Lettre de l’éditrice sortante de l’Industrial Worker

Après 8 ans de loyaux services au poste d’éditrice du journal l’Industrial Worker (IW), la fellow worker Diane Krauthamer décida à l’automne 2016 de ne pas se représenter et de laisser la place à quelqu’un.e d’autre. Nous vous retranscrivons ici la lettre qu’elle a fait paraître dans la dernière édition de l’IW et la remercions chaleureusement pour tout ce qu’elle a fait. Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour souhaiter la meilleure des chances à la fellow worker Roberta McNair, élue à majorité au référendum international pour le poste d’éditrice de l’IW pour le mandat 2017.

Fellow workers,
Après 8 merveilleuses années, cela aura été est mon dernier numéro en tant qu’éditrice de l’Industrial Worker. Bien que j’aie l’intention de continuer à travailler sur cette publication sur une base volontaire, je démissionne de ma position d’éditrice de l’Industrial Worker à la fin de 2016. Un-e autre camarade à être élu.e prendra ma place.

Lorsque j’ai commencé cet emploi au début 2009, je n’avais pas beaucoup d’expérience avec l’IWW. À cette époque, je vivais à New-York, aidant avec la section locale au soutien 
du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks et des campagnes d’organisation dans les entrepôts alimentaires de Brooklyn et du Queens. Ma connaissance et mon expérience avec les Wobblies du monde entier étaient plutôt limitées.

 

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Diane Krauthamer, éditrice de l’Industrial Worker.

En devenant éditrice de l’IW, j’ai eu le plaisir d’échanger des histoires avec des centaines de camarades du monde entier, de gens travaillant dans diverses industries, occupant différentes fonctions et militant pour plusieurs causes axées sur le travail. Même si nos communications ne se résumaient qu’en quelques échanges courriel, c’était exaltant pour moi d’apprendre sur les différents projets, campagnes, événements, victoires d’organisation, expériences, opinions, et idées de chaque personne. Malgré des revers et des épisodes de surmenages occasionnels, j’ai toujours trouvé la motivation pour poursuivre mon travail sur l’IW et mon implication avec le syndicat a été un succès. Mon implication avec l’IWW continue d’être inspirée par les innombrables fellow workers qui gardent vivant le momentum de notre syndicat. J’aurais abandonné il y a longtemps si ce n’était pas de vous.

Bien que mon travail sur le journal soit bientôt terminé (pour l’instant), mon travail pour le syndicat est loin de l’être. Ma première priorité est de bâtir et de renforcer l’IWW. Au cours des années, j’en suis venue à réaliser que n’importe quelle tentative est futile à moins que nous nous battions contre toute forme de discrimination dans le processus. Et ceci est impératif si nous voulons voir croître notre force. Comme certain.es d’entre vous se souviennent peut-être, au fil des années passées, au travers de mon travail éditorial, j’ai encouragé les débats ouverts sur ces problèmes. Personnellement, je crois que le plus gros obstacle à la croissance de l’IWW est le sexisme, et je ne crois pas qu’agir comme si le problème n’existait pas va le résoudre. L’IW est la publication officielle de l’IWW, et en tant que tel, je crois que ça devrait être la mission de cette publication d’encourager la poursuite du dialogue qui peut nous aider à travailler sur ces problèmes complexes.

J’ai choisi d’inclure ces discussions dans les pages de lIndustrial Worker pour cette raison précise. Si nous sommes honnêtes sur qui nous sommes, nous devons être honnêtes sur comment nous pouvons nous améliorer. Les membres potentiel.les vont voir cela et vont vouloir se joindre à une organisation qui reconnait ses problèmes et travaille à les résoudre. Les ancien.nes membres pourraient même revenir dans l’organisation s’il.les voient que nous nous battons ouvertement contre une culture patriarcale à l’interne. Les membres actuel.les peuvent être contrarié.es à propos de l’opinion d’une personne, mais il.les peuvent aussi répondre et voir leurs opinions publiées, et c’est ce qui rend le dialogue efficace. De l’autre côté, les patron.nes qui lisent l’IW, ne sauront pas quoi faire face à une organisation aussi forte.

Alors que je passe le flambeau au prochain éditeur ou la prochaine éditrice de l’IW, j’encourage cette personne à incorporer une mission éditoriale semblable dans son travail au journal, tout comme je l’ai fait avec le mien. Pendant ce temps, je vais continuer de bâtir un syndicat plus fort et plus inclusif. Mes buts demeurent les mêmes, quelle que soit ma position. 

J’espère que mon travail à l’Industrial Worker vous aura inspiré, car le vôtre m’a très certainement inspiré.

En solidarité,

Diane Krauthamer

Éditrice de l’Industrial Worker.

 

 

Paru en version originale anglaise dans l’édition de l’automne 2016  de l’Industrial Worker, #1777 Volume 113 No.4. Traduction par Pierre-Luc G et correction par Coline G.

UN MILITANT DES IWW BLESSÉ PAR BALLE D’UN COUP DE REVOLVER À SEATTLE

Vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, il y a eu de nombreuses manifestations anti-trump et anti-capitaliste. Lors de celle qui passait par l’université de Whashington à Seattle, pour contrer et empêcher un discours pro-trump du fasciste Milo Yiannopoulos (suprémaciste blanc), un membre des IWW (confédération syndicaliste révolutionnaire) a reçu une balle à bout portant. Ci-dessous la traduction de l’appel de fond pour lui payer les soins et les probables frais de justice.

Le Comité de Rédaction du Monde Libertaire

Dans la soirée du vendredi 20 janvier, un de nos compagnons a été blessé d’une balle dans l’estomac dans le lieu le plus public du campus de l’Université de Washington à Seattle – un endroit appelé «Place Rouge» pour la couleur de ses briques plutôt que pour sa politique.

Ce fellow workers (c’est ainsi que les membres de l’IWW se désignent entre eux) est un militant anti-fasciste actif de longue date, membre des Industrial Workers of the World (IWW) et du Comité de Défense Générale (GDC) de l’IWW. Il est actuellement dans un état critique à Harborview Hospital à Seattle. Ils ont un centre de traumatisme de niveau 1, donc il est probable qu’il reçoive la meilleure qualité de soins disponibles, ce pour quoi nous sommes profondément reconnaissants.

Comment réagissons-nous ? Nous construisons une présence anti-autoritaire, anti-capitaliste, antiraciste, anti-sexiste et antifasciste élargie à Seattle, et cette personne était à la tête de cet effort. Est-ce que d’autres sont prêts à s’avancer et à le remplacer pendant qu’il guérit ?

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour montrer au monde ce qui est clair pour nous : nous subissons une attaque armée. La droite fasciste sait où nous trouver – les manifestations anti-Donald Trump, ou les actions contre la brutalité policière. Dans les Villes Jumelles [Minneapolis et Saint-Paul] vient de commencer le procès d’Allen Scarsella, un des suprématistes blancs qui s’est rendu à la quatrième circonscription à Minneapolis en novembre 2015 et a ouvert le feu, tirant sur de nombreuses personnes.
Nous n’avons pas la confirmation que la personne qui a tiré sur notre compagnon était un contre-manifestant en colère contre ceux qui protestaient contre la détestable misogynie blanche nationaliste de Milo. Nous savons qu’il s’est rendu lui-même à la police plusieurs heures plus tard, en revendiquant la « légitime défense ». C’est bien sûr exactement ce que Scarsella a également fait.

Notre ami aura d’énormes frais d’hôpital et sans aucun doute des frais juridiques aussi. Il subira également une perte importante de revenus. Soutenons-le afin qu’il n’ait pas à s’inquiéter de ce genre de problème. S’il vous plaît donnez. Tout l’argent sera contrôlé directement et rien ne sera attribué à aucune autre cause, à l’exception des frais associés au service de collecte de fonds utilisés.

S’il vous plaît ne vous contentez pas de donner ; dites à vos amis, à vos familles et à vos organisations de donner. Cela peut sembler décourageant, mais voici pourquoi ils devraient le faire :
Il ne s’agit pas seulement d’un individu. Vos amis et vos familles savent que la situation a radicalement changé. Ils savent que les choses changent rapidement, et ils ont beaucoup entendu le mot fascisme depuis que Trump a été élu. Ils peuvent même soupçonner que le rythme effréné des révélations médiatiques et des décisions de l’exécutif vise à les distraire et à les faire se sentir impuissants.

Il s’agit de protéger ceux qui se sont déjà mis en avant pour nous protéger. Ceux qui se sont organisés pour nous et qui se sont engagés avant même Donald Trump ait été élu. Il s’agit de les protéger. Il s’agit d’encourager NOTRE côté à s’organiser pour se protéger, plutôt que de simplement solliciter la protection contre les fascistes et les racistes. Dont certains sont maintenant au pouvoir.

Nous devons leur assurer un soutien généralisé, et nous devons le faire au nom de l’anti-fascisme organisé. Nous devons démontrer que, indépendamment de notre propre analyse politique ou de notre identité – progressiste, libérale, de gauche, radicale, etc. – nous soutenons l’antifascisme et nous soutenons les antifascistes. Nous ne laisserons pas les nôtres en arrière. Nous soutiendrons les efforts antifascistes, surtout parce qu’ils sont plus nécessaires que jamais, et parce que ne pas les soutenir en ce moment crucial serait une catastrophe.

Merci de lire cet appel jusqu’au bout. Il est difficile d’entendre qu’un compagnon a été blessé par balle. Nous n’avons peut-être pas tout exprimé de la manière la plus organisée ou la meilleure, et si tel est le cas, veuillez accepter nos excuses.
Nous espérons que vous envisagerez de faire une contribution et peut-être écrire des lettres ou d’appeler le président de l’Université de Washington en exprimant votre soutien à la victime de la fusillade et aux manifestants, en exprimant vos critiques à l’égard de l’administration de l’Université Washington qui a autorisé un événement dont elle savait qu’il allait encourager la violence contre les groupes minoritaires. Maintenant, ils ont obtenu ce qu’ils auraient dû prévoir. Appelez ou écrivez au procureur du comté et exigez des poursuites agressives. Appelez les conseillers municipaux de Seattle et demandez-leur de publier une déclaration publique de condamnation des attaques violentes contre des manifestants antiracistes et antifascistes, et demandez-leur de soutenir notre compagnon.

Dites la vérité à vos voisins. Changez le récit que les médias vont essayer de vous présenter.

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SOURCE : https://www.crowdrise.com/medical-fundraiser-for-iww-and-gdc-member-shot-in-seattle

Traduction par le Monde Libertaire:
http://monde-libertaire.net/?article=Un_militant_des_IWW_blesse_par_balle_dun_coup_de_revolver_a_Seattle

Grèves contre l’investiture de Trump!

Si la multitude de memes et de parodies de la vidéo du leader suprématiste blanc Richard Spencer, se faisant frapper au visage, aurait à elle seule suffit à justifier toute la mobilisation entourant le fameux #J20 de l’investiture de Donald Trump, l’équipe du Combat Syndical, fidèle à son sérieux révolutionnaire tient néanmoins à vous présenter quelques-unes des grèves qui marquèrent cette journée nationale de contestation contre le nouveau porte-parole autoproclamé de la classe ouvrière.

Il nous semble important de parler de cette auto-proclamation, parce que si Trump a été élu par seulement 26% des voies, c’est dire que 74% de la population américaine n’a pas voté pour lui. Qu’on donc fait ces 74% d’Américains le 20 janvier? Si certain.es ont sans doute regretté Clinton, Sanders ou même Staline, nous saluerons ici les travailleurs et travailleuses qui se sont organisé.es pour faire entendre leur colère et leur refus de cautionner le populisme fascisant du 45e président.

Au port d’Oakland, en Californie, l’absence des travailleurs et travailleuses obligea la fermeture d’un des terminaux maritimes, suspendant temporairement la circulation des navires, bloquant complètement les activités de chargement et de déchargement et ralentissant les opérations de camionnage de manière telle, qu’un bouchon de circulation monstre se dessina dans les rues avoisinantes. Selon Mike Zampa, directeur aux communications pour le port d’Oakland, c’est près de 90% de toute l’activité portuaire qui fut arrêtée. Citant les syndiqué.es du Local 10 de l’International Longshore Warehouse Union, «Trump n’est pas la solution, il est le problème».

usastrikeAu même moment à Minneapolis et Saint-Paul dans le Minnesota, les concierges s’occupant du nettoyage de différentes succursales de Home Depot (on en compte une vingtaine dans la région métropolitaine), organisèrent une grève de 2 heures pour protester contre les bas salaires offerts par le sous-contractant les embauchant et l’agenda politique de Trump pour qui, l’un des problèmes de l’Amérique serait les salaires trop élevé. La veille les enseignant.es de laSaint Paul Federation of Teachersorganisaient une manifestation appelant à protéger les étudiant.es et leurs familles. Et toujours dans le domaine de l’éducation, mais cette fois à Boston, les 375 employé.es de service de la Northeastern University arrêtèrent le travail pour aller rejoindre les différentes manifestations qui avaient lieu dans la ville.

Même le milieu des arts s’est joint au mouvement de contestation. Ainsi de nombreux musées comme le Queens Museum of Art et le Whitney Museum de New-York, le National Museum of American Indian de Washington, le Denver Art Museum ou le Boston Contemporary Art Institute, de même que de nombreuses galeries d’arts et de théâtres fermèrent leurs portes pour se joindre à la Grève des Arts à laquelle participaient déjà plus de 500 artistes du cinéma, de la musique, de la danse et de la sculpture.

Rappelant les nombreuses Grève des Femmes que connurent différents pays au cours de leur histoire, ce sont plus de 4 millions de femmes qui marchèrent dans les différentes villes des États-Unis, dont 1 million uniquement à Washington. Parallèlement, de nombreuses Marche des Femmes eurent lieu dans plus de 600 villes à travers le monde. Les organisatrices du Womens March parlent d’un grand total de 5 millions de marcheuses pour le 20 janvier.

Si la journée du 20 janvier ne marqua pas la Grève Générale que certain.es auraient aimé voir et qui, avouons-le, aurait été des plus appropriées, les nombreuses actions qui eurent lieu aux quatre coins des États-Unis et dont l’échantillon présenté ici ne compte que pour une infime portion, démontre néanmoins la volonté de combattre des travailleurs et travailleuses Américain.es. Des camarades de la section locale de Montréal étaient d’ailleurs à New-York la semaine dernière afin de discuter des possibilités d’organisation et de mobilisation pour un arrêt de travail massif. Une rencontre à laquelle plus de 80 personnes issues de différents regroupements autonomes, syndicaux et politiques ont participé.

La lutte continue, l’avenir nous appartient!

 

Mathieu Stakh

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Entente conclue au Frite Alors! Rachel

Le vendredi 15 décembre 2016, les employé.es du Frite Alors! Rachel en sont finalement venu.es à une entente avec la partie patronale. Un virage majeur pour les wobblies qui reprennent ouvertement pignon sur rue à Montréal et une première pour le mouvement syndical qui voit naître de nouvelles manières de fonctionner en dehors des limitations du cadre légal.

Nous nous rappelons que le communiqué de presse envoyé le 27 août dernier pour annoncer leur affiliation au Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses – Industrial Workers of the World (SITT-IWW), incluait une liste de points qu’ils et elles voulaient voir changer sur leur lieu de travail. On y parlait entre autre d’augmentations de salaires en cuisine et au service, d’augmentations annuelles, d’une standardisation des formations, d’une priorité à l’interne lors de l’ouverture de nouveaux postes, d’un plancher d’heures garanties, d’une compensation pour les quarts de travail en stand-by et de congés maladie.

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Idées de lectures pour le temps des fêtes

Une histoire populaire des États-Unis – de 1492 à nos jours

on8vatziap“Make america great again”. Ce slogan de la dernière campagne électorale américaine, on
l’a tous et toutes vu sur les casquettes rouges
made in China. Pourtant, Une histoire populaire des États-Unis – de 1492 à nos jours de l’historien Howard Zinn dresse un portrait d’un pays qui n’a jamais été si fabuleux, à moins d’être un riche propriétaire blanc. En effet, l’auteur se penche sur les communautés généralement absentes des livres d’histoire. Il y est question des autochtones, des syndicalistes, des esclaves, des activistes pour les droits civils durant les années ‘80 et ‘90 et plusieurs autres groupes et luttes sociales. Évidemment, il y est question de l’IWW, de ses actions, de la solidarité qui y a toujours régnée, de la répression, des emprisonnements et des victoires notables du syndicat qui fut l’ennemi numéro un du gouvernement américain à une autre époque.  Lire la suite

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Vol de salaire contrecarré dans Ahuntsic

Il y a quelques semaines, un employé en restauration, aide cuisinier, nous contactait car il avait des problèmes (sic) de paye avec son employeur. Sa boss lui réclamait un montant qu’elle lui avait versé en trop par mégarde, et plutôt que de lui signifier et prendre une entente avec lui, elle alla directement piger dans sa paye suivante sans l’en avertir. Et pas qu’un peu, plus des trois quarts de sa paye.

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Un restaurant chantant de New-York s’organise avec les IWW

C’est une nouvelle campagne du SITT-IWW, et des plus excitante, qui a été lancée à New York dernièrement. Les travailleurs et travailleuses du Ellen’s Stardust Diner à Time Square sont sortis publiquement vers la fin aout 2016. C’est sous le nom de Stardust Family United que ces travailleurs et travailleuses se sont réuni.es pour répondre aux conditions de travail dangereuses, aux congédiements arbitraires et au harcèlement au travail.

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La section Locale du SITT-IWW Montréal adhère à la déclaration commune contre les violences vécues par les femmes dans le logement.

Le 13 novembre dernier, les membres présent.es à la réunion mensuelle de la section locale intersectorielle du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses -Industrial Workers of the World (SITT-IWW) de Montréal ont voté à l’unanimité d’endosser la déclaration commune contre les violences vécues par les femmes dans le logement.
Cette déclaration commune est une initiative du CEAF (Centre d’éducation et d’action des femmes), du CALACS de l’Ouest de l’île (centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel), du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) et du RQCALACS (Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel).

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La lutte continue au Frite Alors

Le 26 aout dernier, les employé.es du Frite Alors Rachel à Montréal annonçaient publiquement leur adhésion au Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW). Leurs revendications étaient simples. Augmentations du salaire de base en cuisine et au service, augmentations salariales annuelles, le droit à un pourcentage des ventes, une compensation pour les shifts sur appel, des journées de maladie, une formation polyvalente, l’ouverture des postes en priorité à l’interne et un minimum d’heures garanties.

Face à ces demandes, la partie patronale réagissait avec la stratégie de la carotte et du bâton. Alors que d’une main elle accordait les augmentations de salaires en cuisine, vaine tentative de diviser pour mieux régner, de l’autre, moins de 5 jours après la sortie publique du syndicat, elle congédiait Morgane, une employée syndiquée. Erreur stratégique de leur part puisqu’à peine 2 heures plus tard, le restaurant était envahi par les membres de la section locale des IWW à Montréal qui exigeaient la réembauche de leur camarade et l’ouverture des négociations. Le wobblies moyen a beau être d’un naturel plutôt jovial, surtout lorsqu’on lui offre la chance de se dégourdir les jambes dans une action ou une manifestation, 30 wobblies chantant, scandant et riant en alternant les pauses cigarettes restent néanmoins le genre de décor que le tenancier moyen essaie d’éviter à ses clients. Après une heure d’occupation, le SITT-IWW obtenait gain de cause. La camarade reprenait son emploi sans modification à son salaire ou à son horaire et des négociations s’ouvraient dès la semaine suivante.

Cette stratégie de la carotte et du bâton semble pourtant être restée la norme pour l’administration de Frite Alors. Tandis que les premières demandes commençaient à être débattues, en apparence avec ouverture d’esprit, elle retira le droit acquis des salarié.es à se faire remplacer par d’ancien.nes employé.es La mesure fut instaurée dès qu’un ancien travailleur refusa d’effectuer un remplacement sous le seuil du nouveau salaire en vigueur. Félix Vincent, l’employé en question, explique son geste : « L’important pour moi n’était pas le salaire en tant que tel. Sur les quelques 15 heures travaillées, l’augmentation représentait environ 11,25$. Je crois d’abord que si j’acceptais de faire le travail que les syndiqués font pour un salaire moindre, mon action aurait pour impact d’affaiblir la position du syndicat. Il y avait aussi là une question de dignité, ne valais-je pas au moins autant que des collègues ayant une ancienneté et une qualité de travail sensiblement équivalente à la mienne? » . Accompagné de Richard-Alexandre Laniel, membre de la section locale du SITT-IWW de même que de l’Association des Juristes Progressistes, les syndiqué.es réussirent dès la rencontre de négociation suivante à faire invalidé cette mesure parfaitement illégale.

 

Si les négociations s’étirent depuis maintenant un peu plus de deux mois, il ne faudrait pas penser que les membres du Syndicat des Travailleurs et Travailleuses restent les bras croisés à attendre le dénouement. Mentionnons d’emblée qu’au SITT-IWW, les salarié.es font partie intégrante du processus de négociation. De manière à éviter qu’un quelconque conseillé grassement payé enfonce dans la gorge des salarié.es un contrat négocié plus ou moins à l’amiable, ce sont les syndiqué.es eux et elles-mêmes qui sont assis.es à la table de négociation. En plus de s’occuper des négociation, ils et elles participèrent à de nombreuses manifestations comme la marche organisée par la section locale de Montréal pour dénoncer la « Fête » du Travail en septembre ou celle pour le 15$/heure en octobre, en plus de multiplier les entrevues avec les journaux locaux et les séances d’affichage. Ces nombreuses actions de visibilité ont fait en sorte que depuis le début de la campagne, les supports au Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Frite Alors se multiplient. Alors que nombre d’ancien.nes employé.es envoient des images d’eux et elles avec une pancarte « Je supporte les travailleurs et travailleuses du Frite Alors Rachel », des clients solidaires et fiers de manger un repas de fabrication syndicale postent sur Facebook des selfies avec des mots de supports. Mentionnons aussi les capsules vidéos réalisées par Normand Baillargeon, Manon Massé, Amir Khadir et Alain Deneault affichant ouvertement leur support à la campagne d’organisation en cours.

 

En date de rédaction, le STTFA venait d’organiser une soirée de solidarité dans le quartier Centre-Sud, à laquelle près d’une centaine de personnes participèrent, tandis que de l’autre coté de l’Atlantique la section CNT Interpro VilleFranche, affiliée à la Confédération Nationale du Travail de France, appelait au boycott des deux restaurants Frite Alors situés à Lyon jusqu’à ce que toute forme de répression contre les syndiqué.es de Montréal ait cessé.

 

 

« L’IWW est un mouvement salutaire pour le mouvement des travailleurs et la conscience de classe. C’est un mouvement qui retourne au source de l’action syndicale en restituant ce qui est au fondement de l’organisation des travailleurs, soit le rapport de force. » –Alain Deneault

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Des propriétaires d’entreprises chez les I.W.W. ?!?

Un complément de réflexion à l’article intitulé « être syndiqué IWW et travailleuse autonome » .

Il est vrai que le I.W.W. syndique tout le monde sauf les représentants de l’autorité étatique (policiers, magistrats etc) et les personnes en situation de pouvoir autoritaire sur d’autres travailleurs-euses ci-après nommés …les boss! Les employeurs en tant que propriétaire d’entreprise et leurs laquais que sont les gérants et autres cadres qui font ,selon ma compréhension, partie de la catégorie des « boss ».

Or qu’est-ce qu’un « travailleur autonome » ? N’est-ce pas un propriétaire d’entreprise ? N.. oui : Si on s’en tient uniquement à la définition que nous en donne l’économie libérale. Ce serait le cas à en juger par cette définition donnée sur le site éduca-Loi :

« En fait, le travailleur autonome et l’entreprise individuelle ne font qu’un, c’est-à-dire que le travailleur autonome exploite une entreprise et que cette entreprise est le résultat de son propre travail. Puisque l’on ne peut pas dire que le travailleur autonome est lui-même une « forme d’entreprise », on dit plutôt qu’il exploite une « entreprise individuelle» dont il est l’unique propriétaire. »

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