En grève pour la planète

Nous sommes en 2019. La situation sur la Terre est catastrophique. La couche d’ozone est en voie d’être complètement détruite par les gazs carboniques des voitures, l’industrie chimique, et le push-push en cacane. Résultat : la Terre se meurt sous les rayons du soleil. Il faudrait éventuellement trouver une nouvelle planète où déménager 8 milliards de tatas, mais une providentielle série pour enfant ayant bercé une génération complète de ces tatas nous ayant prévenu que les gouvernements et le grand Capital n’apprendront jamais de leurs erreurs, la population terrienne décide de se mettre en grève pour sauver ce qu’il reste à sauver.

 

Alors qu’en juillet 2017, le journal britannique The Guardian publiait les résultats d’une étude démontrant que seules 100 compagnies sont responsables de plus de 70% des émissions globales, il devient de plus en plus dérangeant de parler de choix personnels et de jouer le jeux de la culpabilisation ou de la morale pour traiter d’écologie. Si des espèces animales disparaissent, que le nombre de morts humaines dues aux vagues de chaleur augmentent été après été et que nos années sur Terre sont comptées, ce n’est pas parce que le bac de recyclage du voisin n’est pas assez plein ou que notre collègue a oublié de mettre son trognon de pomme au compost.

 

Juste à Montréal, ce sont plus de 150 000 de personnes qui se sont rejointes au pied du Mont-Royal le 15 mars 2019 pour manifester leurs craintes face à l’avenir et exiger du gouvernement et des compagnies des actions immédiates. En matinée, la Commission Scolaire de Montréal annonçait devoir fermer les portes de plusieurs de ses établissement d’enseignement secondaire suite aux pressions de nombreux étudiants et nombreuses étudiantes qui ont formé des chaînes humaines afin d’empêcher les cours d’avoir lieu. Dans plusieurs quartiers, le voisinage des écoles primaires a pu assister durant les récréations ou après l’école à des manifestations d’enfants accompagné-e-s de leurs enseignant-e-s. Loin d’être confinées à Montréal, on recensait une dizaine d’actions prévues à travers la province, dont à Québec où plusieurs milliers de manifestant-e-s prirent d’assaut les rues. Rappelons que les membres de 120 associations étudiantes issues de 35 établissements différents étaient en grève ce vendredi. Ces dernières ont d’ailleurs pu compter sur le support de nombreux groupes citoyens, organismes communautaires et syndicats comme le SITT-IWW, la Fédération Autonome de l’Enseignement, la CSN et le Syndicat des Employé-e-s du Vieux Port pour n’en nommer que quelques-uns.

 

À travers le monde, la vague écologiste s’est étendue à plus de 125 pays, pour un total de 2083 actions enregistrées et mais ce n’est qu’un début! L’organisation Earth Strike, annonce d’emblée de nouvelles manifestations pour le 27 avril, afin de profiter du momentum du 1er mai pour resserrer les liens avec les organisations syndicales, et le 1er août, comme répétition générale, afin que le mouvement culmine vers une Grande Grève Générale Mondiale visant à sauver la planète, le 27 septembre.

 

« A revolutionary ecology movement must also organize among poor and working people. With the exception of the toxics movement and the native land rights movement most U.S. environmentalists are white and privileged. This group is too invested in the system to pose it much of a threat. A revolutionary ideology in the hands of privileged people can indeed bring about some disruption and change in the system. But a revolutionary ideology in the hands of working people can bring that system to a halt. For it is the working people who have their hands on the machinery. And only by stopping the machinery of destruction can we ever hope to stop this madness. »  ― Judi Bari (1947-1997), IWW et Earth First!

 

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Crédit Photo: Patrick Sicotte

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