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Financement et fondations privées

Avec le développement du néo-libéralisme, la philanthropie a pris une place de plus en plus importante dans le financement du communautaire. En effet c’est payant pour les riches de ce monde, outre de cacher leur argent dans des paradis fiscaux, de créer des fondations privées afin de ne pas payer d’impôts comme tout le monde. C’est ainsi que la famille Chagnon, ancienne propriétaire de Vidéotron, a pu économiser autour de 460M$ en impôts en choisissant par elle-même où investir ces montants qui devraient être redistribués pour le bien commun. Dans une note publiée en mars 2018, Maxim Fortin, chercheur associé à l’IRIS, fait état de l’impact du financement des fondations privées sur l’action communautaire.

 

Parmi les problèmes soulevés, on peut d’emblée noter le manque de démocratie, de transparence et de respect envers l’autonomie des groupes d’action communautaire autonome. Les conseils d’administration de fondations telles celle des Chagnon sont très généralement composés de gens d’affaires et amis de la famille. Ainsi, le CA de Chagnon est majoritairement composé du réseau d’affaire d’André Chagnon. Pour certains projets, on va chercher l’expertise d’universitaires ou de représentant-es du réseau public de la santé et des services sociaux. Le choix des projets et campagnes se fait en fonction des intérêts des dirigeants et selon des principes propres au capitalisme : efficience, retours sur investissements, impact, réussite individuelle, etc. On remarque que les groupes communautaires ne sont pas invités à la table de prise de décisions. On nous confie la mise en oeuvre des projets, sans égard à nos missions premières, notre expertise et l’existence d’instances qui travaillent déjà sur les enjeux visés. Dans ce contexte, certains enjeux ou causes sont oubliés parce que moins vendeurs, entre autres la défense des droits.

 

Aussi, l’émergence des fondations privées coïncide avec un retrait de l’État au niveau du financement des services sociaux et de santé publique, qui ont été sous-traités à nous, travailleurs et travailleuses du communautaire, sans que notre financement augmente de façon significative. En effet, on le sait bien, la tendance est à la baisse au niveau de l’entrée d’argent pour nos groupes. Malgré que les fondations philanthropiques soient critiques du désinvestissement de l’État, elles participent tout de même à cette dynamique.  Les grands philanthropes sont bien conscients de ne pas disposer des ressources permettant de remplacer l’État comme garant du filet social.

 

Le financement récurrent, tant public que privé, étant de plus en plus rare, les groupes communautaires n’ont souvent d’autre choix que modifier leur raison d’être afin de se conformer aux exigences des bailleurs de fonds. Cela comprend une tendance à la professionnalisation du milieu communautaire et à sa dépolitisation. On passe donc d’une logique de lutte d’émancipation à une logique de service, qui se concrétise par l’imposition d’évaluations de nature quantitative et par l’adaptation des communautés au contexte socio-économique actuel et non à une transformation de celui-ci. Si on ne fait que du service, les problèmes vécus collectivement par l’ensemble de la classe ouvrière demeurent. Cette logique est explicite dans la manière dont Chagnon formule sa mission, qui est de « prévenir la pauvreté en contribuant à la réussite éducative des jeunes […] nous entendons par réussite éducative le développement du plein potentiel de l’enfant afin que devenu adulte, il soit autonome et accompli, instruit, qualifié et habile socialement. » Ainsi, le philantrocapitalisme de la fondation Chagnon se base sur la conviction que la réussite individuelle enrichit notre avenir collectif et que le succès d’un individu rapporte à la société. Lorsque la fondation Chagnon parle de succès, elle entend l’activation par l’emploi.

 

À l’IWW, nous pensons que c’est par les luttes collectives contre les injustices que l’on s’émancipe et que l’ascension d’un individu n’a rien à voir avec l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la communauté. L’émancipation d’une communauté est incompatible avec le modèle de charité individualiste prôné par Chagnon. Elle s’inscrit plutôt dans une optique de défense collective des droits et de reprise en charge de notre vie.

 

Solidarité,

X377511 et X360341 pour le Syndicat des travailleurs et travailleuses du communautaire.

Lastcall! C’était mon dernier shift de portier.

Après plus ou moins six ans d’expérience combinée par-ci, par-là, c’est officiellement la fin de ma vie de portier. Bien que je quitte avec un peu d’amertume, et en dépit de quelques moments un peu moins propres que la profession exige, c’est un métier qui tout au long de mon parcours va être resté aussi honorable que gratifiant à mes yeux. Portier, ce n’est probablement pas le métier typique quand on pense à la gauche, qu’elle soit radicale ou syndicale, mais c’était le mien. Au fil des dernières années j’ai alimenté mon fil d’actualité Facebook des diverses anecdotes qui ponctuaient mes soirées et avec un peu de retard et suite aux pressions de Vanessa et Manu (Merci!),  je vous les présente ici dans un texte dont j’espère que l’origine mi-statut, mi-souvenir, ne viendra pas trop nuire à la fluidité de la lecture.

 

Ma toute première job en sécurité remonte à un quelconque temps des fêtes aux environs de 2009-2010. Agent dans un Centre Hi-Fi. Si rester debout 12 heures par jour avait quelque chose d’un peu emmerdant, la véritable aliénation c’était vraiment d’avoir Shreck 3 joué en boucle sur 44 écrans de marques et de tailles différentes. « Je n’ai jamais lu le capital de Marx, mais j’ai les marques du Capital partout sur moi ». Et moi dont Bill, et moi dont.

 

C’est deux ou trois ans plus tard que j’ai fait le saut vers le monde des bars. Pour le bum de bas étage élevé à grand coup de G.I-Jo, Marvel Comic, shows punks et batailles de sortie de bar que j’étais, être engagé comme portier à la Coop du Café Chaos avait été une grande source de fierté. Sans emploi et un peu sur la brosse, j’étais allé voir le manager pour lui demander s’il cherchait un doorman. Probablement en contraste avec ma grande soeur pas mal plus bum que moi, j’avais réussi à passer pour un bon conciliateur et il m’avait référé au head doorman qui acceptait de me prendre, mes 5 pieds 9, mes 165 lbs mouillées et moi si je réussissais à le sortir. Une grande respiration et un headlock plus tard, demandez et vous recevrez. J’étais engagé. Ce fut une drôle d’année, mais une belle année. Aider les kids et moins kids des scènes contre-culturelles à garder le principal bar qui les accueillait à rester propre en limitant les interventions policières avait quelque chose d’un peu spécial, mais on parlait le même langage. Quelque part entre le fin parfum Robine-Sueur #5 du punk des Maniks Monday et l’attaque olfactive du trop-plein de Herbal Essence de la crowd des jeudis métal, il y avait une même compréhension de ce que c’était le respect d’une place et de son staff. Accessoirement, à cause de la paye qui allait en descendant dû aux problèmes financiers de la place, mais plus sérieusement après avoir été pris pour cible par des néo-nazis en manque de sensations fortes, c’est avec beaucoup de regret que j’aie dû néanmoins démissionner au bout d’un an et mettre fin à cette belle aventure au coeur de la Night Life du centre-ville.

 

Ce ne fut pas moins un choc quand quelques années plus tard j’atterris dans le coquet cadre de porte d’un petit bar bon chic, bon genre d’un quartier gentrifié du nord de l’île et de sa clientèle genre jeunes professionnels friqués.

 

Ils ont entre 25 et 35 ans, costards bleu marine taillés sur mesure pour aller avec leurs coupes de cheveux de Playboy. Ils ont les mains aussi propres que ce que leurs joues sont roses et s’ils ne sont pas à discuter avec humour et admiration des différentes crosses que leurs potes genre vendeurs de chars font pour se mettre de l’argent dans les poches sur le dos des clients ils essaient de calculer la marge de profit qu’ils feront l’année prochaine ou le meilleur angle d’approche pour culbuter la secrétaire.

 

Mesdames et messieurs, tout ce qu’il y avait de plus laid en ce bas monde était planté là devant moi, sur mon coin de rue, à fumer des tops trop chères et à sniffer de la poudre qu’ils auraient probablement dû payer plus chère.

 

Toujours relativement fortunée, mais un peu plus variée qu’au premier coup d’oeil, je m’étais quand même attaché à une partie de cette clientèle. Quelque part entre les pseudos artistes, les hipsters, les touristes, les français du Plateau, les douches de Laval et les prolos aspirant à une élévation sociale, il y en avait pour tous les goûts! Considéré comme le bar trash du quartier par plusieurs je me suis toujours dit qu’il fallait fondamentalement être un gosse de riche pour trouver que le summum de la trasherie c’était une clé de poudre sur le bord de la ruelle et une petite vite dans la salle de bain (ou vice-versa). Un de ces quatre faudra bien qu’ils et elles descendent de leur tour d’ivoire pour aller rencontrer le vrai monde. Remarquez, les gosses de riche aussi ça leur arrive de se perdre au fond de leurs narines. Ils ont plus de moyens pour s’en sortir et de vous à moi, leur mal d’être à quelque chose d’un peu superficiel si on compare à ce qui se passait en bas de la pente dans la ruelle du Chaos, mais ils ne sont pas plus jolis à regarder quand ça leur arrive.

 

On est un soir de novembre, une cliente vient d’arriver, ça faisait trois mois qu’elle n’était pas venue. Elle essaie d’arrêter la coke. 15 minutes après son arrivée, un de ses amis lui avait déjà donné un baggies. Consommation oblige, elle est pas foutue de se rappeler de mon nom, mais semblerait-il que j’ai la gueule de quelqu’un à qui on vient se confier ou demander conseil. J’aurais aimé ça trouver des cools mots, mais j’ai rien trouvé de mieux que de lui suggérer de rentrer chez elle ce mettre en pyjama devant Netflix et de sauter un vendredi soir qui somme tout va ressembler aux 50 derniers et aux 50 prochains. D’ici une heure ou deux, son regard va devenir un peu vide, sa mâchoire va se serrer et elle va commencer à radoter les mêmes phrases creuses. Elle va se réveiller demain matin après s’être dit que c’était juste ce soir, retour à 0 pour l’addiction, 50$ de moins dans les poches et deux ou trois remords. C’est que sans ça il manque un truc à sa soirée. Un grand vide.

J’ouvre la porte au dealer. Il me souhaite une bonne soirée, je lui rends la pareille.

 

Dans un bar tout le monde joue un peu un rôle. Le barman est ton ami, à toi et aux 150 autres client.es. La serveuse te trouve mignon, non ton nom ne l’intéresse pas. Je vais te mettre dehors si tu consommes, mais je connais le prénom de tous les dealers.

 

D’ailleurs, ne te fâche pas, les clients aussi jouent un rôle. Déjà ça se voit aux fringues que les gens mettent. Je n’ai pas d’avis particulier sur l’esthétique de la sandale à talon haut, mais si l’objectif de la soirée est de se lancer dans un concours de shooters, moi je suggère toujours la botte de marche ou le soulier de course. (Profession portier, ascendant cordonnier, tendance pas designer de mode.). Ensuite, il y a son rapport au boulot. Parce qu’il faut vraiment être un avocat ou un architecte pour penser que hurler frénétiquement aux oreilles du bouncer qu’on est avocat ou architecte se transforme automatique en un passe-droit pour avoir pisser sur la terrasse ou insulter un autre client au sujet de son orientation sexuelle. Finalement, il y a le style de vie, comme ce client chaud raide au bar, un peu problématique. Catégorie : J’étais un caïd à 20 ans, j’en ai aujourd’hui 50 et non seulement la vie ne m’a pas raté, mais en plus la taverne où j’allais est devenue un bar branché ou je ne suis plus assez beau pour être le bienvenu aux yeux du gérant.

Moi: Je m’excuse mon chum, va falloir que tu viennes avec moi, la soirée est finie.

Client: *regarde autour pour être sûr que personnes nous voit* Ok ok, mais je peux-tu te rejoindre dans 2 minutes? Je veux pas que le monde voit que je me fais sortir.

 

Je vous jure, il y a des conversations qui ont fait plus mal à mon petit coeur de portier que bon nombre des coups de poing que ma gueule d’ange a reçus.

 

Qu’on ne se méprenne pas, outre un léger décalage en termes de classe sociale, j’ai beaucoup aimé travailler à ce dernier emploi comme à tous les autres avant. Tous les autres sauf la sécurité dans un Centre Hi-Fi pour Noël. Rester debout, immobile pendant 12 heures je peux le faire, mais devant Shreck 3 sur repeat affiché dans 43 écrans de formes et de tailles différentes c’est tout simplement de la torture. Mais j’ai aimé les partys de fin de session de science politique, comme les shows punks du lundi soir, en passant par les premiers Word Up Battle ou les victoires de l’équipe amateure de Rugby. Les jeudis soirs pluvieux où il n’y a qu’une poignée d’âmes en peine qui viennent boire leur solitude. Les Saint-Jean ou la fierté patriotique n’a d’égale que la quantité de vomi dans le caniveau. L’amour un peu cross side du jour de l’an, comme l’extra de testostérone du petit gars qui met un masque à l’Halloween. J’ai profité de chaque instant.

 

J’ai eu droit à des perles de réflexion imbibée de tequila: « Moi je trouve ça cave les batailles de bar. Tant qu’à me battre je veux le faire pour de quoi de vrai. Tsé comme me battre pour ma patrie. Quelque chose d’intellectuel quoi. » J’ai majoritairement eu des partners en or et le staff, quand il ne remet pas en question ta décision de sortir un client a toujours été marrant. La majorité des habitués avec leur bonne humeur ont sauvé je ne sais pas combien de mes soirées d’un ennui certain. Et ça a toujours été un plaisir de m’assurer que les habitués, comme le voisinage, passent un bon moment. J’y serais sûrement encore si ce n’avait été d’une accumulation de fatigue et d’un manque de respect pathologique de la haute direction du premier au dernier jour. Parce qu’on va se le dire, la seule chose qui est plus nocive que de travailler de nuit, c’est le travail en soi.

 

Merci à tout le monde qui a fait des dernières années, une chouette expérience. Sans rancune aux clients que j’ai sortis à coup de pied dans le cul. Ne prenez pas votre voiture en partant siouplait, un à la fois dans la salle de bain et pisse pas sur l’arbre j’ai dit. C’est mon Last call.

 

Cheers guys!

 

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Crédit photo: wikimedia.org

Sommet Anti-G7: Résumé d’un séjour calme mais tout en répression

7 juin :
– Après-midi touristique dans Québec : les magasins se barricadent petit à petit, les gens font leur vie, c’est très calme. On finit par être suivi-es par au moins 3 policiers en civil (ceux repérés) et on nous demande de nous identifier quand on mange un sandwich dans un cimetière… un groupe de 7 personnes, entouré par 20 flics : SPVQ, SQ main dans la main… Le profilage commence.
– Manifestation de soir appelée par le RRAG7 et le communautaire : ambiance joyeuse bien qu’on sentait une certaine appréhension, entouré-es par des goons policiers, anti-émeutes et militaires. On a croisé des fusils d’assaut, des snipers, des drones, des chiens électrocutés à chaque aboiement, au moins 3 hélicos et j’en passe… Tout ça pour une manif calme d’un millier de personnes et plus d’une centaine de journalistes.
-Retour vers nos quartiers, on est suivi par d’autres policiers en civil dans leur voiture qui prennent manifestement nos plaques d’immatriculation en note.

On a aimé : la mobilisation plus grande qu’on pensait, la préparation des médics et les discussions avec plein de belles personnes.
On a détesté : le PCR qui s’est pris pour un autre en passant devant tous les groupes communautaires qui organisaient la manifestation, les arrestations (2) dans la manifestation, l’arsenal policier.

 

8 juin :
– Manifestation matinale avortée par l’arsenal militaire et paramilitaire entourant les manifestant-es
– On apprend que des véhicules de manifestant-es sont ‘arbitrairement’ arrêtés et fouillés dans Québec… Pas nous, mais on a pu le constater en effet en arrivant sur place.
– Rassemblement du midi : une autoroute bloquée quelques minutes qui a valu certes 2 sofas flambants entourés de béton, mais aussi des charges policières violentes (des plaquages dignes de pros de foot américain) et des arrestations.
– Midi : pique-nique on ne peut plus relax près du plus chouette dépanneur du monde (rabais pour les manifestant-es, mise à dispo des toilettes, adorables employé-es, bain de face gratis en cas de gaz… !) Québec est devenue une ville fantôme, les rues sont vides, on s’attendrait presque à une attaque de zombies!
– Manifestation de l’après-midi a à peine pu commencer que tous les goons bloquaient de nouveau les rues et poussaient les gens (dont des journalistes) en bas des cotes… Ils se sont aussi sentis bien seuls quand ils ont, tous seuls comme des grands, réussi à planter un de leur véhicule dans une mini-sortie de route qui leur a valu un remorquage et de se cacher dans des buissons ! Petit retour des choses !
– On ne compte même plus la police en civil qui nous suit dans les rues et prend des notes.

On a aimé : le pique-nique et son ambiance ‘safe’, le dépanneur extra.
On a détesté : le véhicule blanc qui t’écoute et fait de la reconnaissance faciale, la répression surnuméraire qui fait avorter la moindre action et stresser à chaque coin de rue. Les arrestations en mode ‘kidnapping’ alors que les gens rentraient chez eux et elles. Les photographes qui ne respectent pas le consentement.

9 juin :
– Manifestation syndicale : encore près d’un millier de personnes, mais cette fois une superbe ambiance! Des chansons à tout va, l’orchestre Tintanar qui se déchaîne et un temps magnifique!
Retour à l’ordre : les policiers laissent vider la place au compte-goutte en profilant les individus et leur faisant vider leur sac.

On a aimé : la belle ambiance et rigoler de voir 15 SQ sécuriser un McDo.
On a détesté : ne pas savoir où sortir et se sentir comme des bêtes à l’abattoir après la manifestation on-ne-peut-plus-pacifique.

 

En résumé : 3 belles journées, bien qu’entourées de flics en tout genre, de toutes les couleurs et avec tout l’arsenal. On décompte 0 fenêtre brisée, 10 arrestations, plus de 400 millions de $ dépensés sur la sécurité… ça fait cher du tie-wrap autour des poignets des arrêt-és !

Bref, malgré la ‘petite’ mobilisation, ça a quand même réussi à faire fermer l’Assemblée nationale, donner congé aux personnes du Parlement, ainsi qu’à des profs et des enfants… et littéralement ennuyer gentiment près de 8.000 flicailles mobilisées pour la sécurité !
Et aussi… donner ben de la job aux personnes qui placardent les commerces, ça a été lucratif pour eux et elles assurément !

 

Solidarité,

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Lien vers une entrevue de deux membres du SITT-IWW Montréal au sujet de notre présence au G7, à l’antenne du FM93 (Radio de Québec).

 

Crédit photos: Cédric Martin.

APPEL POUR UN CONTINGENT SITT-IWW MONTRÉAL AU G7

(English below)

Le Syndicat Industriel des travailleuses et travailleuses, section locale de Montréal (SITT-IWW Montréal), en solidarité avec les organisateurs et organisatrices du contre-G7, appel à un contingent syndical pour la manifestation du jeudi 7 juin 2018 prochain. Celle-ci aura lieu à 18h au Parc des Braves de Québec.
En marge du G7, nous descendrons dans la rue pour protester contre cette grande mascarade de l’élite mondiale. Nous prendrons la rue encore une fois pour dire non ! Non à une gouvernance mondiale gérée par sept pantins; Non à l’État bourgeois libéral qui dépend de l’exploitation de la classe ouvrière; Non à la fausse légitimité étatique renforcée par les frontières.

Le G7, dans son ensemble, représente tout ce pour quoi le SITT-IWW s’organise et combat. De Justin Trudeau à Donald Trump en passant par tous les autres clowns au pouvoir qui coopèrent pour faciliter l’exploitation de la classe ouvrière respective, le IWW s’alliera avec quiconque est prêt et prête à s’organiser sur son milieu de travail pour défaire le système d’exploitation salariale duquel nous dépendons tous et toutes.

Spécialement dans un contexte de capitalisme avancé, organiser notre milieu de travail pour améliorer nos conditions de vie est plus urgent que jamais. Le syndicalisme c’est de l’autodéfense : de l’autodéfense contre l’exploitation des patrons, contre les bras armés de l’État et contre n’importe quelle oppression systémique qui obéit au mode de production capitaliste. Le SITT-IWW souhaite avoir un contingent de membres présents et présentes pour mettre de l’avant-plan l’importance de s’organiser. Sous la bannière de la « One Big Union », sous la bannière d’une solidarité de classe, prenons la rue. Une classe ouvrière unie est une classe ouvrière gagnante : Au G7!

 

Solidairement,

Le Comité solidarité SITT-IWW Montréal.

 

CALL FOR AN IWW CONTINGENT AT G7

The IWW Montreal, in solidarity with anti-G7 organizers, calls for a contingent to be present at anti-G7 protests in Quebec. From June 6th-9th, people will be present to collectively resist the G7 meeting taking place, where we will be able to say no! No to globalism, no to the liberal bourgeois system that relies on the exploitation of the working class world over, and no to the legitimacy of the states that these seven puppets enforce within the borders they govern.

The G7, as an organization, represents everything the IWW organizes and fights against. Whereas Donald Trump and Justin Trudeau will cooperate and collaborator to facilitate exploitation of their respective working classes, the IWW will cooperate with all whom are ready to organize workplaces to help dismantle the wage slavery system these nation states rely on. Especially in the context of late stage capitalism, organizing workplaces as an effective means to improving material conditions is as urgent as ever. Syndicalism is self-defence: self-defence from the boss’ exploitation, from the state’s paid thugs, and as a part of any systemic oppression wherein the capitalist mode of production is interwoven.

The IWW looks forward to having a contingent of members present to help discuss the importance of workplace organizing. Under the banner of one big union, under the banner of working class solidarity, a united working class is a winning working class. To G7!

 

In solidarity,

The Solidarity Committee of the Montreal IWW branch.

Manif du 1er mai 2018: Compte rendu

Il y a exactement une semaine débutait la manifestation du 1er mai du SITT-IWW dans Parc-Extension. Une fois encore, les travailleurs et travailleuses de Montréal étaient présent-es au rendez-vous, pour célébrer notre solidarité et revendiquer un monde meilleur.

 

Un pique-nique fourni par les magnifiques militants et militantes de Bouffe contre le fascisme nous a permis de nous régaler avant d’entamer notre marche. C’est l’occasion pour des moments conviviaux et le tissage de liens, essentiels à la solidarité qui nous est si chère. Ensuite, ce sont les discours, donnés dans un esprit de syndicalisme de combat. L’ambiance est joviale et énergique, la manif sera vigoureuse et la rue sera à nous!

 

Nous avons marché dans les rues de Parc Ex, au rythme des « Refugees in! Racists out! » et « A! Anti! Anti-capitaliste! » Nous avons aussi fait une incursion dans Ville Mont-Royal, notamment pour y chanter l’Internationale. Selon moi, un moment fort agréable qui a mis des sourires à bien des lèvres. Il n’y a pas eu de confrontation avec la police, pas à ma connaissance. La manif ne s’est pas fait disperser. La lutte contre le capitalisme se fera par d’autres manières.

 

Manifester le 1er pour la journée des travailleurs et travailleuses, c’est s’inscrire dans l’histoire de l’anticapitalisme. Nous soutenons encore et toujours que « la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun »*. Le SITT-IWW revendique la fin de l’économie à profits, la fin du salariat et la construction d’un monde en mesure de répondre aux besoins de tous et toutes. À travers notre lutte, nous « jetons les bases d’une société nouvelle à l’intérieur même de l’ancienne »*.

 

Le syndicalisme de solidarité est notre outil de lutte. Avec des manifestations comme celle du 1er mai, les Wobblies disent aux travailleurs et travailleuses: vous n’êtes pas seul-es! Nous partageons cette indignation pour les patrons qui nous exploitent, nous partageons ce désir d’avoir un mot à dire à notre travail. Nous nous agitons ensemble contre un système injuste, puis ensemble nous manifestons pour sa fin. Par cette solidarité, nous apprenons tous et toutes les uns des autres. Nous passons de l’indignation à l’action lorsque nous réalisons qu’ensemble, nous sommes forts et fortes. La manifestation du 1er mai, j’espère, nous aura permis de réaliser cela.

 

L’apparition du néonazi sur le toit d’un immeuble brandissant le drapeau de la croix gammée à la toute fin de la manif nous a enragé-es. Avec raison. Une telle provocation et incitation à la haine est inacceptable. L’extrême-droite continue d’être une menace pour tous les travailleurs et travailleuses. Nous devons continuer de lutter pour protéger nos camarades et mettre fin à toutes formes d’oppression. En attendant, le SITT-IWW continue de scander, tout comme les manifestants et manifestantes du 1er mai à la vue du facho: « A! Anti! Antifasciste! »

 

Solidarité pour toujours,

 

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* Extraits du préambule à la constitution de l’IWW

Crédit photo: A. L.-V.

 

Quality in the house of Ericsson?

Cutbacks in quality control

In my time as a subtitler with Red Bee Media / Ericsson’s Access Services department, I have come to develop an eagerness to produce high-quality captions for all audiences, regardless of the content or the network it broadcasts on. The same is true for my colleagues. One might expect that this kind of pride in providing a high-quality service to hearing-impaired viewers would be shared and even encouraged by the operation’s management, but instead, I have observed the repeated slashing of quality control measures in the interest of increasing profitability. The logic goes that any labour spent reviewing, proofreading, and improving our work could be more “productively” deployed in the production of a greater quantity of subtitles. This necessarily results in a poorer quality of subtitles. The cutbacks are especially pronounced in the North American offices in Montréal, QC and Duluth, GA, which are new to the operation and which management has established will be the main target for cost-saving in the global operation.

In the course of creating subtitles and performing associated administrative duties, subtitlers are regularly confronted by the skeletal remains of now-defunct quality control infrastructure. Before I discuss this infrastructure, it’s important to understand that with respect to accuracy, live subtitling is an especially imperfect process. Subtitlers must make editorial decision on the fly, and voice recognition software can be a fickle friend. Live subtitles may be created from scratch by subtitlers (i.e. “live respeaking”), they may be produced based on prepared text provided by the broadcaster, or (in the case of repeated content) they might be re-transmissions of text which has already been created. In previous years at Red Bee Media / Ericsson, when text was to be re-transmitted in this way, it would be proofread after the first transmission, ensuring that all subsequent transmissions would have near-perfect accuracy. Today, there is no such process. The result is that the same errors transmit over and over again. Attempts to correct errors on the fly are often thwarted by technical issues. When it comes to subtitling pre-recorded programmes, there has been a similar scaling back of proofreading over the years.

Ignoring the workers’ requests

In the process of preparing to caption a programme live, every minute is precious. Subtitlers are often provided with copy that is rife with typos and spelling mistakes, or which contains bizarre formatting that must be meticulously stripped out in order to create captions that conform to regulator guidelines and client house styles. In the past year, the preparation time allotted for live-subtitled programmes has been almost unilaterally cut in half. Management has repeatedly ignored requests from captioning and training staff to increase allotted prep time on certain live programmes. They contend that workers will “adapt” to the new requirements, never mind that even experienced subtitlers often struggle to complete the barest minimum of prep work.

At Red Bee Media / Ericsson, the main established quality-control measure for ensuring accuracy of live subtitles is detailed reviews of subtitlers’ work. In the long-established UK wing of the operation, subtitlers are reviewed three times a month: once by themselves, once by a peer, and once by support staff. In the past year, the managers of the North American operation have eliminated both peer reviews and self-reviews, and have eliminated the system which ensured that a wide variety of work is reviewed. The result is that subtitlers are left with very little insight into where improvements must be made.

One quality control issue stands out to me as particularly egregious. In this case, a colourblind employee who had difficulty colourizing text for UK broadcasts was repeatedly told that accessibility accommodations will not be provided to workers because accurately colourizing the text isn’t a high priority for broadcasters. It’s worth noting that television viewers, not broadcasters, are the users of subtitles. In many regions, colour changes are the only method used to indicate a change of speaker. The viewer has the right to expect that subtitlers would at least try to use colours accurately. In this case, Red Bee Media / Ericsson management is failing doubly: it is failing its viewers as well as its employees. The blasé attitude of Access Services managers towards its accessibility responsibilities to its own workers provides a disturbing insight into its attitudes about accessibility services generally.

Disdain for improvements

These cutbacks – as well as the discontinuation of a newsletter which used to inform workers about the access services industry generally – underscore management’s disinterest in providing high-quality access services to its clients’ viewership. Red Bee Media / Ericsson Access Services management have made it clear that many of the broadcasters for whom we produce subtitles don’t care about the quality of the subtitles, and have frequently used this reasoning to support decisions to scale back or eliminate the above-mentioned quality control measures.  Red Bee Media / Ericsson management’s disregard for the viewers that use its product is clear.

When workers are told improving their work is a waste of time something is amiss – when viewers in the deaf and hard of hearing communities are harmed by putting profits over people, the injury is doubly shameful.

 

The Montreal Subtitlers Union is currently seeking to negotiate its first Collective Agreement with Red Bee Media / Ericsson, a company that refused to negotiate as of March 21, 2018. The workers are asking for fair wages and break based on the global operation, and an end to gruelling shift-patterns.

 

Solidarity,

The Montreal Subtitlers Union.

En français

Montreal-Based Subtitlers Serving Canada’s Deaf and Hard of Hearing Community Form Union

Today March 15, 2018 another community of skilled workers in Montreal have chosen to join the Industrial Workers of the World in the fight against exploitation.

 

Subtitlers working for the telecommunications giant Ericsson, who produce subtitles (captions) for broadcast television in Canada and the United Kingdom, have seen the quality of their work degrade as their working conditions continue to worsen.

 

These Ericsson Canada employees are directly managed by Red Bee Media, a British subsidiary owned by Ericsson. Red Bee Media is responsible for delivering captions to homes across Canada for Corus Entertainment (Global News). The service they provide is essential to the deaf and hard of hearing community in Canada, and deserves to be of the highest quality.

 

However, while subtitlers working for Ericsson / Red Bee Media, in France, Australia, Spain, and the United Kingdom are unionized, the company has been shifting production to North America where workers can be exploited without pesky labour rights. As a result of unsustainable poverty wages, long hours, inadequate breaks, and a complete lack of respect for the people that caption here in Montreal, Canadian news consumers are left with a lower quality service.

 

The differently abled community of Canada deserves better than subtitles delivered by hungry, tired, and disrespected workers.

 

We call on Ericsson Canada to live up to the standards they set for themselves in their code of business ethics, and respect the fact that “all persons should be free to peacefully and lawfully form and join… workers’ associations of their own choosing, and should have the right to bargain collectively” by voluntarily recognizing the union, and beginning good-faith negotiations.

 

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including in Montreal. Its members strive for a union model based on robust working class solidarity called Solidarity Unionism. This model emphasizes direct action at the workplace as exemplified in our campaigns at Ellen’s Stardust Diner in New York City or at Frite-Alors! in Montreal.

 

The IWW is excited to welcome the fellow workers at Ericsson / Red Bee Media into the struggle for just and sustainable working conditions.

 

Media contact: Selena 438-345-5046

En français.

Do treeplanters suffer from Stockholm syndrome?

A portrait of the industry of treeplanting

While it used to be a dignified and respectable way to earn your life, treeplanting is now nothing but a way to live counter-culture for wanderers and students who seek an alternative to the minimum wage. Nowadays, the possibility of escaping the threshold of poverty is only attainable for the best of us, who endure a very long season from west to east of the country. There is no mistaken it, wages have not risen for a long time. When we ask why, we are always met with the same answer: there is not enough money, or we are told to shut up.

The ultra-competitive practices of the industry are to blame. For all these years, companies have ferociously maintained their market share, at the expense of our wages. They often leave thousands of dollars to win their submission. This represents the amount of money that separates the lowest submission of their closest competitor. And if the other companies that pay up to the standard of the industry find themselves incapable of offering lower costs, then where did they cut? In our safety? In our kitchen budget? In our wages?

In all of this, we don’t have a word to say. Of course we musn’t voice our opinions on the practices of the industry or on those of our company. Production must continue, but production for whom? “If you’re not happy, find yourself another job”… A reality that manifests itself through the figure of the foreman, who systematically demands job candidates with a “good attitude”.

The bosses really don’t want to hear us complaining about our extraordinarily low wages for an extraordinarily difficult job. They don’t want to hear our complaints, but they do nothing for us. And will do nothing! And yet, who will pay the price of their irresponsibility and their endless greed? It’s us, because our wages are their biggest exploitation cost. Lower wages mean more contracts and more money for them. Although, more insecurity for us; more injuries because we always feel the pressure to out-perform if we want to be able to pay our rent, our food, our tuition, our leisure… Whose prices keep climbing year after year! But it doesn’t stop there. They sometimes “forget” to include our transportation hours in our total working time, intimidate us when we want to get our WCB (CSST), make us work for free when it’s time to dismantle and reassemble the camp, abandon the maintenance of the showers, provide insufficient funds for food… On top of all this, we also have to pay 25$ to shit in the shitters that we dug ourselves.

Stockholm syndrome

But we are also to blame. Because, with each passing day, we continue to dance without ever setting our foot down. We prefer to stay silent as we watch our comrades plant trees with tendinitis in their wrist. Sometimes, at the point where it’s in both wrists. We don’t want to see them as our reflection, but rather as competitors. When someone is forced to work with an injury, because they are intimidated or because they are denied any form of compensation, it’s all of us who pay the price. Have you ever gotten through a season without at least one case of tendinitis in your camp? It will be your turn soon and you most likely won’t have access to any aid or compensation. If it hasn’t already been the case. It is the most frequent injury, but there are also infections due to the showers not being functional. There’s the lumbar sprains and the sprained ankle. Finally, when it is time to take a bow and retire, there’s the chronic tendinitis and the damaged knee. Sometimes even, it’s a case of pneumonia that spreads, or who knows what kind of viruses and food poisoning. That’s without mentioning the harassment and the assaults, done by the bosses as well as amongst ourselves, of which we never talk about but that nevertheless happen every summer.

In spite of all that, we are not even content with merely observing our collective agony with indifference. We have completely assimilated our bosses’ line of thought, convincing us to always work harder. We compete with each other. We put pressure on each other. No more need for policing on the camp, we are our own police. This reality finds itself best represented through the emblematic figure of the highballer. The one who attains the highest degree of accomplishment in social scale of treeplanting. Sometimes, legends even form around these figures. And yet, the value of these people is only measured through their production, never through their individuality. Antagonistically towards ourselves, we only perceive ourselves through the prism of productivity. Such a reality can only favor our bosses.

All this, and we have nor problem drinking with our bosses. We assure them they are our friends. That the experience of treeplanting would not be the same without them. Indeed, it would be far better! I cannot help but feel the bitterness of it all… friends? How can we reconcile friendship and abuse, unless we have no respect for ourselves? We who share the same conditions, the same problems. Our bosses are hypocrites. The love-hate relationship that we develop towards our job, it isn’t hard to understand. We love the camp life, the unforgettable evenings, the friendships we nurture, the stars in the sky, the afternoons by the beach… We hate the unpaid labor, the insults, the injuries, the psychological problems, the pressure, the days and the weeks without ends… It is not them that make the seasons unforgettable, but us. How many of you have already daydreamed, for hours, a thousand and one ways to torture your foreman? They do nothing but force us to experience pain and indignity. Experiences that help us workers bond, but that aren’t a pleasure by any measure.

Foremen are not our allies. They are agents at the service of the companies. The wage system based on the treeplanters’ production and the necessity of meeting production quotas only act as an incentive for our exploitation. The widespread myth that the foremen take better care of us when they are paid more is one that is constantly repeated to us. But, is it really how that works? The unfair distribution of lands, the abusive warnings when production is too low, the pressure to go beyond our mental and physical limits, all seem to indicate the contrary. If it isn’t a downright botched job, while we work to pay their salaries. Let’s not forget that the foremen don’t work for us, but it is us who work them.

Now what?

We must stop complaining all on our own. That only serves to comfort each other as we constantly descend further into hell.

The two solutions most often mentioned will lead us nowhere. The first would have the companies meet at a negotiation table to agree to a minimal price for the industry, under which they would not compete with each other. In that case, we might as well do nothing and wait for money to grow on our trees. The other solution would be to form a cooperative. With this model, we would effectively have control over our working conditions, but we would still have to submit to the law of the market. The cost of the tree would have to remain competitive in order to have contracts. These cooperatives would remain very small since they could not carve a bigger spot in the market. What would become then of the vast majority of the workers, still trapped in the rookie mills?

Organization is key

There is only one solution: solidarity unionism. The only way to improve our working conditions is to shape the balance of power in our favor. To do this, we have to stand in solidarity in the face of exploitation. The major objection to signing on with a union is that they do not understand the reality of our work and our needs. We would only be paying dues to a union that doesn’t really represent us. Our relationship with unionism has been corrupted by the trade unions that today seem to be more of a weapon for the owning class than a weapon for the working class. And yet, unionism is a way of struggling for better. A struggle that can be horizontal and with no other representation than ourselves. We can lead this fight and make gains that we will collectively choose: the IWW is the union for that. Workers that have chosen to join forces, no matter their trade, to organize their workplace with union model that would not escape their control. We will be the union, and no one else.

Our insecurity grows each year, we have to act now! This text will not invoke unanimous approval, like all the posts on the group King Kong Re-forestation that denounce our working conditions. Some would like to regurgitate their cult of the highballer. But isn’t that the sign of a deep discomfort and uneasiness? Let’s join forces now to organize our fight back! Those of you who wish to organize, contact us!

 

In solidarity,

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En français.

 

Cover photo credit: http://www.macleans.ca/news/canada/into-the-wild/

Source image 1 : http://www.replant.ca/phpBB3/viewtopic.phpf=27&t=66036&p=86600&hilit=graphic#p86600

Source image 2 : http://www.replant.ca/phpBB3/viewtopic.php?f=27&t=66856

Et si le syndicat ne bouge pas?

Bien qu’un syndicat soit en théorie un outil de lutte pour l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et travailleuses, il n’est pas rare de voir ceux-ci se transformer en appareils de démobilisation. Que ce soit pour préserver « l’appareil » syndical en évitant de prendre les risques impliqués dans une grande lutte, collaborer ouvertement avec le patron qui accorde des faveurs à la centrale (ex : syndicalisation automatique des nouvelles succursales en échange d’un syndicalisme pacifié) ou encore vouloir préserver un parti politique d’une mauvaise image causée par une grève en période électorale, tout syndicat peut se déconnecter des intérêts de sa base pour se préserver comme institution. C’est pourtant dans ces moments qu’il importe le plus d’être syndicaliste.

Il faut alors se rappeler que le syndicat c’est avant tout nous et nos collègues et repartir sur cette base. Dès lors, un large éventail de tactiques s’ouvre à nous : il est possible de former des comités de base, qui œuvreront et lutterons en dehors du syndicat établit (ex : voir les CoBas en Italie), de tenter de s’organiser pour reprendre et réformer notre syndicat pour le recentrer vers la base (voir le CORE, the Caucus of Rank-and-file Educators à Chicago) ou encore de changer d’affiliation syndicale. Autant voir l’arrivée d’un syndicat patronal (aussi appelé syndicat « jaune ») comme une occasion de parler conditions de travail et ainsi retourner cette offensive des patrons contre ceux-ci. N’hésitez alors pas à contacter la branche de l’IWW la plus proche pour du support et de la formation pour (re) lancer le combat pour l’amélioration de vos conditions de travail et de vie.

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Crédit bande-dessinée: Val-bleu

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L’absurdité du monde: L’usage de la technologie

Dans le cadre de cette chronique d’Action en Direct j’ai décidé de vous parler de progrès technologique. C’est un peu lié à tout ce qu’on entend par rapport aux bienfaits qu’amène la fameuse économie participative. En tout cas, bienfaits pour le patronat et l’élite qui nous gouverne. J’ai décidé d’y aller avec un questionnement philosophique aujourd’hui et de vous poser la question suivante : « Est-ce que notre société progresse ? Est-ce que l’humanité progresse ? ». À première vue, on a tous et toutes envie de répondre « Bien oui, on est maintenant capable d’aller sur la lune, de soigner le cancer, on a des véhicules hybrides ». Mais si on gratte un peu et qu’on décide d’aller un peu plus loin, est-ce que le progrès technologique est nécessairement un progrès pour l’humanité dans son ensemble ? Parce qu’on ne va pas se mentir, qui, dans notre société, possède la technologie ? Avant qu’elle se rende sur les tablettes des Wal-Mart comme produit de consommation, à qui elle profite cette technologie ? La réponse est bien simple, elle appartient à la classe possédante, celle qui nous envoie des mémos sur nos lieux de travail pour dire qu’il va y avoir moins de services aux employé-e-s, celle qui aime mieux avoir une machine pour remplacer des caissières ou caissiers dans votre épicerie ou au McDo du coin. Évidemment que pour eux, le progrès technologique est utile : On trouve des façons de couper les coûts de production. Bref, la technologie va toujours profiter d’abord et avant tout aux riches et aux bourgeois de notre société. On pourrait appeler ça le progrès de classe.

Offrir un service utile ou s’enrichir?

Si on repart de la base, selon vous, quel est le but d’un bon capitaliste ? Offrir un service ou un produit de qualité et utile à l’humanité ? Offrir des emplois de qualités à ses employé-e-s ? Non… Le but premier d’un capitaliste est de s’enrichir, de devenir riche, de s’en mettre plein les poches. Partant de ce principe, évidemment, son but premier va être de couper dans les dépenses de son entreprise. Par un drôle de hasard, l’une des principales dépenses de toute entreprise est la main-d’œuvre ou si vous préférez la novlangue : Les ressources humaines. Si on peut couper des employé-e-s et les remplacer par des robots, des ordinateurs ou autres machines moins coûteuses, que pensez-vous que le capitaliste va vouloir faire ? Poser la question, c’est un peu y répondre… Donc, à qui profite la technologie dans notre merveilleux système ? Au patron qui sauve des coûts de production ou à l’employé-e qui sera mis au chômage, parce que remplacé par un robot ? C’est le même principe que quand un patron vous paye un téléphone cellulaire, n’allez surtout pas penser qu’il le fait pour votre bien-être : il sait très bien que comme ça, vous allez être joignable 24h sur 24 et ça, ça l’arrange pas mal plus. C’est encore la même chose avec l’économie dite participative comme Uber et AirBnB. Si on peut contourner les lois en vigueur et sauver de l’argent en disant que c’est participatif, n’importe quel capitaliste va sauter sur l’occasion. À qui tout ça va profiter ? Aux chauffeurs de taxi qui paient leur licence pour faire la même job qu’un Uber ? Aux voisins d’AirBnB qui vont voir leur loyer augmenter parce que son bloc est presque devenu un hôtel ? Évidemment, non, seulement aux gens qui vont s’enrichir avec ces nouvelles technologies. Évidemment, si toutes ces technologies appartenaient à la classe ouvrière, on pourrait dire que l’humanité progresse, que c’est un progrès pour tout le monde de remplacer une tâche ultra répétitive par des robots et qu’ainsi, tout le monde a moins besoin de travailler. Mais malheureusement, ce n’est pas comme ça que notre société fonctionne.

Consommation et environnement

Un bon capitaliste, pour s’enrichir toujours plus, doit toujours produire plus et étendre son marché. Comme ça adonne bien, les études et les recherches financées par l’élite cherchent constamment à essayer de produire plus et à moindre coût. C’est de là que nous vient le phénomène de surproduction. Depuis que je suis jeune, on nous apprend vertueusement qu’il ne faut pas surconsommer pour le bien de la planète. Mais quelle est la cause de cette surconsommation ? Évidemment, c’est la surproduction des capitalistes. Ils produisent toutes sortes de gogosses qui ne valent rien et qui n’ont aucune utilité dans le but toujours de s’enrichir plus. Pensez-vous que le propriétaire de Dollarama a en tête le bien-être de la planète quand il remplit ses étagères de cochonneries bon marché dont il sait très bien que la durée de vie ne dépasse pas les 6 mois ? Bien sûr que non, il ne pense qu’aux juteux profits qu’il va pouvoir se mettre dans les poches et celles des autres actionnaires et c’est tout. Pendant ce temps, on blâme le consommateur, mais jamais on ne blâme le producteur, le capitaliste derrière des objets inutiles comme les fidget spinners. C’est toujours l’acheteur (donc généralement la classe ouvrière) le problème et non celui qui vend et met en marché des produits de merde. La technologie nous permet de produire plus au détriment des ressources, produire plus de produits de mauvaise qualité, dans un seul but : celui d’enrichir le patronat. Donc je repose la question, à qui profite la technologie ?

Une question de Marketing

Pour vendre toutes ces gogosses complètement inutiles, le capitaliste a inventé une nouvelle science : Le marketing. Aujourd’hui, les universités débordent de chaires de recherche dont le but est d’approfondir cette pseudoscience qu’on pourrait définir par cette expression : « L’art de créer un besoin artificiel dans la tête du consommateur afin de lui faire acheter quelque chose ». Par conséquent, ça fait en sorte que notre société regorge de publicité un peu partout pour nous vendre quelque chose : à la télé, dans les journaux, à la radio, dans les rues, aux toilettes, sur nos téléphones, sur internet, à l’école, au boulot, etc. On crée des images de marque pour dire que telle compagnie est éthique parce qu’elle donne de l’argent à la cause des enfants malades ou à celles de la santé mentale. Bell cause pour la cause, ça vous dit de quoi ? Tsé la compagnie qui a crissé à la porte plein de téléphonistes à Montréal pour délocaliser ses services à moindre coût. Quelle belle compagnie éthique. Tout ça grâce au marketing. Toute cette énergie dépensée à essayer de vendre de la cochonnerie comme un vulgaire peddler. Imaginez si ces recherches visaient plutôt à engendrer de meilleurs comportements chez les humains. On pourrait notamment enligner les recherches sur des enjeux comme l’élimination de la culture du viol ou du racisme. Mais non, on préfère vous vendre une assurance automobile ou un REER, c’est plus payant pour le capitaliste. Ça m’amène à reposer une question : À qui profite le progrès dans le domaine du marketing ?

Évidemment, surproduire et inventer de faux besoins, ce n’est pas encore assez pour enrichir suffisamment nos bons dirigeants capitalistes. Ils se sont donc servis de la technologie pour inventer un autre concept : celui de l’obsolescence programmée. Ça vous dit quelque chose ? L’obsolescence programmée, c’est quand un capitaliste conçoit un produit de consommation afin de s’assurer qu’il brise au bout d’un certain moment. Comme ça, et bien, pas le choix d’en racheter un autre. Sinon, comment on explique que mes parents ont un frigidaire qui date de 40 ans et que je n’ai jamais pu en garder un neuf plus de cinq ans ? Ça doit être ça le progrès technologique, right ? Sérieusement, la technologie n’a jamais été aussi avancée et on vient nous faire croire que nos frigos, nos voitures, nos ampoules et la plupart des produits que nous avons durent maintenant moins longtemps ? C’est pourtant ce que les capitalistes font. Mettons-nous dans la peau du propriétaire de la compagnie Frigidaire et pensons un instant. Ouais je sais, c’est pas ce qu’il y a de plus agréable n’est-ce pas… Donc, vous êtes actionnaires de la compagnie Frigidaire, qu’est-ce qui est le mieux pour vous : 1- Produire des réfrigérateurs de bonne qualité qui vont durer au minimum 20 ans ou 2- Produire un réfrigérateur de moins bonne qualité, qui va donc vous coûter moins cher à produire, et que celui-ci ait une durée de vie de 8 ans ? Selon vous, lequel va vous rapporter plus d’argent ? Le premier que vous allez vendre une seule fois en 20 ans ou celui que vous allez pouvoir vendre une fois et qu’au bout de huit ans, vous allez pouvoir en revendre un deuxième ? Est-ce une théorie du complot de penser que les capitalistes peuvent voir les choses comme le choix numéro 2 ? Ça m’amène à poser encore une fois la question : À qui profite le progrès technologique ?

Big Brother et la dérive sécuritaire

Ce qui m’amène à vous parler des technologies sécuritaires. Parce qu’en créant des inégalités sociales comme le font les capitalistes, ça les oblige à développer toutes sortes de technologies pour surveiller ses employé-e-s ou la plèbe en général ou encore contrôler les mouvements de révolte de ceux et celles qu’ils écrasent. C’est pourquoi d’ailleurs on assiste à l’essor technologique dans le milieu de la technologie de sécurité. Caméras de surveillance pour ne pas se faire voler, ou mieux encore, pour pouvoir surveiller ses employé-e-s à distance. Systèmes antivols dans les magasins. Systèmes d’alarmes un peu partout. Armes nucléaires pour protéger ses privilèges face aux intérêts des autres pays. Police paramilitaire pour intimider tout mouvement de révolte. Technologie informatique afin de traquer les habitudes de consommation des gens. Puces qu’on peut intégrer sous la peau des employé-e-s. La liste est extrêmement longue, mais la conclusion demeure la même. À qui profite toutes ces évolutions technologiques, si ce n’est qu’uniquement aux capitalistes, aux riches et aux bourgeois de notre société. Notre société progressera le jour où ces technologies appartiendront au peuple et serviront les intérêts de toutes et de tous et non seulement les intérêts d’une poignée de privilégiés. La technologie sera utile une fois entre les mains de la classe ouvrière, mais pour l’instant, elle ne fait que contribuer à augmenter le rapport de force de la classe dominante sur le bas de la pyramide.

Éric Sédition

 

Crédit photo: http://scifiaddicts.com