galway en Irlande, a lancé un appelle aux contributions afin de dresser un portait du legs de l’IWW en Irlande et au sein de la diaspora Irlandaise.

Le 21 février, les wobblies de Pittsburgh participent au Malcom X Legacy Brunch en compagnie du New Afrikan Independance Party.

Le 24 février avait lieu une manifestation de 300 personnes devant la cours de Londres en solidarité avec 13 militant.es écologistes, incluant 4 membres de l’IWW, arrêté.es pour des actions menées contre l’extension de l’Aéroport d’Heatrow.

Le 25 février 2016, les travailleurs et travailleuses membres du Sister Camelot Canvass Union ont célébré le troisième anniversaire de leur Syndicat. La lutte menée par le SCCU ne représente pas seulement la première grève organisée par la branche de Minneapolis, elle est aussi, sans aucun doute, la plus longue que le Syndicat ait connue depuis son renouveau au début des années 2000, et a permis la création de la North Country Food Alliance, une coopérative de travail gérée démocratiquement par une douzaine de wobblies qui redistribue de la nourriture organique. (Industrial Workers Hiver 2016)
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En route vers les 15-5-7!

Comme à chaque année, le 1er mai, ironiquement à loccasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses, le gouvernement provincial augmentera le salaire minimum de quelques maigres cennes. Ô joie, salarié-e-s précaires, dans quelques mois, nous baignerons désormais dans la luxure avec un taux horaire de 10,75$

Le hic, cest que même en bossant quarante heures par semaine, et ce, à longueur dannée, ce salaire de misère nous condamne tout de même à vivre sous le seuil de pauvreté. Cest dans cet ordre didée que la Loi sur les normes du travail, cet outil juridique au service des patrons, ne donne droit qu’à un maigre deux semaines de répit, rien qui ne permette de souffler un peu. Et le comble, toujours selon cette législation, si on a le malheur davoir une grippe, un rhume, de devoir sabsenter du travail, eh bien, cest à nos frais.

Y en a marre! Cest donc dans cet état desprit que le Syndicat Industriel des Travailleuses et Travailleurs (SITT-IWW) lance sa campagne 15-5-7. Notre revendication est simple : que toute personne salariée ait droit à 15$ de lheure, 5 semaines de vacances et 7 journées de maladie (utilisées ou non) payées par année, quimporte son sexe, sa nationalité, son statut légal, son âge. Cest un minimum pour vivre décemment.

Nous, les salarié-e-s, navons pas à prouver que nous bossons assez pour des miettes, que nous faisons notre part. Non. Pouvoir se loger, se nourrir, se reposer, aspirer à un peu de confort, prendre du temps de qualité avec les gens que lon aime, ne pas être stressé en fin de mois, ne pas aller bosser lorsque malade, cest un minimum auquel toutes et tous ont droit. Incontestablement. Et de plus, cest une mesure qui redonnerait du pouvoir aux femmes, qui constituent la majorité des personnes vivant au salaire minimum.

Cest donc une campagne à long terme que nous entamons, que nous ne mènerons pas seul-e-s, et qui ne se gagnera pas en claquant des doigts. Mais lexercice en vaut la peine, parce que cest avec notre solidarité que nous obtiendrons gain de cause. Cest par la lutte que nous gagnerons de meilleures conditions de vie. Cest en luttant, en créant un rapport de force, solidaires, dans nos espaces de travail, dans nos communautés, que nous extirperons ce qui nous revient de droit. Et cest par la base, par nous-mêmes, par nos efforts concertés et lorganisation de nos milieux de travail que nous irons prendre des mains du patronat notre dû, soit 15$ de lheure, 5 semaines de vacances et 7 journées de maladie payées!

En route vers les 15-5-7 avec le SITT-IWW!

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La formation d’organisation 101: outils, pratique et solidarité!

La Formation d’Organisation 101 (FO101 ou OT101 en anglais) est une activité de deux jours visant à donner aux membres et futur.es membres du SITT-IWW les compétences nécessaires afin de pouvoir se lancer dans l’organisation de leurs milieux de travail. Construite autour de la volonté de faire de tous les travailleurs et travailleuses des leaders à part entière dans la construction d’un nouveau modèle de syndicalisme lié à la lutte pour l’abolition du salariat, la FO101 est reconnue aujourd’hui comme l’une des principales causes de la résurgence qu’a connue le Syndicat pour tous et pour toutes depuis le début des années 2000.

Le 16 et 17 janvier dernier, la Section Locale Montréalaise du SITT-IWW organisait sa 5e formation en réunissant 21 wobblies originaires de Montréal, Québec et Drummondville. Aujourd’hui nous vous présentons les témoignages de deux participantes qui ont souhaité nous partager leur expérience.

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Suite à ma première participation à la formation OT-101 du IWW Montréal, j’aimerais partager mon expérience avec d’autres personnes désireuses ou hésitantes à suivre la formation. D’abord, je suis une membre du IWW division Québec depuis seulement quelque mois, ce qui ne m’empêche aucunement d’avoir la conviction qu’une reforme des pouvoirs doit être faite tant dans la société que dans les milieux de travail. En fait, dès que j’ai connu le Syndicat, j’ai désiré m’y investir dans le but de partager mes idées et mes idéaux avec des gens qui ont le même mode de pensée que moi.

Ainsi, lors de mon arrivée à la formation, j’ai été accueillie solidairement et chaleureusement par les membres de Montréal. Pour ce qui est de la formation, elle m’a permis de mettre des mots et des procédés sur les changements que je souhaite apporter autour de moi. J’avais déjà plusieurs idées, mais j’ignorais les étapes à suivre. J’avais aussi une conception du Syndicat qui s’est clarifiée grâce à ma participation à cette formation. J’en suis ressortie outillée et boostée à m’investir encore plus. Ce que j’ai le plus apprécié de cette formation n’est cependant pas l’aspect théorique, mais plutôt la solidarité qui s’en découle. Le fait de savoir que je ne suis pas seule, que d’autres se battent à mes côtés pour des intérêts communs et partagés, est l’élément central qui m’a fait grandir lors de cette formation.

Finalement, thumbs up au formateur et à la formatrice sans qui cette formation ne serait clairement pas aussi intéressante. Je conseille à toutes les personnes qui ont un désir de changer les choses, mais qui ne savent pas par où commencer ou vers qui se tourner de s’inscrire et de la suivre le plus rapidement possible !!

-Gabrielle L.

Ça fait déjà un petit bout que je suis porteuse d’une carte rouge. Je prends quelques tâches et je vais à des activités sociales du syndicat une fois de temps en temps, mais c’est vraiment la Formation d’Organisation 101 qui m’a fait complètement comprendre ce que c’était que d’être une wobbly, ce que ça signifiait de porter cette petite carte rouge.

Beaucoup de choses que j’ai apprises au cours des années sur les questions larges de mobilisation ont tout à coup été ordonnées et remises dans le contexte de l’organisation syndicale. Ça m’a permis de poser une structure sur des choses que j’avais apprises par la pratique en tant que militante et d’élargir ces connaissances et ces pratiques. On a appris et on a pratiqué plein de trucs et d’astuces utiles pour s’organiser. On a pu poser toutes les questions auxquelles on pensait. Les personnes qui donnaient la formation connaissaient bien leur sujet, mais laissaient aussi de la place aux réflexions de groupe. C’était instructif, participatif et c’était très pertinent d’avoir la chance d’entendre les autres personnes qui participaient à la formation nous parler de leurs expériences. Ça m’a fait connaître la réalité de plein d’autres secteurs du monde du travail que je ne connaissais pas et ça nous a donné la chance de nous connaître entre nous et de travailler ensemble.

La formation m’a permis de comprendre que l’organisation d’un milieu de travail est un processus qui peut commencer n’importe quand, dans n’importe quel milieu de travail et que même si la finalité est d’avoir des comités d’organisation sur nos lieux de travail, une partie incontournable de l’organisation syndicale est de nouer des solidarités. Nouer des solidarités est une des raisons principales pourquoi je suis entrée dans le syndicat et constater que toute organisation est basée sur la solidarité, comparativement à ce que j’ai pu vivre dans d’autres syndicats, ça vient exactement chercher le pourquoi je suis entrée chez les IWW.

Cette formation m’a donné des outils nécessaires pour faire de l’organisation syndicale dans n’importe quel milieu, en même temps que ça m’a fait tisser des liens basés sur nos expériences de travail avec les FW qui ont pris la formation en même temps que moi. C’était une fin de semaine intense d’apprentissages pratiques qui demandait beaucoup de concentration, mais c’était aussi une fin de semaine d’échanges, d’émotions et de rires. Je me sens mieux outillée pour m’organiser avec des collègues, mais j’ai aussi l’impression de beaucoup mieux comprendre ce que c’est que de faire partie des IWW.

Solidairement,

-X385017

Des outils pratiques pour se lancer à l’assaut de son lieu de travail, l’accès à des expériences d’organisation des plus diverses et une place au premier rang pour vivre et comprendre la solidarité légendaire des wobblies, voilà ce que propose la Formation d’Organisation 101. Un gros merci à tout ceux et toutes celles qui étaient présent.es au local en janvier, et pour les autres, on se revoit les 2 et 3 avril prochain pour la 6e édition!

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10 jours qui ébranlèrent le Québec et ce n’est qu’un début!

Le vendredi 31 octobre, c’est sous le thème de l’austérité, une histoire d’horreur, que des manifestations eurent lieu dans les villes de Sherbrooke, Rimouski, Jonquière, Baie-Comeau, La Tuque, les îles de La Madeleine et Montréal. Les manifestant-e-s de cette dernière se comptèrent au nombre de 50 000 si l’on en croit les chiffres officiels. Cet exploit fut permis grâce aux autobus en provenance de près de 10 régions du Québec qui convergèrent vers la métropole, grâce à la mobilisation, non seulement des étudiant-e-s qui comptaient tout de même dans leurs rangs plus de 82 000 grévistes, mais aussi de différentes centrales syndicales et de l’ensemble des groupes communautaires sur le pas de guerre contre les mesures d’austérité décrétées par les trois paliers gouvernementaux et auxquelles aucun parti politique de l’opposition ne semble pouvoir faire le poids. Cette journée d’une mobilisation sans précédent depuis 2012 doit être vue sous deux angles. D’abord, comme l’aboutissement de plusieurs semaines d’escalade et ensuite comme le point de départ d’une montée encore plus grande. Lire la suite

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Manifestation du 2 octobre 2013

Ce mercredi midi, la Coalition montréalaise contre la réforme de l’assurance-emploi, composée de plusieurs syndicats et groupes communautaires appelait à un rassemblement devant les locaux où se tenaient les audiences publiques de la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi, présidée par Gilles Duceppes et  Rita Dionnes-Marsellais. Lire la suite