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Des propriétaires d’entreprises chez les I.W.W. ?!?

Un complément de réflexion à l’article intitulé « être syndiqué IWW et travailleuse autonome » .

Il est vrai que le I.W.W. syndique tout le monde sauf les représentants de l’autorité étatique (policiers, magistrats etc) et les personnes en situation de pouvoir autoritaire sur d’autres travailleurs-euses ci-après nommés …les boss! Les employeurs en tant que propriétaire d’entreprise et leurs laquais que sont les gérants et autres cadres qui font ,selon ma compréhension, partie de la catégorie des « boss ».

Or qu’est-ce qu’un « travailleur autonome » ? N’est-ce pas un propriétaire d’entreprise ? N.. oui : Si on s’en tient uniquement à la définition que nous en donne l’économie libérale. Ce serait le cas à en juger par cette définition donnée sur le site éduca-Loi :

« En fait, le travailleur autonome et l’entreprise individuelle ne font qu’un, c’est-à-dire que le travailleur autonome exploite une entreprise et que cette entreprise est le résultat de son propre travail. Puisque l’on ne peut pas dire que le travailleur autonome est lui-même une « forme d’entreprise », on dit plutôt qu’il exploite une « entreprise individuelle» dont il est l’unique propriétaire. »

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Retour sur la Formation d’Organisation 101

Les 8 et 9 octobre derniers, le SITT-IWW Montréal a profité de la longue fin de semaine de l’action de grâce pour donner à une douzaine de ses membres une formation d’OT-101 (entraînement d’organisateur / organisatrice 101) en anglais à son local sur la rue Brébeuf, à Montréal.

La formation d’une durée de deux jours fut donnée par un organisateur des États-Unis et une organisatrice de l’Ontario, choisi-e-s de branches provenant de l’extérieur du Québec et ce, pour leur grande expérience. Ce choix permit aux quelques 12 personnes présentes de bénéficier non seulement d’une formation qui existe depuis longtemps et dont l’efficacité n’est plus à démontrer, mais aussi de l’expérience du formateur et de la formatrice qui fut très appréciée des participants et des participantes.
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Témoignage d’un.e membre de l’IWW Québec pour la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Voici un témoignage d’un.e membre de l’IWW-Québec:

«En cette journée Internationale pour l’élimination de la pauvreté, je ne peux que ressentir une profonde solidarité de classe envers celles et ceux faisant les frais des puissants. Provenant moi-même d’un milieu pauvre, je ressens depuis toujours dans mon corps et mon esprit le poids d’avoir à lutter contre les ravages et les traumatismes hérités de cette forme de violence : la violence économique. Selon moi, la pauvreté n’est pas une fatalité sortie tout droit de la nature, elle est planifiée par l’élite économique afin que ceux-ci conservent leurs privilèges et nous avons le pouvoir de la faire cesser.

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Être syndiquée IWW et être travailleuse autonome…

J’ai entendu à plusieurs reprises des questionnements sur l’enrôlement de travailleurs ou travailleuses autonomes au sein du IWW et j’aimerai y répondre en partie ici.

De 1, le IWW syndique tout le monde (sauf les patrons entre autres), autant les itinérant-e-s, que les prisonnier-e-s ou travailleurs et travailleuses du sexe que des étudiant-e-s ou chômeurs et chômeuses ou gen-t-es sur le bien-être social ou même encore toute personne travaillant dans une industrie particulière. Alors pourquoi pas les autonomes aussi. Ce sont, au final, des employé-e-s du système aussi.
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Retour sur la soirée d’introduction au SITT-IWW

Jeudi le 25 août dernier a eu lieu une soirée d’introduction au SITT-IWW Montréal au local du syndicat au 5323 rue Brébeuf, à Montréal. Une vingtaine de personnes étaient présentes, dont une quinzaine n’étaient pas encore membres de l’organisation et venaient pour en savoir plus, la plupart soit après nous avoir vu en action (notamment au Vieux Port) ou soit après y avoir été attiré-es par certain-es de nos camarades.

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Les employé.es du Frite Alors Rachel se syndiquent avec les IWW

Nous nous occupons de la préparation, de la cuisson et du service. Nous prenons en charge le ménage et la sécurité et lorsque quelque chose ne va pas, nous sommes les premières et premiers concerné.es, ainsi que les premières et premiers à répondre.

Nous considérons que cela devrait nous donner le droit de négocier nos conditions de travail et que ces conditions devraient inclure le respect et une vie meilleure.

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Sept mythes à propos de Postes Canada

Affiché le 30 juin 2016 sur rankandfile.ca
Par Doug Nesbitt et Dan Darah (traduit avec l’autorisation des auteurs)

Sous l’ombre d’un nouveau lock-out ou d’une nouvelle grève chez Postes Canada, le patronat cherche de nouveau à miner la confiance du public dans le service des postes public en faisant appel à une campagne de désinformation envers les travailleurs et travailleuses des postes. Voici sept mythes à propos de Postes Canada que vous entendrez répéter dans les journaux et à la télévision, autour de la table à manger ou lors de votre pause cigarette, et par des politiciens et des patrons. Une version de ce document est disponible (en langue originale) sous forme de tract ou d’affiche. Une bonne façon d’afficher votre soutien.
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Grève victorieuse chez les IWW, TTX Maryland vire son patron!

Des travailleurs et travailleuses de l’industrie des technologies informatique du Maryland lancent une grève avec le SITT-IWW et congédient leur patron!

FREDERICK, MD- Les travailleurs et travailleuses de True Technical Experts LLC (TTX) un sous-contractant en Technologie Informatique pour des détaillants majeurs, ne pouvaient savoir jusqu’où les emmènerait leur aventure lorsque le 26 mai dernier ils entrèrent en grève une bonne fois pour toutes. Les travailleuses et travailleurs ont alors soumis une liste de demandes qui incluaient un ajustement de leurs salaires au standard industriel, des heures régulières, la fin du harcèlement et des vols de salaires et la reconnaissance du SITT-IWW.

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Solidaire des arrêté-e-s de la Loi Travail

En solidarité avec celles et ceux qui ont lutté et qui luttent encore contre la Loi Travail et « son monde », le SITT-IWW Montréal a organisé une soirée de financement afin d’aider le groupe de Défense Collective (DefCol) de Paris, et ce en offrant un soutient moral et financier aux personnes arrêté.e.s et/ou incarcéré.e.s en lien avec le mouvement qui a débuté ce printemps. Ce montant est bien entendu symbolique, mais il représente une solidarité internationale qui doit être maintenue afin de combattre le système qui nous affame et qui nous plonge dans la précarité.

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Ce n’est pas facile d’être une femme organisatrice

Au cours de la dernière année, je suis devenue active politiquement. Je suis passée d’une méconnaissance totale de la politique radicale à une implication dans l’organisation du travail à Miami, selon une perspective anarchiste. Ce fut à la fois un difficile et valorisant parcours, mais mon genre semble constamment me hanter. Je ne suis probablement pas la première femme ayant vécue cette expérience, mais je crois devoir faire la démonstration du fait qu’il s’agit d’un problème réel, tout en offrant mon point de vue personnel afin que d’autres femmes puissent avoir un point de référence au sein de leurs propres luttes.

Ayant été élevée par des parents nicaraguayens au sein de la communauté latino de Miami, j’ai vécue de près le sexisme inhérent à la culture du sud de la Floride. De nombreuses familles ayant immigrés en provenance d’Amérique du Sud, d’Amérique Centrale et des Caraïbes arrivèrent aux États-Unis en y important leurs traditions issues des années 70 et 80. Les jeunes filles sont ainsi élevées par des femmes ayant grandi en se faisant dire que leur but dans la vie était de devenir des épouses obéissantes, se dévouant cœur et âme à l’éducation de leurs enfants et au bonheur de leurs maris. Les femmes latino sont ainsi supposées être modestes, réservées et soumises, et être en mesures de jouer un rôle purement domestique. Bien que certaines familles hispaniques ne se soumettent pas entièrement à cette construction sociale, il reste que celle-ci joue toujours un rôle de premier plan au sein d’une très grande part de la communauté latino. À titre d’exemple, cette construction sociale se retrouve au sein des trois dernières générations des familles de mon père et de ma mère. Mes arrière-grand-mères et grand-mères, ainsi que ma mère et mes tantes, n’ont jamais complété leur scolarité et ont toutes dévoué leurs vies entières au service de leurs maris et de leurs enfants. Pendant ce temps, de nombreux hommes au sein de ma famille élargie ont pu compléter leur éducation, certains ayant même reçu un diplôme universitaire, et ont ainsi pu devenir des figures dominantes au sein de leurs communautés. Les hommes de la famille ont pu faire ce qu’ils voulaient puisqu’ils reléguaient toutes les responsabilités domestiques et familiales à leurs épouses. Poursuivant ce cycle, ma grand-mère et ma mère ont bien tenté de m’élever de la même manière. Je me suis fait dire de ne pas m’engager dans des activités dites « masculines », que ce soit le sport, le domaine universitaire, la politique, ou tout autre domaine dominé par l’homme. Malheureusement pour elles, j’ai toujours refusé de me soumettre à leurs standards de féminité. Je fais du sport depuis l’âge de dix ans, j’ai développé un intérêt profond pour l’histoire, la sociologie et la science politique, et je suis présentement engagée dans trois projets de nature politique. Cette attitude est une telle source de frustration pour mes parents que je me retrouve à être insultée sur une base quotidienne. Ma mère me traite de ‘tomboy’, me dit que je suis égoïste parce que je consacre autant de temps à l’organisation politique, et déplore ma soi-disant « promiscuité », du fait que les groupes politiques auxquels j’adhère sont formés en majorité d’hommes. Mon père, quant à lui, me dit que j’agis de manière insensée en consacrant autant de temps à la politique au lieu de bien me préparer à mon futur rôle de mère et d’épouse.

Tout au long de mes deux décennies de vie à Miami, j’ai pu rencontrer une multitude de femmes d’origines diverses. À l’école, dans le cadre de mon travail en tant qu’assistante-infirmière, ainsi qu’en politique, j’ai côtoyé des femmes originaires du Nicaragua, du Honduras, du Mexique, de Colombie, d’Argentine, de République Dominicaine, de Porto international-womens-day-posterRico, d’Haïti, de Jamaïque, du Népal et des Philippines, et elles ont toutes des histoires similaires à partager. Chacune d’entre elles m’ont révélé l’oppression qu’elles vivaient à la maison. Elles sont forcées de se conformer au rôles de genres et de suivre les standards traditionnels de ce qui définit une femme. Certaines ont tenté de se libérer de ces rôles, mais la pression de leurs entourages et de leurs familles finie généralement par venir à bout de leur volonté. Si certaines réussissent à se battre contre le courant, elles sont systématiquement insultées et stigmatisées, développent une mauvaise estime de soi et sombrent parfois dans l’anxiété et la dépression. J’ai moi-même vécu, et vis encore, des épisodes de détresse émotionnelle. Je me suis sortie d’une dépression en 2013 après six mois de thérapie, et je me bas encore aujourd’hui contre l’anxiété sociale et une mauvaise estime de moi-même. Malgré tout, je réussis à conserver mon intégrité et je continuerai à le faire afin de poursuivre le combat.

Entendre les récits et être témoin de la peine de toutes les femmes victimes du patriarcat m’a inspiré à poursuivre ma route en tant qu’organisatrice. Voir la passivité de ma mère face à mon père, voir mes sœurs être forcées d’adopter des traits indésirables, et être témoin des larmes de ces femmes ayant partagé avec moi leurs récits de vies sous l’oppressive domination masculine m’a permis de transformer ma colère en énergie positive et à me dévouer à la création d’une société au sein de laquelle les femmes ne seront plus opprimées. Je ne veux plus avoir à faire face à l’inégalité des genres et devoir regarder nombre de femmes tomber dans ses rouages. Nous ne pouvons plus continuer à négliger ce problème et devoir faire face à celui-ci seules. En tant que femmes révolutionnaires, nous devons prendre ces problèmes au sérieux et trouver des stratégies et des solutions afin de les surmonter.

Une manière de s’engager dans cette lutte est de partager nos expériences entre nous afin d’identifier les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui. Nous ne devons plus nier et réprimer notre frustration face à l’inégalité des genres. Celle-ci doit s’exprimer. Comment pouvons-nous prétendre bâtir une révolution sociale alors que nous n’osons que rarement parler de nos propres tourments personnels ? Je sais qu’il est parfois difficile de partager les difficultés auxquelles nous faisons face à la maison, au travail ou au sein de nos cercles politiques. Il est même ardu pour moi d’écrire ce texte, mais nous devons arrêter de 1546449_10152142519671361_8569163409494853563_nlaisser ces obstacles barrer notre chemin. Je me souviens avoir été pétrifiée la première fois que je me suis exprimée à propos de mes problèmes personnels auprès d’une camarade. Je croyais qu’elle ne me comprendrait pas et que je la dérangerais, mais après lui avoir raconté mon histoire, j’ai vite constaté qu’elle faisait face aux mêmes problèmes et était empathique face à ma situation. Ça a complètement transformé ma vie puisque j’avais auparavant cru que je devais sans cesse attendre afin de parler de ces problèmes à ma thérapeute, mais j’avais tort. Il y a plein de gens autour de nous prêts à écouter et à nous supporter; il n’en tient qu’à nous d’aller vers eux. J’ai fini par comprendre que les problèmes de genres existent toujours et que les obstacles auxquels je dois faire face sont bien réels. À travers des actions toutes simples comme parler de ceux-ci et bâtir des liens, je crois que nous arriveront à créer un collectif de gens déterminés à créer des tactiques afin d’abolir ces oppressions. C’est ainsi que s’est formé Mujeres Libre, qui a réussi à créer une tendance au sein de la Confederación Nacional del Trabajo et de la Federación Anarquista Ibérica afin de faire face au problème d’inégalité des genres. En grossissant leurs rangs, Elles ont fini par se tailler une place de choix au front lors de la révolution espagnole. Nous pouvons faire de même aujourd’hui si nous y mettons nos cœurs et âmes. Plusieurs d’entre nous diront que nos capacités et le climat social d’aujourd’hui rendent une telle chose impossible, mais comment le saurions-nous sans avoir même essayé? C’est pourquoi j’encourage toutes les femmes révolutionnaires à cesser de douter d’elles-mêmes et à engager le combat. Brisons dès maintenant le silence et créons la solidarité dont nous avons besoin.

-Luz Sierra

Publié en version originale anglaise en avril 2014 dans l’Industrial Worker, l’article Being A Women Organizer isn’t Easy de la fellow worker Luz Sierra obtiendra la première place dans la catégorie Contribution à l’Industrial Worker de l’année lors du Working Writers Contest et sera réédité en 2015 pour le pamphlet Radical Works for Rebel Workers