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L’exclusion des travailleuses domestiques: Une longue lutte contre la discrimination et les préjugés

Christiane Gadoury, UTTAM

Depuis de nombreuses années, plusieurs organisations, dont l’Union des travailleurs et des travailleuses accidentés de Montréal, dénoncent le fait que les travailleuses domestiques soient exclues de la définition de travailleur dans la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) et, par conséquent, ne puissent bénéficier automatiquement de sa protection. Au fil du temps, de plus en plus de voix se sont ajoutées afin de dénoncer cette situation inacceptable. Ainsi, depuis maintenant plus d’un an, le gouvernement, ne pouvant nier l’évidence, promet de corriger cette injustice incessamment. Mais toujours rien…

Pourquoi y a-t-il tant de résistance? Pourquoi y a-t-il de si longs délais? Voici l’histoire d’une longue lutte.

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Haïti et Saint-Domingue : l’île aux esclaves

Des centaines de milliers d’Haïtiens sont contraints de franchir la frontière pour travailler en République dominicaine. Parqués dans des plantations, ils vivent privés d’eau, d’électricité, de latrines, d’école et de soins.

C’est une seule île, Hispaniola, mais deux pays, deux univers différents, en pleine mer des Caraïbes. Haïti et la République dominicaine. Pays pauvre parmi les plus pauvres de la planète, Haïti pousse ses habitants à l’exil, sans doute entre 10 % et 15 % de la population. Entre 500 000 et un million de Haïtiens vivraient, clandestins ou non, en République dominicaine, qui, à côté, fait presque figure d’eldorado. Pour une seule saison ou pour la vie, ils partent travailler dans les champs dominicains, pour 1 ou 2 euros par jour, plus qu’ils ne peuvent espérer en gagner dans leur pays dévasté par des années de crise économique et politique ­ le rapport entre le revenu moyen d’un Haïtien et celui d’un Dominicain et de 1 à 7.

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Chine : Les conflits salariaux gagnent en violence

Traduit par Samantha Deman · Global Voices

Un travailleur migrant, originaire de la province du Hebei, a été poignardé le 9 janvier dernier à Beijing, après avoir réclamé des arriérés de salaire auprès d’un sous-traitant ; l’homme a perdu un rein, précise l’article paru dans le journal Yangchen Evening News.

L’événement a été surnommé l’affaire “Salaire réclamé, rein perdu” par les médias chinois.

Selon le Yangcheng Evening News, Gao Zhiqiang, un père de trois enfants âgé de 28 ans, a subi l’ablation de son rein droit après avoir reçu des coups de couteaux commandités par le sous-traitant auquel il avait demandé 70 yuans (7 euros) d’arriérés de salaire. Un médecin a évalué les frais médicaux de Gao à près de 50 000 yuans (5 107 euros).

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Montréal: Un travailleur agricole en grève de la faim

Note: Une raison hors de notre contrôle nous force à modifier le texte de M. Santos. Les modifications sont signalées par les crochets typographiques [ ]

Mon nom est Noé Ricardo Arteaga Santos, je suis un ancien travailleur [d’une entreprise québécoise qui produit des tomates de serres et ancien membre du Syndicat des travailleurs et travailleuses de cette même entreprise]. Je fus renvoyé de façon injuste et arbitraire pour le simple fait d’avoir lutté pour le respect du contrat qui me liait à cette dite entreprise.

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Les travailleurs agricoles ne méritent pas notre respect

par Pierre-Louis Fortin-Legris
Pris sur le site de À Babord !

Il est un lieu commun qui veut que le marché du travail soit un mutant. Transformations par-ci, mutations par-là. Le milieu agricole n’y échappe pas. Nos cornichons viennent d’Inde et nos terres sont labourées par des Guatémaltèques de passage qui, tels des cornichons, n’ont pas le droit de s’organiser collectivement.

Depuis quelques années, les conditions de vie des travailleurs agricoles saisonniers font l’objet d’une attention soutenue de la part de groupes de défense des droits et de certains syndicats [1]. Des campagnes d’information sur les droits des travailleurs et des travailleuses ont été menées avec les moyens du bord, pour permettre aux employées agricoles d’avoir accès aux régimes de protection sociale : assurance-emploi, CSST, etc. Une fois ce travail bien enclenché, la suite logique était d’institutionnaliser le rétablissement du rapport de force, de créer des syndicats pour les travailleurs temporaires migrants. C’était sans compter la flexibilité de nos lois du travail…

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