ATELIER SYNDICAL : COMMENT FAIRE LA CARTOGRAPHIE SOCIALE ET PHYSIQUE DE SON MILIEU DE TRAVAIL ?

Mardi le 25 octobre de 18h30 à 20h30, le Comité d’organisation de la branche du SITT-IWW Montréal vous invite à un atelier « Comment faire la cartographie sociale et physique de son milieu de travail ». L’atelier se fera en présence au local, au 3340 rue Ontario Est. Pour vous inscrire, veuillez compléter le formulaire suivant : https://forms.gle/NNmc3Z195TvPBS3J9

La cartographie, ou le «mapping», est la première étape lorsqu’on commence à organiser notre milieu de travail. Un travail important qui permet d’avoir une vue d’ensemble des dynamiques internes sur notre plancher de travail, mais aussi de savoir vers qui aller mobber. Un atelier pratique où on fera ensemble une ébauche du mapping physique et social de notre milieu de travail. En bonus, seront partagés des outils de recherche d’informations sur nos patrons.

On espère vous y voir en grand nombre !

La complainte du militant salarié

La complainte du militant salarié :  comment combattre le capitalisme par le capitalisme

Depuis quelques années, nous vivons une crise du militantisme. Bon nombre d’organismes ont du mal à recruter de nouveaux adhérents et à les mobiliser. Nous n’avons qu’à regarder notre propre taux d’adhésion, qui fluctue au gré des saisons, et les difficultés rencontrées lorsque vient le temps de mener une action pour réaliser que la[1] IWW subit, elle aussi, les effets cette même crise. Bien que les explications à ce phénomène puissent être polysémiques, la plupart des gens reconnaissent que, de manière plus générale, cette situation est liée à une crise de l’action collective. Face à un syndicalisme de plus en plus corporatiste, certains militants n’entendent tout simplement plus l’appel à la mobilisation. En guise de solution, les bien-penseurs de ce monde, dont font partie certains Wobs, ont trouvé une solution révolutionnaire à ce problème : le militantisme rémunéré! Je sais, je sais… ce débat dure depuis des lunes et est constamment ramené à l’avant-plan, et de façon nauséabonde, dans nos discussions collectives. Même si bon nombre d’entre nous perdent patience devant ces échanges insensés sans fin, je crois qu’il importe que nous nous arrêtions un instant afin de régler cette question une fois pour toutes afin que nous puissions, à l’avenir, nous concentrer sur notre objectif commun : forcer la transformation sociale en démantelant le capitalisme. 

À première vue, cette proposition peut sembler simple et cohérente avec les valeurs de notre organisation. Après tout, un travail effectué est un travail qui mérite d’être rémunéré. Assez simple, n’est-ce pas…? Malheureusement, ce n’est pas le cas. Si certains membres, dont je fais partie, s’opposent au militantisme rémunéré, c’est que cette proposition vient heurter les valeurs les plus profondes qui nous habitent et provoque une dissonance cognitive[2] supérieure à ce que nous pouvons tolérer. Au-delà des idéologies qui s’opposent dans ce débat, je crois qu’il est important de le contextualiser afin de souligner certains obstacles plus techniques à considérer avant d’instaurer le militantisme rémunéré dans une organisation comme la nôtre.

Pendant de nombreuses années, je me suis impliquée dans mon « syndicat imposé ». Armée de ferveur gauchiste, je pensais être entourée de gens qui partagent mes valeurs de solidarité, d’entraide et de souci du bien commun. À coup de défaites et de frustrations, j’ai fini par réaliser que la montée de l’individualisme, combinée à la formule Rand, ont fait en sorte que les syndicats modernes ne sont rien de plus que des institutions corporatistes visant à maintenir le statu quo tout en convainquant la classe ouvrière d’accepter la médiocrité patronale (croyez-moi, cette médiocrité est encore plus ironique lorsqu’on travaille pour la fonction publique ou parapublique). Nos élus syndicaux sont devenus des fonctionnaires nombrilistes plus préoccupés par leur réélection et leurs primes que par le bien commun. J’ai donc fait le choix, pour contrer le supplice de ma dissonance cognitive syndicale, de me désengager (bien que je ne puisse pas me désaffilier) de mon syndicat d’appartenance pour m’impliquer dans mon syndicat choisi. Comme vous tous, je pose le geste volontaire et conscient de payer mes cotisations mensuelles parce que j’y crois et non pas parce que ce montant est prélevé automatiquement de ma paie. Vous comprenez donc que, lorsque nos membres proposent des « idées novatrices » telles que le militantisme rémunéré, je ne peux pas m’empêcher de me méfier du corporatisme rampant qui a déjà englouti bon nombre d’institutions soi-disant de gauche.

Les arguments s’opposant au militantisme rémunéré sont nombreux et de plusieurs ordres. Comme point de départ, je propose que nous revisitions les principes fondateurs à la base de notre organisation. Pour ce faire, vous aurez à aller récupérer votre petit cahier rouge intitulé Préambule, constitution & règlements généraux du syndicat industriel des travailleurs et travailleuses[3] que vous gardez bien précieusement sous votre oreiller. Je vous invite à lire la première phrase de ce document, pierre angulaire sur laquelle repose la IWW : La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. En acceptant de salarier certains de nos membres, qui deviendraient en fait nos « employés », ne devenons-nous pas patrons? En soutenant l’idée du militantisme rémunéré, ne sommes-nous pas volontairement en train de devenir ce que nous méprisons le plus? Je suis peut-être un peu naïve, mais je vois difficilement comment nous allons pouvoir continuer de militer pour l’abolition du patronat tout en étant patron.

En poursuivant votre lecture du préambule (1 page – 6 paragraphes – 10 phrases – 27 lignes), vous remarquerez qu’en plus de toutes les fois où nous pouvons inférer la chose, il est textuellement mentionné à 2 reprises que notre revendication première, afin de supprimer le capitalisme, est d’ABOLIR LE SALARIAT. Allons-nous vraiment verser un salaire à des gens pour qu’ils militent pour l’abolition du salariat? Comment allons-nous scander, en toute crédibilité, « À bas le salariat! » tout en versant un salaire à nos militants…? Rappelons ici que, lors de ses études universitaires, le grand gauchiste Pierre Carl Péladeau s’est senti tellement interpelé par la doctrine marxiste qu’il a modifié l’épellation de son nom pour Pierre Karl… C’est bien la preuve que des patrons peuvent être socialistes !!! Comme solution à ce problème, je propose d’épargner le temps qu’il nous faudrait pour redéfinir radicalement qui nous sommes afin de mieux remplir notre rôle de patron et d’employer la même technique que ce grand homme qui nous a tant inspirés : changeons tout simplement le c pour un k dans Kapitalisme et concluons que nous avons réalisé notre rêve de transformation sociale. Du même coup, il faudra aussi changer l’épellation de crédible pour krédible, et cohérent pour kohérent… Vous voyez, tout s’arrange!

Pour plusieurs, le débat s’arrête ici. Lorsque nous reconnaissons qu’une compensation financière pour notre implication à la IWW est diamétralement opposée aux principes fondateurs de notre organisation, le débat devient caduc. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de poser la question : quel est l’intérêt d’une personne à s’impliquer BÉNÉVOLEMENT et de son plein gré dans un organisme qui vise l’abolition du salariat tout en réclamant un salaire pour cette même implication? Pourquoi chercher à modifier une organisation incompatible avec nos ambitions pour qu’elle corresponde à nos idéaux plutôt que de tout simplement chercher une autre organisation qui correspond mieux à notre vision du monde?  C’est à peu près aussi pertinent que d’aller distribuer des tracts sur le véganisme au Stampede de Calgary (ou Kalgary, rendu là, je ne sais plus!). Pourtant, la distinction entre militant et employé est bien claire. Mon travail est ce que je fais. Mon militantisme est qui je suis. Même si j’aime ce que je fais, que j’éprouve de la fierté pour ma profession, et que j’ai choisi de travailler dans un secteur qui rejoint mes valeurs personnelles, mon travail ne me définit pas. Je ne vis pas pour travailler; je travaille pour vivre. Pour ceux qui se posent la question, je vais me permettre ici de vous sauver les couts d’une consultation auprès d’un conseiller en orientation. Il existe une profession où vous pouvez défendre vos positions idéologiques à cœur joie tout en gagnant très bien votre vie. Vous n’avez qu’à remplir le formulaire d’adhésion disponible sur le site web de l’AQL (Association québécoise des lobbyistes) et le tour est joué! Par contre, de grâce, lorsque ce sera fait, veuillez minimalement vous assurer de ne pas poser votre candidature pour un emploi auprès d’un organisme qui vous demandera de faire des représentations visant votre autoabolition…

Nonobstant le fait que le militantisme rémunéré soit à l’opposé de nos valeurs intrinsèques, un bon nombre d’obstacles techniques se présentent à nous. Poursuivez, si vous le voulez bien, la lecture de votre petit cahier rouge. Vous constaterez, comme moi, qu’une réécriture complète de nos règlements serait nécessaire. Bien que je ne souhaite pas en faire une liste exhaustive des incohérences entrainées par les revendications « salairistes » de certains, quelques exemples méritent tout de même d’être soulignés.

En premier lieu, rappelons que l’article II de nos règlements généraux, portant sur l’adhésion, précise qu’afin d’être éligibles, les membres de notre organisation doivent adopter des objectifs et des principes compatibles avec ceux de la IWW. Encore plus, il est inscrit que des actions clairement nuisibles à la solidarité ou en contradiction avec les objectifs et principes du SITT-IWW peuvent mener à l’exclusion d’un membre. Je crois ici que l’incompatibilité a déjà été largement démontrée préalablement et que nous nous entendons pour dire que le militantisme rémunéré ne fait pas partie de nos objectifs ou de nos principes…

Par la suite, l’article III, portant sur notre structure, nous rappelle l’importance des pratiques organisationnelles démocratiques et une transparence de la part de l’organisation. Soucieux de vouloir nous protéger du corporatisme, notre syndicat est dirigé par des personnes bénévoles et non par une partie patronale. Qu’adviendra-t-il de cette démocratie lorsque nous devrons gérer nos employés? Comment allons-nous pouvoir maintenir le principe de droits égaux cités à l’article IV lorsque nous aurons instauré une structure hiérarchique patronale entre les membres? Il est vrai que les jeux de rôles sont populaires, mais je ne suis vraiment pas certaine comment nous allons jouer le rôle de syndicaliste et de patron simultanément. J’imagine que ce serait un peu comme essayer de chanter Bohemian Rhapsody en solo.

Comme si l’absurdité de la militance rémunérée n’avait pas été suffisamment démontrée, continuons de gratter cette plaie poisseuse encore un peu. L’article VII de nos règlements nous met en garde contre l’utilisation de notre étiquette universelle. Comme nous avons déterminé que notre superbe symbole pourpre ne sera jamais délégué aux employeurs, notre comité marchandise risque de se retrouver dans l’embarras puisque la seconde où le premier chèque de paie sera signé, nous devrons tous nous départir de notre t-shirt préféré. De toute façon, comme l’alinéa c) de l’article II de la page 15 précise qu’aucun membre du SITT-IWW ne peut représenter un syndicat corporatiste, nous venons tous volontairement de nous envoyer au banc des pénalités (insérer un slow clap et la procédure de rappel ici).

Jusqu’à présent, les arguments évoqués sont davantage d’ordre des idéaux et des valeurs collectives que nous souhaitons véhiculées. Malheureusement, ce genre d’argument, aussi bien formulé soit-il, ne rejoint pas les fauxchistes, ou cette nouvelle bourgeoisie militante qui, sous le couvert du socialisme, ne fait que renforcir un système capitaliste visant à maintenir le pouvoir entre les mains de la classe dominante. Donc, comme il n’est pas question ici de reconnaissance des droits des travailleurs, mais bien du maintien des privilèges de certains, je vais me permettre de répondre à l’avidité capitaliste des revendications salariales de nos bénévoles par un argumentaire capitaliste. Bien que présente mondialement, la IWW ne compte actuellement qu’environ 12 000 personnes membres. Supposons que tous nos membres sont à jour dans le paiement de leurs cotisations et que ceux-ci contribuent, en moyenne, 22$ par mois (ce qui n’est pas le cas mais allons-y avec une estimation favorable), notre budget annuel mondial, toutes branches confondues, représente environ 3 000 000$. Si cette somme peut sembler énorme pour de simples travailleurs, nous sommes à même de constater que notre budget est en fait plus petit que le compte de dépenses de bien des PDG (nonon Pierre Karl, pas toi; on le sait que tu es marxiste). Une fois nos frais d’exploitation couverts, il n’est pas difficile de deviner que les sommes disponibles sont très limitées. Ajoutons à cela le salaire des parasites militants cherchant à cannibaliser notre organisation à grands coups de revendications salariales, les sommes restantes pour nos actions collectives seraient comparables au salaire moyen versé aux personnes incarcérées dans des prisons privées aux États-Unis. À ce rythme, nous allons rapidement devenir comparables à un organisme corporatiste tel qu’Autism Speaks, où la majorité des dépenses encourues sont en salaire, en publicité et en campagne de financement alors que moins de 4% de leur budget annuel sert à venir en aide aux personnes sur le spectre et à leurs familles. À la lumière de ce simple calcul mathématique, la question se pose : dans un organisme centré sur le bien commun, le militantisme rémunéré ne devient-il pas le moyen le plus opportun de rater notre cible? En quoi est-ce que d’allouer la majorité des ressources collectives dont nous disposons à quelques individus n’est pas du capitalisme dans sa plus simple expression…?

Tout cela étant dit, il me semble clair qu’en plus de rendre notre mission inutile, le militantisme rémunéré ne fait que solidifier les relations de travail capitalistes auxquelles nous nous opposons. De plus, celui-ci ne fait que renforcer le positionnement de plus en plus corporatiste des organismes et accentuer la division du travail. Au final, en plus de détourner le débat des vrais enjeux, de siphonner les ressources financières d’une organisation déjà précaire, la solution novatrice du militantisme rémunéré n’aura servi qu’à invalider l’essence même de notre existence et exacerber la crise du militantisme. Pour ma part, si cette proposition venait à être acceptée, tant qu’à contribuer au maintien d’un système que je déteste et devenir une caricature de moi-même, mon dernier acte avant de mettre fin à mon adhésion à la IWW serait d’insister pour que toutes nos employées soient des femmes. De cette façon, nous pourrons économiser 30% sur notre masse salariale. Pierre Karl aura de quoi être fier de nous.

MarieHélène


[1] L’usage du féminin est un choix délibéré. Deal with it or talk to your therapist.

[2] En psychologie sociale, la dissonance cognitive survient quand les personnes sont confrontées à une information qui n’est pas cohérente avec leurs croyances.

[3] Il serait intéressant que nous songions à revisiter cette appellation. D’une part, l’usage de travailleurs et travailleuses réfère à un modèle dichotomique qui est, selon moi, désuet et déconnecté de la multiplicité des identités de genre de nos membres. D’autre part, la priorisation systématique du masculin dans nos textes ne fait que rappeler aux travailleuses, de façon très subtile (comme si la société ne se chargeait pas déjà amplement de nous le rappeler), que nous serons toujours un pas derrière nos collègues masculins.

Manifestation du 1er Mai 2022

RÉVOLTÉ-ES ! OUTRAGED !

(English below)
Révolté-es! Devant les patrons qui refusent de nous donner un salaire décent! Devant les propriétaires qui s’emparent d’un droit social afin de s’enrichir! Devant les gouvernements qui voient les migrant-es comme des fraudeurs!

Une autre année pandémique à subir les ravages de l’économie capitaliste. Une autre année où les impératifs économiques de la classe patronale ont primé sur le bien-être des travailleuses et travailleurs. C’est pourquoi le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses – section Montréal porte encore trois revendications: une hausse significative du salaire minimum à 22$/h et une amélioration de nos conditions de travail, un contrôle des loyers et du logement social, et le statut pour toutes et tous!Le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses ainsi que plusieurs organisations associées vous invitent à un pique-nique et une manifestation le dimanche 1er mai 2022 à 12h30 à la place Emmett-Johns, derrière la station Papineau. On est devant la classe patronale et on se tient debout, ensemble. La journée internationale des travailleuses et des travailleurs est l’occasion de développer nos liens, de partager nos luttes, de se révolter pour construire un monde meilleur.__Aussi, nous vous invitons à participer à la manifestation de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) qui a lieu après, à 17h à la place du « Canada », sous le thème « Colonial et écocidaire: le capitalisme c’est la guerre! ». Voici le lien vers leur site web: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875

Groupes participants :
STTAB- Accueil Bonneau
Comité logement Montréal-Nord
ALV
Comité chômage de l’est
RCLALQ
Coalition contre la pauvreté Hochelaga
Comité logement plateau
MAC
Syndicat TRAC union

Outraged! Against bosses that refuse to give us a decent wage! Against landlords that take away a social right in order to make money! Against governments that see migrants as frauds!

Another pandemic year during which we suffered the devastation of the capitalist system. Another year during which the economic interests of the business class crushed the well being of the working class. That’s why the Industrial Workers of the World – Montréal still demand: a significant minimum wage raise to 22$/hour and better working conditions, rent control measures and social housing, and a status for all!SITT-IWW and others invites you to a picnic and demonstration on Sunday May 1st 2022 at 12:30 PM at Place Emmett-Johns, behind Papineau station. Against the employing class, we stand together. May Day is the opportunity to meet, share our struggles and rebel on the way to building a better world.___Also, we invite you to participate in the Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC)’s protest happening after, at 5 PM at Place du ” Canada », with the theme “Colonial and Ecocidal, Capitalism is war!”.
Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875


STTAB- Accueil Bonneau
Comité logement Montréal-Nord
ALV
Comité chômage de l’est
RCLALQ
Coalition contre la pauvreté Hochelaga
Comité logement plateau
MAC
Syndicat TRAC union

COVID-19 : sauver les meubles, lutter et préparer l’après

Si pendant deux-trois brèves semaines, les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé et mis en place certaines mesures pour venir en aide (partiellement) aux travailleuses-eurs, chômeuses-eurs, de manière à favoriser le confinement, les dernières conférences de presse de Legault laissent présager la fin de la lune de miel. 

Il fallait s’y attendre, business as usual, l’État va privilégier les intérêts économiques de leurs amis les boss, les gros investisseurs, les riches, et ce au détriment des travailleuses-eurs, comme d’habitude. La CAQ parle de retour à l’école aussi tôt qu’au début mai, alors qu’on est loin d’avoir « vaincu » la pandémie ou même d’avoir un vaccin, parce qu’il faut bien faire quelque chose avec les enfants des travailleuses-eurs si on les force à retourner au travail…

Pourquoi en serait-il autrement anyway? Ça a toujours été comme ça. La crise aura simplement eu un effet de loupe : nos conditions étaient déjà de la marde, elles ne deviendront pas meilleures magiquement. 

Limiter les dégâts et revendiquer…

C’est donc pour ça qu’actuellement, le milieu syndical (et une partie de la gauche) devrait être en mode « limiter les dégâts et pousser des revendications ». Sauver les meubles dans l’optique où il faut le savoir, la crise n’empêchera certainement pas les boss de s’enrichir sur le dos de leurs employé-e-s. On a qu’à regarder certaines entreprises et industries où on continue de presser le rendement comme si de rien était, encore plus si on a une main d’oeuvre qui a moins de ressources pour se défendre (les travailleuses-eurs à statut précaire notamment). 

Il nous faut demander des augmentations salariales et des améliorations dans nos conditions de travail plus largement, comme dans certains commerces ça s’est vu, et surtout, s’arranger pour que ce ne soit pas temporaire. Parce que ce n’est pas vrai qu’on va donner 2$ de plus aux caissières de supermarchés pour mieux leur retirer dans six mois, un an. Ce n’est pas le moment de se sentir coupable de demander de meilleures conditions ou de tomber dans le romantisme nationaliste de « l’effort de guerre » de Legault Inc. 

Limiter les dégâts et revendiquer, ça veut aussi dire faire des refus de travail. Pas question de retourner travailler parce que nos boss s’inquiètent. Ils ne nous donnent pas plus de bonus en temps normal quand ça va bien, pourquoi alors irait-on se mettre en danger alors qu’on est en pleine pandémie? J’espère, ou je fantasme, des syndicats de profs qui vont bloquer ces retours en classe potentiels qui sonnent surtout comme un plan de marde…Et pas juste dans le milieu de l’éducation, mais dans le communautaire, dans la santé, en construction, dans le commerce de détail, etc. 

…passer des messages…

C’est aussi le moment pour se former et s’organiser. Le Québec n’a pas une culture ouvrière ou syndical qui se transmet fort fort. À l’école, on fait peu ou pas d’éducation politique et encore moins sur les luttes sociales. Eh ben, c’est le temps d’y mettre des efforts. Et il faudra que ça vienne de la base, parce que de toute manière, on le sait, les à-plat-ventristes à la tête des centrales syndicales  tiennent trop au statu quo et à leurs privilèges pour véhiculer des idées plus radicales. 

C’est le temps de passer des messages, de faire de l’éducation populaire, d’agiter nos collègues et de se donner les moyens de le faire. Écrire des textes, donner des formations et des ateliers, accompagner des plus jeunes dans un apprentissage militant. Préparer le monde à défier les lois spéciales et injonctions qui vont continuer de pleuvoir dès qu’on mettra de la pression au bon endroit. 

…et préparer l’après…

Et il faut penser à l’après, parce que le cauchemar ne va pas prendre fin avec un éventuel déconfinement (qui lui-même risque d’être long et progressif, au gré des besoins des boss…). Si déjà nous sommes capables d’être assez alertes pour éviter de faire se faire passer par la bande des lois autoritaires ou anti-syndicales draconiennes (comme la plupart des États le font en temps de crise), on va tout de même se faire remettre une facture salée en sacrament. 

Rien de nouveau à ce qui suit, mais juste à regarder notre filet social : si la panique est pogné dans nos hôpitaux, nos CHSLD (la plupart privés en plus), nos CLSC ou nos organismes communautaires, c’est que ça fait des décennies que les gouvernements se succèdent pour y mettre la hache. Ce n’est pas une triste coïncidence si on est pas capable de tester suffisamment, qu’on laisse du monde à la rue en plein pandémie, qu’on a pas assez d’équipement. Et ce n’est pas une crise sanitaire qui va changer cela, capitalisme oblige. 

Legault et Cie le font déjà planer : ça va coûter cher. Pas vrai que les gouvernements vont (ré)instaurer une taxe sur le capital ou des impôts plus élevés pour les plus riches. Non, après les mesures de distanciation sociale, ça va être celles d’austérité qui vont être violentes, pas qu’un peu. On va nous demander de se serrer la ceinture sur un méchant temps. 

Et notre système de santé qui aura déjà de peine et de misère passé au travers de la crise, va manger une autre claque. En éducation ça sera pareil. Les programmes de prestations auxquels nous contribuons n’y échapperont pas. Les acquis en matière de santé et sécurité, de conditions de travail, name it, tous vont y goûter. 

Il faut donc qu’on se prépare à rebâtir et renforcer nos mouvements syndicaux, sociaux et de gauche. Ça ne se fait pas en claquant des doigts et il y aura des obstacles. Déjà comme je le mentionnais plus haut, il y aura « les élites » de gauche pour tenter de contrôler le bordel et la frustration que ça va générer. Quelle forme ça prendra, je ne le sais pas. Mais on est mieux de commencer à y penser. 

COVID-19 : L’IWW-Montréal demande la suspension des paiements de loyers et d’hypothèques

MONTRÉAL, le 30 mars 2020 – La crise du coronavirus nous a frappé de plein fouet et comme à l’habitude dans ces moments difficiles, les premiers à en payer le prix furent les travailleurs et travailleuses. Une semaine seulement après le début des mesures d’isolement social, on dénombrait plus d’un million de nouvelles chômeuses et de nouveaux chômeurs à travers le pays.

Malgré les programmes d’aide annoncés par les différents de paliers de gouvernement, il semble que les fonds ne seront pas distribués à temps pour le début du mois d’avril. C’est ainsi que plusieurs centaine de milliers de personnes devront choisir entre manger ou payer son loyer ou son hypothèque. Si les mesures de confinement prises le sont pour la santé de tous et toutes, nous croyons important de rappeler que le logement et l’alimentation constituent également des besoins vitaux et devraient être considérés comme des droits humains.

En ce sens, l’IWW-Montréal demande la suspension des paiements de loyers et d’hypothèques pour tous et toutes. La porte-parole du syndicat, Coline Gaucher explique : « Si, à la base, nous avons déjà un certain malaise avec le fait de monnayer un besoin humain de base comme celui de se loger, cette situation exceptionnelle nous force à exiger que les gouvernements prennent des mesures extraordinaires. C’est aussi ça, la santé publique ! »

Solidarité avec les grévistes du loyer

Comme l’État tarde à mettre en place des mesures concernant le droit au logement pour tous et toutes durant cette crise, un mouvement de grève des loyers est en train de se mettre en place d’un océan à l’autre. L’IWW-Montréal tient à annoncer publiquement qu’elle se place en solidarité avec les locataires grévistes, et que ceux et celles qui devront subir des conséquences négatives de la part de leur propriétaire pourront contacter notre Comité de solidarité pour les aider à se défendre.

« Nous soutiendrons nos membres, ainsi que toute personne qui subira les conséquences d’une participation à cette grève des loyers, par nécessité ou par solidarité. Soyez assuré.e.s que notre syndicat répondra présent si des mesures de répression sont exercées par les propriétaires ! » indique madame Gaucher.

L’IWW-Montréal enjoint également ses organisations alliées à prendre des positions de principe sur la suspension des hypothèques et des loyers pendant la crise, à faire pression sur les différents paliers de gouvernement, ainsi qu’à préparer la solidarité avec les personnes qui devront se résoudre à faire la grève des loyers. Il n’y a pas de recette secrète, c’est en unissant que nous réussiront à défendre les droits au logement et à l’alimentation pour l’ensemble de la classe ouvrière, avec ou sans emploi.

Toujours du côté de celles et ceux qui luttent

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses – Industrial Workers of the World (SITT-IWW) est une organisation syndicale ouverte à tous les membres de la classe ouvrière, qu’ils ou elles soient salarié.e.s, sans-emploi, étudiant.e.s ou retraité.e.s.

La mission du SITT-IWW est d’organiser les lieux de travail, les industries et les communautés. Nous voulons à la fois améliorer nos conditions de vie dans l’immédiat, mais aussi construire un monde sans patrons. Un monde dans lequel la production et la distribution seront gérées et organisées par les travailleurs et les travailleuses, afin que les besoins de la population entière soient satisfaits plutôt que seulement ceux d’une puissante minorité d’exploiteurs et de propriétaires.

Crédit Photo: Cédric Martin

20e édition du salon du livre anarchiste de Montréal

Cette fin de semaine avait lieu la 20e édition du Salon du livre anarchiste de Montréal. Vente de livres, pamphlets, journaux, mais aussi de bidules en tout genre, le salon du livre anarchiste c’est en quelque sorte un grand rendez-vous de famille pour les radicaux de tout acabit.

Avec la participation de 76 collectifs montréalais et près d’une cinquantaine issus d’un peu partout en Amérique du Nord, mais aussi d’Angleterre, de France, de Suède et des Philippines. Le salon attira cette année encore plusieurs centaines de participant.es qui défilèrent entre les tables et les ateliers tout au long de la fin de semaine.

Pour les membres du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW), ce fut l’occasion de renouer avec les fellow workers des sections locales de Hamilton, Ottawa et Halifax, en plus de participer à la présentation 6 Months of Anarcho-syndicalism in Iceland: Industrial Workers of the World Inside Efling Trade Union’s Historic Mobilization, présentée par l’un de nos camarades ayant quitté le Canada à l’automne spécialement pour aider à l’effort d’organisation en Islande.

De leur côté, les membres de l’IWW militant au sein du comité événements-marchandises profitèrent de l’occasion pour relancer leur traditionnel BBQ en plus de présenter la sortie d’un nouveau t-shirt reprenant le travail artistique d’un.e membre qui avait été utilisé à l’occasion du 1er mai.

Ce fut cette année encore un honneur de participer au Salon du livre anarchiste de Montréal.

Pour la One Big Union et la Démocratie Industrielle,

Mathieu Stakh, X374166

Sommet Anti-G7: Résumé d’un séjour calme mais tout en répression

7 juin :
– Après-midi touristique dans Québec : les magasins se barricadent petit à petit, les gens font leur vie, c’est très calme. On finit par être suivi-es par au moins 3 policiers en civil (ceux repérés) et on nous demande de nous identifier quand on mange un sandwich dans un cimetière… un groupe de 7 personnes, entouré par 20 flics : SPVQ, SQ main dans la main… Le profilage commence.
– Manifestation de soir appelée par le RRAG7 et le communautaire : ambiance joyeuse bien qu’on sentait une certaine appréhension, entouré-es par des goons policiers, anti-émeutes et militaires. On a croisé des fusils d’assaut, des snipers, des drones, des chiens électrocutés à chaque aboiement, au moins 3 hélicos et j’en passe… Tout ça pour une manif calme d’un millier de personnes et plus d’une centaine de journalistes.
-Retour vers nos quartiers, on est suivi par d’autres policiers en civil dans leur voiture qui prennent manifestement nos plaques d’immatriculation en note.

On a aimé : la mobilisation plus grande qu’on pensait, la préparation des médics et les discussions avec plein de belles personnes.
On a détesté : le PCR qui s’est pris pour un autre en passant devant tous les groupes communautaires qui organisaient la manifestation, les arrestations (2) dans la manifestation, l’arsenal policier.

 

8 juin :
– Manifestation matinale avortée par l’arsenal militaire et paramilitaire entourant les manifestant-es
– On apprend que des véhicules de manifestant-es sont ‘arbitrairement’ arrêtés et fouillés dans Québec… Pas nous, mais on a pu le constater en effet en arrivant sur place.
– Rassemblement du midi : une autoroute bloquée quelques minutes qui a valu certes 2 sofas flambants entourés de béton, mais aussi des charges policières violentes (des plaquages dignes de pros de foot américain) et des arrestations.
– Midi : pique-nique on ne peut plus relax près du plus chouette dépanneur du monde (rabais pour les manifestant-es, mise à dispo des toilettes, adorables employé-es, bain de face gratis en cas de gaz… !) Québec est devenue une ville fantôme, les rues sont vides, on s’attendrait presque à une attaque de zombies!
– Manifestation de l’après-midi a à peine pu commencer que tous les goons bloquaient de nouveau les rues et poussaient les gens (dont des journalistes) en bas des cotes… Ils se sont aussi sentis bien seuls quand ils ont, tous seuls comme des grands, réussi à planter un de leur véhicule dans une mini-sortie de route qui leur a valu un remorquage et de se cacher dans des buissons ! Petit retour des choses !
– On ne compte même plus la police en civil qui nous suit dans les rues et prend des notes.

On a aimé : le pique-nique et son ambiance ‘safe’, le dépanneur extra.
On a détesté : le véhicule blanc qui t’écoute et fait de la reconnaissance faciale, la répression surnuméraire qui fait avorter la moindre action et stresser à chaque coin de rue. Les arrestations en mode ‘kidnapping’ alors que les gens rentraient chez eux et elles. Les photographes qui ne respectent pas le consentement.

9 juin :
– Manifestation syndicale : encore près d’un millier de personnes, mais cette fois une superbe ambiance! Des chansons à tout va, l’orchestre Tintanar qui se déchaîne et un temps magnifique!
Retour à l’ordre : les policiers laissent vider la place au compte-goutte en profilant les individus et leur faisant vider leur sac.

On a aimé : la belle ambiance et rigoler de voir 15 SQ sécuriser un McDo.
On a détesté : ne pas savoir où sortir et se sentir comme des bêtes à l’abattoir après la manifestation on-ne-peut-plus-pacifique.

 

En résumé : 3 belles journées, bien qu’entourées de flics en tout genre, de toutes les couleurs et avec tout l’arsenal. On décompte 0 fenêtre brisée, 10 arrestations, plus de 400 millions de $ dépensés sur la sécurité… ça fait cher du tie-wrap autour des poignets des arrêt-és !

Bref, malgré la ‘petite’ mobilisation, ça a quand même réussi à faire fermer l’Assemblée nationale, donner congé aux personnes du Parlement, ainsi qu’à des profs et des enfants… et littéralement ennuyer gentiment près de 8.000 flicailles mobilisées pour la sécurité !
Et aussi… donner ben de la job aux personnes qui placardent les commerces, ça a été lucratif pour eux et elles assurément !

 

Solidarité,

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Lien vers une entrevue de deux membres du SITT-IWW Montréal au sujet de notre présence au G7, à l’antenne du FM93 (Radio de Québec).

 

Crédit photos: Cédric Martin.

Red Bee Media, union-busting and resistance

As you may have already heard, on 11 April 2018, Red Bee Media (A Part of Ericsson) unceremoniously shuttered the Montreal branch of their Access Services division. A more thorough breakdown of the incident will be forthcoming, but suffice it to say that the shuttering was swift and vicious. Rather than negotiate with the representatives of the Montreal Subtitlers Union in good faith, the powers-that-be at Red Bee Media decided that it would be less trouble to axe their entire Canadian division in one fell swoop. This is not an exaggeration: the workers who were in that day went from performing their usual duties to being ushered into a surprise meeting to being removed from the Ericsson campus by security in the span of 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Though our campaign was felled by the twin plagues of corporate greed and union-busting, the Montreal Subtitlers Union lives on. We invite other subtitlers working in Montreal, freelancers and full-timers alike, to band together under our banner to fight for a living wage, fair working conditions, and adequate support for the work that we do. Your fellow workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserve better. And employers deserve to know that we won’t be taken advantage of. The fight continues. Solidarity forever.

 

Media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Montreal Subtitlers Union through our facebook page, or email us at [email protected]

 

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including in Montreal. Its members strive for a union model based on robust working class solidarity called Solidarity Unionism. This model emphasizes direct action at the workplace as exemplified in our campaigns at Ellen’s Stardust Diner in New York City or at Frite-Alors! in Montreal.

 

Version française ici.

Red Bee Media, anti-syndicalisme et la résistance

Comme vous l’avez peut-être déjà entendu, le 11 avril 2018 Red Bee Media (une partie d’Ericsson) a soudainement fermé la division Services d’Accès de la succursale de Montréal. Une explication plus complète de l’incident est à venir, mais le moins que l’on puisse dire est que l’opération a été rapide et vicieuse. Plutôt que de négocier de bonne foi avec les représentants et représentantes du Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal, les dirigeants de Red Bee Media ont décidé qu’il serait plus facile d’attaquer d’un seul coup toute leur division canadienne. Ce n’est pas une exagération : les travailleurs et travailleuses, qui vaquaient à leurs occupations habituelles, ont été invité-es à une réunion surprise, puis ont été viré-es du campus Ericsson par la sécurité, tout ça en 20 minutes.

 

Mais tout espoir n’est pas perdu. Bien que notre campagne ait été vaincue par les fléaux de la cupidité des capitalistes et de l’anti-syndicalisme, le Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal continue à vivre. Nous invitons les autres sous-titreurs et sous-titreuses travaillant à Montréal, qu’ils et elles soient pigistes ou à temps plein, à se regrouper sous notre bannière afin de lutter pour un salaire décent, des conditions de travail équitables et un soutien adéquat pour le travail que nous faisons. Vos collègues méritent mieux. La communauté sourde et malentendante mérite mieux. Et les employeurs méritent de savoir que nous ne serons pas exploité-es. Le combat continue. Solidarité pour toujours.

 

Contact média: Selena, 438-345-5046

 

Entrez en contact avec le Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal par le biais de notre page facebook, ou envoyez-nous un courriel à [email protected]

 

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) a plusieurs branches partout dans le monde, incluant la section locale de Montréal. Ses membres luttent pour un modèle syndical fondé sur une forte solidarité entre la classe ouvrière, appelé le syndicalisme de solidarité. Ce modèle encourage l’action directe sur les milieux de travail comme peuvent en témoigner nos campagnes au Ellen’s Stardust Diner à New-York et au Frite-Alors! à Montréal.

 

English version here.

Travailleur du communautaire : Pourquoi je manifeste le 1er mai

Je travaille comme intervenant dans le milieu communautaire depuis quelques années. Avant ça, j’ai eu un tas de jobs différentes dans plusieurs industries. Plongeur, sondeur téléphonique, caissier, aide-cuisinier, manutentionnaire, peintre en bâtiment, concierge, commis, préposé au service à la clientèle, name it.

Le mal a peut-être changé de place, mais la situation change pas tant : j’ai toujours un employeur qui profite de moi. Sauf que cette fois-ci, l’employeur, il a une mission « humaniste » derrière laquelle se cacher. Et si ce n’est pas l’employeur directement qui en veut plus de moi pour le moins possible, ce sont les bailleurs de fonds, privés ou étatiques.

Je ne suis pas seul. Les travailleuses (et travailleurs) du communautaire ne l’ont pas facile. Des raisons de manifester et d’être écoeuré-es, il ne nous en manque pas.

Nos conditions ne s’améliorent pas. Nos salaires stagnent. Beaucoup sont en mode survie d’une paie à l’autre. Et pourtant, on nous en demande de plus en plus. L’État se déresponsabilise : les services publics et le filet social mangent la volée, les personnes avec qui l’on travaille aussi par le fait même, nous devons donc compenser avec les moyens du bord.

Le mode de financement des organismes nous garde systématiquement en précarité. Nos postes sont subventionnés au « projet », souvent pour un an, sans aucune garantie d’être renouvelés. On bosse donc à tisser des liens avec des personnes qu’on aide et accompagne (parce qu’on travaille avec des êtres humains, souvent maganés), sans trop savoir si dans six mois, un an, nous pourrons continuer. C’est aussi inquiétant pour nous que malsain pour les relations que nous tentons de maintenir avec les gens qui fréquentent nos ressources.

On se brûle. Comme dans le système de santé, les cas de burn out sont monnaie courante. Dans quasiment tous les organismes avec lesquels je collabore dans le cadre de mon travail, il y a au moins une personne ayant été en arrêt de travail maladie dans la dernière année. Et quand une personne quitte, avec nos charges de travail qui augmentent, ce sont d’autres travailleuses ou travailleurs qui se magasinent un épuisement professionnel. C’est le burn out musical…

Heureusement, nous ne sommes pas seul-e-s. Il y a de quoi s’inspirer du mouvement des infirmières et des employé-e-s de la santé. Des voix s’élèvent. On s’organise petit à petit. Il n’en tient qu’à nous à se mobiliser. Notre meilleure arme demeure notre solidarité, qu’importe où nous travaillons. Organisation communautaire, intervention, animation, on travaille toutes et tous en collaboration et nous sommes dans le même bateau (qui fuit…). C’est pourquoi, que vous travaillez dans le communautaire, en santé, en restauration, en construction, etc., le 1er mai, je marche avec vous.

 

Solidarité,

Un membre du comité communautaire du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW Montréal)