Diminution de la taxe scolaire: la CAQ souhaite un joyeux noel à ses chums plein de cash

Le projet de lois visant à ‘’uniformiser’’ la taxe scolaire arrive juste à temps pour que les richissimes du Québec puissent se gâter encore un peu plus à Noël. Et nous? Qu’on mange de la marde.

 

Jusqu’à maintenant la taxe scolaire était comprise comme un taux fixe par région, basé sur l’évaluation d’une propriété (résidentielle ou commerciale). C’est-à-dire qu’à Montréal, par exemple, chaque propriétaire devait payer 0,18 cents par tranche de 100$. Les propriétaires d’une maison évaluée à 300 000$ payaient donc annuellement quelque 540$ afin de financer la commission scolaire de son territoire. Plus la résidence est grosse, plus la résidence coûte cher, plus on peut imaginer que ses propriétaires ont de l’argent et donc plus le compte de taxes est élevé.

 

Or, ce sont des économies substantielles que ce nouveau projet de loi déposé le jeudi 6 décembre dernier à l’Assemblée nationale permettra de faire à nos patrons qui pourront dès lors, payer encore moins d’impôts.

 

Le Journal de Montréal révélait cette semaine que la famille Desmarais, uniquement pour son manoir du domaine Sagard, verrait son compte de taxes baisser de 169 000$ à 57 000$ par année. En incluant quelques-unes de leurs autres propriétés, on parle d’une économie de plus de 146 000$ pour la famille la plus riche du Québec.

 

Robert Gratton, ex-président de la Financière Power (appartenant elle aussi à la Power Corporation des Desmarais) dont le domaine est évalué à 30,4 millions, verra quant à lui son compte de taxes allégé de 25 000$.

 

Pour Julia Posca, chercheuse pour l’IRIS, il s’agit d’une taxe régressive qui ne va que contribuer à creuser le déséquilibre entre les ménages québécois.

 

Rage et solidarité,

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Infirmières en mouvement

Depuis l’hiver dernier, plusieurs infirmières de toutes les régions du Québec se mobilisent dans leurs milieux afin d’améliorer leurs conditions de travail. À l’hiver dernier, le témoignage public d’une infirmière a lancé une vague de dénonciations, de conscientisation et d’actions collectives faites par les infirmières. Leurs revendications? L’amélioration de la qualité de vie au travail et de la qualité de vie de leurs patient.es. Elles revendiquent, entre autres, la fin du temps supplémentaire obligatoire (TSO), des ratios infirmières-patient.es plus sécuritaires, l’accès à plus de matériel de soin pour les patient.es.

Afin de mieux comprendre leur quotidien, des membres du personnel soignant de l’Outaouais ont publié Le livre noir des urgences de l’Outaouais (2018) dans lequel on retrouve des dizaines de témoignages dont en voici quelques extraits :

J’ai de la difficulté à regarder dans le blanc des yeux mes patients et leur famille et de leur dire que tout va bien aller, peu convaincue moi-même que tout ira bien. (Témoignage, p. 13)

Ce soir comme plusieurs autres, j’ai mis ma licence de travail en jeu. Heureusement, je suis vigilante et perfectionniste. Mais ce soir, j’ai eu honte et j’étais insatisfaite des soins donnés à mes patients. Je ne pensais jamais devoir répondre à mes patients qui me demandaient de changer leur culotte souillée depuis 1 heure : « désolé, je vais devoir revenir, nous sommes à court de personnel, mais je vous promets qu’aussitôt que j’ai 5 minutes, je reviens vous voir »! Sérieusement, c’est inacceptable, je ne traiterais jamais un membre de ma famille de cette façon! (Témoignage, p. 39)

Le gestionnaire du département s’avance avec son « expression de pitié » collée au visage (comme à l’habitude) pour demander si l’on accepte de rester « un petit 4 heures ce matin » ? Il s’avance devant ma collègue pour lui parler, elle lui exprime son refus de rester ce matin, mais il insiste. Ma collègue me demande si elle est obligée […]. (Témoignage, p. 18)

À l’urgence, nous nous sommes toujours entraidés, pas seulement comme une équipe, mais comme une famille. Dernièrement, la surcharge de travail devient tellement lourde que nous ne pouvons même plus nous soutenir. (Témoignage, p. 9)

Il est temps de crier: ÇA SUFFIT. C’EST NON! (Témoignage, p.11)

 

Contrairement à plusieurs initiatives dans le milieu du travail, cette mobilisation vient de la base; pas des centrales syndicales, ni des politicen.nes, ni d’un projet douteux de gestionnaire. Les infirmières prennent par elles-mêmes les moyens qui leur conviennent pour se faire entendre et changer les dynamiques de pouvoir qui nuisent à leur profession. Parmi les différents moyens qu’elles ont pris, certains sont illégaux, d’autres plus artistiques, d’autres, offensifs. En voici quelques exemples :

-Manifestations locales avec le soutien de la population;

-Micro-ouvert et témoignages publics: les infirmières sont généralement sanctionnées quand elles prennent la parole publiquement;

-Sit-in aux changements de quarts contre le travail supplémentaire obligatoire (illégal);

-Auto-dénonciation : Les infirmières ont un ordre professionnel qui doit techniquement protéger la sécurité de leurs patient.es. Elles ont, par centaines, contacté leur ordre pour se dénoncer elles-mêmes étant donné que les conditions de travail mettent en danger les patient.es. Cette action a forcé leur ordre à prendre position publiquement en leur faveur;

Leur lutte est un exemple de ce que les travailleuses et travailleurs peuvent faire par elles-mêmes, pour elles-mêmes. On parle plus rarement des campagnes dans les secteurs à majorité de femmes, ou encore dans les emplois de soin, historiquement laissés aux femmes. Si certaines personnes trouvent les mobilisations en soin de santé moins frappantes ou radicales parce qu’elles ne brandissent pas de gun à clous en faisant un piquet de grève, il n’en reste pas moins qu’elles font une lutte de la base, ancrée dans leurs milieux. Elles politisent leur quotidien, prennent du pouvoir sur leurs milieux de travail, améliorent leurs conditions et celles de notre système de santé.

Solidarité avec les infirmières, les infirmiers et tout le personnel de soin de santé!

 

Joëlle Dussault

1er novembre 2018 pour La Sociale, le journal des travailleuses et travailleurs du communautaire.

 

Crédit Photo: Cédric Martin

 

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L’absurdité du monde: Le logement

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler un peu de logement, du besoin de base de se loger, de gentrification et de spéculation immobilière. Vite de même, je dois avouer que ça a l’air extrêmement PEU intéressant, mais nous allons essayer de rendre le tout un peu plus dynamique. Voyons voir ce que ça va donner.

Pour commencer, j’aimerais bien parler du principe de propriété privée. En effet, il y a un moment dans l’histoire de l’humanité durant laquelle des gens ont commencé à mettre des clôtures autour de leur lot de terre et commencé à dire que c’était leur propriété. C’est un peu à ce moment-là, qu’a commencé à naître le merveilleux système capitaliste que l’on connaît aujourd’hui avec ses règles qui se définissent un peu comme ceci ; « Au plus fort la poche » et « La main invisible du marché contrôle la loi de l’offre et de la demande ».

Auparavant, nous vivions dans un système féodal, c’est à dire un système dans lequel il y avait des seigneurs qui offraient la protection et un lot de terre aux vulgaires paysans en échange de ce qu’on pourrait appeler différents types de taxes : « Taxes sur la production de la terre que l’on doit au seigneur », Journées de corvée sur la terre du seigneur, défense de la seigneurie lors d’attaques, etc… Et le système continuait en hiérarchie comme ça, avec les seigneurs qui avaient aussi des obligations envers des nobles, des nobles qui avaient des obligations envers les rois, etc… Puis un jour, ce système s’est retrouvé complètement vide de sens, puisque toutes les charges pesaient sur les paysans et de leur côté, les seigneurs commençaient à accumuler de plus en plus de seigneuries et négligeaient leurs obligations envers les paysans. Différentes révoltes (Révolution Française, Rébellion des patriotes) ont fini par tuer ce système et ont instauré un système capitaliste dans nos sociétés occidentales.

Maintenant j’aimerais qu’on image le tout ici en pensant à son propriétaire qui fait sa ronde le pre mier du mois pour venir ramasser les loyers des locataires. Premièrement,  on va se le dire, y a-t- il quelque chose de moins agréable que ce moment ‘’awkward’’ où le proprio vient se pavaner pour ramasser son dû ? Et j’aimerais bien ici qu’on marque la ress emblance entre le seigneur qui vient chercher ses sacs de grains chez les paysans et celui du proprio qui vient ramasser ses loyers. Ne trouvez-vous pas que la ressemblance est frappante ? Et tout comme dans le régime seigneurial, il est assez rare de réus sir à trouver un proprio qui s’acquitte bien de ses obligations envers ses locataires. Je crois qu’à peu près tout le monde qui a déjà eu un proprio sait ce qu’il en est lorsqu’il est question de rénovations faites par le beau-frère  peddler  parce qu’on va  sauver de l’argent ou des bons vieux « J’vais régler ça bientôt, inquiètes-toi pas. »

À partir de quel moment dans l’histoire, on s’est dit qu’on allait laisser des besoins de base humains (se vêtir, se nourrir, se loger) entre les mains de capitalistes d ont le seul but est de tirer un profit ? À quel moment on s’est dit qu’on allait laisser des gens spéculer sur nos besoins de base ? Voilà ce que je trouve scandaleux : Des gens qui s’enrichissent sur le dos des gens avec des trucs que tout le monde a beso in au final. Pourquoi accepte-t-on que des gens s’enrichissent en vendant de la nourriture en aimant mieux la gaspiller pour faire monter sa valeur que de la donner à des gens dans le besoin ? À quel moment on  s’est dit qu’on allait  parker  les gens dans  des immeubles appartenant à un capitaliste X et qu’il allait en tirer un profit ?

Bref, tout ça me fâche à un haut niveau car ça fait ressortir le conflit d’intérêts sur lequel se base le système en place et dont je vous reparlerais probablement dans une prochaine chronique. Mais posons-nous la question sur les intérêts des partis en présence. Quel est l’intérêt du locataire ? Payer le moins cher possible pour avoir un logement de qualité. Maintenant quel est l’intérêt du propriétaire d’immeuble ? Faire le plus d’argent possible et comment fait-on le plus d’argent possible ? En ayant les loyers les plus élevés et le moins de dépenses possibles. Bref, quel intérêt a le propriétaire d’effectuer les réparations rapidement, d’avoir des espaces communs propres, d’offrir un service de qualité à ses locataires ? Aucun, sauf si ça lui permet d’amasser encore plus d’argent, mais on s’entend que mise à part les immeubles de luxe où le prix des loyers permet aux proprios d’offrir un bon service tout en s’enrichissant, ce n’est pas le cas des immeubles dans la plupart des quartiers populaires.

Maintenant, si on continue dans cette logique, on pourrait aborder le sujet de la spéculation immobilière qui vient créer le phénomène de gentrification. La spéculation immobilière c’est lorsque des gens achètent des terrains ou des immeubles dans le but d’en faire un investissement et donc de s’enrichir. C’est quelque chose de propre au système capitaliste. Ça fait en sorte que des capitalistes achètent des immeubles vides en espérant seulement les revendre à un meilleur prix. Ça fait aussi en sorte que pendant que des milliers de sans-abris dorment dans les rues, des centaines d’immeubles sont vides et n’ont aucune utilité autre que de se faire vendre pour un meilleur prix que l’achat. Vous trouvez ça normal vous ? Et surtout, n’essayez pas d’aller installer un squat dans ces immeubles parce que vous allez apprendre rapidement à connaître les chiens de garde de la propriété privée dans notre société, et j’ai nommé : la police. Rien à foutre que tu ne sois même pas capable de te loger, nous autres on fait respecter la loi du plus fort et on va protéger cet immeuble vide et inutile contre ta dangereuse intrusion humaine. Point barre.

Ensuite le seul intérêt des spéculateurs immobiliers est évidemment le profit. Et quoi de mieux que de faire monter la valeur des propriétés dans un quartier pour maximiser son profit ? Voilà, d’où nous vient également le phénomène de gentrification des quartiers. La gentrification c’est quand la population d’origine d’un quartier populaire en est chassée par l’arrivée d’une nouvelle classe plus riche, ce qui fait augmenter les loyers de tout le monde et pousse les populations pauvres et marginalisés à l’extérieur. Voyons voir ce phénomène d’un point de vue d’un spéculateur immobilier.

On a donc par exemple le propriétaire d’un terrain dans Hochelaga-Maisonneuve dont le but est de le vendre pour maximiser son profit. Son terrain prend de la valeur si ce qui l’entoure en prend aussi. Donc comment faire prendre de la valeur au terrain ? On construit des condos aux endroits où il y avait des immeubles locatifs : ça chasse les pauvres, qui n’ont pas les moyens de s’acheter un condo et ça crée plein de petites propriétés au lieu d’une grosse, ça fait donc augmenter les taxes municipales et plus il y a de taxes, plus on peut le refiler aux locataires. Ensuite moins il y a de pauvres, de marginaux et de commerces bas de gamme, plus la valeur de la propriété sur le marché augmente. M’sieur le spéculateur a donc tout intérêt à ce qu’il y ait plus de police et plus de règlements pour chasser les marginaux et les sans-abris du quartier, parce que ça fait grimper la valeur de sa propriété encore plus. Et voilà donc comment nos chiens de garde de la propriété privée, la police, vient encore intervenir dans ce processus.

La gentrification, donc, ça profite à qui exactement ? À personne d’autres qu’aux spéculateurs immobiliers. Point barre. Maintenant, j’aimerais finir avec ceci, Ne serait-il pas temps de penser à une société où personne ne peut s’enrichir sur le dos de la population avec des besoins de bases ? N’est-il pas complètement immoral de s’enrichir de cette façon ? Eh bien, dans le merveilleux monde du capitalisme, la morale, ça n’existe pas, ce sont les profits des riches qui comptent. Le capitalisme c’est crosser le monde ou se faire crosser. C’est vraiment ça qu’on veut ? Je vous laisse là-dessus.

Dans ma prochaine chronique, parce que tout est dans tout, je vais justement vous parler d’une  personne qui n’avait pas payé son loyer et que ça lui était retombé dessus en 2012. Je parle de Gabriel Nadeau -Dubois, ou plus précisément de  ces supposés syndicalistes qui finissent par se présenter aux élections et essaient de changer le système de l’intérieur.

 

Éric

 

Contenu original: Action en Direct
C
rédit Photo: AtlasMedia
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17 mois de lock-out chez GMC Bérubé à Rivière-du-Loup

Ça fait déjà 17 mois que les employé.e.s de chez GMC Bérubé à Rivière-du-loup sont en lock-out et font du piquetage devant le garage à raison de vingt heure par semaine. Ils étaient 13 au début, mais depuis, 3 ont déposé leur démission face à l’arrogance du boss, le qualifiant de vieux bonhomme orgueilleux qui doit toujours avoir raison. Ce sont tous les mécanicien.nes, travailleurs et travailleuses à la carrosserie et préposé.e.s aux pièces qui sont maintenant sans emploi. Parmi ces employé.e.s, plusieurs ont de 30 à 35 ans de service pour ce garage et certain.e.s sont agé.es de plus de 60 ans. Mettre à la porte des personnes presque retraitées et ayant offert leur travail pendant toute ces années, sans jamais profiter de la plus-value bien sûr, c’est faire dans le sale et cupide. Il ne reste en ce moment que les gérant.e.s et les vendeur.se.s dans l’établissement. Pour les garanties, la compagnie envoie les client.e.s à Montmagny ou à Rimouski.

La convention collective est arrivée à échéance en février 2016. En juillet, le boss a laissé cinq jours aux employé.e.s pour décider s’il.elle.s voulaient ‘‘négocier’’; ou alors, c’était le lock-out. Pour commencer les négociations, le patron a dit: «va falloir que vous me consentiez une baisse de  5,5 % dans le fonds de pension et deux années de gel salarial, sinon, on perdra pas de temps à discuter.» Avec des prémisses de la sorte, on s’entend que le mot négociation vient de prendre une claque. En gros, il leur demande de laisser tomber leurs acquis. La raison de cette demande: il doit rester concurrentiel. Évidemment, l’option de baisser son propre salaire n’en était pas une mais en plus, la compagnie est déjà concurrentielle. À titre d’exemple, Volkswagon charge 99$/h alors que GMC Bérubé demande 94$/h actuellement. Au niveau l’aspect concurrentiel, on repassera.

En juillet dernier, les employé.e.s ont finalement consenti à un gel de salaire mais pas à la baisse de pension. Chose que le boss a refusé. Résultat: les négociations n’ont pas été reprises. Il est important de rappeler que le fond de pension a déjà été coupé de 5% en 2009. Après négociations, il.elle.s avaient finalement acceptés de couper leur salaire de 1% par années sur cinq ans et de garder le fond de retraite.

Un autre retour à la table des négociations était prévu le 28 septembre 2017. Le boss offrait deux scénarios (toujours AVANT de commencer les négociations):

1- Acceptation de la baisse de 5% du fond de pension.

2- On garde le 5% de fonds de pensions, mais on coupe de 4% sur le salaire indexé à l’année 2016.

 

On pourrait vite croire que c’est quatre 25 sous pour un dollar. Et bien non, c’est pire! Parce qu’en 2016, la CSN (qui représente tou.te.s les autres syndiqué.e.s des concessionnaires de la région) a obtenu un gain de 2,5% de salaire. Ce qui veut dire que les employé.e.s de GMC Bérubé devraient perdre 4% de leur salaire + le 2,5% qu’il.elle.s n’ont pas obtenu comparativement aux autres travailleur.se.s de la région. On parle donc plus d’une baisse de salaire de l’ordre de 6,5%. Encore un osti de boss pernicieux et malhonnête. Bien sûr, le syndicat et ses membres ont refusés et les négociations sont au point mort.

Comme il.elle.s sont en lock-out depuis 15 mois, les employé.e.s n’ont donc plus droit au chômage. En septembre, il.elle.s ont demandé au boss de les faire rentrer pour au moins faire leur timbres de chômage. Le boss a offert d’en reprendre 3 pour les besoins urgents. Cette offre a été refusé : C’est tout le monde ou personne. Un bel exemple de solidarité. Pour ce qui est des autres travailleur.se.s des concessionnaires automobile de la région, syndiqué chez CSN, il.elle.s ont appuyé les employé.e.s de chez GMC Bérubé par un dîner hot-dog et un piquetage d’une journée pour offrir plus de visibilité au cours de l’été.

Le problème de ce conflit est qu’avec la perte de la bannière GMC dans son autre garage à Trois-Pistole, le boss a reçu un gros montant d’argent compensatoire et il a les reins solides pour encaisser un long conflit de travail. Il n’est donc pas pressé de retourner à la table des négociations.

Parce que le monde de «crosseurs» est petit, imaginez vous que le malfrat propriétaire est très «chummy chummy» avec les propriétaires de concessionnaires automobile du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Jean Dumas Multiconcessionnaires et Groupe Couture). Ces même salauds qui ont mis en lock-out plus de 450 employés pendant 35 mois. Apparemment une pratique coutumière

dans le milieu. Sans oublier l’utilisation de Scabs. Jean Dumas Multiconcessionnaires avait à l’époque racheté un garage indépendant pour y faire faire ses travaux en période de lock-out. Comme il s’agit d’un nouvel établissement, ce dernier était légal devant la loi. Dans le cas de GMC Bérubé, le pauvre patron n’a pas les moyens de se payer un autre garage (à Rivière-du-loup, parce que bien sûr, il en possède un autre à Trois-Pistole). Il a donc engagé son fils pour être le gérant aux pièces du garage et ainsi pouvoir continuer ses opérations. Il a heureusement perdu en court pour cause d’usage de briseurs de grève. Une belle histoire de famille tout ça : Le grand-père qui sert de capital, le père qui sert de main de fer et le fils qui sert de scab… comme quoi les pommes pourries tombent jamais bien loin de l’arbre.

Pour finir, il sera intéressant de suivre de près le groupe Couture qui vient d’acheter la compagnie ClicheAuto en Beauce et qui laisse à présager le même scénario de lock-out sous peu…

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On s’laissera pas faire! Près d’une centaine de manifestant-es défilent dans Centre-Sud.

Face aux coupures dans le financement, divers organismes communautaires montréalais se sont réunis
hier dans le but de faire connaître leur mécontentement. Une manif fut organisée en collaboration avec
l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), le Groupe d’intervention par les pairs (GIAP) et plusieurs camarades du SITT-IWW Montréal afin de manifester leur soutien et de joindre leurs voix à celles des travailleurs et travailleuses du secteur qui en ont plus que marre de
devoir déshabiller paulette pour habiller pierre! En chanson, le groupe Union Thugs s’est fait porte voix
de la cause défendue en cette journée, et le groupe SOS Itinérance s’est chargé de nourrir les affamé-es
qui ont sillonnés les rues du Centre-Sud.

Cette année, c’est le Festival d’Expression de la Rue [FER] qui a fait les frais des ciseaux aiguisé du
gouvernement Trudeau, pourtant ce ne sont pas les sous qui manquaient (500 millions de dollars) pour
célébrer, l’espace d’une journée, les 150 ans de la fédération canadienne: triste héritage colonial du
raciste John A. Macdonald. Compte tenue des réductions constantes dans les budgets alloués par les
différents paliers gouvernementaux, les travailleurs et travailleuses du GIAP, comme d’autres, ont dû
faire des choix déchirants: « dans un contexte où nous peinons à maintenir nos services réguliers, nous
manquions de ressources pour organiser le festival. » Au municipal, on ajoute l’insulte à l’injure en
investissant des dizaines de millions de dollars dans des frivolités telles que la formule e et l’illumination d’un
pont rouillé aux os. On sent bien que malgré ses belles paroles, le maire Coderre se fout bien des impacts sur
la population de ses choix financiers digne d’un enfant roi dans un Toys-R-Us pour milliardaire… C’est
pourquoi la 21e édition du FER n’aura pas lieu en 2017.

Le FER c’est une tradition, un lieu de réjouissance mais aussi d’échange: un des rares espaces publics
où les gens.es de la rue peuvent se sentir inclus et non chassés par des gardes de sécurité en quête
d’émotions fortes. D’ailleurs, cette situation se fait de plus en plus sentir dans le bas de la ville avec les
divers projets de ‘’revitalisation’’ des espaces publics tel que le méga projet des ‘’Jardins Gamelins’’ qui a servi à mettre en place un système d’apartheid social en retirant de force l’accès à la place Émilie-Gamelin aux personnes itinérantes qui y séjournaient depuis toujours.

C’est donc pourquoi nous avons pris la rue, pour ceux et celles qui y vivent, y travaillent et l’on a cœur.
C’est aussi pourquoi nous croyons qu’en tant que membres du SITT-IWW nous devons tisser des liens
forts avec toutes celles et ceux qui se battent quotidiennement pour assurer la santé et la sécurité des
population stigmatisés par les gouvernements capitalistes, les banquiers, les patrons et les riches
propriétaires. Ensembles nous crions: On s’laissera pas faire!

Kacim

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Près d’un millier de manifestant-es pour la journée internationale des travailleurs et travailleuses

 

Dans le cadre du 1er mai 2017, alors que les centrales syndicales envoyaient leurs permanent-es et salarié-es distribuer des tracts, le IWW ainsi que de nombreux groupes se mobilisèrent pour une journée de lutte, de solidarité ouvrière et de combat. Au programme; occupation des bureaux d’agences de placement, repas populaire et manifestation du quartier Centre-Sud jusqu’au Centre-Ville où la police nous attendait de pied ferme!

Occupation des bureaux des bureaux de Thompson Tremblay et de ManPower Solutions de Recrutement

Cette année le coup d’envoi de la journée internationale des travailleurs et travailleuses à été donné dès midi pour les membres du Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) de Montréal et de l’Association des Travailleurs et Travailleuses Temporaires d’Agences de Placement (ATTAP) qui sont allés occuper les bureaux de Thompson Tremblay et de ManPower Solutions de Recrutement, deux agences de placement.

Les agences de travail temporaire se spécialisent pour offrir de la main-d’œuvre flexible aux entreprises. Essentiellement, cela transforme la relation patron-employé en une relation triangulaire de patron-agence-employé. Les agences permettent aux entreprises de réduire leurs coûts de production par une réduction du personnel comptable ainsi que l’évasion du paiement des avantages sociaux et des protections garanties par les normes minimales du travail telles que les cotisations à l’assurance-emploi, l’assurance en cas d’accidents de travail, les congés parentaux, ainsi que celle pour les aidants naturels, les régimes de retraite, les vacances, etc. Elles limitent aussi le droit à la syndicalisation, le droit à la négociation directe avec le patron pour avoir une convention collective de travail et le droit de faire la grève comme mécanisme de défense. Les travailleurs et les travailleuses victimes de ce procédé n’accumulent aucune ancienneté, n’ont pas de minimum d’heures de travail garanti ni de sécurité d’emploi et ne bénéficient d’aucune augmentation de salaire annuelle. Depuis la perturbation de la conférence de l’ACSESS le 5 avril 2017, nos conditions de travail ne se sont pas améliorées. Nos revendications restent donc les mêmes:

L’augmentation immédiate du salaire minimum à 15$/heure, l’embauche obligatoire des travailleurs-euses d’agence par l’entreprise cliente après trois mois de service, la co-responsabilité des agences de placement et des entreprises clientes en ce qui concerne les normes du travail et de santé-sécurité, le même salaire pour les travailleurs-euses d’agences que pour ceux et celles qui sont embauché-e-s directement par l’entreprise cliente.

Repas populaire dans le quartier Centre-Sud
Malgré la pluie, ce sont près de 200 personnes qui se sont regroupées au Parc Médéric Martin en début d’après-midi.  Abrité-e-s par les tentes de SOS Itinérance et réchauffé-e-s par la nourriture fournie par le Café Coop Touski, les membres de notre dévoué syndicat, mais aussi ceux du Mouvement Action Chômage, du Comité Logement du Plateau Mont-Royal, du Collectif Opposé à la Brutalité Policière, de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), du Syndicat des Étudiant-es Travailleurs et Travailleuses de l’UQÀM, de Solidarité Sans Frontière, de l’Association Facultaire des Étudiant-es en Sciences-Humaines de l’UQÀM, ainsi que de divers collectifs Antifascistes présents dans le quartier comme le RASH, le Montreal SisterHood et la Jeune Garde ont profité de ce rassemblement communautaire.

Le thème de la journée? La coupe est pleine! Alors que le coût de la vie augmente sans arrêt, les services publics se font tronçonner. Les personnes assistées sociales subissent des attaques sauvages. Il y a la menace d’une réforme des Normes du travail à la sauce patronale qui nous guette, et pour ajouter l’insulte à l’injure, tandis que syndicats et groupes communautaires réclament un salaire minimum à 15$ de l’heure, les boss et l’État répondent : vous ne valez guère plus de 11,25$/h.

Comme si ce n’était pas suffisant, le climat social se dégrade. Les discours racistes ont de vastes tribunes. On maltraite la différence. Les crimes haineux visant les femmes, les musulman.es et la communauté LGBTQIA* se multiplient. Nous ne tolérons pas ces discours de haine qui se propagent autant dans les médias, les milieux de travail et nos communautés.

Manifestation du Métro Frontenac au Centre-Ville

Finalement rejoint par le Pink Bloc et des groupes anti-gentrification du quartier Hochelaga-Maisonneuve, c’est sous le thème de l’antifascisme et de l’ouverture des frontières plutôt que du repli sur sois que la manifestation se mit finalement en branle à 17h40. Fanfare, drapeaux, fumigènes et feux d’artifices animèrent la rue Ontario du métro-Frontenac jusqu’à la Grande Bibliothèque au métro Berri-UQÀM ou les manifestant-es prirent les rues du Centre-Ville afin d’aller rejoindre la grande manifestation organisée par la Convergence des Luttes AntiCapitaliste (CLAC). Si les participant-es de cette dernière avaient déjà eu à se défendre d’une première charge policière à la place Ville-Marie, l’arrivée du contingent antifasciste et syndicaliste révolutionnaire donna un second souffle à la manifestation qui continua jusqu’à passé 20h le soir dans les rues du Centre-Ville.

Au moment de publication, on ne comptait qu’une seule arrestation. Tous nos remerciement aux équipes d’avocat-es de Desmarais & Desvignes et Ouellet Nadon et AssociéEs qui s’unirent pour faire la veille légale de nos membres.

 

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Être syndiquée IWW et être travailleuse autonome…

J’ai entendu à plusieurs reprises des questionnements sur l’enrôlement de travailleurs ou travailleuses autonomes au sein du IWW et j’aimerai y répondre en partie ici.

De 1, le IWW syndique tout le monde (sauf les patrons entre autres), autant les itinérant-e-s, que les prisonnier-e-s ou travailleurs et travailleuses du sexe que des étudiant-e-s ou chômeurs et chômeuses ou gen-t-es sur le bien-être social ou même encore toute personne travaillant dans une industrie particulière. Alors pourquoi pas les autonomes aussi. Ce sont, au final, des employé-e-s du système aussi.
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Sept mythes à propos de Postes Canada

Affiché le 30 juin 2016 sur rankandfile.ca
Par Doug Nesbitt et Dan Darah (traduit avec l’autorisation des auteurs)

Sous l’ombre d’un nouveau lock-out ou d’une nouvelle grève chez Postes Canada, le patronat cherche de nouveau à miner la confiance du public dans le service des postes public en faisant appel à une campagne de désinformation envers les travailleurs et travailleuses des postes. Voici sept mythes à propos de Postes Canada que vous entendrez répéter dans les journaux et à la télévision, autour de la table à manger ou lors de votre pause cigarette, et par des politiciens et des patrons. Une version de ce document est disponible (en langue originale) sous forme de tract ou d’affiche. Une bonne façon d’afficher votre soutien.
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La moitié des canadien.nes sont à 200$ près de ne pas y arriver

CALGARY- Un récent sondage réalisé au courant du mois de janvier suggère que près de la moitié des Canadiens sont à 200$/mois de ne pas réussir à payer leurs comptes et faire les versements minimaux requis pour payer leurs dettes.

Le sondage Ipsos Reid annonce aussi que près du quart des 1,582 personnes contactées sont déjà dans l’incapacité de faire leurs paiements.

31% des répondants au sondage en ligne, réalisé entre le 27 et 29 janvier 2016 pour le compte de MNB Debt, déclarent, entre autre, que la moindre augmentation des taux d’intérêts pourrait les pousser à la faillite personnelle.

Ipsos Reid a mené le sondage environ une semaine après que le Directeur Parlementaire du Budget ait publié un rapport dévoilant que le Canada a connu la plus grande augmentation de la dette des ménages par rapport au revenu, de tous les pays du G7 depuis 2000.

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Parlons-en du salaire minimum !

Une réticence quant à son augmentation

La principale réticence au 15$ de l’heure comme salaire minimum est que l’augmenter équivaudrait à couper dans les emplois et/ou augmenter les prix.

Cette demande d’augmentation effraie les principales industries où les employé-e-s sont payé-e-s au salaire minimum, à savoir : le commerce de détails, l’hébergement et la restauration1 car elles ont peur que leur survie en dépende et qu’elles doivent alors mettre à pied des employé-e-s et/ou la clé sous la porte.

Selon l’étude2 des professeurs Michael Lynn et Christopher Boone, même lorsque les restaurants augmentent leurs prix en fonction de l’augmentation des salaires de leurs employé-e-s, il n’y a pas de changement notable dans l’affluence de la clientèle ni même dans le profit des restaurateurs et donc, pas non plus dans le nombre d’employé-e-s. En fait, ils ont même assisté à une productivité plus grande de ces derniers.
Encore selon une étude3 menée en Pennsylvanie et au New Jersey par les professeurs David Card et Alan Krueger, l’augmentation du salaire minimum n’amène à aucune perte d’emploi.

Et pour finir, selon l’analyste économique David Cooper4, en fait, augmenter le salaire minimum pourrait même amener à la création de plus d’emplois en plus d’augmenter modérément l’activité économique.

L’argumentaire selon lequel l’augmentation du salaire minimum engendrerait une perte d’emploi, des pertes de profits ou même handicaperait l’économie en général tombe alors. L’austérité ou la peur de la faillite ne sont donc plus des arguments pour refuser l’augmentation du salaire minimum.

L’importance de l’augmentation du salaire minimum

Selon Philippe Hurteau et Minh Nguyen, chercheurs à l’IRIS, “pour une personne seule vivant à Montréal, un salaire de 15.38$ de l’heure est nécessaire [afin d’avoir un salaire viable]5

En effet, le salaire minimum au Québec de 10.55$ ne permet pas à un travailleur ou une travailleuse exerçant son emploi à temps plein, de répondre à tous ces besoins, même les plus fondamentaux, car ils et elles se retrouvent sous le seuil de pauvreté. L’augmentation à 15$ de l’heure permettrait à cette population de travailleurs et travailleuses pauvres, car c’est ce qu’il est en, d’atteindre une qualité de vie décente, viable.

En 2015, travailler à temps plein à 10.55$ de l’heure équivaut à gagner 21 944$ par année. Le seuil de pauvreté se situe à 22 831$ par année (en 2014). Avec 15$ de l’heure, le revenu annuel passerait alors à 28 800$, soit à peine 6 000$ au-dessus du seuil.
On est donc loin du compte si l’on constate que le 1
er mai 2016, le salaire minimum augmentera à 10.75$ de l’heure, soit de 0.20$ par heure. Apparemment, cette augmentation (de 1.9%) sera plus grande que l’inflation (de 1.5%) mais il reste que le coût du panier d’épicerie augmentera d’entre 2% et 4%6 en 2016, et cela sans parler des coûts d’énergie qui augmentent eux aussi, le prix du transport en commun etc.

Le nombre de travailleurs et travailleuses au salaire minimum au Québec est passé de 163 500 en 1998 à 210 200 en 20147, et, contre la croyance populaire, plus de la moitié de ces employé-e-s ne sont pas étudiant-e-s et travaillent à temps plein. On assiste ici à une augmentation importante de travailleurs et travailleuses pauvres qui doivent cumuler plusieurs emplois afin de pouvoir boucler leur mois et répondre à leurs besoins primaires nécessaires à leur survie.

Travailleurs et travailleuses pauvres

C’est en effet une réalité aujourd’hui au Québec. Le travail n’est pas synonyme de viabilité et encore moins de dignité car il est souvent aussi synonyme de peu de vacances et de ne pas tomber malade (avec peu de repos au nombre de congés auquel ils et elles ont droit). On ne parle même pas ici des salarié-e-s au pourboire qui ne touche que 9.05$ de l’heure (et qui toucheront 9.20$ le 1er mai 2016) et qui vivent des aléas de la bonté et affluence des client-e-s sur leur milieu de travail…

Un salaire minimum à 15$ de l’heure, ce n’est pas du luxe !

C’est tout juste viable !

1 Selon l’Institut de la Statistique du Québec, ministère du Travail du Québec (ISQ)

2 Have minimum wages increases hurt the restaurant industry? The evidence says NO! du Dr. Michael Lynn et du Dr. Christopher Boone de la Cornell University’s school of Hotel Administration.

3 Minimum wages and employment: a case study of Fast Food industry in New Jersey and Pennsylvania des professeurs David Card et Alan Krueger

4 Raising the federal minimum wage to $10.10 would lift wages for millions and provide economic boost de David Cooper, 19 décembre 2013

5 Quel est le salaire viable ? Calcul pour Montréal et Québec en 2015 de Philippe Hurteau et Minh Nguyen, chercheurs à l’IRIS, avril 2015

6 Selon Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires de l’Université de Guelph

7 Chiffres tirés de l’ISQ