, , , , ,

Déclaration de solidarité avec la grève étudiante québécoise!


Les membres du Syndicat Industriel des Travailleuses et des Travailleurs (SITT-IWW) de l’ensemble du Canada appuient solidairement toutes les étudiantes et les étudiants ainsi que les travailleuses et les travailleurs du Québec qui s’opposent courageusement à la hausse des frais de scolarité, cette offensive capitaliste contre la classe laborieuse soutenue par le gouvernement à l’âge de l’austérité.

En bloquant les cours et en descendant souvent, et parfois par centaines de milliers, dans les rues, les personnes qui se mobilisent dans la lutte au côté des membres de notre syndicat qui s’y impliquent activement montrent au reste du Canada que l’action directe peut réellement porter fruit.

Le SITT réclame par la même occasion que la police cesse d’attaquer les médias indépendants du Québec, particulièrement Concordia University TV (CUTV). Leur travail de transmission vidéo en direct est essentielle aux changements démocratiques que nous encourageons.

Le SITT réclame aussi que le gouvernement provincial abroge la loi spéciale 78 qui suspend la liberté d’expression, la liberté d’assemblée et le droit de ceux qui luttent de défendre leurs choix par rapport à l’avenir que devrait avoir l’éducation au Québec. Le gouvernement doit entendre et reconnaître les bien fondés des revendications du mouvement et y répondre lors de négociations et non pas de légiférer de manière répressive pour mettre fin au conflit et rétablir la “paix sociale” par la force.

Le Comité Canadien d’Organisation Régionale du SITT (CCOR) encourage les membres et les branches locales à faire des dons à des associations étudiantes, dont l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), et aux médias indépendants, dont CUTV. Le CORR les invite aussi à se joindre autant que possible à ceux et celles qui défendent les lignes de piquetages et qui se mobilisent dans les rues en solidarité avec cette lutte pour le droit à l’éducation et la liberté.

Au bout du compte, les étudiantes et les étudiants conjointement avec les travailleuses et les travailleurs ainsi que les professeures et professeurs sont en train de bâtir un puissant mouvement de solidarité qui marquera le Québec. Cette forte union nous permet d’espérer qu’un jour le système d’éducation puisse être contrôlé par ceux et celles qui y travaillent, y étudient et y enseignent dans le but de favoriser universellement le développement social et humain plutôt que de l’asservir à une sinistre logique de rendement monétaire qui profite aux banques insatiables et aux capitalistes de tout acabit.

Si tu es intéressé(e) par ce que tu lis, contacte-nous. Cela ne t’engage a rien, et sois sur(e) que nous n’en parleons ni a tes collegues, ni a ton patron. Si tu decides de te syndiquer, nous serons la pour t’aider.

Pour rejoindre un(e) délégué(e):

*Montréal
514-268-3394

*Sherbrooke
819-349-9914

*Partout au Québec
iww_quebec@riseup.net

* Ottawa-Outaouais
ott-out@iww.org

,

Qu’est-ce que la IWW aujourd’hui?


Voici le texte que nous avons écrit pour le journal de la CLAC “Coup pour coup“, soit l’édition en vue du premier mai anti-capitaliste. Bonne lecture!

La IWW occupe une place importante dans l’histoire du syndicalisme nord­américain. C’est l’une des premières organisations ouvrières à avoir pratiqué le syndicalisme de type industriel*. C’est aussi l’un des seuls syndicats à avoir refusé le compromis social et à avoir continué à promouvoir l’action directe et la grève générale et ce, toujours dans une perspective de renversement révolutionnaire du capitalisme tel qu’établi dans ses principes fondateur en 1905.

Les livres d’histoire ouvrière ne parlent par contre pas ou presque pas de la IWW après la sévère vague de répression qui la brisa presque complètement en 1920. L’activité de la IWW fut effectivement moins remarquée jusqu’à sa renaissance à l’aube du 21e siècle.

Les militant­e­s de la IWW travaillent aujourd’hui à la construction d’un modèle syndical basé sur la solidarité de la classe ouvrière qui saura lutter avec efficacité contre le patronat. Le syndicalisme de solidarité se caractérise aujourd’hui par la lutte directe dans les milieux de travail, par exemple dans les cafés Starbucks aux États­Unis où des améliorations ont lieu même en l’absence d’une accréditation syndicale conférée par l’État. C’est d’ailleurs cette campagne qui a souligné la renaissance de la IWW. La IWW participe aussi à mettre sur pied des réseaux de mobilisation éclair sur les lieux de travail ou de résidence des patrons en solidarité avec des travailleurs et travailleuses victimes de vols de salaire.

Au Québec, la IWW a fait une première apparition infructueuse en 2001 pour finalement voir un deuxième groupe plus stable prendre le relais en 2008. C’est par contre la première vague de 2001 qui établi la version francophone du nom du syndicat : le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT).

Après une tentative infructueuse d’accréditation dans un Starbuck de la ville de Québec, la branche montréalaise a décidé de ne plus se lancer dans des campagnes d’accréditation pour adopter le modèle de lutte proposé aux USA, le syndicalisme de solidarité. Elle organise aussi un réseau de solidarité appelé Réclame ta paye ! dont le but est de contrer les vols de salaires par les patrons grâce à la mobilisation. Cette campagne a déjà réussi à récupérer près de 2000$ lors de deux réclamations de salaire : une contre la compagnie de décoration Plus que Noël et l’autre contre un Pizzédélic.

Globalement, la présence de la IWW se fait principalement sentir aujourd’hui aux USA. Par exemple, lors de la lutte ouvrière au Wisconsin au printemps 2011 contre un projet de loi qui s’attaquait directement aux droits de négociation collective des employés de l’État, les militant­e­s de la IWW ont promu avec énergie l’idée de la grève générale comme moyen de gagner la lutte. On a pu aussi voir des militants et militantes aller rejoindre le mouvement Occupons Wall Street dans différents endroits.

Dans le cadre de la lutte anti­capitaliste mondiale, la IWW se distingue des autres organisations par sa proposition de lutter directement sur les lieux de travail avec des principes révolutionnaires et de lutte de classe. Alors que les manifestations des sommets économiques se font sévèrement réprimer, il peut être intéressant d’amener la confrontation directe sur les lieux mêmes où se reproduisent les injustices, nos lieux de travail. En effet, l’angle­mort de la démocratie bourgeoise n’est­il pas l’exploitation économique de la force de travail des travailleurs et travailleuses et le contrôle des moyens de production et de distribution par les intérêts et institutions capitalistes d’État ou privés.

L’adhésion à la IWW est garante d’une solidarité directe par les autres membres et se fait sur une base individuelle pour ceux et celles qui adhèrent aux principes fondateurs : « La classe patronale et la classe ouvrière n’ont rien en commun. Une lutte continuelle entre celles­ci aura lieu tant et aussi longtemps que les travailleurs et travailleuses ne s’empareront pas des moyens de production et vivront en harmonie avec la terre. »

* Le syndicalisme d’industrie, ou industriel, consiste à regrouper les travailleurs et travailleuses de différents corps de métiers en un seul syndicat qui les regroupe tous et toutes. Le syndicalisme d’industrie permet aussi de préparer les travailleurs à la gestion socialiste de la société, ce qui n’est possible que si les travailleurs et travailleuses de la base sont capables de connaître et de maîtriser réellement tout ce qui se passe sur leur lieu de travail. Le rôle du syndicat est de coordonner leurs efforts et de mettre en commun leurs connaissances pour réaliser cet objectif, ce qui est impossible avec le syndicalisme de métier et le syndicalisme d’entreprise. [Cette définition est inspirée de la définition donnée par les Comité Syndicalistes Révolutionnaires de la CGT.]

,

STATUS FOR ALL! / UN STATUT POUR TOUTES ET TOUS!

[French version follows]

STATUS FOR ALL!
March for justice and dignity for all migrants and refugees
SATURDAY, MAY 28, 2011
Gathering at NOON
Jean Talon & Boyer, just east of métro Jean-Talon
MONTREAL

No borders, no nations, stop the deportations!

We march together to demand an end to deportations and detentions and also to denounce the double punishment of migrants with criminal records. We demand Status for All, and organize for a “Solidarity City” for all residents of Montreal.

A child-friendly march followed by a picnic in Park Athena. Bring your kids! Get in touch about any accessibility needs.

Organized by Solidarity Across Borders, No One Is Illegal-Montréal, Dignidad Migrante, the Immigrant Workers Center & JOC-Montreal. (Dignidad Migrante and Solidarity Across Borders are working groups of QPIRG Concordia.)
solidaritesansfrontieres@gmail.com
514-848-7583
www.solidarityacrossborders.org

Lire la suite

, , ,

Video reportage de CUTVnews de la manifestation anti-capitaliste du premier mai

Ce reportage a été fait par le Concordia University Television CUTV. Les premières minutes sont les discours d’ouverture. La suite des premières 11,30 minutes s’intéresse à un contingent appelé “Baby Block” qui s’est formé en réponse à la répression des années précédentes.

This video is made by Concordia University Television CUTV. It’s first minutes are the opening speaches in french of the demo. The rest of the first 11,30 minutes are about a specific block of the demo called Baby block and how it came to be a necessity for some people that wanted to participate without being attacked by the police.[blip.tv ?posts_id=5126530&dest=-1]

, , ,

Video reportage de CUTVnews de la manifestation anti-capitaliste du premier mai

Ce reportage a été fait par le Concordia University Television CUTV. Les premières minutes sont les discours d’ouverture. La suite des premières 11,30 minutes s’intéresse à un contingent appelé “Baby Block” qui s’est formé en réponse à la répression des années précédentes.

This video is made by Concordia University Television CUTV. It’s first minutes are the opening speaches in french of the demo. The rest of the first 11,30 minutes are about a specific block of the demo called Baby block and how it came to be a necessity for some people that wanted to participate without being attacked by the police.[blip.tv ?posts_id=5126530&dest=-1]

Présence de la IWW-Montréal au Salon du livre anarchiste*

*La IWW-Montréal est un syndicat révolutionnaire apolitique. L’organisation est composée de membre aux vues politiques différentes. Cette présence au Salon du Livre Anarchiste n’est pas synonyme d’adhésion idéologique à l’anarchisme. C’est avec cette nuance en tête que la branche montréalaise de la IWW vous invite à participer à un atelier présenté et préparé par deux wobblies.

De l’importance de lutter sur son lieu de travail (fr.)
11h-12h45, samedi 21 mai
Salle 202 au CEDA
2515, rue Delisle, Montréal
Trajet à partir du Métro Lionel-Groulx


À partir d’une perspective historique des mouvements syndicalistes révolutionnaires et anarcho-syndicalistes, nous présenterons la stratégie du syndicalisme de solidarité telle qu’elle est développée aujourd’hui. Nous montrerons comment des groupes qui s’inscrivent dans ces traditions mènent efficacement des luttes au travail, en harmonie avec les principes chers aux libertaires.

Animé par Andrew Fletcher et Paule Lespérance, membres du Syndical Industriel des travailleurs et travailleuses – Industrial Workers of the World. événement facebook

En plus de cet atelier donné par des membres,  la IWW aura une table de publication, T-Shirt, CDs, poster, brochures dans la salle principale d’exposition les deux journées. La salle #202 (habituellement pour les projections de films), n’est malheureusement pas accessible en fauteuil roulant.

Programmation complète des ateliers du Salon du Livre anarchiste: http://www.salonanarchiste.ca/ateliers2011

, ,

1er Mai: Rendez-vous dans le contingent syndicaliste de combat!

À l’occasion du premier mai, cette année notre bannière sera déployée au centre-ville de Montréal à 12h au coin des rues Marie-Anne et Chapleau  dans le contingent “Pour un syndicalisme de combat” lancé par l’ASSÉ (Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante).

Il sera alors comme toujours possible de nous contacter au numéro suivant 514-268-3394.

Les wobblies qui décident, sur une base individuelle de participer à la manifestation anti-capitaliste organisée par la Convergeance des Luttes Anti-Capitalistes (CLAC2010.net) sont bien entendu libres et bienvenus de se joindre à 14h30 au contingent “Pour une justice migrante organisé par Solidarité sans frontières, Personne n’est illégal-Montréal, Dignidad Migrante, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrant-es & JOC-Montréal (Dignidad Migrante et Solidarité sans frontières sont des groupes de travail du GRIP-Concordia). En plus de ce contingent, cette coalition pour la justice migrante organisera une marche pour « Un Statut pour toutes et tous » qui aura lieu le 28 mai.

, , ,

Usine Servaas – une expérience de contrôle ouvrier méconnue

Selon le Collectif de recherche sur l’autonomie collective (CRAC), “le cas du contrôle ouvrier d’Uniroyal et Servaas de Ville d’Anjou, [a] toutefois [été] gardé sous silence. Tricofil a volé la vedette dans un élan de souveraineté et financé par le PQ. Les québécois ont acheté des bons pour veiller à l’autofinancement des travailleurs. Tricofil a été un projet mobilisateur du PQ dans un esprit de rassemblement d’une partie de la gauche et du milieu ouvrier au Québec.”

Voici donc deux textes qui nous enrichiront d’une expérience d’autogestion ouvrière hors du commun. Le premier est tiré de la recension “Historicité et évolution du concept d’autogestion au Québec” du CRAC (2005) et le deuxième provient du livre “Du combat au Partenariat” de Jean-Marc Piotte.

Source: alternatifs06.free.fr

«Avant la lutte des travailleurs, et ce à partir de 1972, l’usine Uniroyal et Servaas de Ville d’Anjou s’inscrivait dans tout ce qui a le plus commun dans le contexte d’un système capitaliste ; un travail basé sur le taylorisme et le fordisme, donc un travail extrêmement parcellisé, monotone, une organisation autoritaire du travail et par le fait même une division entre les travailleurs. Passant d’un syndicat de boutique à un syndicalisme de combat, la lutte des travailleurs de 1972 à 1985 a conduit ces derniers vers l’autogestion.  Par différentes actions (ralentissement de la chaîne de production, sabotage, grève, occupations) les ouvriers contrôlent non seulement l’organisation du travail, mais le plancher de production leur appartient. Lire la suite

, ,

Quel avenir pour le mouvement syndical québécois?

Un sociologue décrit dans Rue Frontenac la transformation du syndicalisme depuis les dernières dizaines d’années au Québec. Il décrit le passage des offensives marxistes des années ’70 au modèle sociale-démocrate(keynesien) opposé aux mesures économiques néo-libérales. Selon lui, le syndicalisme fait aujourd’hui face à une impasse qui se manifeste aussi par un désintérêt des nouvelles générations de travailleurs-travailleuses: “Témoins de nombreuses grèves dont les revendications n’aboutissent pas à grand-chose et au terme desquelles le retour au travail s’effectue par des concessions à l’avantage de l’employeur, [les jeunes] sont de moins en moins enclins à se tourner vers les syndicats.”

Quel avenir pour le syndicalisme, pour le mouvement ouvrier au Québec?

Le mouvement syndical québécois a grandement contribué à l’avancement de la démocratie dans la société québécoise. Il est l’un
des principaux artisans de la Révolution tranquille, qui a introduit le Québec dans le rang des sociétés capitalistes avancées. Après une
remise en question en profondeur du système capitaliste, au début des années 1970, il propose un projet de société socialiste comme so-
lution de rechange au capitalisme. Il dénonce avec virulence la domination de l’impérialisme et le rôle de l’État québécois dans l’exploitation capitaliste au Québec. Il véhicule un discours radical d’inspiration marxiste.

Cette offensive idéologique et stratégique a soulevé bien des débats et fait du mouvement syndical un acteur incontournable dans les
grands enjeux qui façonnent et animent la société québécoise. Il se prononce sur toutes les tribunes, mettant de l’avant des revendi-
cations syndicales et extrasyndicales.

Un peu d’histoire
Bien des événements vont changer le cours des choses et pousser le mouvement syndical à revoir son discours et ses stratégies.
Vers les années 1970, l’économie mondiale à prédominance américaine entre en crise, principalement avec le choc pétrolier. Dans un premier temps, les grands pays industrialisés cherchent à contrer la crise par une politique d’austérité monétaire. Celle-ci se révélait inefficace pour contrer l’inflation et l’accentuation du problème de chômage.

La crise persiste jusqu’au début des années 1980. La croissance est au point critique, l’économie s’enlise dans la stagnation.
Le modèle keynésien n’est plus en mesure de continuer d’assurer le plein emploi par l’intervention de l’État dans le social et
l’économie. Il entre en crise. Celle-ci ouvre la voie à l’implantation des recettes néolibérales, pour assurer l’équilibre du marché en
dehors de l’intervention directe de l’État dans l’économie et le social. Le néolibéralisme s’exprime en tant que stratégie de sortie de
crise. Au niveau idéologique, l’effondrement de l’empire soviétique renforce la domination de la doctrine néolibérale, sur les plans tant
idéologique et politique qu’économique.

Ces réalités forcent le mouvement syndical à remettre en question son projet de société socialiste et le discours idéologique qui le sous-tend.

Il se détache des idéaux classiques du marxisme et épouse ceux de la social-démocratie.

Cette nouvelle orientation pragmatique – qu’elle paraît être – comporte des risques à l’égard de l’offensive syndicale. La social-démocratie s’inspire du keynésianisme dans l’élaboration de son projet de société. Alors, le triomphe du néolibéralisme place la social-démocratie dans une position inconfortable. Les sociaux-démocrates, ne pouvant pas redéfinir leur discours et proposer une contre-partie aux politiques néolibérales, choisissent la voie défensive. Ils ne peuvent offrir aucune réponse à la crise. Plusieurs gouvernements sociaux-démocrates utilisent les recettes néo- libérales comme voie de sortie, tout en tenant un discours défensif.

Le mouvement syndical se replie lui aussi en défensive : défense et protection de l’emploi, défense des acquis de la Révolution tranquille, refus d’admettre que son démantèlement est commencé depuis bien longtemps et qu’il tire à sa fin. On n’a qu’à regarder les politiques gouvernementales en matière de santé, d’éducation, de retraites et de services publics. Le mouvement syndical, tout
comme les autres membres de la famille de la social-démocratie, se trouve dans la difficulté à redéfinir son discours et à repenser l’État.

Ce repli défensif est renforcé par les effets pervers de l’expansion de la mondialisation sur le marché du travail, le développement
de la sous-traitance dans tous les secteurs de l’économie et du travail et la délocalisation du travail vers les pays du Sud par les indus-
tries à haute technologie.

Choc générationnel
De plus, le mouvement syndical fait face à un choc générationnel. Les moins de 40 ans se considèrent victimes des effets des bonnes
conditions de travail négociées par les syndicats au profit des baby-boomers, qui continuent à occuper les emplois les mieux rémunérés et les plus sécuritaires, pendant qu’une majorité d’entre eux occupent des emplois précaires.

Témoins de nombreuses grèves dont les revendications n’aboutissent pas à grand-chose et au terme desquelles le retour au tra-
vail s’effectue par des concessions à l’avantage de l’employeur, ils sont de moins en moins enclins à se tourner vers les syndicats. Ces considérations témoignent de l’affaiblissement du mouvement syndical.

Pour le moment, celui-ci cherche à se mobiliser contre la montée de la droite au Québec. Cette initiative ne doit pas reposer sur des mots
épars, des formules creuses mais être guidée par un nouveau discours assorti d’un projet de société à proposer comme contrepartie aux
politiques néolibérales. En outre, il doit inclure des paramètres visant la prise en charge des revendications spécifiques des jeunes et établir des stratégies claires pour les faire aboutir.

Jean-Claude Roc
Département
de sociologie
Université d’Ottawa

, , , ,

Communiqué de presse de la CLAC sur les événements de Toronto

Appel à une manifestation de solidarité jeudi le 1 juillet à 12h au Carré Phillips

Convergence des luttes anticapitalistes – CLAC 2010

Montréal, le 28 juin 2010 – La CLAC 2010 dénonce la répression policière d’une ampleur sans précédent au Canada intervenue à Toronto lors du Sommet du G20. À la violence policière s’ajoute l’annonce d’une série de mesures d’austérité économique (réduction de déficits, hausses de taxes, coupes dans les services sociaux), qui constituent autant de violences économiques dirigées contre les populations. Les travailleuses et les travailleurs sont appelés à payer la note pour la dernière crise financière, alors que les banques et le secteur financier, qui en sont les responsables et qui ont bénéficié de 20 000 milliards $ en plans de relance, ne se voient imposer aucune nouvelle régulation.

« Les 900 arrestations arbitraires et politiques à Toronto sont du jamais vu dans l’histoire du Canada, soit près de trois fois plus qu’en octobre 1970. Les policiers ont violé les droits fondamentaux, détenu des gens durant des heures sans accusations formelles, sans recours à un avocat, sans nourriture et sans eau. Les policiers se sont montrés coupables d’entrée par effraction sans mandat, de profilage, d’intimidation et de harcèlement, de kidnapping, d’usage démesuré de la force sur des manifestantes, des manifestants ainsi que des journalistes. Nous voyons bien qu’État policier et violence économique vont de pair », explique Danie Royer, coporte-parole de la CLAC2010.

« Chaque jour, partout dans le monde, des gens meurent des conséquences directes des politiques sociales et économiques mises de l’avant par les élites regroupées dans cette instance illégitime qu’est le G20. Les réductions de déficit fièrement annoncées ne feront qu’empirer les conditions de vie de millions de personnes. Stephen Harper a d’ailleurs rappelé que l’objectif visé était de contenter et de rassurer les marchés financiers. Rien sur l’environnement, des miettes pour la santé des femmes, rien sur les conséquences sociales de la crise économique, dont les personnes migrantes sont les premières victimes. Tout pour consolider le capitalisme, un système économique qui privilégie une infime minorité au détriment de l’immense majorité », s’indigne Mathieu Francoeur, coporte-parole de la CLAC2010.

Ce dont nous avons été témoins à Toronto visait à faire taire la dissidence et à criminaliser les mouvements sociaux. Ce sont des tactiques bien connues pour diviser les populations, briser la résistance et imposer des politiques régressives. Nous avons franchi une nouvelle étape dans l’intensification de la répression policière et dans les concessions exigées des populations.

Nous appelons l’ensemble des mouvements sociaux à se mobiliser en solidarité avec les victimes de l’appareil répressif, qui n’ont fait qu’exprimer leur désaccord avec des politiques autoritaires, sécuritaires, racistes et antisociales.

La CLAC 2010 tiendra un rassemblement le jeudi 1er juillet 2010 à midi au Carré Phillips, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Union, à Montréal.

* * *

La Convergence des luttes anticapitalistes de Montréal 2010 (CLAC 2010) est un réseau de groupes et d’individus qui se sont réunis pour consolider leurs luttes respectives à l’échelle locale et mobiliser leurs communautés en vue des sommets du G8 et du G20.