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Ce n’est pas facile d’être une femme organisatrice

Au cours de la dernière année, je suis devenue active politiquement. Je suis passée d’une méconnaissance totale de la politique radicale à une implication dans l’organisation du travail à Miami, selon une perspective anarchiste. Ce fut à la fois un difficile et valorisant parcours, mais mon genre semble constamment me hanter. Je ne suis probablement pas la première femme ayant vécue cette expérience, mais je crois devoir faire la démonstration du fait qu’il s’agit d’un problème réel, tout en offrant mon point de vue personnel afin que d’autres femmes puissent avoir un point de référence au sein de leurs propres luttes.

Ayant été élevée par des parents nicaraguayens au sein de la communauté latino de Miami, j’ai vécue de près le sexisme inhérent à la culture du sud de la Floride. De nombreuses familles ayant immigrés en provenance d’Amérique du Sud, d’Amérique Centrale et des Caraïbes arrivèrent aux États-Unis en y important leurs traditions issues des années 70 et 80. Les jeunes filles sont ainsi élevées par des femmes ayant grandi en se faisant dire que leur but dans la vie était de devenir des épouses obéissantes, se dévouant cœur et âme à l’éducation de leurs enfants et au bonheur de leurs maris. Les femmes latino sont ainsi supposées être modestes, réservées et soumises, et être en mesures de jouer un rôle purement domestique. Bien que certaines familles hispaniques ne se soumettent pas entièrement à cette construction sociale, il reste que celle-ci joue toujours un rôle de premier plan au sein d’une très grande part de la communauté latino. À titre d’exemple, cette construction sociale se retrouve au sein des trois dernières générations des familles de mon père et de ma mère. Mes arrière-grand-mères et grand-mères, ainsi que ma mère et mes tantes, n’ont jamais complété leur scolarité et ont toutes dévoué leurs vies entières au service de leurs maris et de leurs enfants. Pendant ce temps, de nombreux hommes au sein de ma famille élargie ont pu compléter leur éducation, certains ayant même reçu un diplôme universitaire, et ont ainsi pu devenir des figures dominantes au sein de leurs communautés. Les hommes de la famille ont pu faire ce qu’ils voulaient puisqu’ils reléguaient toutes les responsabilités domestiques et familiales à leurs épouses. Poursuivant ce cycle, ma grand-mère et ma mère ont bien tenté de m’élever de la même manière. Je me suis fait dire de ne pas m’engager dans des activités dites « masculines », que ce soit le sport, le domaine universitaire, la politique, ou tout autre domaine dominé par l’homme. Malheureusement pour elles, j’ai toujours refusé de me soumettre à leurs standards de féminité. Je fais du sport depuis l’âge de dix ans, j’ai développé un intérêt profond pour l’histoire, la sociologie et la science politique, et je suis présentement engagée dans trois projets de nature politique. Cette attitude est une telle source de frustration pour mes parents que je me retrouve à être insultée sur une base quotidienne. Ma mère me traite de ‘tomboy’, me dit que je suis égoïste parce que je consacre autant de temps à l’organisation politique, et déplore ma soi-disant « promiscuité », du fait que les groupes politiques auxquels j’adhère sont formés en majorité d’hommes. Mon père, quant à lui, me dit que j’agis de manière insensée en consacrant autant de temps à la politique au lieu de bien me préparer à mon futur rôle de mère et d’épouse.

Tout au long de mes deux décennies de vie à Miami, j’ai pu rencontrer une multitude de femmes d’origines diverses. À l’école, dans le cadre de mon travail en tant qu’assistante-infirmière, ainsi qu’en politique, j’ai côtoyé des femmes originaires du Nicaragua, du Honduras, du Mexique, de Colombie, d’Argentine, de République Dominicaine, de Porto international-womens-day-posterRico, d’Haïti, de Jamaïque, du Népal et des Philippines, et elles ont toutes des histoires similaires à partager. Chacune d’entre elles m’ont révélé l’oppression qu’elles vivaient à la maison. Elles sont forcées de se conformer au rôles de genres et de suivre les standards traditionnels de ce qui définit une femme. Certaines ont tenté de se libérer de ces rôles, mais la pression de leurs entourages et de leurs familles finie généralement par venir à bout de leur volonté. Si certaines réussissent à se battre contre le courant, elles sont systématiquement insultées et stigmatisées, développent une mauvaise estime de soi et sombrent parfois dans l’anxiété et la dépression. J’ai moi-même vécu, et vis encore, des épisodes de détresse émotionnelle. Je me suis sortie d’une dépression en 2013 après six mois de thérapie, et je me bas encore aujourd’hui contre l’anxiété sociale et une mauvaise estime de moi-même. Malgré tout, je réussis à conserver mon intégrité et je continuerai à le faire afin de poursuivre le combat.

Entendre les récits et être témoin de la peine de toutes les femmes victimes du patriarcat m’a inspiré à poursuivre ma route en tant qu’organisatrice. Voir la passivité de ma mère face à mon père, voir mes sœurs être forcées d’adopter des traits indésirables, et être témoin des larmes de ces femmes ayant partagé avec moi leurs récits de vies sous l’oppressive domination masculine m’a permis de transformer ma colère en énergie positive et à me dévouer à la création d’une société au sein de laquelle les femmes ne seront plus opprimées. Je ne veux plus avoir à faire face à l’inégalité des genres et devoir regarder nombre de femmes tomber dans ses rouages. Nous ne pouvons plus continuer à négliger ce problème et devoir faire face à celui-ci seules. En tant que femmes révolutionnaires, nous devons prendre ces problèmes au sérieux et trouver des stratégies et des solutions afin de les surmonter.

Une manière de s’engager dans cette lutte est de partager nos expériences entre nous afin d’identifier les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui. Nous ne devons plus nier et réprimer notre frustration face à l’inégalité des genres. Celle-ci doit s’exprimer. Comment pouvons-nous prétendre bâtir une révolution sociale alors que nous n’osons que rarement parler de nos propres tourments personnels ? Je sais qu’il est parfois difficile de partager les difficultés auxquelles nous faisons face à la maison, au travail ou au sein de nos cercles politiques. Il est même ardu pour moi d’écrire ce texte, mais nous devons arrêter de 1546449_10152142519671361_8569163409494853563_nlaisser ces obstacles barrer notre chemin. Je me souviens avoir été pétrifiée la première fois que je me suis exprimée à propos de mes problèmes personnels auprès d’une camarade. Je croyais qu’elle ne me comprendrait pas et que je la dérangerais, mais après lui avoir raconté mon histoire, j’ai vite constaté qu’elle faisait face aux mêmes problèmes et était empathique face à ma situation. Ça a complètement transformé ma vie puisque j’avais auparavant cru que je devais sans cesse attendre afin de parler de ces problèmes à ma thérapeute, mais j’avais tort. Il y a plein de gens autour de nous prêts à écouter et à nous supporter; il n’en tient qu’à nous d’aller vers eux. J’ai fini par comprendre que les problèmes de genres existent toujours et que les obstacles auxquels je dois faire face sont bien réels. À travers des actions toutes simples comme parler de ceux-ci et bâtir des liens, je crois que nous arriveront à créer un collectif de gens déterminés à créer des tactiques afin d’abolir ces oppressions. C’est ainsi que s’est formé Mujeres Libre, qui a réussi à créer une tendance au sein de la Confederación Nacional del Trabajo et de la Federación Anarquista Ibérica afin de faire face au problème d’inégalité des genres. En grossissant leurs rangs, Elles ont fini par se tailler une place de choix au front lors de la révolution espagnole. Nous pouvons faire de même aujourd’hui si nous y mettons nos cœurs et âmes. Plusieurs d’entre nous diront que nos capacités et le climat social d’aujourd’hui rendent une telle chose impossible, mais comment le saurions-nous sans avoir même essayé? C’est pourquoi j’encourage toutes les femmes révolutionnaires à cesser de douter d’elles-mêmes et à engager le combat. Brisons dès maintenant le silence et créons la solidarité dont nous avons besoin.

-Luz Sierra

Publié en version originale anglaise en avril 2014 dans l’Industrial Worker, l’article Being A Women Organizer isn’t Easy de la fellow worker Luz Sierra obtiendra la première place dans la catégorie Contribution à l’Industrial Worker de l’année lors du Working Writers Contest et sera réédité en 2015 pour le pamphlet Radical Works for Rebel Workers

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Le tour du Syndicat: Mises-à-jour du New Jersey et de Seattle

par FNB

Pour plus d’information et de détails, et comment leur prêter main forte, veuillez consulter l’article original dans l’édition #1767 du Industrial Worker.

English version follows

New Jersey – Il y a eu du succès dans l’organisation de restaurants dans l’aire métropolitaine de Philadelphie. Des réunions on été tenues pour organiser des actions directes contre les problèmes de sécurité de lieu de travail dans un restaurant en particulier. De plus, les travailleurs du coin mènent une campagne de passage de tracts dans les usines de caoutchouc de la région, en espérant les aider à s’organiser contre des conditions de travail particulièrement miséreuses.

Seattle – Des travailleurs et travailleuses à Central Co-op, une coopérative d’alimentation organique possédée par ses consommateurs, sont activement engagé-e-s à faire réembaucher un camarade viré pour ne pas avoir payé un sachet de chips de $1,99, malgré son service impeccable depuis 10 ans. Le personnel syndiqué, consistant de 11 Wobblies, et de plusieurs United Food and Commercial Workers (UFCW), a livré une pétition soulignant les politiques de travail « incohérentes et inhumaines » à la direction de la coopérative. Les travailleurs et travailleuses ont également organisé une séance d’appels communautaires afin d’informer les consommateurs-propriétaires de la coopérative des politiques de travail courantes.

“Around the Union: NJ & Seattle Updates” – FNB

For more information and details, and how to help out, please read the original article in Industrial Worker, #1767.

New Jersey – There has been major success in organizing restaurants in the Philadelphia metro area. Meetings for direct actions against chronic workplace safety issues at one restaurant are taking place. Additionally, workers in the area are leafleting a chain of rubber factories in hopes of helping them organize against near-sweatshop conditions.

Seattle – Workers at Central Co-op, a consumer-owned natural foods cooperative, are actively fighting to reinstate a Fellow Worker who was fired over an unpaid $1.99 bag of chips, despite 10 years of impeccable service. The unionized staff, consisting of 11 Wobblies, and a number of United Food and Commercial Workers (UFCW), delivered a petition outlining the “inconsistency and inhumanity” of the co-op’s labor policies to management. They also organized a well-attended community call-in for the co-op’s owners to voice their concerns.

Le “Industrial Worker” de Juillet-août est en ligne ! July-august “Industrial Worker” journal is online!

[Traduction francophone – Original english follows]
Grands Titres

  • Londre: victoire ouvrière contre une agence de placement
  • Les mensonges de la chaine Jimmy John’s sur la transmission alimentaire de maladies contagieuses
  • À Atlanta, des ouvriers et des ouvrières prennent ce qui leur est dû

Varia

  • Les enseignements du “Syndicalisme Directe
  • Les critiques de livre s’en prennent à l’éducation http://www.iwwbookreview.com/
  • La Ligue Nationale de Football et la guerre contre les masses laborieuses

****************************************************************
Headlines:

  •  London Agency Workers Fight Back & Win
  •  Jimmy John’s Lied About Food-Borne Illness Outbreaks
  •  Workers get what they’re owed in Atlanta

Features:

  •  What Wobblies can learn from “Direct Unionism”
  •  Industrial Worker Book Review tackles education
  •  National Football League and the war on labor

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Defiant Spirit: General Defense Committee Newsletter // Defiant Spirit: Bulletin du Comité de Défense Général

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We want letters and articles from prisoners about life on the inside, about your experiences, about what working in prison is like, and whatever else you’d like to share. We want updates on political prisoners. We want news about direct actions, with or without arrests. We want our readers to make submissions, write us letters, give us feed back, and help us make the General Defense Committee grow to be a strong, immutable organization. Help us make the Defiant Spirit a strong line of communication between those who are incarcerated and those who are out in minimum security-that is, the free world. Send us photographs, stories, articles, links, news paper dippings, ransom letters, claims of responsibility, or whatever else you’d like us to see or you think we should print.
Send submissions to:
IWW/GDC
PO Box 180195
Chicago,IL
60618
or by email
GDC@IWW.ORG

Lecture en ligne du journal Industrial Worker du mois de mai.

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Lecture en ligne de notre journal international – Spécial féminisme

Grâce à l’option “Fullscreen”, vous pouvez maintenant lire en ligne le journal tel qu’il est présenté en format papier. Cette parution

porte spécialement sur la journée internationale des femmes, mais chaque parution a sa chronique féministe, sa chronique historique et une revue de livres. Bonne lecture!

Headlines:
* Egypt: Labor Unrest Was ‘Straw That Broke The Camel’s Back’
* Starbucks Workers Declare New Union Shop in NYC
* Rage Against the Machine Supports Guitar Workers’ Strike

Features:
* Obituary: Remembering Labor Activist Jayabean Desai
* Celebrating A Tradition of Women in the IWW
* 100 Years Later: Remembering the Triangle Shirtwaist Factory Fire

Si vous ne voyez pas le journal, c’est probablement que vous n’avez pas “Flash”
Vous pouvez alors télécharger une copie PDF du journal en cliquant ici

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Pour vous abonner à ce journal, visitez le site de la IWW ici

Industrial Worker numéro spécial “In November, we remember”

Le Industrial Worker est le journal officiel (en anglais) du Syndicat Industriel des travailleurs-travailleurses ou le SITT (IWW – Industrial Workers of the World). Il est publié 10 fois par année et imprimé par des syndiqués-ées de la Graphic Communications International Union/Teamster. Les articles n’ont pas l’intention de refléter les positions officielles du SITT. L’équipe d’édition est élue pour un mandat de deux ans par le vote de la base militante membre .

Headlines:

  • Longshoremen Wildcat Strikes Halt East Coast Shipping
  • Labor Rights Violations At Jimmy John’s
  • Solidarity With Chilean Workers

Features:

  • In November We Remember Announcements
  • 2010 IWW Literature Review
  • ISC Remembers Murdered Trade Unionists

Lire en ligne sur scribd

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