Manifestation du 1er Mai 2022

RÉVOLTÉ-ES ! OUTRAGED !

(English below)
Révolté-es! Devant les patrons qui refusent de nous donner un salaire décent! Devant les propriétaires qui s’emparent d’un droit social afin de s’enrichir! Devant les gouvernements qui voient les migrant-es comme des fraudeurs!

Une autre année pandémique à subir les ravages de l’économie capitaliste. Une autre année où les impératifs économiques de la classe patronale ont primé sur le bien-être des travailleuses et travailleurs. C’est pourquoi le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses – section Montréal porte encore trois revendications: une hausse significative du salaire minimum à 22$/h et une amélioration de nos conditions de travail, un contrôle des loyers et du logement social, et le statut pour toutes et tous!Le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses ainsi que plusieurs organisations associées vous invitent à un pique-nique et une manifestation le dimanche 1er mai 2022 à 12h30 à la place Emmett-Johns, derrière la station Papineau. On est devant la classe patronale et on se tient debout, ensemble. La journée internationale des travailleuses et des travailleurs est l’occasion de développer nos liens, de partager nos luttes, de se révolter pour construire un monde meilleur.__Aussi, nous vous invitons à participer à la manifestation de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) qui a lieu après, à 17h à la place du « Canada », sous le thème « Colonial et écocidaire: le capitalisme c’est la guerre! ». Voici le lien vers leur site web: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875

Groupes participants :
STTAB- Accueil Bonneau
Comité logement Montréal-Nord
ALV
Comité chômage de l’est
RCLALQ
Coalition contre la pauvreté Hochelaga
Comité logement plateau
MAC
Syndicat TRAC union

Outraged! Against bosses that refuse to give us a decent wage! Against landlords that take away a social right in order to make money! Against governments that see migrants as frauds!

Another pandemic year during which we suffered the devastation of the capitalist system. Another year during which the economic interests of the business class crushed the well being of the working class. That’s why the Industrial Workers of the World – Montréal still demand: a significant minimum wage raise to 22$/hour and better working conditions, rent control measures and social housing, and a status for all!SITT-IWW and others invites you to a picnic and demonstration on Sunday May 1st 2022 at 12:30 PM at Place Emmett-Johns, behind Papineau station. Against the employing class, we stand together. May Day is the opportunity to meet, share our struggles and rebel on the way to building a better world.___Also, we invite you to participate in the Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC)’s protest happening after, at 5 PM at Place du ” Canada », with the theme “Colonial and Ecocidal, Capitalism is war!”.
Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875


STTAB- Accueil Bonneau
Comité logement Montréal-Nord
ALV
Comité chômage de l’est
RCLALQ
Coalition contre la pauvreté Hochelaga
Comité logement plateau
MAC
Syndicat TRAC union

COVID-19 : sauver les meubles, lutter et préparer l’après

Si pendant deux-trois brèves semaines, les gouvernements fédéral et provincial ont annoncé et mis en place certaines mesures pour venir en aide (partiellement) aux travailleuses-eurs, chômeuses-eurs, de manière à favoriser le confinement, les dernières conférences de presse de Legault laissent présager la fin de la lune de miel. 

Il fallait s’y attendre, business as usual, l’État va privilégier les intérêts économiques de leurs amis les boss, les gros investisseurs, les riches, et ce au détriment des travailleuses-eurs, comme d’habitude. La CAQ parle de retour à l’école aussi tôt qu’au début mai, alors qu’on est loin d’avoir « vaincu » la pandémie ou même d’avoir un vaccin, parce qu’il faut bien faire quelque chose avec les enfants des travailleuses-eurs si on les force à retourner au travail…

Pourquoi en serait-il autrement anyway? Ça a toujours été comme ça. La crise aura simplement eu un effet de loupe : nos conditions étaient déjà de la marde, elles ne deviendront pas meilleures magiquement. 

Limiter les dégâts et revendiquer…

C’est donc pour ça qu’actuellement, le milieu syndical (et une partie de la gauche) devrait être en mode « limiter les dégâts et pousser des revendications ». Sauver les meubles dans l’optique où il faut le savoir, la crise n’empêchera certainement pas les boss de s’enrichir sur le dos de leurs employé-e-s. On a qu’à regarder certaines entreprises et industries où on continue de presser le rendement comme si de rien était, encore plus si on a une main d’oeuvre qui a moins de ressources pour se défendre (les travailleuses-eurs à statut précaire notamment). 

Il nous faut demander des augmentations salariales et des améliorations dans nos conditions de travail plus largement, comme dans certains commerces ça s’est vu, et surtout, s’arranger pour que ce ne soit pas temporaire. Parce que ce n’est pas vrai qu’on va donner 2$ de plus aux caissières de supermarchés pour mieux leur retirer dans six mois, un an. Ce n’est pas le moment de se sentir coupable de demander de meilleures conditions ou de tomber dans le romantisme nationaliste de « l’effort de guerre » de Legault Inc. 

Limiter les dégâts et revendiquer, ça veut aussi dire faire des refus de travail. Pas question de retourner travailler parce que nos boss s’inquiètent. Ils ne nous donnent pas plus de bonus en temps normal quand ça va bien, pourquoi alors irait-on se mettre en danger alors qu’on est en pleine pandémie? J’espère, ou je fantasme, des syndicats de profs qui vont bloquer ces retours en classe potentiels qui sonnent surtout comme un plan de marde…Et pas juste dans le milieu de l’éducation, mais dans le communautaire, dans la santé, en construction, dans le commerce de détail, etc. 

…passer des messages…

C’est aussi le moment pour se former et s’organiser. Le Québec n’a pas une culture ouvrière ou syndical qui se transmet fort fort. À l’école, on fait peu ou pas d’éducation politique et encore moins sur les luttes sociales. Eh ben, c’est le temps d’y mettre des efforts. Et il faudra que ça vienne de la base, parce que de toute manière, on le sait, les à-plat-ventristes à la tête des centrales syndicales  tiennent trop au statu quo et à leurs privilèges pour véhiculer des idées plus radicales. 

C’est le temps de passer des messages, de faire de l’éducation populaire, d’agiter nos collègues et de se donner les moyens de le faire. Écrire des textes, donner des formations et des ateliers, accompagner des plus jeunes dans un apprentissage militant. Préparer le monde à défier les lois spéciales et injonctions qui vont continuer de pleuvoir dès qu’on mettra de la pression au bon endroit. 

…et préparer l’après…

Et il faut penser à l’après, parce que le cauchemar ne va pas prendre fin avec un éventuel déconfinement (qui lui-même risque d’être long et progressif, au gré des besoins des boss…). Si déjà nous sommes capables d’être assez alertes pour éviter de faire se faire passer par la bande des lois autoritaires ou anti-syndicales draconiennes (comme la plupart des États le font en temps de crise), on va tout de même se faire remettre une facture salée en sacrament. 

Rien de nouveau à ce qui suit, mais juste à regarder notre filet social : si la panique est pogné dans nos hôpitaux, nos CHSLD (la plupart privés en plus), nos CLSC ou nos organismes communautaires, c’est que ça fait des décennies que les gouvernements se succèdent pour y mettre la hache. Ce n’est pas une triste coïncidence si on est pas capable de tester suffisamment, qu’on laisse du monde à la rue en plein pandémie, qu’on a pas assez d’équipement. Et ce n’est pas une crise sanitaire qui va changer cela, capitalisme oblige. 

Legault et Cie le font déjà planer : ça va coûter cher. Pas vrai que les gouvernements vont (ré)instaurer une taxe sur le capital ou des impôts plus élevés pour les plus riches. Non, après les mesures de distanciation sociale, ça va être celles d’austérité qui vont être violentes, pas qu’un peu. On va nous demander de se serrer la ceinture sur un méchant temps. 

Et notre système de santé qui aura déjà de peine et de misère passé au travers de la crise, va manger une autre claque. En éducation ça sera pareil. Les programmes de prestations auxquels nous contribuons n’y échapperont pas. Les acquis en matière de santé et sécurité, de conditions de travail, name it, tous vont y goûter. 

Il faut donc qu’on se prépare à rebâtir et renforcer nos mouvements syndicaux, sociaux et de gauche. Ça ne se fait pas en claquant des doigts et il y aura des obstacles. Déjà comme je le mentionnais plus haut, il y aura « les élites » de gauche pour tenter de contrôler le bordel et la frustration que ça va générer. Quelle forme ça prendra, je ne le sais pas. Mais on est mieux de commencer à y penser. 

COVID-19 : L’IWW-Montréal demande la suspension des paiements de loyers et d’hypothèques

MONTRÉAL, le 30 mars 2020 – La crise du coronavirus nous a frappé de plein fouet et comme à l’habitude dans ces moments difficiles, les premiers à en payer le prix furent les travailleurs et travailleuses. Une semaine seulement après le début des mesures d’isolement social, on dénombrait plus d’un million de nouvelles chômeuses et de nouveaux chômeurs à travers le pays.

Malgré les programmes d’aide annoncés par les différents de paliers de gouvernement, il semble que les fonds ne seront pas distribués à temps pour le début du mois d’avril. C’est ainsi que plusieurs centaine de milliers de personnes devront choisir entre manger ou payer son loyer ou son hypothèque. Si les mesures de confinement prises le sont pour la santé de tous et toutes, nous croyons important de rappeler que le logement et l’alimentation constituent également des besoins vitaux et devraient être considérés comme des droits humains.

En ce sens, l’IWW-Montréal demande la suspension des paiements de loyers et d’hypothèques pour tous et toutes. La porte-parole du syndicat, Coline Gaucher explique : « Si, à la base, nous avons déjà un certain malaise avec le fait de monnayer un besoin humain de base comme celui de se loger, cette situation exceptionnelle nous force à exiger que les gouvernements prennent des mesures extraordinaires. C’est aussi ça, la santé publique ! »

Solidarité avec les grévistes du loyer

Comme l’État tarde à mettre en place des mesures concernant le droit au logement pour tous et toutes durant cette crise, un mouvement de grève des loyers est en train de se mettre en place d’un océan à l’autre. L’IWW-Montréal tient à annoncer publiquement qu’elle se place en solidarité avec les locataires grévistes, et que ceux et celles qui devront subir des conséquences négatives de la part de leur propriétaire pourront contacter notre Comité de solidarité pour les aider à se défendre.

« Nous soutiendrons nos membres, ainsi que toute personne qui subira les conséquences d’une participation à cette grève des loyers, par nécessité ou par solidarité. Soyez assuré.e.s que notre syndicat répondra présent si des mesures de répression sont exercées par les propriétaires ! » indique madame Gaucher.

L’IWW-Montréal enjoint également ses organisations alliées à prendre des positions de principe sur la suspension des hypothèques et des loyers pendant la crise, à faire pression sur les différents paliers de gouvernement, ainsi qu’à préparer la solidarité avec les personnes qui devront se résoudre à faire la grève des loyers. Il n’y a pas de recette secrète, c’est en unissant que nous réussiront à défendre les droits au logement et à l’alimentation pour l’ensemble de la classe ouvrière, avec ou sans emploi.

Toujours du côté de celles et ceux qui luttent

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses – Industrial Workers of the World (SITT-IWW) est une organisation syndicale ouverte à tous les membres de la classe ouvrière, qu’ils ou elles soient salarié.e.s, sans-emploi, étudiant.e.s ou retraité.e.s.

La mission du SITT-IWW est d’organiser les lieux de travail, les industries et les communautés. Nous voulons à la fois améliorer nos conditions de vie dans l’immédiat, mais aussi construire un monde sans patrons. Un monde dans lequel la production et la distribution seront gérées et organisées par les travailleurs et les travailleuses, afin que les besoins de la population entière soient satisfaits plutôt que seulement ceux d’une puissante minorité d’exploiteurs et de propriétaires.

Crédit Photo: Cédric Martin

20e édition du salon du livre anarchiste de Montréal

Cette fin de semaine avait lieu la 20e édition du Salon du livre anarchiste de Montréal. Vente de livres, pamphlets, journaux, mais aussi de bidules en tout genre, le salon du livre anarchiste c’est en quelque sorte un grand rendez-vous de famille pour les radicaux de tout acabit.

Avec la participation de 76 collectifs montréalais et près d’une cinquantaine issus d’un peu partout en Amérique du Nord, mais aussi d’Angleterre, de France, de Suède et des Philippines. Le salon attira cette année encore plusieurs centaines de participant.es qui défilèrent entre les tables et les ateliers tout au long de la fin de semaine.

Pour les membres du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW), ce fut l’occasion de renouer avec les fellow workers des sections locales de Hamilton, Ottawa et Halifax, en plus de participer à la présentation 6 Months of Anarcho-syndicalism in Iceland: Industrial Workers of the World Inside Efling Trade Union’s Historic Mobilization, présentée par l’un de nos camarades ayant quitté le Canada à l’automne spécialement pour aider à l’effort d’organisation en Islande.

De leur côté, les membres de l’IWW militant au sein du comité événements-marchandises profitèrent de l’occasion pour relancer leur traditionnel BBQ en plus de présenter la sortie d’un nouveau t-shirt reprenant le travail artistique d’un.e membre qui avait été utilisé à l’occasion du 1er mai.

Ce fut cette année encore un honneur de participer au Salon du livre anarchiste de Montréal.

Pour la One Big Union et la Démocratie Industrielle,

Mathieu Stakh, X374166

Sommet Anti-G7: Résumé d’un séjour calme mais tout en répression

7 juin :
– Après-midi touristique dans Québec : les magasins se barricadent petit à petit, les gens font leur vie, c’est très calme. On finit par être suivi-es par au moins 3 policiers en civil (ceux repérés) et on nous demande de nous identifier quand on mange un sandwich dans un cimetière… un groupe de 7 personnes, entouré par 20 flics : SPVQ, SQ main dans la main… Le profilage commence.
– Manifestation de soir appelée par le RRAG7 et le communautaire : ambiance joyeuse bien qu’on sentait une certaine appréhension, entouré-es par des goons policiers, anti-émeutes et militaires. On a croisé des fusils d’assaut, des snipers, des drones, des chiens électrocutés à chaque aboiement, au moins 3 hélicos et j’en passe… Tout ça pour une manif calme d’un millier de personnes et plus d’une centaine de journalistes.
-Retour vers nos quartiers, on est suivi par d’autres policiers en civil dans leur voiture qui prennent manifestement nos plaques d’immatriculation en note.

On a aimé : la mobilisation plus grande qu’on pensait, la préparation des médics et les discussions avec plein de belles personnes.
On a détesté : le PCR qui s’est pris pour un autre en passant devant tous les groupes communautaires qui organisaient la manifestation, les arrestations (2) dans la manifestation, l’arsenal policier.

 

8 juin :
– Manifestation matinale avortée par l’arsenal militaire et paramilitaire entourant les manifestant-es
– On apprend que des véhicules de manifestant-es sont ‘arbitrairement’ arrêtés et fouillés dans Québec… Pas nous, mais on a pu le constater en effet en arrivant sur place.
– Rassemblement du midi : une autoroute bloquée quelques minutes qui a valu certes 2 sofas flambants entourés de béton, mais aussi des charges policières violentes (des plaquages dignes de pros de foot américain) et des arrestations.
– Midi : pique-nique on ne peut plus relax près du plus chouette dépanneur du monde (rabais pour les manifestant-es, mise à dispo des toilettes, adorables employé-es, bain de face gratis en cas de gaz… !) Québec est devenue une ville fantôme, les rues sont vides, on s’attendrait presque à une attaque de zombies!
– Manifestation de l’après-midi a à peine pu commencer que tous les goons bloquaient de nouveau les rues et poussaient les gens (dont des journalistes) en bas des cotes… Ils se sont aussi sentis bien seuls quand ils ont, tous seuls comme des grands, réussi à planter un de leur véhicule dans une mini-sortie de route qui leur a valu un remorquage et de se cacher dans des buissons ! Petit retour des choses !
– On ne compte même plus la police en civil qui nous suit dans les rues et prend des notes.

On a aimé : le pique-nique et son ambiance ‘safe’, le dépanneur extra.
On a détesté : le véhicule blanc qui t’écoute et fait de la reconnaissance faciale, la répression surnuméraire qui fait avorter la moindre action et stresser à chaque coin de rue. Les arrestations en mode ‘kidnapping’ alors que les gens rentraient chez eux et elles. Les photographes qui ne respectent pas le consentement.

9 juin :
– Manifestation syndicale : encore près d’un millier de personnes, mais cette fois une superbe ambiance! Des chansons à tout va, l’orchestre Tintanar qui se déchaîne et un temps magnifique!
Retour à l’ordre : les policiers laissent vider la place au compte-goutte en profilant les individus et leur faisant vider leur sac.

On a aimé : la belle ambiance et rigoler de voir 15 SQ sécuriser un McDo.
On a détesté : ne pas savoir où sortir et se sentir comme des bêtes à l’abattoir après la manifestation on-ne-peut-plus-pacifique.

 

En résumé : 3 belles journées, bien qu’entourées de flics en tout genre, de toutes les couleurs et avec tout l’arsenal. On décompte 0 fenêtre brisée, 10 arrestations, plus de 400 millions de $ dépensés sur la sécurité… ça fait cher du tie-wrap autour des poignets des arrêt-és !

Bref, malgré la ‘petite’ mobilisation, ça a quand même réussi à faire fermer l’Assemblée nationale, donner congé aux personnes du Parlement, ainsi qu’à des profs et des enfants… et littéralement ennuyer gentiment près de 8.000 flicailles mobilisées pour la sécurité !
Et aussi… donner ben de la job aux personnes qui placardent les commerces, ça a été lucratif pour eux et elles assurément !

 

Solidarité,

x385013.

 

Lien vers une entrevue de deux membres du SITT-IWW Montréal au sujet de notre présence au G7, à l’antenne du FM93 (Radio de Québec).

 

Crédit photos: Cédric Martin.

Red Bee Media, union-busting and resistance

As you may have already heard, on 11 April 2018, Red Bee Media (A Part of Ericsson) unceremoniously shuttered the Montreal branch of their Access Services division. A more thorough breakdown of the incident will be forthcoming, but suffice it to say that the shuttering was swift and vicious. Rather than negotiate with the representatives of the Montreal Subtitlers Union in good faith, the powers-that-be at Red Bee Media decided that it would be less trouble to axe their entire Canadian division in one fell swoop. This is not an exaggeration: the workers who were in that day went from performing their usual duties to being ushered into a surprise meeting to being removed from the Ericsson campus by security in the span of 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Though our campaign was felled by the twin plagues of corporate greed and union-busting, the Montreal Subtitlers Union lives on. We invite other subtitlers working in Montreal, freelancers and full-timers alike, to band together under our banner to fight for a living wage, fair working conditions, and adequate support for the work that we do. Your fellow workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserve better. And employers deserve to know that we won’t be taken advantage of. The fight continues. Solidarity forever.

 

Media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Montreal Subtitlers Union through our facebook page, or email us at [email protected]

 

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including in Montreal. Its members strive for a union model based on robust working class solidarity called Solidarity Unionism. This model emphasizes direct action at the workplace as exemplified in our campaigns at Ellen’s Stardust Diner in New York City or at Frite-Alors! in Montreal.

 

Version française ici.

Red Bee Media, anti-syndicalisme et la résistance

Comme vous l’avez peut-être déjà entendu, le 11 avril 2018 Red Bee Media (une partie d’Ericsson) a soudainement fermé la division Services d’Accès de la succursale de Montréal. Une explication plus complète de l’incident est à venir, mais le moins que l’on puisse dire est que l’opération a été rapide et vicieuse. Plutôt que de négocier de bonne foi avec les représentants et représentantes du Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal, les dirigeants de Red Bee Media ont décidé qu’il serait plus facile d’attaquer d’un seul coup toute leur division canadienne. Ce n’est pas une exagération : les travailleurs et travailleuses, qui vaquaient à leurs occupations habituelles, ont été invité-es à une réunion surprise, puis ont été viré-es du campus Ericsson par la sécurité, tout ça en 20 minutes.

 

Mais tout espoir n’est pas perdu. Bien que notre campagne ait été vaincue par les fléaux de la cupidité des capitalistes et de l’anti-syndicalisme, le Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal continue à vivre. Nous invitons les autres sous-titreurs et sous-titreuses travaillant à Montréal, qu’ils et elles soient pigistes ou à temps plein, à se regrouper sous notre bannière afin de lutter pour un salaire décent, des conditions de travail équitables et un soutien adéquat pour le travail que nous faisons. Vos collègues méritent mieux. La communauté sourde et malentendante mérite mieux. Et les employeurs méritent de savoir que nous ne serons pas exploité-es. Le combat continue. Solidarité pour toujours.

 

Contact média: Selena, 438-345-5046

 

Entrez en contact avec le Syndicat des Sous-titreurs/Sous-titreuses de Montréal par le biais de notre page facebook, ou envoyez-nous un courriel à [email protected]

 

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) a plusieurs branches partout dans le monde, incluant la section locale de Montréal. Ses membres luttent pour un modèle syndical fondé sur une forte solidarité entre la classe ouvrière, appelé le syndicalisme de solidarité. Ce modèle encourage l’action directe sur les milieux de travail comme peuvent en témoigner nos campagnes au Ellen’s Stardust Diner à New-York et au Frite-Alors! à Montréal.

 

English version here.

Travailleur du communautaire : Pourquoi je manifeste le 1er mai

Je travaille comme intervenant dans le milieu communautaire depuis quelques années. Avant ça, j’ai eu un tas de jobs différentes dans plusieurs industries. Plongeur, sondeur téléphonique, caissier, aide-cuisinier, manutentionnaire, peintre en bâtiment, concierge, commis, préposé au service à la clientèle, name it.

Le mal a peut-être changé de place, mais la situation change pas tant : j’ai toujours un employeur qui profite de moi. Sauf que cette fois-ci, l’employeur, il a une mission « humaniste » derrière laquelle se cacher. Et si ce n’est pas l’employeur directement qui en veut plus de moi pour le moins possible, ce sont les bailleurs de fonds, privés ou étatiques.

Je ne suis pas seul. Les travailleuses (et travailleurs) du communautaire ne l’ont pas facile. Des raisons de manifester et d’être écoeuré-es, il ne nous en manque pas.

Nos conditions ne s’améliorent pas. Nos salaires stagnent. Beaucoup sont en mode survie d’une paie à l’autre. Et pourtant, on nous en demande de plus en plus. L’État se déresponsabilise : les services publics et le filet social mangent la volée, les personnes avec qui l’on travaille aussi par le fait même, nous devons donc compenser avec les moyens du bord.

Le mode de financement des organismes nous garde systématiquement en précarité. Nos postes sont subventionnés au « projet », souvent pour un an, sans aucune garantie d’être renouvelés. On bosse donc à tisser des liens avec des personnes qu’on aide et accompagne (parce qu’on travaille avec des êtres humains, souvent maganés), sans trop savoir si dans six mois, un an, nous pourrons continuer. C’est aussi inquiétant pour nous que malsain pour les relations que nous tentons de maintenir avec les gens qui fréquentent nos ressources.

On se brûle. Comme dans le système de santé, les cas de burn out sont monnaie courante. Dans quasiment tous les organismes avec lesquels je collabore dans le cadre de mon travail, il y a au moins une personne ayant été en arrêt de travail maladie dans la dernière année. Et quand une personne quitte, avec nos charges de travail qui augmentent, ce sont d’autres travailleuses ou travailleurs qui se magasinent un épuisement professionnel. C’est le burn out musical…

Heureusement, nous ne sommes pas seul-e-s. Il y a de quoi s’inspirer du mouvement des infirmières et des employé-e-s de la santé. Des voix s’élèvent. On s’organise petit à petit. Il n’en tient qu’à nous à se mobiliser. Notre meilleure arme demeure notre solidarité, qu’importe où nous travaillons. Organisation communautaire, intervention, animation, on travaille toutes et tous en collaboration et nous sommes dans le même bateau (qui fuit…). C’est pourquoi, que vous travaillez dans le communautaire, en santé, en restauration, en construction, etc., le 1er mai, je marche avec vous.

 

Solidarité,

Un membre du comité communautaire du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW Montréal)

À la défense des territoires

Au début de l’automne 2017, un grand rassemblement fut organisé au Camp de la Rivière, le campement de soutien à la barricade érigée au pied du puits Galt 4 de la compagnie pétrolière Junex. Lors de ce moment de conspiration et de festivités regroupant des personnes autochtones et allochtones venant de partout à travers les territoires de la Mik’ma’gi et du Québec, un appel fut lancé à la formation de Comités de défense et de décolonisation des territoires (CDDT).

 

Cette idée de défense de territoire ne s’apparente pas à une protection patrimoniale d’une zone sensible. Elle ne relève pas non plus d’un fantasme de construction d’une communauté alternative qui serait isolée de la métropole. Défendre un territoire c’est plutôt faire le choix radical de l’habiter. Assumer la singularité de sa situation, les couches de vérité et de souveraineté qui s’y superposent, les formes de vies qui le parsèment et, à partir de là, entrer en relation de camaraderie ou de conflit. Habiter un monde, c’est décider de défendre la vie contre les institutions de la modernité qui veulent la transformer en marchandise, c’est défendre sa force de vie contre tous ceux qui veulent la réduire à une force de travail.

 

On ne peut parler de défense territoriale en Amérique du Nord sans évoquer la colonisation. En effet, vivre au Canada ou au Québec c’est être sur des territoires volés dont la richesse repose depuis cinq siècles sur l’expropriation et l’appropriation de fragments des mondes colonisés (vie humaine, animale et végétale), dans le but de construire une puissance économique et étatique. La réalité coloniale de ces États est donc double : d’un côté leur légitimité revendiquée sur un territoire non-cédé et les bénéfices qu’ils en tirent, et de l’autre leur position dans l’économie-monde. Le processus de dépossession puis d’extraction, toile de fond de la colonialité du pouvoir, n’est rendu possible que par l’entrelacement de pratiques militaires et économiques assurant la mainmise sur les territoires périphériques du Québec, du Canada, comme sur ceux du Sud Global.

 

Contre ce mode spécifique d’organisation, les CDDT ont pour double objectif de faire réfléchir aux questions liées à la colonisation, à l’extractivisme, à la territorialité des luttes, etc. et de mettre en action des réseaux dans le but de s’opposer concrètement à des projets dévastateurs. Ce travail double exprime la volonté de construire une force populaire qui puisse réellement mettre un frein aux ravages sociaux, écologiques et culturels de cette économie. Il s’agit donc à la fois de construire des luttes qui affirment l’inséparabilité du social et du territorial, de l’écologisme et de la décolonisation et de créer de nouveaux modes relationnels, de penser une repossession commune non dépossédante qui brise les modalités coloniales.

 

Ainsi, depuis les derniers mois, le mot a commencé à circuler à travers les villes, les villages et les réserves que des comités commençaient à se fomenter, partageant les impératifs de la défense de l’eau, de la terre et de tout ce qui y vit, avec comme prémisse la reconnaissance des souverainetés traditionnelles autochtones. À divers endroits des groupes ont commencé à se former, de multiples actions ont été menées, des conversations ont été poursuivies, des perceptions communes et de nouvelles amitiés se sont créées. Ces comités sont avant tout un prétexte au foisonnement d’initiatives. Un outil de rencontre pour aiguiser nos sens, affûter nos sensibilités. Ils s’apparentent à un spectre, hantant jusque dans leur demeure les possédants et les gouvernants qui veulent aménager nos vies avec leurs projets de développement.

 

Cette volonté de défense et de décolonisation des territoires se répand actuellement dans une pluralité de luttes. Pour rendre ces résistances possibles et victorieuses, là où des forces supplémentaires sont nécessaires et désirées, il importe de poser sérieusement la question de la liaison. Ce qui lie, c’est l’affirmation de ce à quoi on tient, ce à quoi on rêve, les façons de vivre et d’être ensemble, les actes concrets de résistance qui en découlent – les grèves, les blocages, les occupations, les émeutes, les sabotages. C’est pourquoi les Comités de défense et de décolonisation participent, comme le SITT-IWW, à ce mouvement beaucoup plus vaste qui est celui de faire liaison. La simple possibilité de construire une force qui puisse arrêter de manière définitive la catastrophe de la modernité coloniale en dépend.

Solidarité,

Membre du CDDT,

X377647.

La qualité chez Ericsson?

Coupes dans le contrôle de qualité

Tout au long de mon parcours au sein du département des Services accès de Red Bee Media / Ericsson, j’ai développé une certaine ardeur à produire des sous-titres de grande qualité pour tous les publics, quel que soit le contenu du programme ou la chaîne qui le diffuse. La même chose peut être dite de mes collègues. On pourrait croire que ce genre de fierté à offrir des services de grande qualité aux téléspectateur.rice.s malentendant.e.s serait partagée et même encouragée par la direction des opérations. À la place, j’ai pu observer des coupures récurrentes dans les programmes de contrôle de qualité, sacrifiés en faveur d’une hausse des bénéfices. La logique qui sous-tend ces pratiques veut que tout le travail investi dans la révision, la relecture et l’amélioration de nos activités pourrait être plus “productivement” employé dans la production d’une plus grande quantité de sous-titres. Inévitablement, les sous-titres en ressortent de moindre qualité. Les coupures sont particulièrement prononcées dans les bureaux d’Amérique du Nord, à Montréal (QC) et Duluth (GA), qui sont nouveaux dans le paysage et qui ont été ciblés par les objectifs de réduction des coûts d’opération globale mis en place par la direction.

Dans le cadre de leurs activités de sous-titrage et des tâches administratives qui leur sont associées, les sous-titreur.euse.s sont régulièrement confronté.e.s aux derniers restes d’une infrastructure de contrôle de la qualité aujourd’hui moribonde. Avant d’aborder la question de l’infrastructure-même, il est important de comprendre qu’en termes de précision, le sous-titrage en direct est un processus particulièrement imparfait. Les sous-titreur.euse.s doivent prendre des décisions éditoriales à la volée et un logiciel de reconnaissance vocal peut s’avérer un ami inconstant. Les sous-titres en direct peuvent être soit créés à partir de rien par les sous-titreur.euse.s (i.e. “répétition en direct”), soit produits à partir de textes préparés et fournis par le diffuseur, ou (dans le cas de contenu répété) ils peuvent être des retransmissions de texte créé à l’avance. À l’origine, chez Red Bee Media / Ericsson, lorsque le texte devait être retransmis de cette manière, il devait être relu après la première transmission afin de s’assurer que toutes les transmissions suivantes auraient une précision presque parfaite. Aujourd’hui, ce processus n’a plus lieu. Le résultat est que les mêmes erreurs se répètent d’une transmission à l’autre. Les tentatives de corriger les erreurs à la volée sont souvent empêchées par des problèmes techniques. Au fil des ans, une réduction similaire des processus de relecture s’est mise en place en ce qui concerne le sous-titrage des programmes préenregistrés.

Ignorer les demandes des employé-es

Lorsqu’on se prépare à sous-titrer un programme en direct, chaque minute est précieuse. Néanmoins, les sous-titreur.euse.s disposent souvent d’une copie remplie de fautes de frappe et d’orthographe. Parfois, il se retrouvent aussi avec une mise en page étrange qui doit être méticuleusement modifiée afin de créer des sous-titres conformes aux lignes directrices et au style du client. Au courant de la dernière année, le temps de préparation alloué aux programmes sous-titrés en direct a été presque unilatéralement coupé de moitié. La direction a à plusieurs reprises ignoré les demandes du personnel de sous-titrage et de formation d’augmenter ce temps de préparation pour certains programmes en direct. Celle-ci soutient que les travailleur.euse.s vont “s’adapter” aux nouvelles exigences, alors que même les sous-titreur.euse.s expérimenté.e.s peinent à accomplir le strict minimum en termes de travail de préparation.

Chez Red Bee Media / Ericsson, la principale mesure de contrôle qualité mise en place pour garantir l’exactitude des sous-titres en direct est l’examen détaillé du travail des sous-titreur.euse.s. Dans l’aile britannique des opérations, établie depuis longtemps, les sous-titreur.euse.s sont examiné.e.s trois fois par mois: une fois par eux.elles-mêmes, une fois par un.e pair.e, et une fois par le personnel de soutien. Au cours de la dernière année, la direction des opérations nord-américaines a éliminé les examens par les pair.e.s et les autos-examens, et a éliminé le système qui assurait qu’une grande variété du travail était révisée. Les sous-titreur.euse.s ne disposent par conséquent que de très peu d’informations sur les améliorations à apporter à leur travail.

Un problème de contrôle de qualité me semble particulièrement flagrant. Il s’agit du cas d’un.e employé.e daltonien.ne qui avait de la difficulté à coloriser du texte pour les émissions britanniques. Cet.te employé.e s’est fait dire à plusieurs reprises que des accommodements d’accessibilité ne seraient pas fournis aux travailleur.se.s parce que la coloration du texte n’est pas une haute priorité pour les diffuseurs. Il convient de noter que les téléspectateur.rice.s, et non les diffuseurs, sont les utilisateur.rice.s de sous-titres. Dans de nombreuses régions, les changements de couleur sont la seule méthode utilisée pour indiquer un changement de locuteur. Le.a téléspectateur.rice a le droit de s’attendre à ce que les sous-titreur.euse.s essaient au moins d’utiliser les couleurs avec précision. Dans ce cas, la direction de Red Bee Media / Ericsson échoue doublement: elle échoue face à ses téléspectateur.rice.s ainsi que face à ses employé.e.s. L’attitude blasée de la direction des Services d’accès envers ses responsabilités en matière d’accessibilité à l’égard de ses propres employé.e.s donne une idée troublante de son attitude à l’égard des services d’accessibilité en général.

Désintérêt pour de possibles améliorations

Ces coupures, de même que la suppression d’un bulletin informant les travailleur.euse.s sur le secteur des services d’accès en général, soulignent le désintérêt de la direction à fournir des services d’accès de haute qualité à ses clients. La direction de Red Bee Media  et des services d’accès d’Ericsson a clairement indiqué que beaucoup des diffuseurs pour lesquels nous produisons des sous-titres ne se soucient pas de la qualité des sous-titres, et ont souvent utilisé ce raisonnement pour justifier les décisions visant à réduire ou éliminer les mesures de contrôle de qualité mentionnées plus haut. Le mépris de la direction de Red Bee Media / Ericsson pour les téléspectateur.rice.s qui utilisent son produit est clair.

Lorsque les travailleur.euse.s sont informé.e.s que l’amélioration de leur travail est une perte de temps, il y a quelque chose qui cloche – lorsque les téléspectateur.rice.s dans les communautés sourdes et malentendantes sont lésé.e.s par une priorité placée sur les profits aux dépens des individus, la blessure est doublement honteuse.

 

Le syndicat des sous-titreuses et des sous-titreurs de Montréal cherche actuellement à négocier sa première convention collective avec Red Bee Media / Ericsson, une entreprise qui a refusé de négocier à compter du 21 mars 2018. Les travailleur.euse.s demandent des salaires équitables et des pauses fondées sur les opérations globales, et la fin du modèle des quarts de travail exténuants présentement en place.

 

Solidarité,

Le syndicat des sous-titreuses et des sous-titreurs de Montréal.

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