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En grève pour la planète

Nous sommes en 2019. La situation sur la Terre est catastrophique. La couche d’ozone est en voie d’être complètement détruite par les gazs carboniques des voitures, l’industrie chimique, et le push-push en cacane. Résultat : la Terre se meurt sous les rayons du soleil. Il faudrait éventuellement trouver une nouvelle planète où déménager 8 milliards de tatas, mais une providentielle série pour enfant ayant bercé une génération complète de ces tatas nous ayant prévenu que les gouvernements et le grand Capital n’apprendront jamais de leurs erreurs, la population terrienne décide de se mettre en grève pour sauver ce qu’il reste à sauver.

 

Alors qu’en juillet 2017, le journal britannique The Guardian publiait les résultats d’une étude démontrant que seules 100 compagnies sont responsables de plus de 70% des émissions globales, il devient de plus en plus dérangeant de parler de choix personnels et de jouer le jeux de la culpabilisation ou de la morale pour traiter d’écologie. Si des espèces animales disparaissent, que le nombre de morts humaines dues aux vagues de chaleur augmentent été après été et que nos années sur Terre sont comptées, ce n’est pas parce que le bac de recyclage du voisin n’est pas assez plein ou que notre collègue a oublié de mettre son trognon de pomme au compost.

 

Juste à Montréal, ce sont plus de 150 000 de personnes qui se sont rejointes au pied du Mont-Royal le 15 mars 2019 pour manifester leurs craintes face à l’avenir et exiger du gouvernement et des compagnies des actions immédiates. En matinée, la Commission Scolaire de Montréal annonçait devoir fermer les portes de plusieurs de ses établissement d’enseignement secondaire suite aux pressions de nombreux étudiants et nombreuses étudiantes qui ont formé des chaînes humaines afin d’empêcher les cours d’avoir lieu. Dans plusieurs quartiers, le voisinage des écoles primaires a pu assister durant les récréations ou après l’école à des manifestations d’enfants accompagné-e-s de leurs enseignant-e-s. Loin d’être confinées à Montréal, on recensait une dizaine d’actions prévues à travers la province, dont à Québec où plusieurs milliers de manifestant-e-s prirent d’assaut les rues. Rappelons que les membres de 120 associations étudiantes issues de 35 établissements différents étaient en grève ce vendredi. Ces dernières ont d’ailleurs pu compter sur le support de nombreux groupes citoyens, organismes communautaires et syndicats comme le SITT-IWW, la Fédération Autonome de l’Enseignement, la CSN et le Syndicat des Employé-e-s du Vieux Port pour n’en nommer que quelques-uns.

 

À travers le monde, la vague écologiste s’est étendue à plus de 125 pays, pour un total de 2083 actions enregistrées et mais ce n’est qu’un début! L’organisation Earth Strike, annonce d’emblée de nouvelles manifestations pour le 27 avril, afin de profiter du momentum du 1er mai pour resserrer les liens avec les organisations syndicales, et le 1er août, comme répétition générale, afin que le mouvement culmine vers une Grande Grève Générale Mondiale visant à sauver la planète, le 27 septembre.

 

« A revolutionary ecology movement must also organize among poor and working people. With the exception of the toxics movement and the native land rights movement most U.S. environmentalists are white and privileged. This group is too invested in the system to pose it much of a threat. A revolutionary ideology in the hands of privileged people can indeed bring about some disruption and change in the system. But a revolutionary ideology in the hands of working people can bring that system to a halt. For it is the working people who have their hands on the machinery. And only by stopping the machinery of destruction can we ever hope to stop this madness. »  ― Judi Bari (1947-1997), IWW et Earth First!

 

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Crédit Photo: Patrick Sicotte

La fragilité masculine et l’orgueil à l’usage des boss

L’odeur infecte du WD-40 qui brûle en irritant nos voies respiratoires et en nous faisant crever à petit feu

plane dans l’usine ce soir. C’est que mes patrons préfèrent utiliser ça pour éviter les projections pendant la

découpe de l’acier au laser plutôt que le fluide sécuritaire spécialement (ou moins nocif, du moins) conçu

pour ça. Probablement une question de prix pour sauver quelques dizaines ou centaines de dollars par

année. Pis pendant ce temps-là, notre santé, il s’en sacre. Bein oui, on est de la marde, nous autres, on est

juste des ouvriers et des ouvrières.

On en parle entre collègues au break. C’est clair qu’on va faire quelque chose avec ça, ça restera pas là !

Tout s’enligne pour une petite action directe simple, c’est-à-dire de fermer la découpeuse, qui est l’une des

trois machines d’ou toute la job part, jusqu’à ce qu’on aie de l’huile de coupe non-toxique. Presque tout le

monde est d’accord et se tient. Ouais, tout va bien excepté un détail : L’opérateur de la machine veut pas

l’arrêter…

Le champion en question s’appelle Jean (nom modifié). Jean n’est pas un plaignard ! Les plaignards, selon

lui, c’est des chochottes, et être une chochotte est quelque chose de terrible parce que Jean, vous l’aurez

deviné, souffre de masculinité toxique. Lui, les vapeurs de WD-40 toxiques, il dit que ça le dérange pas et

qu’il est capable de les endurer. Il en tire même une fierté raconter des choses comme ça dans les partys

ou au bar. Il a une job d’homme, lui ! De vrai mâle, là !

Malheureusement, Jean scrap sa santé et souffre autant que nous. Lui aussi, il va le chopper, le cancer,

inquiétez-vous pas ! Et probablement aussi qu’à quarante ou cinquante ans, il va avoir le dos fini et être

trois mois par année en arrêt de travail pis trouver sa vie plate en ****, donc il est pas vraiment plus

«toff» que nous autres. Il est juste manipulé par les boss par rapport à sa fragilité masculine.

Jean est aussi contre ça, les syndicats. Selon lui, ça protège les lâches et empêche les travaillants comme

lui de progresser. Ça nivelle par le bas. Il a plein d’histoires de travailleurs lâches qui lui ont été racontées

par «le gars qui a vu le gars qui a vu l’ours», sans contexte, qui l’empêchent de comprendre que les

employées slackaient sur la job parce qu’ils étaient en moyens de pression et que le petit nouveau zélé

scrappait leur job, ou bien que l’impossibilité de progresser dans une entreprise syndiquée est dans la

plupart des cas une riposte des Boss et le résultat d’une «pas assez bonne» convention collective.

Le Jean d’Amérique

On connaît tous et toutes des tonnes de Jean. Ça peut être des Jeanne aussi, mais typiquement, c’est des

Jean, évidemment. Les Jean sont travaillants et aiment nous le faire savoir, pis maudit que les boss

apprécient les gens pas de colonne comme eux parce qu’ils peuvent profiter d’eux et qu’ils vont presque

les remercier de le faire. C’est que les boss sont brillants : Ils ont réussi à profiter de la fragilité masculine

et/ou de l’orgueil des Jean de ce monde et à leur faire voir tout à l’envers. Ainsi, plutôt que de voir l’acte

de rébellion comme étant l’acte héroïque, ils ont plutôt réussi à leur faire entrer dans la tête que c’est, au

contraire, l’acte de soumission qui l’est ! Et les Jean endurent n’importe quoi, voir s’auto-exploitent, sans

broncher ni se plaindre pour nous démontrer qu’ils sont des vrais «toffs» et pas des lâches. Quelle ironie,

hein ?

C’est triste, au fond. Parce que des gens travaillants comme Jean, quand on y pense, c’est ça qu’on veut,

car pour être honnête, c’est vrai que des lâches qui rendent notre job plus difficile à faire, au même titre

que des colocs qui font jamais la vaisselle ou le ménage, ça craint ! Et malheureusement, les gens qui

pensent comme Jean propagent le mythe que les syndicalistes et autres gauchistes sont des paresseux et

des paresseuses de ce genre alors que ce contre quoi on est, en réalité, c’est pas le travail, c’est

l’exploitation et les injustices. Et les paresseux et paresseuses, on les laisse pas faire non plus. On a

seulement une autre approche : Nous, plutôt que de les caler, on les forme, on les écoute, on essaie de

comprendre pourquoi ils et elles ont pas envie de rentrer travailler et on fait en sorte qu’ils et elles arrivent

à être heureux et heureuses dans leur job et dans leur vie et à s’épanouir. En fin de compte, on est

beaucoup plus utiles pour enrayer la paresse que les Jean qui pensent qu’une claque derrière la tête ou un

congédiement (mais pas de BS) c’est la solution contre la fainéantise.

Quand on regarde ça comme ça, c’est nous, les héros, et les Jeans sont les lâches parce qu’en plus de

même pas avoir de colonne pour eux et elles-mêmes, ils et elles se désolidarisent aussi de leurs collègues

et font en sorte qu’ils et elles souffrent encore. Bref, avec du monde comme Jean, personne n’y gagne,

sauf les patrons. Et c’est pourquoi il faut en finir avec cette mentalité-là !

On fait quoi ?

Je n’ai pas toutes les réponses, mais je sais par contre que notre job, quand on croise un Jean ou une

Jeanne, c’est surtout pas de l’envoyer promener ! C’est de comprendre ce qui le ou la fait chier à la job,

pareil comme avec tout le monde, et l’amener recadrer ses conceptions avec des angles différents pour

réorienter ses «combats» et frustrations.

Ça peut être, par exemple, de comprendre que c’est pas contre le fait de travailler qu’on se bat, c’est contre

celui de se faire exploiter. Se laissera-t-il ou elle exploiter comme un.e pas de colonne ? Il ou elle a plus

de courage que ça, voyons ! Ça peut aussi être de l’amener à réaliser que c’est pas contre «l’équipe de

l’entrepôt qui se pogne le cul» qu’on doit chialer, mais plutôt contre leur cynisme face à des années de

demandes non-retenues à leur superviseur qui les fait chier et qui les empêche d’organiser le travail

comme ils et elles voudraient, d’une part, et d’avoir le droit de se réunir avec les gens qui travaillent dans

les autres départements sur les heures de travail pour communiquer et prendre des décisions ensemble qui

vont faciliter la job d’une étape à l’autre de l’usine. Etc.

Parce qu’au fond, le Jean ou la Jeanne est un.e bon.ne candidat.e au syndicalisme. Il ou elle a de la drive, est

souvent allumé.e, veut accomplir des choses dont il ou elle va pouvoir être fier.e, est travaillant.e, etc. Il faut

juste lui parler et lui démêler l’esprit. Aller à la source des problèmes, comme on dit.

Allez tout le monde, on se prend tous et toutes un Jean ou une Jeanne et on s’en va prendre un café avec.

Notre classe sociale en a besoin.

Solidarité !

 

Max K

 

Lastcall! C’était mon dernier shift de portier.

Après plus ou moins six ans d’expérience combinée par-ci, par-là, c’est officiellement la fin de ma vie de portier. Bien que je quitte avec un peu d’amertume, et en dépit de quelques moments un peu moins propres que la profession exige, c’est un métier qui tout au long de mon parcours va être resté aussi honorable que gratifiant à mes yeux. Portier, ce n’est probablement pas le métier typique quand on pense à la gauche, qu’elle soit radicale ou syndicale, mais c’était le mien. Au fil des dernières années j’ai alimenté mon fil d’actualité Facebook des diverses anecdotes qui ponctuaient mes soirées et avec un peu de retard et suite aux pressions de Vanessa et Manu (Merci!),  je vous les présente ici dans un texte dont j’espère que l’origine mi-statut, mi-souvenir, ne viendra pas trop nuire à la fluidité de la lecture.

 

Ma toute première job en sécurité remonte à un quelconque temps des fêtes aux environs de 2009-2010. Agent dans un Centre Hi-Fi. Si rester debout 12 heures par jour avait quelque chose d’un peu emmerdant, la véritable aliénation c’était vraiment d’avoir Shreck 3 joué en boucle sur 44 écrans de marques et de tailles différentes. « Je n’ai jamais lu le capital de Marx, mais j’ai les marques du Capital partout sur moi ». Et moi dont Bill, et moi dont.

 

C’est deux ou trois ans plus tard que j’ai fait le saut vers le monde des bars. Pour le bum de bas étage élevé à grand coup de G.I-Jo, Marvel Comic, shows punks et batailles de sortie de bar que j’étais, être engagé comme portier à la Coop du Café Chaos avait été une grande source de fierté. Sans emploi et un peu sur la brosse, j’étais allé voir le manager pour lui demander s’il cherchait un doorman. Probablement en contraste avec ma grande soeur pas mal plus bum que moi, j’avais réussi à passer pour un bon conciliateur et il m’avait référé au head doorman qui acceptait de me prendre, mes 5 pieds 9, mes 165 lbs mouillées et moi si je réussissais à le sortir. Une grande respiration et un headlock plus tard, demandez et vous recevrez. J’étais engagé. Ce fut une drôle d’année, mais une belle année. Aider les kids et moins kids des scènes contre-culturelles à garder le principal bar qui les accueillait à rester propre en limitant les interventions policières avait quelque chose d’un peu spécial, mais on parlait le même langage. Quelque part entre le fin parfum Robine-Sueur #5 du punk des Maniks Monday et l’attaque olfactive du trop-plein de Herbal Essence de la crowd des jeudis métal, il y avait une même compréhension de ce que c’était le respect d’une place et de son staff. Accessoirement, à cause de la paye qui allait en descendant dû aux problèmes financiers de la place, mais plus sérieusement après avoir été pris pour cible par des néo-nazis en manque de sensations fortes, c’est avec beaucoup de regret que j’aie dû néanmoins démissionner au bout d’un an et mettre fin à cette belle aventure au coeur de la Night Life du centre-ville.

 

Ce ne fut pas moins un choc quand quelques années plus tard j’atterris dans le coquet cadre de porte d’un petit bar bon chic, bon genre d’un quartier gentrifié du nord de l’île et de sa clientèle genre jeunes professionnels friqués.

 

Ils ont entre 25 et 35 ans, costards bleu marine taillés sur mesure pour aller avec leurs coupes de cheveux de Playboy. Ils ont les mains aussi propres que ce que leurs joues sont roses et s’ils ne sont pas à discuter avec humour et admiration des différentes crosses que leurs potes genre vendeurs de chars font pour se mettre de l’argent dans les poches sur le dos des clients ils essaient de calculer la marge de profit qu’ils feront l’année prochaine ou le meilleur angle d’approche pour culbuter la secrétaire.

 

Mesdames et messieurs, tout ce qu’il y avait de plus laid en ce bas monde était planté là devant moi, sur mon coin de rue, à fumer des tops trop chères et à sniffer de la poudre qu’ils auraient probablement dû payer plus chère.

 

Toujours relativement fortunée, mais un peu plus variée qu’au premier coup d’oeil, je m’étais quand même attaché à une partie de cette clientèle. Quelque part entre les pseudos artistes, les hipsters, les touristes, les français du Plateau, les douches de Laval et les prolos aspirant à une élévation sociale, il y en avait pour tous les goûts! Considéré comme le bar trash du quartier par plusieurs je me suis toujours dit qu’il fallait fondamentalement être un gosse de riche pour trouver que le summum de la trasherie c’était une clé de poudre sur le bord de la ruelle et une petite vite dans la salle de bain (ou vice-versa). Un de ces quatre faudra bien qu’ils et elles descendent de leur tour d’ivoire pour aller rencontrer le vrai monde. Remarquez, les gosses de riche aussi ça leur arrive de se perdre au fond de leurs narines. Ils ont plus de moyens pour s’en sortir et de vous à moi, leur mal d’être à quelque chose d’un peu superficiel si on compare à ce qui se passait en bas de la pente dans la ruelle du Chaos, mais ils ne sont pas plus jolis à regarder quand ça leur arrive.

 

On est un soir de novembre, une cliente vient d’arriver, ça faisait trois mois qu’elle n’était pas venue. Elle essaie d’arrêter la coke. 15 minutes après son arrivée, un de ses amis lui avait déjà donné un baggies. Consommation oblige, elle est pas foutue de se rappeler de mon nom, mais semblerait-il que j’ai la gueule de quelqu’un à qui on vient se confier ou demander conseil. J’aurais aimé ça trouver des cools mots, mais j’ai rien trouvé de mieux que de lui suggérer de rentrer chez elle ce mettre en pyjama devant Netflix et de sauter un vendredi soir qui somme tout va ressembler aux 50 derniers et aux 50 prochains. D’ici une heure ou deux, son regard va devenir un peu vide, sa mâchoire va se serrer et elle va commencer à radoter les mêmes phrases creuses. Elle va se réveiller demain matin après s’être dit que c’était juste ce soir, retour à 0 pour l’addiction, 50$ de moins dans les poches et deux ou trois remords. C’est que sans ça il manque un truc à sa soirée. Un grand vide.

J’ouvre la porte au dealer. Il me souhaite une bonne soirée, je lui rends la pareille.

 

Dans un bar tout le monde joue un peu un rôle. Le barman est ton ami, à toi et aux 150 autres client.es. La serveuse te trouve mignon, non ton nom ne l’intéresse pas. Je vais te mettre dehors si tu consommes, mais je connais le prénom de tous les dealers.

 

D’ailleurs, ne te fâche pas, les clients aussi jouent un rôle. Déjà ça se voit aux fringues que les gens mettent. Je n’ai pas d’avis particulier sur l’esthétique de la sandale à talon haut, mais si l’objectif de la soirée est de se lancer dans un concours de shooters, moi je suggère toujours la botte de marche ou le soulier de course. (Profession portier, ascendant cordonnier, tendance pas designer de mode.). Ensuite, il y a son rapport au boulot. Parce qu’il faut vraiment être un avocat ou un architecte pour penser que hurler frénétiquement aux oreilles du bouncer qu’on est avocat ou architecte se transforme automatique en un passe-droit pour avoir pisser sur la terrasse ou insulter un autre client au sujet de son orientation sexuelle. Finalement, il y a le style de vie, comme ce client chaud raide au bar, un peu problématique. Catégorie : J’étais un caïd à 20 ans, j’en ai aujourd’hui 50 et non seulement la vie ne m’a pas raté, mais en plus la taverne où j’allais est devenue un bar branché ou je ne suis plus assez beau pour être le bienvenu aux yeux du gérant.

Moi: Je m’excuse mon chum, va falloir que tu viennes avec moi, la soirée est finie.

Client: *regarde autour pour être sûr que personnes nous voit* Ok ok, mais je peux-tu te rejoindre dans 2 minutes? Je veux pas que le monde voit que je me fais sortir.

 

Je vous jure, il y a des conversations qui ont fait plus mal à mon petit coeur de portier que bon nombre des coups de poing que ma gueule d’ange a reçus.

 

Qu’on ne se méprenne pas, outre un léger décalage en termes de classe sociale, j’ai beaucoup aimé travailler à ce dernier emploi comme à tous les autres avant. Tous les autres sauf la sécurité dans un Centre Hi-Fi pour Noël. Rester debout, immobile pendant 12 heures je peux le faire, mais devant Shreck 3 sur repeat affiché dans 43 écrans de formes et de tailles différentes c’est tout simplement de la torture. Mais j’ai aimé les partys de fin de session de science politique, comme les shows punks du lundi soir, en passant par les premiers Word Up Battle ou les victoires de l’équipe amateure de Rugby. Les jeudis soirs pluvieux où il n’y a qu’une poignée d’âmes en peine qui viennent boire leur solitude. Les Saint-Jean ou la fierté patriotique n’a d’égale que la quantité de vomi dans le caniveau. L’amour un peu cross side du jour de l’an, comme l’extra de testostérone du petit gars qui met un masque à l’Halloween. J’ai profité de chaque instant.

 

J’ai eu droit à des perles de réflexion imbibée de tequila: « Moi je trouve ça cave les batailles de bar. Tant qu’à me battre je veux le faire pour de quoi de vrai. Tsé comme me battre pour ma patrie. Quelque chose d’intellectuel quoi. » J’ai majoritairement eu des partners en or et le staff, quand il ne remet pas en question ta décision de sortir un client a toujours été marrant. La majorité des habitués avec leur bonne humeur ont sauvé je ne sais pas combien de mes soirées d’un ennui certain. Et ça a toujours été un plaisir de m’assurer que les habitués, comme le voisinage, passent un bon moment. J’y serais sûrement encore si ce n’avait été d’une accumulation de fatigue et d’un manque de respect pathologique de la haute direction du premier au dernier jour. Parce qu’on va se le dire, la seule chose qui est plus nocive que de travailler de nuit, c’est le travail en soi.

 

Merci à tout le monde qui a fait des dernières années, une chouette expérience. Sans rancune aux clients que j’ai sortis à coup de pied dans le cul. Ne prenez pas votre voiture en partant siouplait, un à la fois dans la salle de bain et pisse pas sur l’arbre j’ai dit. C’est mon Last call.

 

Cheers guys!

 

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Crédit photo: wikimedia.org

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La tragédie de Lac-Mégantic n’est pas terminée

Au moment d’écrire ces lignes, un train de wagons remplis de pétrole est peut être encore stationné en haut de la côte à Nantes, la côte d’où est parti le train, une pente considérée comme particulièrement abrupte dans le milieu ferroviaire. La réglementation le permet. Comme elle a permi à la compagnie de faire rouler le train avec un seul employé.

De plus, nous n’avons toujours pas de voie de contournement, bien que le gouvernement fédéral se soit engagé à en construire une avant son élection. Le procès des employés de la MMA a remis le dossier en avant scène et le gouvernement a finalement relancé son projet, après un long silence. Disons qu’il était temps!

Comme vous le comprenez, les trains passent encore en plein centre-ville. Un centre-ville désertique avec à peine quelques nouveaux bâtiments modernes, loins de l’architecture parfois centenaire de l’ancien centre-ville qui tenait en parti encore debout après le déraillement. Il ne reste que le bâtiment le plus laid, celui de la compagnie de communication, une compagnie qui possède beaucoup d’argent. La vieille auberge avec une splendide architecture qui venait d’agrandir l’année d’avant le déraillement et qui avait accueilli mes premières soirées dans un bar avec mes ami.e.s n’est plus. Il avait survécu à la catastrophe et se trouvait même plus loin que le bâtiment de la compagnie de communication. Il a malgré tout été démoli, comme le reste du centre-ville. Ce centre-ville n’aurait pas dû être démoli après le déraillement, pas à ce point. On ne sait pas exactement ce qu’il s’est passé avec la ville. On n’a pas su ce qui arriverait avec le terrain de notre maison familiale brûlée durant plus d’un an à cause des embrouilles avec la ville.

C’est comme ça aussi qu’on s’est retrouvé avec un nouveau centre-ville juste à côté de ground zéro, un mini dix30 comme on l’appelle pas du tout affectueusement dans la région. On sait pas trop d’où ça vient comme idée merdique. Bonjour la discussion citoyenne hein! Parlant de citoyens et de citoyennes, ces derniers n’ont pas attendu une quelconque autorisation pour s’organiser. On pensera à la Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic qui exige depuis sa création une voie de contournement et une commission d’enquête. On pensera à cet ingénieur, Mr. Bellefleur qui est allé lui-même inspecter les voies du chemin de fer dans les environs de la ville et s’est fait tappé sur les doigts par l’ordre des ingénieurs pour avoir voulu en apprendre plus et exposer ses découvertes sur la sécurité ferroviaire plus que défaillante dans sa propre communauté.

La tragédie de Lac-Mégantic n’est donc pas terminée. Elle a continuée longtemps après le déraillement, durant la destruction de notre centre-ville, laissé entre les mains de contracteurs plutôt qu’entre ceux de la population. Elle a continuée avec le suicide de ce jeune pompier de 25 ans qui avait découvert le corps de sa copine dans les décombres. Elle continue avec le déraillement de train à Hochelaga à l’automne 2015 et celui en plein centre-ville de Sherbrooke au printemps 2017. Au moins, ces trains n’ont pas explosés.

C’est la tragédie d’une société et de son modèle économique qui met la quantité avant la qualité. Un modèle économique au service des caprices des big boss de la finance et des énergies fossiles aux détriments de la population. Nous ne sommes pas dupes, nous savons que les vrais responsables sont aux sommets des compagnies et dans le gouvernement trop doux avec ceux-ci. Les choses seraient différentes si les employé.e.s avaient eu leur mot à dire sur les règles de sécurité. Mais quand est-ce que les employé.e.s sont écouté.e.s par leur employeur?

En effet, quel serait le premier réflexe d’une entreprise gérée directement par les membres de la communauté? Par les gens qui travaillent dans celle-ci, savent comment bâtir, connaissent leurs machineries, investissent leurs milieux de travail et surtout, sont les plus à même de savoir donner du sens à ce travail fait? Je doute franchement que ce serait de penser à comment cacher le profit de leur entreprise dans des paradis fiscaux afin d’éviter les impôts, qu’il faut le dire, financent nos écoles, nos hôpitaux, nos services publics et le filet social. Je doute que ce serait de faire les viaducs les plus cheap qui nous tombent dessus. Je doute que ce soit de maintenir notre dépendance aux énergies fossiles qui mettent en danger nos modes et lieux de vie.

Non, je suis peut-être naïf, mais je pense que les premiers réflexes seraient de penser comment être le plus utile à la société en répondant à ses besoins. Ce serait de créer des infrastructures efficaces, pensées pour être utilisées par sa propre communauté et soi-même donc adieu le cheap. Ce serait penser comment ne pas faire passer des trains remplis de produits dangereux en pleines zones d’habitations.

Qui a peur de démocratiser son milieu de travail et son quartier? Et surtout, qui a peur que nous prenions en mains le monde du salariat en tant que travailleuses et travailleurs?

 

Solidarité,

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Crédit photo: photo de l’auteur

L’absurdité du monde: Les Frontières

Les frontières et leurs histoires

Aujourd’hui je vous parle des frontières et je pars déjà en étant en beau maudit suite à la déportation du camarade Éléazar du Canada, hein, le plusse beau pays du monde. En plus, il habitait dans la merveilleuse ville « sanctuaire » de Denis Coderre, faudrait peut-être le dire à ses chiens du SPVM que Montréal est supposément une ville sanctuaire, parce qu’ils continuent à livrer des sans papiers au gouvernement canadien. De la bonne vieille bullshit libérale.

Le problème c’est ça, un moment donné, à la fin du moyen-âge, les royaumes ont pris de l’expansion et ont commencé à se transformer en États. Pis le capitalisme est arrivé et pour fleurir véritablement, il avait besoin d’un État fort. Pis un État, bin il faut que ça gère un territoire, on a donc commencé à créer artificiellement des frontières pour délimiter ce qu’on a appelé les États nations (une nation par État.) Bien qu’on sache dès le début que le concept d’État nation est de la pure bullshit, ça n’a jamais empêché le système en place de nous le vendre comme une vérité naturelle. Des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne sont formés par toutes sortes de petites peuplades avec des dizaines de langues différentes annexés par la force armée. Et que dire du Canada ? On est sensé croire que les francophones, les anglophones et les dizaines de nations autochtones différentes, on forme un beau grand État-nation ?

Bref, l’État nation, c’est d’abord et avant tout, une police, une armée, une douane et d’autres forces répressives qui contrôlent un territoire donnée au nom du capitalisme. Ça crée évidemment des guerres frontalières avec des zones disputées par différents pays. On n’a qu’à regarder ce qui se passe en Ukraine pour se convaincre avec une situation actuelle. Et qui dit dispute territoriale, dit souvent guerre aussi. Et qui dit guerre dit généralement milliers de personnes de la classe ouvrière qui s’en vont se battre contre d’autres milliers de personnes de la classe ouvrière pour les intérêts bourgeois et nationaux qui leur sont complètement étrangers. Ha c’est beau la nation !

Les frontières et l’intolérance

Ça crée aussi toutes sortes de phénomènes, comme le nationalisme. Tsé, ce sentiment de fierté envers notre état nation ou encore un état-nation nouveau qu’on pourrait créer grâce à un mouvement indépendantiste. Comme on dit souvent au PQ, On va l’avoir notre pays ! Encore une fois, on mobilise des gens de la classe ouvrière en leur faisant croire qu’ils ont plus d’intérêt commun avec leurs patrons québécois qu’avec les travailleurs et travailleuses qui ne parlent pas la même langue qu’eux. Parce que comme on dit souvent au PQ, l’exploitation, EN FRANÇAIS SVP ! Pas pour rien d’ailleurs que ce parti a finit avec le boss d’une des plus grosses business du Québec, doublé d’un des patrons les plus trou-de-cul comme chef.

Un autre phénomène qui rime aussi avec nationalisme, c’est le concept de xénophobie, qui devient une hostilité à ce qui étranger à sa nation, et ça aussi on est familier avec ça au PQ avec sa charte des valeurs, et comme on a pu le voir cette semaine, son opposition à une commission sur le racisme systémique au Québec. Un peu partout en occident, on voit une montée de la xénophobie avec une peur irrationnelle d’être envahi par des méchants réfugiés qui se font bombarder ou qui crèvent de faim dans leur pays. Pis leu plus drôle là-dedans, c’est qu’on entend des rednecks québécois nous dire qu’on va se faire envahir à cause de l’immigration. Hey ! Comme si les français étaient pas débarqués ici en envahissant les premières nations, et comme si le Canada avait toujours été peuplé par des personnes blanches d’origine européenne. Louis Riel doit se revirer dans sa tombe.

Les frontières et le capitalisme

Si on continue encore la marche de l’histoire des frontières on arrive aux années 1980 ou commence à émerger l’idée des traités de libre-échange à grande échelle et, par conséquent, la suppression des frontières pour ce qui est de la circulation des marchandises. Ces programmes de libre-échange nous étaient d’ailleurs vantés par nul autre que Jacques Parizeau et Bernard Landry, anciens premiers ministres du Québec et chef du… Parti Québécois ! Ce qu’on doit en retenir, c’est que d’avoir du libre-échange avec des pays où le salaire minimum est à moins de 2$ de l’heure et donc de délocaliser la production dans ces pays parce que ça coûte moins cher aux patrons, c’est une bonne chose. Mais pas question que les humains, eux, puissent circuler librement dans ces zones. Oh que non ! La marchandise, oui, les humains, qu’ils mangent de la marde.

Des dizaines d’années après l’implantation de ces politiques de libre-échange, on se rend bien compte que nos salaires et nos conditions de travail n’ont simplement pas évolué alors que les marges de profits des entreprises, elles, ont grimpé comme jamais auparavant. Bref, les seuls à qui profitent ce genre de politique, ce sont les patrons, les actionnaires et les banquiers.

Le syndicalisme ne sera pas restreint par les frontières

Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est qu’en tant que travailleurs et travailleuses, nous devons avoir une vision internationaliste de notre lutte. Les systèmes qui nous oppriment, dont le capitalisme, sont internationaux et se foutent bien de la religion ou de la couleur de cheveux de la personne opprimée. Nous aurions un bien meilleur rapport de force si nous étions uni-e-s, en tant que classe ouvrière, au niveau international qu’en se vautrant dans la xénophobie et le nationalisme comme Rambo Gauthier, par exemple. Quand on pense, par exemple, à une multinationale bien de chez nous, comme Bombardier, qui n’a aucun scrupule à voler l’argent public ici, délocaliser ses emplois au Mexique pour finalement augmenter les bonus des dirigeants. N’aurions nous pas tout à gagner à nous allier avec les employé-e-s des usines mexicaines de Bombardier pour augmenter le rapport de force face à cette compagnie ? Tout le monde y gagnerait, les employés d’ici, les employés du Mexique et les contribuables en général.

Bref, les xénophobes et autre nationalistes ne cherche qu’à nous faire adhérer à un système dans lequel nous avons des intérêts communs avec des patrons québécois. Nous n’avons rien en commun avec un quelconque patron, peu importe sa nationalité. Par contre, nous avons beaucoup en commun avec les travailleurs et travailleuses de partout dans le monde. Ne nous laissons pas berner, la solidarité syndicale ne doit pas connaître de frontières, car nos oppresseurs n’en connaissent pas. Ripostons coup pour coup aux multi-nationales. Souvenons-nous que nos grèves seraient beaucoup plus rapidement gagnées si quand une usine se met en grève dans une entreprise, des dizaines d’autres suivent en solidarité partout dans le monde.

 

Éric Sédition, pour Action en direct.

Crédit photo: https://commons.wikimedia.org/

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L’absurdité du monde: L’usage de la technologie

Dans le cadre de cette chronique d’Action en Direct j’ai décidé de vous parler de progrès technologique. C’est un peu lié à tout ce qu’on entend par rapport aux bienfaits qu’amène la fameuse économie participative. En tout cas, bienfaits pour le patronat et l’élite qui nous gouverne. J’ai décidé d’y aller avec un questionnement philosophique aujourd’hui et de vous poser la question suivante : « Est-ce que notre société progresse ? Est-ce que l’humanité progresse ? ». À première vue, on a tous et toutes envie de répondre « Bien oui, on est maintenant capable d’aller sur la lune, de soigner le cancer, on a des véhicules hybrides ». Mais si on gratte un peu et qu’on décide d’aller un peu plus loin, est-ce que le progrès technologique est nécessairement un progrès pour l’humanité dans son ensemble ? Parce qu’on ne va pas se mentir, qui, dans notre société, possède la technologie ? Avant qu’elle se rende sur les tablettes des Wal-Mart comme produit de consommation, à qui elle profite cette technologie ? La réponse est bien simple, elle appartient à la classe possédante, celle qui nous envoie des mémos sur nos lieux de travail pour dire qu’il va y avoir moins de services aux employé-e-s, celle qui aime mieux avoir une machine pour remplacer des caissières ou caissiers dans votre épicerie ou au McDo du coin. Évidemment que pour eux, le progrès technologique est utile : On trouve des façons de couper les coûts de production. Bref, la technologie va toujours profiter d’abord et avant tout aux riches et aux bourgeois de notre société. On pourrait appeler ça le progrès de classe.

Offrir un service utile ou s’enrichir?

Si on repart de la base, selon vous, quel est le but d’un bon capitaliste ? Offrir un service ou un produit de qualité et utile à l’humanité ? Offrir des emplois de qualités à ses employé-e-s ? Non… Le but premier d’un capitaliste est de s’enrichir, de devenir riche, de s’en mettre plein les poches. Partant de ce principe, évidemment, son but premier va être de couper dans les dépenses de son entreprise. Par un drôle de hasard, l’une des principales dépenses de toute entreprise est la main-d’œuvre ou si vous préférez la novlangue : Les ressources humaines. Si on peut couper des employé-e-s et les remplacer par des robots, des ordinateurs ou autres machines moins coûteuses, que pensez-vous que le capitaliste va vouloir faire ? Poser la question, c’est un peu y répondre… Donc, à qui profite la technologie dans notre merveilleux système ? Au patron qui sauve des coûts de production ou à l’employé-e qui sera mis au chômage, parce que remplacé par un robot ? C’est le même principe que quand un patron vous paye un téléphone cellulaire, n’allez surtout pas penser qu’il le fait pour votre bien-être : il sait très bien que comme ça, vous allez être joignable 24h sur 24 et ça, ça l’arrange pas mal plus. C’est encore la même chose avec l’économie dite participative comme Uber et AirBnB. Si on peut contourner les lois en vigueur et sauver de l’argent en disant que c’est participatif, n’importe quel capitaliste va sauter sur l’occasion. À qui tout ça va profiter ? Aux chauffeurs de taxi qui paient leur licence pour faire la même job qu’un Uber ? Aux voisins d’AirBnB qui vont voir leur loyer augmenter parce que son bloc est presque devenu un hôtel ? Évidemment, non, seulement aux gens qui vont s’enrichir avec ces nouvelles technologies. Évidemment, si toutes ces technologies appartenaient à la classe ouvrière, on pourrait dire que l’humanité progresse, que c’est un progrès pour tout le monde de remplacer une tâche ultra répétitive par des robots et qu’ainsi, tout le monde a moins besoin de travailler. Mais malheureusement, ce n’est pas comme ça que notre société fonctionne.

Consommation et environnement

Un bon capitaliste, pour s’enrichir toujours plus, doit toujours produire plus et étendre son marché. Comme ça adonne bien, les études et les recherches financées par l’élite cherchent constamment à essayer de produire plus et à moindre coût. C’est de là que nous vient le phénomène de surproduction. Depuis que je suis jeune, on nous apprend vertueusement qu’il ne faut pas surconsommer pour le bien de la planète. Mais quelle est la cause de cette surconsommation ? Évidemment, c’est la surproduction des capitalistes. Ils produisent toutes sortes de gogosses qui ne valent rien et qui n’ont aucune utilité dans le but toujours de s’enrichir plus. Pensez-vous que le propriétaire de Dollarama a en tête le bien-être de la planète quand il remplit ses étagères de cochonneries bon marché dont il sait très bien que la durée de vie ne dépasse pas les 6 mois ? Bien sûr que non, il ne pense qu’aux juteux profits qu’il va pouvoir se mettre dans les poches et celles des autres actionnaires et c’est tout. Pendant ce temps, on blâme le consommateur, mais jamais on ne blâme le producteur, le capitaliste derrière des objets inutiles comme les fidget spinners. C’est toujours l’acheteur (donc généralement la classe ouvrière) le problème et non celui qui vend et met en marché des produits de merde. La technologie nous permet de produire plus au détriment des ressources, produire plus de produits de mauvaise qualité, dans un seul but : celui d’enrichir le patronat. Donc je repose la question, à qui profite la technologie ?

Une question de Marketing

Pour vendre toutes ces gogosses complètement inutiles, le capitaliste a inventé une nouvelle science : Le marketing. Aujourd’hui, les universités débordent de chaires de recherche dont le but est d’approfondir cette pseudoscience qu’on pourrait définir par cette expression : « L’art de créer un besoin artificiel dans la tête du consommateur afin de lui faire acheter quelque chose ». Par conséquent, ça fait en sorte que notre société regorge de publicité un peu partout pour nous vendre quelque chose : à la télé, dans les journaux, à la radio, dans les rues, aux toilettes, sur nos téléphones, sur internet, à l’école, au boulot, etc. On crée des images de marque pour dire que telle compagnie est éthique parce qu’elle donne de l’argent à la cause des enfants malades ou à celles de la santé mentale. Bell cause pour la cause, ça vous dit de quoi ? Tsé la compagnie qui a crissé à la porte plein de téléphonistes à Montréal pour délocaliser ses services à moindre coût. Quelle belle compagnie éthique. Tout ça grâce au marketing. Toute cette énergie dépensée à essayer de vendre de la cochonnerie comme un vulgaire peddler. Imaginez si ces recherches visaient plutôt à engendrer de meilleurs comportements chez les humains. On pourrait notamment enligner les recherches sur des enjeux comme l’élimination de la culture du viol ou du racisme. Mais non, on préfère vous vendre une assurance automobile ou un REER, c’est plus payant pour le capitaliste. Ça m’amène à reposer une question : À qui profite le progrès dans le domaine du marketing ?

Évidemment, surproduire et inventer de faux besoins, ce n’est pas encore assez pour enrichir suffisamment nos bons dirigeants capitalistes. Ils se sont donc servis de la technologie pour inventer un autre concept : celui de l’obsolescence programmée. Ça vous dit quelque chose ? L’obsolescence programmée, c’est quand un capitaliste conçoit un produit de consommation afin de s’assurer qu’il brise au bout d’un certain moment. Comme ça, et bien, pas le choix d’en racheter un autre. Sinon, comment on explique que mes parents ont un frigidaire qui date de 40 ans et que je n’ai jamais pu en garder un neuf plus de cinq ans ? Ça doit être ça le progrès technologique, right ? Sérieusement, la technologie n’a jamais été aussi avancée et on vient nous faire croire que nos frigos, nos voitures, nos ampoules et la plupart des produits que nous avons durent maintenant moins longtemps ? C’est pourtant ce que les capitalistes font. Mettons-nous dans la peau du propriétaire de la compagnie Frigidaire et pensons un instant. Ouais je sais, c’est pas ce qu’il y a de plus agréable n’est-ce pas… Donc, vous êtes actionnaires de la compagnie Frigidaire, qu’est-ce qui est le mieux pour vous : 1- Produire des réfrigérateurs de bonne qualité qui vont durer au minimum 20 ans ou 2- Produire un réfrigérateur de moins bonne qualité, qui va donc vous coûter moins cher à produire, et que celui-ci ait une durée de vie de 8 ans ? Selon vous, lequel va vous rapporter plus d’argent ? Le premier que vous allez vendre une seule fois en 20 ans ou celui que vous allez pouvoir vendre une fois et qu’au bout de huit ans, vous allez pouvoir en revendre un deuxième ? Est-ce une théorie du complot de penser que les capitalistes peuvent voir les choses comme le choix numéro 2 ? Ça m’amène à poser encore une fois la question : À qui profite le progrès technologique ?

Big Brother et la dérive sécuritaire

Ce qui m’amène à vous parler des technologies sécuritaires. Parce qu’en créant des inégalités sociales comme le font les capitalistes, ça les oblige à développer toutes sortes de technologies pour surveiller ses employé-e-s ou la plèbe en général ou encore contrôler les mouvements de révolte de ceux et celles qu’ils écrasent. C’est pourquoi d’ailleurs on assiste à l’essor technologique dans le milieu de la technologie de sécurité. Caméras de surveillance pour ne pas se faire voler, ou mieux encore, pour pouvoir surveiller ses employé-e-s à distance. Systèmes antivols dans les magasins. Systèmes d’alarmes un peu partout. Armes nucléaires pour protéger ses privilèges face aux intérêts des autres pays. Police paramilitaire pour intimider tout mouvement de révolte. Technologie informatique afin de traquer les habitudes de consommation des gens. Puces qu’on peut intégrer sous la peau des employé-e-s. La liste est extrêmement longue, mais la conclusion demeure la même. À qui profite toutes ces évolutions technologiques, si ce n’est qu’uniquement aux capitalistes, aux riches et aux bourgeois de notre société. Notre société progressera le jour où ces technologies appartiendront au peuple et serviront les intérêts de toutes et de tous et non seulement les intérêts d’une poignée de privilégiés. La technologie sera utile une fois entre les mains de la classe ouvrière, mais pour l’instant, elle ne fait que contribuer à augmenter le rapport de force de la classe dominante sur le bas de la pyramide.

Éric Sédition

 

Crédit photo: http://scifiaddicts.com

Un sondage de la BBC révèle une désaffection généralisée à l’égard du capitalisme

Par Julie Hyland
WSWS


Un sondage international mené par la British Broadcasting Corporation’s (BBC) World Service révèle une désaffection généralisée à l’égard du libre marché capitaliste, y compris une importante opposition au capitalisme lui-même.

Réalisé par la firme GlobeScan/PIPA, le sondage a interrogé plus de 29.000 personnes dans 27 pays entre le 19 juin et le 13 octobre 2009. Ces derniers sont les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, le Panama, le Costa Rica, le Chili, l’Australie, le Japon, l’Indonésie, les Philippines, l’Inde, le Pakistan, la Chine, la Russie, l’Ukraine, la Turquie, la Pologne, la République tchèque, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Nigeria, l’Egypte et le Kenya.

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