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Loi 25 sur l’aide sociale : une guerre aux pauvres!

Le 1er avril dernier est entrée en vigueur la loi 25 – « Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi » – qui a été intégrée à la loi actuelle sur l’aide sociale. Nous pensons qu’il s’agit de la fin anticipée de l’aide sociale parce que les principes fondateurs à l’origine de cette dernière, le droit de vivre de façon décente et l’accès à un revenu quelque soit la cause du besoin, ne sont plus pris en compte. Sa mise en place mettra en péril la vie des gens en leur imposant de tenter de survivre avec des miettes, ou d’embarquer dans le grand projet Objectif emploi, dont le but est de fournir un cheap labor aux entreprises.

 

Avec la loi 25, toute personne qui est arrivée à l’aide sociale après le 1er avril 2018 doit maintenant obligatoirement entrer dans le programme Objectif emploi. C’est aussi le cas pour les personnes déjà sur l’aide sociale avant cette date mais qui font partie d’une famille dont l’un des membres du couple est maintenant primo-demandeur ou primo-demandeuse*.

 

La loi 25 implique que, lorsqu’on se retrouve dans ces catégories, si l’on manque une convocation avec notre agente ou agent d’aide sociale, elle ou il pourra retenir complètement notre chèque. De plus, en cas de manquement à l’une de nos obligations sans motif « valable » (selon le plan fixé par l’agent-e d’aide sociale correspondant à notre situation : à faire des démarches en emploi, à suivre une formation ou à « développer ses habiletés sociales »), l’agent-e aura le droit de couper notre chèque le mois suivant ou le mois d’après.

  1. 56 $ pour le 1er manquement ;
  2. 112 $ pour le 2e manquement ;
  3. 224 $  pour le 3e manquement.

En gros, si l’on refuse de se conformer au programme d’intégration en emploi, on nous force à vivre avec un chèque de 409$ par mois. Il est donc clair que l’objectif de la loi 25 est d’obliger les personnes jugées sans contrainte au travail à s’en trouver un, selon les priorités de l’entreprise privée et selon les besoins du marché du travail (et aux conditions établies par l’agent-e d’aide sociale). Mais nous savons que le travail n’est pas la seule façon de se réaliser dans la vie ! Et nous revendiquons le droit de vivre décemment peu importe la façon dont on le fait. Dans les faits, cette loi renforce la notion de « bons et de mauvais pauvres » et les préjugés envers les personnes qui n’occupent pas un emploi. Le gouvernement les amplifie volontairement. C’est tout à son avantage de le faire, en brisant la solidarité dans la population, en suscitant la grogne contre les personnes assistées sociales qui l’ont « facile », qui sont « gras dur, parasites, fraudeurs, profiteurs » et qui méritent de vivre dans la misère.

 

Le plus ironique est que même le Conseil du patronat a émis des réserves quant aux mesures punitives du programme Objectif emploi. En commission parlementaire, M. Yves-Thomas Dorval, PDG du Conseil du patronat du Québec, disait : « […] Cela dit, je vais être honnête avec vous, M. le ministre : Le montant d’aide sociale, là, ce n’est pas grand-chose non plus, […]. C’est pour ça que j’étais très heureux de voir qu’on bonifiait l’aide sociale pour ceux qui veulent participer. Et là-dessus je peux vous assurer de notre complet appui de ce côté-là. Maintenant, c’est difficile pour un gouvernement de faire des mesures sans avoir une contrepartie. Et ça, je ne le sais pas si c’est la meilleure, on n’est pas spécialistes là-dedans, mais je peux juste vous dire : C’est sûr que ce n’est déjà pas élevé, là, le niveau d’aide sociale.» (27 janvier 2016).

 

L’objectif du gouvernement est clair : il souhaite discipliner le monde pauvre afin d’en faire une main-d’œuvre servile et captive, sans autre alternative que de participer activement aux programmes imposés par le ministère pour ne pas crever de faim. Ce qui est annoncé, ce n’est pas une lutte à la pauvreté, c’est une guerre aux pauvres! En nous maintenant dans des conditions abjectes, en agitant une carotte sous la forme d’ajustements éventuels sur leur chèque et un bâton sous la forme de grosses coupures de chèque ou de fermeture de dossier, le parti libéral vise un cheap labor, cadeau pour l’entreprise, et à long terme, la fin de l’aide sociale.

 

Au SITT-IWW, nous continuerons à nous opposer à tout projet qui crée une classe de travailleurs et de travailleuses précarisé-e-s et c’est pourquoi nous sommes solidaires de cette lutte contre le projet Objectif emploi!

Membre 360341

* Un primo-demandeur ou une primo-demandeuse est une personne qui fait une demande d’aide sociale pour la première fois.

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Le sous-salaire minimum en Colombie-Britannique: 6,35$ de l’heure

Le président de la Fédération du Travail de la Colombie-Britannique, Jim Sinclair, demande aux “restaurant officiel” (McDonald’s) des jeux Olympiques de cesser de payer leurs employés moins que le salaire minimum provincial, qui est déjà le plus bas au Canada.

“J’ai parlé à plusieurs employés de McDonald’s qui font moins de 7$ de l’heure au cours des dernières semaines, et je dois vous dire qu’ils ne sont pas impressionnés par la compagnie”, déclare Sinclair. “Ces travailleurs ont droit à un salaire décent et au respect.”

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Dépression : 50% des américains les plus pauvres sont au chômage ou en situation de sous emploi

Contre Info

Le calcul des taux de chômage par tranche de revenu de la population effectué par le Centre d’Etude du Marché du Travail (CLMS) de l’université de Boston, révèle le caractère dramatique de la crise pour les plus défavorisés. Alors que le taux de chômage national avoisine les 10%, et a atteint en décembre 17% en incluant le sous emploi résultant des temps-partiels non choisis et des chômeurs non comptabilisés, pour les américains les plus pauvres, le total du chômage et du sous emploi dépasse les 50%.

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