Frontière canado-américaine: Des réactionnaires confrontés par des activistes, travailleurs et travailleuses

Le samedi 19 mai, plus de 150 activistes de la région de Montréal se sont rassemblé-es à la frontière canado-américaine pour à la fois dénoncer les groupuscules racistes y organisant une manifestation anti-immigration et pour remettre en question la légitimité d’une frontière militarisée, mise en place par les états bourgeois colonialistes de la soi-disante « Amérique du Nord ». Principalement à l’aide de l’organisation du groupe Solidarité Sans Frontières, les activistes ont embarqué dans des autobus au centre-ville de Montréal (à une heure de distance de la frontière), tandis que d’autres se sont rendu-es au site de l’action en automobile, par leurs propres moyens.

 

Le contexte pour les traversées irrégulières

La frontière entre les États-Unis et le Canada est un enjeu de la plus haute importance pour les militants et militantes de la région. En plus des profonds problèmes structurels qui concernent le maintien des frontières dans les états colonialistes, de récentes failles dans quelques législations étatiques motivent davantage de réfugié-es à traverser la frontière irrégulièrement, d’un côté comme de l’autre. Un traité signé entre le Canada et les États-Unis, baptisé « L’Entente sur les tiers pays sûrs », stipule qu’un-e réfugié-e dans un des deux pays ne peut pas faire une demande d’asile dans l’autre, puisque chacun des deux états bourgeois policiers génocidaires considère que l’un et l’autre sont assez sécuritaires pour décider du sort des « pauvres gens » de ce monde. L’exception à cette règle est la « traversée irrégulière », où un demandeur ou demandeuse d’asile dans un pays ou l’autre peut se rendre dans l’autre et ainsi être traité-e si elle ou il fait cette traversée par des chemins non officiels. Par exemple, traversant la frontière en tant que réfugié-e espérant faire une demande soit au Canada ou aux États-Unis, une personne se verra refuser l’entrée au pays si elle se présente à un poste douanier, mais pas si elle traverse par les nombreux chemins, forêts et autres points d’entrée « non officiels ». Ces lois, telles qu’elles sont, incitent les personnes migrantes à traverser « irrégulièrement », ce ne devrait donc pas être une surprise si plusieurs familles, migrant-es, réfugié-es, travailleurs et travailleuses traversent de cette façon.

 

La réaction de l’extrême droite

Plutôt que de dénoncer les problèmes systémiques à la source de ce problème (le bombardement et la destruction des maisons de personnes habitant dans d’autres pays, ainsi que l’imposition violente du système capitaliste d’exploitation qui peut bien tuer ici même), des groupuscules réactionnaires tentent de fissurer la société, avec la bénédiction implicite des élites, pour diviser et conquérir la classe des travailleurs et travailleuses. Ces groupuscules canadiens qui se déguisent en milices paramilitaires fascistes du début du 20e siècle (avec un vernis de modernité) ont presque copié point pour point le langage et les tactiques d’autres groupes similaires de l’extrême droite, aux États-Unis et ailleurs, dont plusieurs utilisent un vocabulaire déshumanisant pour parler des réfugié-es, enfants et familles fuyant des situations hostiles en quête d’une vie meilleure. Ces groupuscules, en particulier ceux comme « Storm Alliance », « La Meute » et les « III%ers », tentent d’acquérir de la légitimité dans la société civile en se présentant comme ceux qui demandent le respect de « la loi et l’ordre », parmi d’autres qui pourraient concerner l’individu moyen. En réalité, non seulement leurs faibles tentatives à la civilité et à la légitimité sont fondées sur de fausses prémisses, mais en plus ces groupes sont garnis d’une multitude de réactionnaires, fascistes, néonazis et autres assortiments de membres de l’extrême droite, qui se mobilisent en vue d’une prise de pouvoir. D’autres manifestations frontalières du même genre en 2017 ont révélé la présence de néonazis et fascistes montréalais proéminents dans ces groupuscules, incluant Shawn Beauvais Macdonald, qui fut présent à Charlottesville pour la tristement célèbre manifestation néonazie « Unite the Right » (il n’est pas clair s’il était présent le 19 mai à Lacolle), et qui fut aussi récemment exposé comme membre d’un forum Discord néonazi montréalais, sous le pseudonyme de « friendly fash ».

 

La position anti-raciste de l’IWW

En solidarité avec tous les travailleurs et toutes les travailleuses, des membres des branches de Montréal et de Québec de l’IWW étaient présents samedi à la frontière pour la contre-manifestation. Le fléau du migrant et de la migrante est le fléau du travailleur et de la travailleuse. Contrairement aux rapports de fausses nouvelles, les personnes qui traversent irrégulièrement la frontière travaillent non seulement très fort (il faut du courage pour traverser la moitié de la planète avec sa famille), mais en plus leur position précaire les place dans une position extrêmement vulnérable en ce qui concerne leur emploi. Les réfugié-es sont exploité-es par les propriétaires d’entreprises, qui peuvent les sous-payer et les surtravailler puisque la menace d’une déportation est souvent suffisante pour garder un contrôle total sur eux et elles. L’IWW dénonce toutes formes d’esclavage salarial, particulièrement en ce qui a trait aux personnes les plus vulnérables. Les membres de l’IWW, que ce soit individuellement ou par contingent, vont continuer de travailler en solidarité avec les groupes qui participent activement dans la transformation radicale de la société et l’abolition du mode capitaliste de la production. Que ce soit sur la question des frontières, contrer les groupes anti-immigration, ou bien aider les travailleurs et travailleuses de tous horizons à organiser leur milieu de travail, l’IWW se dresse en solidarité avec les groupes et individus qui veulent construire un monde meilleur à partir des cendres de l’ancien. Une attaque contre une personne est une attaque contre tous et toutes!

 

La confrontation

Au final, les cosplayers néo-fascistes paramilitaires n’ont pas pu se rendre à leur destination initialement prévue, le chemin Roxham, qui relie les États-Unis et le Canada et qui est assez populaire chez ceux et celles qui traversent irrégulièrement. Les activistes présents et présentes au chemin Roxham l’ont tenu, dans une ambiance relativement calme et festive. Au poste frontalier officiel de Lacolle par contre, des réactionnaires ont pu assurer une courte présence. Malgré une présence forte, les activistes ont été durement attaqué-es par les agents de l’oppression de l’état. L’autoroute 15 a été saisie et bloquée par plusieurs militants et militantes pour tenter de refouler le convoi automobile des racistes, ou du moins de leur empêcher l’accès à la frontière en tant que telle. Malheureusement, des policiers antiémeutes ont attaqué les activistes antiracistes, arrêtant au passage un fellow worker et membre de l’IWW Montréal. Après que les activistes aient été retiré-es de l’autoroute, une scène troublante s’ensuivit. Le convoi des racistes a reçu un traitement de première classe par l’état avec une escorte policière. Heureusement, la camarade Température a amené des averses, et presque en l’espace d’une heure, les réactionnaires ont quitté leur manifestation protégée par la police (aussi incluant la présence de la commentatrice néo-fasciste canadienne de fausses nouvelles, « Faith Goldy ») et ont regagné les pathétiques coins sombres qu’ils occupent couramment dans la société.

Motivée par les médias bourgeois et littéralement protégée par la police, l’extrême droite tire avantage de la crise du capitalisme avancé pour recruter de nouveaux membres. Il est important qu’en tant que militants radicaux et militantes radicales, qu’en tant que classe travailleuse et qu’en tant que membres de l’IWW, nous nous mobilisons en solidarité avec d’autres groupes pour dire: « No Pasaran! La solidarité des travailleurs et travailleuses éclate les frontières et les états! » Jusqu’à la prochaine fois, la lutte continue!

 

Solidarité pour toujours,

Josip B.

Crédit photo: un camarade

In english.

Canadian-American border: Reactionaries clash with fellow workers and activists

Saturday May 19th, over 150 activists from the greater Montreal area gathered at the US-Canad border to both denounce racist groups organizing an anti-immigrant demonstration, as well as to call into question the legitimacy of a militarized border enforced by the bourgeois settler colonial states in so called “North America.” Mainly organized by the group “Solidarity Across Borders” (Solidarité Sans Frontières), activists embarked on busses from the downtown core of Montreal (only about one hour from the border proper) or took personal vehicles themselves to the action.

 

The context for the irregular border crossings

The border between the United States and Canada has been an especially important issue for activists in the region. On top of the deeper systemic issues with regards to enforcing borders among settler colonial states, more recent loopholes in haphazard state legislation has given incentive to refugees to cross irregularly into either the United States or Canada. An agreement signed between the two nations called the “safe third country agreement” stipulates that a refugee claimant in either country cannot make a claim in the other, as each genocidal bourgeois police state reckons themselves safe enough to help one another gatekeep the world’s “poor and downtrodden.” The exception to this is for “irregular crossings,” whereby a refugee claimant in either country can cross to the other and be processed if they cross through a non-official means. For example, crossing as a refugee hoping to make a claim from the United States to Canada, an individual that enters at an official border crossing will be turned down, but one coming by one of the many roads, forests, and other “unofficial” points of entry will not be de facto denied into the country. The legislation as it is incentivizes people to cross “irregularly” and it should be no surprise that many families, migrants, workers, and refugees cross this way.

 

The reaction of the far-right

Rather than call out the systemic issues that caused this situation, from the literal bombing of people’s homes overseas, to the violently enforced capitalist system of exploitation that kills here at home, reactionary groups are attempting to create fissures in society, with the implicit consent of the ruling elite, to divide and conquer workers. Groups in Canada that cosplay early 20th-century fascist paramilitary groups (with a veneer of modernity) have nearly copy-pasted the language and tactics used by other far right groups on the American continent and beyond, with many using dehumanizing language to speak of refugees, children, and families escaping dire situations to embetter themselves. These groups, in particular those such as “Storm Alliance,” “La Meute,” and the “III%ers,” try to gain legitimacy in civil society by presenting themselves as the groups calling for “law and order,” among other things that may be of concern to the average individual. In reality, not only are their feeble attempts at civility and legitimacy based on false pretences, the groups themselves are fronts for a plethora of far right, reactionary, fascist, and neo-nazis to gather in an attempt to rise to power. Similar border demonstrations in 2017 brought out famous Montreal neo-nazis and fascists on the side of these groups, including Shawn Beauvais Macdonald, an individual who was in Charlottesville for their infamous “Unite the Right” neo-fascist gathering (it was unclear if he was present at Lacolle on the 19th), and who was recently exposed as a member of a Montreal neo-nazi Discord chat as user “friendly fash.”

 

The IWW anti-racist position

In solidarity with all working people, members of the IWW branches in both Montreal and Quebec City were present at Saturday’s border protest. The plight of the migrant is the plight of the worker. Contrary to fake news reports, people who cross into a state through irregular means are not only some of the hardest workers (it takes guts to travel somewhere half way around the world with your family) but their precarious positions put them in extremely vulnerable labour situations. Migrants are taken advantage of by business owners, who can underpay and overwork them as the threat of deportation is often enough to keep absolute control over them. The IWW denounces all forms of wage slavery, especially in the case of society’s most vulnerable. IWW members, whether as individuals or coming through as a contingent, will continue to work in solidarity with groups that actively participate in the radical transformation of society and the abolishment of the capitalist mode of production. Whether the issue is borders, countering anti immigrant groups, or helping workers of all backgrounds to organize a workplace, the IWW stands in solidarity with groups and individuals that want to build a more equitable society out of the ashes of the old. An injury to one is an injury to all!

 

The confrontation

By the end of the day, neo-fascist paramilitary cosplayers were unable to go to one of their planned destinations, Roxham Road, a road connecting the US and Canada that is popular with people looking to cross irregularly. Those present at Roxham Road held it and kept a relatively calm and festive mood. Over at the official border crossing of LaColle though, reactionaries were able to maintain a short presence. Despite a large presence, activists were attacked hard by agents of state oppression. Highway 15 was taken and blocked by several protesters in an attempt to get the car convoy of racists to turn back or, at least, not have access to the border proper. Unfortunately, state agents in full riot gear attacked the brave anti-racist activists, arresting a fellow worker and IWW Montreal member in the ensuing clash. After activists were cleared off the highway, a disturbing scene followed. The convoy of racist boneheads were given first class treatment by the state with a police escort. Thankfully, Comrade Weather brought showers, and almost within an hour, reactionary boneheads left their police protected protest (which also included noted neo-fascist Canadian fake news commentator “Faith Goldy”) and went back to the sick sad shadows they currently inhabit in society.

Spurred on by bourgeois media and literally protected by the police, far right groups are taking advantage of the crisis of late stage capitalism to recruit new members. It is important as radicals, and the working class, and IWW members, that we mobilize in solidarity with other groups to say: “No Pasaran! Working class solidarity smashes borders and states!” Until next time, the fight continues!

 

Solidarity forever,

Josip B.

Photo credit: a comrade

En français.

Union action following a wave of abusive firings at Heritage Coffee

Wednesday February 28th, the Montreal branch of the Industrial Workers of the World (SITT-IWW) started a picket line in front of the distribution centre Heritage Coffee, situated at 5715 chemin Saint-François in Ville Saint-Laurent. This picket line follows the firing of two workers, members of the SITT-IWW, for union organizing. A lot of members called on Monday to communicate to the employer their frustration towards this decision that goes completely against the most fundamental rights of the workers.

Friday February 23rd, around the end of her shift, Tessa Mascia was asked to come in the office of the Chief Operating Officer where she was fired. “The COO handed me a letter and said I was fired. I thought he was joking. He said he was not. He said “it just wasn’t working out,” like he was some teen kid breaking up with a high school hook up.” explains Tessa. The worker was however a good employee. She had one of the highest levels of productivity among her coworkers and was just certified to operate a forklift merely weeks prior. On Monday, February 26th, Kyle Shaw-Müller, another union member, was fired without even receiving a termination letter. He was asked to come into the office of the director after he trying to convince his colleagues to ask the employer to reverse his decision to fire Tessa. “I knew I was putting myself on the line: but to be fired without warning for talking to someone about another firing? Shocking.”

After numerous calls on Monday, a picket and a meeting with negotiators from the Union, the employer is still refusing to cancel his illegal and rash decision. The Industrial Workers of the World will therefore not only call upon the legal means at its disposal, but will also mobilize the strength of its membership (Canadian and International) to change the employer’s mind.

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including one it’s base in Montreal. Its members are working towards the construction of a union modal based on robust working class solidarity, known as Solidarity Unionism. This model is characterized today by a focus on direct action at the workplace, as exemplified in our campaigns at Starbucks Coffee in the United-States or at Frite-Alors! in Quebec. The Union will continue in the creation and deployment of determined flash mobilization networks directly focused at the workplace in solidarity with workers under attack.

 

Media contact: Sylvain Mousseau 438-345-5046

En français.

Action syndicale suite à une vague de renvois abusifs à Héritage Café

Mercredi le 28 Février, la section Montréalaise du Syndicat Industriel des Travailleuses et des Travailleurs (SITT-IWW) a commencé un piquetage devant le centre de distribution Héritage Café, situé au 5715 chemin Saint-François dans Ville Saint-Laurent. Ce piquet fait suite au renvoie de deux travailleurs, membres du SITT-IWW, pour organisation syndicale. Plusieurs membres avaient déjà appelé lundi pour signifier à l’employeur leur mécontentement face à cette décision qui va complètement à l’encontre des droits les plus fondamentaux des travailleurs et des travailleuses.

 

Vendredi le 23 Février, vers la fin de son quart de travail, Tessa Mascia s’est fait convoquer dans le bureau du Président directeur général ou elle a été renvoyé sans plus de cérémonie. “Le PDG m’a remit une lettre et a dit que j’étais renvoyé. Je croyais qu’il plaisantait. Il a dit que non. Il a dit que ça ne “marchait tout simplement pas”, comme s’il était un adolescent rompant avec une copine du secondaire.” explique Tessa. La travailleuse était pourtant une bonne employée. Elle avait une des productivité les plus élevé parmis ses collègues et venait d’être certifié au chariot élévateur. C’est lundi le 26 Février que Kyle Shaw-Müller, un autre membre du syndicat, s’est fait renvoyer sans même se voir remettre une lettre. Il fut convoqué dans le bureau du directeur après avoir tenté de convaincre ses collègues de demander à l’employeur d’annuler le congédiement de Tessa. “Je savais que je me mettais en danger, mais d’être renvoyé sans avertissement pour avoir parlé à quelqu’un d’un autre renvoie? Ahurissant.”

 

Après de nombreux appels lundi, un piquet de grève et une rencontre avec des négociateurs du Syndicat, l’employeur refuse toujours de renverser sa décision illégale et irréfléchie. Le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses en appellera donc non seulement aux recours légaux, mais à la force de tout son membership (canadien comme international) pour que l’employeur entende raison.

 

Le Syndicat Industriel des Travailleuses et des Travailleurs a plusieurs branches à travers le monde dont une à Montréal. Ses membres travail aujourd’hui à la construction d’un modèle syndical basé sur la solidarité de la classe ouvrière. Le syndicalisme de solidarité se caractérise aujourd’hui par la lutte directe dans les milieux de travail, par exemple dans les cafés Starbucks aux États-­Unis ou au Frite Alors! au Québec, où des améliorations des conditions de travail eurent lieu même en l’absence d’une accréditation syndicale. La Syndicat participe aussi à mettre sur pied des réseaux de mobilisation éclair sur les lieux de travail en solidarité avec des travailleurs et travailleuses victimes de vols de salaire.

 

Contact média: Sylvain Mousseau 438-345-5046

In english.

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Salaires impayés pour deux travailleurs sans-papiers : Une victoire pour lancer l’année!

Une nouvelle année s’est terminée et encore une fois, elle fut synonyme, pour nombre de travailleuses et travailleurs, de salaires impayés, de congédiements déguisés et dintimidation de la part de leurs employeurs. Trop souvent, ces patrons malhonnêtes tentent de sen tirer impunément.

Ce fut le cas récemment pour deux travailleurs sans-papier. De passage au Canada pour quelques mois, ils furent embauchés comme plongeurs dans un restaurant branché et fancy du quartier St-Henri. Payés sous la table, ils devaient recevoir leurs derniers chèques par le biais de ladresse dune amie et ce, une fois repartis dans leurs pays dorigine respectifs.

Évidemment, les chèques nont jamais été envoyés. Difficile de mettre de la pression quand on est pas dans la région, quand ni le français ni langlais sont nos langues dusage.

Contacté par lamie de nos deux camarades, le syndicat sest mis en branle. Nous avons premièrement appelé leur ancien patron pour lui faire part de la situation. Le chef-cuisinier a vite fait de nier connaître ses deux anciens employés et tenté de dévier la conversation, pour finalement admettre à demi-mots que si ses deux personnes lui écrivaient sur son courriel personnel il tenterait de clarifier « la situation ».

Nous avons donc rédigé un petit message en notre nom et celui des deux travailleurs lésés que nous lui avons envoyé. À lui ainsi qu’à ladministration du restaurant, et ce sans omettre de mentionner quavenant une réponse négative de leur part, nous entamerions une campagne publique à leur endroit. La réponse ne sest pas faite attendre. Soudain, les patrons du restaurant se souvenaient du travail effectué par nos camarades et tenaient à régler ce simple « malentendu ». Les chèques étaient prêts le lendemain et les patrons sexcusaient.

Si nos employeurs aiment utiliser les frontières comme prétexte de malversation ou dintimidation, la solidarité syndicale se doit de les abolir. Les Normes du travail sont supposées nous protéger, mais elles tiennent peu compte de la réalité que nous vivons au quotidien. Cest dire que si souvent les boss sessayent à voler des salaires, il nen tient qu’à nous, travailleuses et travailleurs, pour réclamer ce qui nous est du! Nous continuerons en 2018 à aider nos collègues et camarades à faire valoir leurs droits, mais aussi à sorganiser.

Bonne année de luttes syndicales!

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Explosion de solidarité pour l’ancienne employée d’Antidote

Après deux ans à m’impliquer bénévolement au Comité communication des IWW, je n’avais jamais vu cela. La petite histoire de Sarah, congédiée du comptoir végane Antidote à quelques jours de Noël, et ce après avoir vécu de l’intimidation et des abus de pouvoir, est devenue virale.

En moins de 24 heures, les mots d’espoir et les gestes de solidarité ont afflué de toute part. Une dizaine de milliers de views sur notre blog, j’avais presque l’impression de travailler pour Vice ou Ton Petit Look, à la différence près que dans la section commentaire, c’était un amour à couper le souffle que Sarah recevait au lieu des traditionnels hate mails.

On assiste à une version moderne du Drôle de  Noël de Scrooge. En 2017, à quelques jours du réveillon, une jeune entrepreneure aussi dynamique que imbue d’elle-même, propriétaire d’un restaurant branché dans un quartier en plein processus de gentrification, congédie son employée.

Mentionnons-le avant d’aller plus loin : congédier un-e employé-e de restauration en plein mois de décembre, outre que de lui souhaiter un Noël sans cadeau à offrir ou petit plats à apporter au réveillon, c’est lui souhaiter un joyeux trois ou quatre mois de chômage, pas de chômage, le temps que les bassins de l’industrie rouvrent à l’arrivée du printemps.

Par le biais d’une amie, Sarah est entrée en contact avec le fantôme du Syndicalisme de Combat qui a accepté de partager son histoire. Vous connaissez la suite, l’histoire est devenu virale et les médias sociaux se sont enflammés. Si nous étions dans un conte de Noël, au bout du troisième acte, la patronne se serait repentie, mais la réalité des relations patrons-employé-e-s étant ce qu’elle est, elle publia plus tôt un texte larmoyant pour expliquer que du fin fond de sa réussite professionnelle, c’est un peu elle la victime en fait.

Tout y était, elle est jeune et a tellement à apprendre, elle ne savait pas qu’on ne pouvait pas  moralement congédier quelqu’un-e par texto. Elle était obligée de la congédier maintenant, en cheap shot par texto, parce que l’avertir deux semaines d’avance et laisser le temps à l’employée de se préparer (comme les boss nous le demandent), ça fitait pas dans ses priorités. On aurait dit une caricature  tout droit sortie du Module sur les réactions patronales dans le Formation d’Organisation 101 de l’IWW.

En parallèle des larmes de crocodile de la patronne qui, à en croire ce qu’on peut voir sur Facebook, n’ont pas ému personne d’autres que deux ou trois propriétaires dans des situations similaires ou des amis proches, ce sont d’ancien-nes employé-es qui nous ont contacté pour nous faire part d’expériences similaires, l’histoire d’un petit producteur de la Gaspésie qui avait de la difficulté à se faire payer est remonté, et de nombreux et nombreuses autres travailleurs et travailleuses de la restauration expliquant se reconnaître dans cette situation tellement trop fréquente. Mais peut-être plus important encore, des gens de partout à Montréal nous ont écrit pour faire part de leur sympathie et offrir leur solidarité à Sarah.

Entre les mots d’encouragement, une telle a une chambre de libre, celui-là a un divan disponible si nécessaire, celle-là a de la nourriture pour le chien, un autre a entendu parler d’une offre d’emploi et ceux-là ont des contrats temporaires, voir des offre d’emplois permanents à offrir. Conscience de classe, ras-le-bol des conditions de travail infernales de l’industrie de la restauration ou tout simplement l’esprit de Noël? Peu importe pour le moment, la solidarité dépasse toute nos attentes et pour cela, de la part de Sarah, mais aussi de tous et toutes les membres de l’IWW, nous vous offrons nos plus sincères remerciements et vous souhaitons un excellent temps des fêtes.

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Crédit Photo: Katerine-Lune Rollet, février 2015.
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Soutien à la grève générale : non à la répression politique en Catalogne

Les IWW Montréal est en solidarité aujourd’hui avec la population de la Catalogne, nos camarades de la CNT, mais aussi avec les syndicalistes catalans qui se mobilisent et appellent à la grève générale pour faire valoir le droit à l’autodétermination de la population catalane et dénoncer la violence de l’État espagnol.

Depuis l’annonce d’un référendum pour l’indépendance de la Catalogne, l’État espagnol a utilisé autant les tribunaux que la force pour empêcher la tenue du scrutin. Que ce soit les menaces d’emprisonnement, l’annonce du blocage des bureaux de scrutin, la mobilisation de milliers de policiers, l’arrestation de poseurs d’affiches, les perquisitions, une présence armée dans les rues, l’État espagnol a usé de la force pour  nier un droit fondamental : le droit à l’autodétermination.

Nous sommes donc devant le consulat espagnol aujourd’hui pour dénoncer la violence et le mépris de l’État espagnol à l’égard de la Catalogne. Nous sommes également ici pour apporter notre soutien et notre solidarité au peuple catalan et témoigner du courage de nos camarades de la CNT et des syndicats alliés, qui se mobilisent, appellent à la grève générale et font des actions pour faire respecter le droit en Catalogne et dénoncer la répression de l’État.

Nous demandons donc à l’État espagnol de cesser cette campagne violente, ce bris des droits collectifs, la répression politique et l’usage de la force à l’endroit de la population catalane.

Toute notre solidarité avec les travailleuses et les travailleurs, les syndicalistes catalans ainsi que la population de la Catalogne, votre voix sera entendue!

Les IWW Montréal


La secció de Montreal de l’IWW (Industrial Workers of the World, Treballadors Industrials del Món) es solidaritza avui amb el poble de Catalunya, amb les nostres camarades de la CNT, així com amb els i les sindicalistes catalanes que es mobilitzen per fer valer el dret a l’autodeterminació del poble català i per denunciar la violència de l’Estat espanyol.

Des de l’anunci d’un referèndum sobre la independència a Catalunya, l’Estat espanyol ha utilitzat els tribunals i la força per impedir la celebració del vot. Les amenaces d’empresonament, l’anunci de la clausura dels col·legis electorals, la mobilització de milers de policies, l’arrest de les persones que han penjat cartells relatius al referèndum, la confiscació de material, la presència armada als carrers, han estat algunes de les maneres com l’Estat espanyol ha utilitzat la força per negar un dret fonamental: el dret a l’autodeterminació.

Avui ens hem concentrat davant del consolat espanyol a Montreal per a denunciar la violència i el menyspreu de l’Estat espanyol envers Catalunya. Estem aquí concentrades i concentrats per a manifestar el nostre recolzament i la nostra solidaritat al poble català i testimoniar de la valentia de les nostres camarades de la CNT i les seves aliades sindicalistes, que es mobilitzen i fan accions per a fer respectar el dret a l’autodeterminació a Catalunya i denunciar la repressió de l’Estat.

Demanem a l’Estat espanyol que aturi la campanya violenta, la vulneració dels drets col·lectius, la repressió política i l’ús de la força contra el poble català.

Tota la nostra solidaritat amb les treballadores i els treballadors, els i les sindicalistes catalanes, així que amb el poble de Catalunya. La vostra veu s’escoltarà!


Apoyo a la Huelga General : Ya basta la represión política en Cataluña

El IWW-SITT Montreal está, hoy, en solidaridad con el pueblo de Cataluña, nuestro’as compañero’as de la Confederación Nacional del Trabajo y tambien con lo’as syndicalisto’as cataluño’as mobilisado’as y llamando la huelga general por defender el derecho de autodeterminación del pueblo catalán y para denunciar la violencia del Estado español.

El gobierno español usa de su sistema de justicia y violencia para bloquear el pueblo catalán desde que sabemos la fecha del referéndum por la independencia. Amenazar de aprisionar, bloquear los centros de votación, movilizar más de mil policías, detener lo’as militantes, perseguirlo’as y más, el Estado Español usa fuerza para negar un derecho básico – el derecho de autodeterminarse!

Entonces, hoy estamos en el consulado español para denunciar la violencia y el desprecio del Estado español con la Cataluña. También, estamos aquí por apoyar el pueblo catalán y testimonar del valor y de la fuerza de nuestro’as compañero´as de la CNT y de los sindicatos aliados, que están movilizando, llaman a la huelga general y hacen acciones por defender el derecho de autodeterminación de la Cataluña y denunciar la represión del gobierno español.

Decimos al Estado español – Tu violencia, tu desprecio de la democracia y tu represión política sobre el pueblo catalán « ¡YA BASTA! »

¡Solidaridad con lo’as trabajadore’as, sindicalistas catalane’as y el pueblo de Cataluña!

¡Vuestra voz llevara la libertad!

 

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Panorama des luttes passées et à venir en Gaspésie

1909- Partout en Gaspésie, la pêche est menée par des compagnies étrangères de l’île de Jersey, avec en tête la Charles Robin, Collas and Co. Charles Robin est de loin, le pire des employeurs ; il met en effet sur pied le «système Robin» : celui-ci assure une loyauté obligée du pêcheur envers le commerçant. Pour ce faire , s’il veut acquitter sa dette accumulée durant l’hiver dans le magasin général tenu par le même commerçant, le pêcheur ne peut voir qu’une solution : accroître la quantité de morues pêchées la saison suivante. Cependant, comme c’est Robin qui décide le prix des produits et des prises, le remboursement est, à chaque saison, loin d’être complet.

Septembre 1909, les pêcheurs apprennent que les marchands fixent le prix du quintal de morue à 3,50$ alors qu’ils s’attendaient à 5 piastres. La situation est claire : on doit agir collectivement dans l’intérêt de tous et toutes. C’est donc avec la peur au ventre, mais le poing levé, que les pêcheurs entament leurs revendications le quatrième jour de septembre. Partant de petits villages près de Rivière-au-Renard, la population entame une marche qui la mène jusqu’au lieu où se trouve les commerçants ,avec la ferme intention de mettre fin à plus d’un siècle d’exploitation.

La suite de l’histoire est prévisible, les marchands font appel aux forces armées pour assurer leur sécurité, la répression est mise en place, il y aura mort, blessés, emprisonnement chez les pêcheurs et les revendications seront refusées. Cependant, quelques années plus tard, les pêcheurs s’organiseront en coopératives pour battre le monopole en place et se libéreront ainsi de l’emprise directe des commerçants. La révolte des pêcheurs fut le premier pas vers leur émancipation face à des employeurs sans scrupules. À travers ce mouvement collectif, les pêcheurs n’apprirent non pas qu’à revendiquer de meilleurs conditions de la part de leurs patrons, mais surtout, ils comprirent qu’ils devaient s’organiser de manière à pouvoir se passer d’eux.

1957- Plus connue et récemment soulignée dû à son 60ème anniversaire : la grève des mineurs de Murdochville en Gaspésie . La principale cause de cette grève fut le refus patronal de l’affiliation des ouvriers et ourières à un syndicat plus combatif versus le syndicat de boutique et catholique auquel il-les était affilié-es. Cette grève fut aussi fortement réprimée et aucun gain direct ne fut obtenu par les grévistes. Deux d’entre eux moururent durant le conflit, environ 500 furent congédiés pour être remplacés par les scabs. Cependant, on reconnaît aujourd’hui que ce soulèvement, en plein règne Duplessiste, fut le déclenchement de nombreux autres mouvements sociaux. Il força la mise en place de quelques réformes allant vers l’amélioration partielle des conditions de travail et surtout, vers le droit pour les travailleurs et travailleuses de choisir le syndicat de leur choix au lieu d’un système de représentation des ouvriers et ouvrières. Ce système de représentation, souvent mis en place par le patronat, favorisait en effet une paix permanente entre les deux parties. Malgré cette victoire, cette culture syndicale héritée des syndicats catholique perdure toujours.

Ainsi, derrière une image de destination vacances, la Gaspésie, à travers son histoire depuis la colonisation, est le théâtre d’importantes batailles entre forces productives vs les détenteurs de capitaux et leurs moyens de productions. Bien entendu, ce rapport de domination des seconds sur les premiers est toujours d’actualité.

Parlant de destination vacances, le travail saisonnier lié à l’industrie du tourisme est ici un secteur économique de premier ordre. Les petits commerçants, dans le domaine de la restauration par exemple, doivent profiter de de la manne estivale pour accumuler le capital nécessaire pour maintenir à flots leur entreprise et leur rythme de consommation à l’année, tandis que l’employé-e espère accumuler suffisamment d’heures pour pouvoir collecter son chômage en vue de sa mise à pied une fois la saison terminée ou, s’il ou elle est étudiant-e, pour tenter d’accumuler le nécessaire pour survivre à une année scolaire. Donc, les employé-es saisonnier-ères doivent produire de manière intensive durant la saison estivale et ce, malgré la faiblesse du salaire reçu. Le petit commerçant dira alors devoir offrir des petits salaires durant l’été pour engranger des économies suffisantes et des petits salaires le reste l’année, pour tenir jusqu’à la saison suivante.

Voilà ce qui m’amène à parler d’une première difficulté dans le domaine de l’organisation et de la revendication. C’est qu’il semble difficile, dans ce contexte, de revendiquer de meilleures conditions de travail sans se faire reprocher de s’en prendre «aux petits commerces qui font vivre l’économie locale». Le prétexte de la «précarité économique» des petits commerces gaspésiens semble justifier, aux yeux de plusieurs, la précarité des travailleurs, travailleuses et étudiant-es gaspésien-nes. Ainsi, les personnes travaillant d’arrache-pied dans les cuisines, les salles à manger, les cafés, les boutiques diverses pour que les touristes se sentent reçu-es comme roi et reine, jouent éternellement le rôle de support économique jetable et bon marché au service des patrons et des touristes.

Une autre difficulté d’ici dans le même domaine semble provenir du fait que dans ce milieu où tout le monde se connaît, les situations conflictuelles semblent devoir être évitées à tout prix, de peur qu’elles n’affectent les relations sociales hors travail et que les noms des personnes concernées ne deviennent synonymes de «trouble maker» et ainsi entraîner pour elles une certaine exclusion du marché du travail, problème moins présent dans l’anonymat des grands centres urbains.

Une troisième difficulté est le caractère de courte durée de la saison durant laquelle ce type d’emplois abondent. Un changement de culture est long à effectuer et demande une implication constante de nombreuses personnes. Bon nombre de ces travailleurs et travailleuses n’étant que de passage, ils et elles laissent derrière eux et elles les même conditions de travail qu’à leur arrivée, se disant que de toute façon ce n’est que temporaire. La saison hivernale serait donc le bon moment pour s’organiser avec celles et ceux qui héritent de cette situation de précarité à l’année.

Outre cela, on nous chante ici souvent la promesse de jours meilleur grâce à l’arrivée de la grande industrie : pâte et papier (la Gaspésia), ciment (ciment McInnis à Port-Daniel), pétrole (Pétrolia), industrie de l’éolienne (LM windpower)etc. Ces géants industriels, en collaboration avec l’État qui les finance, se présentent comme les sauveurs de la région. «Ils apporteraient emplois et prospérité», alors qu’à de nombreuses reprises, ce type de modèle économique n’engendre que chômage et dévitalisation. En effet, sauf dans le cas de LmWindpower qui engage plusieurs centaines de travailleurs et de travailleuses, ces industries préconisent l’achat d’équipement automatisé et n’apporte ainsi que quelques emplois qui disparaîtront aussitôt que l’entreprise subira les soubresauts d’une quelconque crise économique à Wall Street ou d’une décisions administrative prise très loin d’ici. Ainsi, elles laisseront derrière des personnes sans revenu et des ruines polluantes. Bref, il me semble qu’une organisation du travail fait par et pour les travailleurs et travailleuses dans l’optique d’une amélioration de la qualité de vie de tous et toutes serait sans doute supérieure à une distribution du travail par des dirigeants d’entreprises et d’état, décidant de produire tout et n’importe quoi, pourvu qu’il y ait un profit à en tirer pour les uns et pour les autres que leurs promesses électorales de création d’emplois semblent être tenues, au risque d’ajouter d’autres cicatrices sociales et environnementales dans la région.

Pour conclure, tout au long de leur histoire, les gens d’ici ont supporté d’intolérables traitements de la part d’élites économiques et politiques, autant sur la mer qu’au fond de la mine en passant par l’usine. Par contre, l’histoire populaire nous montre aussi que quand il est temps de se serrer les coudes entre camarades pour améliorer nos conditions, la passion, l’organisation et l’action sont au rendez-vous. Un long travail reste à faire pour déconstruire les préjugés qui divisent la population ouvrière, surtout ceux visant les personnes sans emplois, ou entre travailleurs et travailleuses permanent-es et saisonniers (chômeurs et chômeuseuses saisonnier-es). Aussi, avec un nouveau «chapitre» du groupe d’extrême droite La Meute en Gaspésie, la question du racisme et du fascisme devient prioritaire, sans oublier les luttes contre le sexisme, l’homophobie, luttes autochtone etc. Le SITT-IWW compte ici très peu de membres actuellement, mais son développement dans la région me semble fort pertinent et même urgent. Sur ce, s’il y a des personnes intéressées à venir «salter» dans le coin, gênez-vous pas!

 

Crédit Photo: Camping Québec.
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On s’laissera pas faire! Près d’une centaine de manifestant-es défilent dans Centre-Sud.

Face aux coupures dans le financement, divers organismes communautaires montréalais se sont réunis
hier dans le but de faire connaître leur mécontentement. Une manif fut organisée en collaboration avec
l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), le Groupe d’intervention par les pairs (GIAP) et plusieurs camarades du SITT-IWW Montréal afin de manifester leur soutien et de joindre leurs voix à celles des travailleurs et travailleuses du secteur qui en ont plus que marre de
devoir déshabiller paulette pour habiller pierre! En chanson, le groupe Union Thugs s’est fait porte voix
de la cause défendue en cette journée, et le groupe SOS Itinérance s’est chargé de nourrir les affamé-es
qui ont sillonnés les rues du Centre-Sud.

Cette année, c’est le Festival d’Expression de la Rue [FER] qui a fait les frais des ciseaux aiguisé du
gouvernement Trudeau, pourtant ce ne sont pas les sous qui manquaient (500 millions de dollars) pour
célébrer, l’espace d’une journée, les 150 ans de la fédération canadienne: triste héritage colonial du
raciste John A. Macdonald. Compte tenue des réductions constantes dans les budgets alloués par les
différents paliers gouvernementaux, les travailleurs et travailleuses du GIAP, comme d’autres, ont dû
faire des choix déchirants: « dans un contexte où nous peinons à maintenir nos services réguliers, nous
manquions de ressources pour organiser le festival. » Au municipal, on ajoute l’insulte à l’injure en
investissant des dizaines de millions de dollars dans des frivolités telles que la formule e et l’illumination d’un
pont rouillé aux os. On sent bien que malgré ses belles paroles, le maire Coderre se fout bien des impacts sur
la population de ses choix financiers digne d’un enfant roi dans un Toys-R-Us pour milliardaire… C’est
pourquoi la 21e édition du FER n’aura pas lieu en 2017.

Le FER c’est une tradition, un lieu de réjouissance mais aussi d’échange: un des rares espaces publics
où les gens.es de la rue peuvent se sentir inclus et non chassés par des gardes de sécurité en quête
d’émotions fortes. D’ailleurs, cette situation se fait de plus en plus sentir dans le bas de la ville avec les
divers projets de ‘’revitalisation’’ des espaces publics tel que le méga projet des ‘’Jardins Gamelins’’ qui a servi à mettre en place un système d’apartheid social en retirant de force l’accès à la place Émilie-Gamelin aux personnes itinérantes qui y séjournaient depuis toujours.

C’est donc pourquoi nous avons pris la rue, pour ceux et celles qui y vivent, y travaillent et l’on a cœur.
C’est aussi pourquoi nous croyons qu’en tant que membres du SITT-IWW nous devons tisser des liens
forts avec toutes celles et ceux qui se battent quotidiennement pour assurer la santé et la sécurité des
population stigmatisés par les gouvernements capitalistes, les banquiers, les patrons et les riches
propriétaires. Ensembles nous crions: On s’laissera pas faire!

Kacim