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Pensez-y (partie 2 sur 3)

Ce qui suit est la deuxième partie d’un pamphlet d’introduction écrit par un camarade travailleur membre de la section IWW de Portland, Oregon, Tim Acott. Text in English here.

Démocratie syndicale
Les syndicats auxquels la plupart des personnes travailleuses appartiennent aujourd’hui, quand ils et elles en ont, sont parmi les organisations les plus non-démocratiques du monde. Les officiers et officières sont désigné-e-s au lieu d’être élu-e-s, les ententes se font à huis clos et sont ensuite présentées à la base pour approbation, les locaux non-conformistes sont mis sous séquestre par les centrales et les patrons syndicaux sont enracinés à vie, ne faisant jamais face à un retour au vrai travail, si jamais ils y étaient pour commencer.
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Est-ce alors surprenant de constater que l’adhésion est en baisse et que la confiance des travailleurs et travailleuses en leurs dirigeants soit quasiment non-existante ? Est-ce par miracle que nous perdons les gains pour lesquels on s’est durement battu dans le passé ? Est-ce une surprise que le contrat de faveur et de complaisance, que le maton syndical et le bureaucrate enrichi soient des clichés associés au mouvement travailleur moderne, tandis que l’organisateur et l’organisatrice de base est vu-e comme un personnage pittoresque d’un passé lointain ?
Afin qu’on se défende, nous et nos familles, nous devons nous unir dans des syndicats. Nous avons besoin de notre force combinée pour faire face aux riches et à leurs gouvernements. Nous avons besoin du syndicat, mais celui-ci doit être démocratique. Sinon, comment pourrait-il défendre nos intérêts et non ceux des patrons ? Comment pouvons-nous contrôler autrement nos propres luttes, et choisir nos propres objectifs et enjeux. Nous avons besoin de syndicats démocratiques, de contrôle par la base, et de démocratie au travail pour mener nos propres luttes. Aucun bureaucrate syndical ne
s’est totalement battu pour les travailleurs et travailleuses, et aucun ne le fera. Nous devons nous défendre nous-mêmes, ensemble, au sein d’un syndicat démocratique. Si nous ne pouvons pas contrôler notre syndicat et ses dirigeants, alors nous ne pouvons pas leur faire confiance. C’est aussi simple que ça.

 

Wobble est un verbe
La valeur essentielle d’un syndicat est ce qu’il peut faire. Qu’est-ce qu’il peut faire pour vous et vos proches, et pour votre classe entière. Que pouvez-vous faire avec lui ? Comment pouvez-vous l’utiliser pour accomplir ce que vous avez à faire ? Faire est le verbe. L’action est le sujet.

 

Lorsque nous nous réunissons au travail pour répondre à des problèmes communs par la force de notre action collective, nous faisons quelque chose. Nous n’en parlons pas, même si c’est important, et nous ne cherchons pas de publicité ou d’en faire un grand spectacle, même si ces choses peuvent être utiles à des moments propices. Nous agissons. Agir. Faire. Nous sommes le sujet, pour le mettre en termes de grammaire, le problème est notre objet, sur lequel nous agissons collectivement pour le changer.

 

Dans le métier de la construction, le verbe «wobble» en anglais est souvent utilisé pour désigner une action de groupe qui cherche à répondre à un problème au travail, ou un problème avec le patron, comme c’est souvent le cas au boulot. «Wobbler» le travail, c’est débrayer, ralentir, ou aller ensemble voir le patron pour «discuter» lors des heures rémunérées. Plus directement, c’est se mettre ensemble pour affronter les problèmes de manière directe. C’est ça dont il est question.

 

Cela se passe partout, tout le temps. C’est un aspect nécessaire de la vie quotidienne au travail. Vous pouvez aussi le faire. Vous et vos collègues, au travail, pouvez «wobbler»
la situation pour l’améliorer. C’est le contrôle du travail, et c’est la chose que nous devons établir et protéger, pour notre propre sécurité et notre santé, afin d’assurer une bonne indemnisation de notre temps précieux, pour s’amuser, profiter, et se détendre de l’ennui et de la solitude qui inondent nos vies dans ce monde de travail moderne.

 

La clé du bon «wobbling» est syndicale. C’est le petit syndicat de coopération et d’efforts concertés parmi des camarades, des gens avec les mêmes besoins et circonstances – les personnes avec qui vous travaillez tous les jours, par exemple. Seul-e-s, nous sommes faibles et impuissant-e-s. Ensemble, nous regorgeons de puissance. Nous avons seulement à organiser cette puissance pour la manier, pour notre bien commun, afin de bâtir un monde meilleur. Ensemble nous pouvons gagner. Nous avons seulement à le faire. Agissons maintenant.

 

La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun
« La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun » nous dit le préambule de la Constitution du SITT-IWW. C’est la base de notre approche aux relations de travail et au syndicalisme. Étudions quelques instants cette affirmation.
thinkitover2Cela ne veut dire que les travailleurs et travailleuses et les patrons sont des espèces différentes, qu’ils et elles ne respirent pas le même air pollué et boivent la même eau, même si l’eau et l’air d’un quartier ouvrier sont bien plus dégueulasses que sur la colline. Cela implique que les deux classes, qui existent bel et bien, sont en opposition à même leur nature.

 

Ce qui est bon pour les patrons –une main-d’œuvre bon marché, contrôlée au maximum et passive –est mauvais pour les travailleurs et travailleuses. Ce qui est bon pour la classe ouvrière–un contrôle maximal au travail, sur les conditions de travail, des méthodes et objectifs, et une rémunération maximale de notre temps précieux– est la hantise des patrons, et ces derniers se battront bec et ongle contre cela. Ce n’est rien de personnel. Pas plus qu’un lion déteste une gazelle. C’est juste une hostilité naturelle, impersonnelle et économique, qui ne peut pas être contournée ou facilement
ignorée. C’est le principe qui régit nos vies, capitaliste et masse confondus.

 

Si un patron essaye de faire des travailleurs et travailleuses ses ami-e-s, son entreprise en souffrira. Si un-e travailleuse ou travailleur essaye de faire du patron son ami, il ou elle sera plus facilement exploitable et trahi-e. Des ennemis naturels sur le plan économique. Vous pouvez faire partie de la même paroisse ou boire au même bar, mais vous ne pouvez pas vous soucier longtemps de leurs intérêts sans mettre en danger les vôtres. C’est assez simple et clair pour tout-e travailleuse et travailleur qui prête attention à la vie quotidienne. Un patron intelligent ne l’oublie jamais. Ce n’est pas du tout ésotérique ; c’est du bon sens et du pragmatisme.

 

Ce que ça implique en termes de syndicalisme est très radical. C’est à dire : une orientation vers la source des problèmes et des solutions. Cela implique une solidarité de classe. Tous et toutes les travailleurs et travailleuses ont les mêmes intérêts et le même ennemi de classe. Cela implique une démocratie syndicale. Nous sommes tous et toutes impliqué-e-s ensembles, et seul le contrôle par la base peut guider de manière fiable et continue le syndicat. Les seules personnes à qui on peut faire confiance sont nous-mêmes, et un syndicat que nous ne pouvons pas contrôler directement est un
grand danger pour nos intérêts.

 

Cela implique donc un militantisme, parce que celui-ci illumine la situation d’une guerre de classes en cours (c’est d’ailleurs le terme approprié, compte-tenu de la destruction qui en résulte) qui doit être gagnée pour la mener à terme. Nous devons nous battre coûte que coûte pour défendre nos intérêts et notre sécurité. C’est la guerre, camarades travailleurs et travailleuses. Mais aussi laide qu’elle soit,
nous y sommes coincé-e-s, et nous ne pouvons en sortir qu’en nous organisant et en menant le bon combat.
La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. C’est une vérité pleine de bon sens, et nous ne pouvons pas nous permettre de l’ignorer.

 

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Un 9 décembre de Grève Nationale, chapitre 2

Un demi-million de gréviste au Québec! Il s’agit en terme de chiffre de la plus grande grève que la province ait connu depuis 1972. Ça en aura pris des années de déficit zéro, de réingénierie, de PPP et d’austérité pour que le fond du baril nous semble suffisamment proche pour provoquer une réaction à sa mesure!

Manifestation aux quatre coins de la province

La journée commença à Québec où les membres de la Fédération des Syndicats de l’Enseignement et du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec ont manifesté, accompagnés de leurs familles, amis et alliés du mouvement communautaire. Ils ont fait irruption dans les bureaux du ministre Blais, avant de manifester du Parc Victoria à la Haute-Ville, après un rapide passage devant la permanence du Parti Libéral où murs et fenêtres furent tapissés de collants pro-grève et pro-négociation. Finalement ce sont plus de 18 000 personnes qui se rassemblèrent devant l’Assemblée Nationale

À Laval une bannière Laval Unis Contre l’Austérité était suspendue au dessus de l’autoroute 15 et tôt en avant-midi à Montréal les membres de la Fédération Autonome de l’Enseignement se regroupait déjà devant le Ministère de l’Éducation des Loisirs et des Sports pour y ériger un campement qu’ils comptent occuper jusqu’à vendredi et ce en dépit des menaces faites par la ville qui compte faire intervenir la police «si nécessaire». La FAE tint aussi une manifestation amenant ses membres du cœur du quartier populaire Centre-Sud au Carré Émilie-Gamelin où ils se joignirent à un deuxième rassemblement avant de terminer la marche au Square Victoria ou ils rejoignirent un 3e rassemblement d’environ 5000 personnes vers 13h30. Maintenant sans convention collective depuis 4ans, les 8000 Cols Blancs de Montréal profitèrent du moment pour tenir une demi-journée de grève et organiser une manifestation devant l’Hôtel de ville.

En soirée de nombreux groupes de pression plus axé sur un syndicalisme de combat, voir de solidarité, notamment Printemps 2015, appelèrent à reprendre la rue dès 20h. Ce sont quelques centaines de personnes qui ce réunirent à nouveau au Carré Émilie-Gamelin, d’ou le cortège marcha vers le centre-ville avant d’être rapidement bloqué par la police les obligeant à rebrousser chemin. Il n’était pas 21h encore que les forces policières sortirent les gaz lacrymogènes pour dispercer une la foule qui, selon toute vraissemblance, exercait pacifiquement son droit de manifester. Au moment de publier, on ne recensait ni blessé.es, ni arrestation.

En Abitibi-Témiscamingue, où on retrouve 10 000 des 400 000 membres du Front Commun, la solidarité et la combativité était aussi au rendez-vous. À Ville-Marie ont comptait plus d’une centaine de travailleurs et travailleuses de la santé dans les rues, tandis qu’à Témiscamingue c’était les enseignants et les enseignantes qui occupaient la place.

Dans la région de la Mauricie, si les membres du Syndicat de l’Enseignement des Vieilles-Forges organisèrent des autobus pour se joindre à la manifestation de Québec, 3000 autres travailleurs et travailleuses des services publics, en plus des enseignant.e,s de Shawinigan, optèrent pour une manifestation à Trois-Rivières qui les emportèrent du Parc de l’Exposition au Centre-Ville.

Du coté de l’Estrie, ce sont 2000 personnes séparées entre un contingent en provenance du CHUS et un autre qui s’était réuni aux Galeries Quatre-Saisons qui, en dépit de la forte présence policière, prirent d’assaut le viaduc passant sur l’autoroute 610. Pour les organisateurs et organisatrices, cette manifestation de 2000 personnes apparait comme un moment de mobilisation historique, non seulement pour le Québec en entier, mais aussi pour la région de l’Estrie en particulier.

Sur la Côte-Nord, outre les nombreux autobus qui quittèrent la région tôt ce matin afin d’aller prêter mains forte aux grévistes de la ville de Québec, des manifestations et des lignes de piquetage eurent lieu à Baie-Commeau et Sept-ile.

Les IWW

Fidèles à leurs habitudes, des wobblies des villes de Montréal, Sherbrooke et Québec se joignirent aux mobilisations. Parfois en solidarité comme ils et elles le firent sur les lignes de piquetages du SÉTUE en début de semaine et aux manifestations de la coalition Main Rouge de 28 novembre à Montréal et du 5 décembre à Québec, mais surtout aussi parce qu’illes sont touché.e.s directement par les attaques gouvernementales. Un nombre important du membership de l’IWW porte actuellement deux cartes, soit celle du Grand Syndicat pour Tous et Toutes (IWW, One Big Union), mais aussi celles de l’une ou l’autre des centrales affiliées au Front Commun. Ces membres qu’on retrouve généralement parmi les plus actifs de leurs syndicat savent qu’une attaque contre une portion de la classe ouvrière représente une attaque contre toute la classe ouvrière, une victoire d’une portion de la classe ouvrière représente aussi une victoire pour toute la classe ouvrière.

Mais est-ce que cela sera suffisant, le gros risque des grèves se limitant à un ou deux jours est, aussi grosse puisse-t’elle être, qu’elles ne sont pour le gouvernement qu’un dur moment à passer. Un 24h durant lesquelles il devra s’accrocher le temps que la tempête passe. Le Front Commun n’est pas dupe et s’est gardé quelques jours de grève en poche question de pouvoir revenir à la charge au mois de janvier, mais qu’adviendra-t-il au mouvement une fois ces grèves passées? Quelles seront les prochaines actions et comment réagiront les hautes sphères des centrales, de même que la base qui les supporte lorsque les 6 jours de grèves seront passés?

De nombreux articles ont tenté de répondre à cette question en soulignant les faiblesses du mouvement syndical actuel et les stratégies mises de l’avant par le gouvernement, notamment l’usage des lois spéciales, afin de mieux préparer les syndiqué.es. Parmis ces articles notons Le portrait de la situation actuelle publié par le SITT-IWW et disponible sur ce blogue, mais aussi Raterons-nous ce rendez-vous de l’histoire? Par le webzine Dur Réalité et Le bluff manqué du Front Commun par Ricochet qui mettent de l’avant une analyse combative des stratégies à utiliser Ces questions sont importantes et les décisions et actions qui en découleront le sont tout autant.

Aujourd’hui nous étions un demi millions dans la rue, demain, avec courage et détermination nous serons 7 milliards. Solidarité!

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Piquets de grève du 16 et 17 novembre

Les 16 et 17 novembre derniers, plusieurs membres de la branche montréalaise du Syndicat Industriel des Travailleurs et des Travailleuses (SITT-IWW) ont participé aux lignes de piquetages du front commun. Ces deux journées marquaient le retour de la grève tournante du front commun sur l’île de Montréal. Plusieurs wobblies, à l’appel du comité de Solidarité-Campagne, en ont profité pour aller démontrer leur solidarité aux travailleurs et travailleuses de l’éducation ainsi que celles et ceux de la santé et des services sociaux.

Le 16 novembre, une douzaine de membres se sont présenté.e.s sur les lignes de piquetage du Cégep de Dawson pour aller soutenir les deux syndicats en grève, soit le Dawson Teachers Union (DTU), membre de la FNEEQ-CSN, et le Dawson Support Staff Union (DSSU), membre de la FPSES-CSQ. Les grévistes étaient présent.e.s en grand nombre et c’est avec enthousiasme qu’illes marchaient autour de l’établissement scolaire trompettes et pancartes en main. Nous y avons reçu un accueil chaleureux de la part des membres, ainsi que des éxécutant.e.s.

Le 17 novembre, une quinzaine de wobs sont allé.e.s à l’hôpital St-Luc pour piqueter en compagnie des syndiqué.e.s du Syndicat des Employé.e.s du CHUM (SECHUM), membre de la CSN, et de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux du CHUM (APTS-CHUM). La loi sur les services essentiels ne permettant aux travailleurs et aux travailleuses de la santé et des services sociaux d’être en grève que durant 10% de leur horaire, c’est en alternance que des dizaines de syndiqué.e.s plein.e.s d’énergie débarquèrent sur la ligne de piquetage. Là aussi, un accueil génial nous y attendait.

Ces journées, où nous avons côtoyez les membres de syndicats appartenant à trois centrales aux opinions politiques différentes des nôtres, nous montre bien, selon moi, que c’est sur le terrain que les solidarités se créent. Que malgré des différents idéologiques, et des tensions causées par une mauvaise compréhension des intentions de chaque groupe, sur une ligne de piquetage, nous sommes tous et toutes des travailleurs et des travailleuses luttant contre des conditions de vie et de travail de merde.

Solidarité!

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Wobbly à Dublin – Épisode 1: La menace fantôme

Introduction et mise en contexte

Lorsque j’ai décidé de partir vivre en Irlande pendant deux ans, je venais à peine de rejoindre le SITT-IWW et était avide d’en apprendre plus et de prendre part à la lutte. Donc, la première chose à laquelle j’ai pensé est : « Existe-t-il une branche en Irlande ?»

Eh bien non, me confirme le GHQ (General Headquarters), qui me met quand même en contact avec ERA (European Regional Administration), qui elle, me met en contact avec des Wobblies d’Écosse qui, finalement, me mettent en contact avec de potentiels membres, dont un en particulier semble plus motivé encore, un certain dénommé Jules. Lire la suite

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Un 7 septembre fort chargé!


Ce 7 septembre, histoire de faire un pied de nez au patronat, à l’occasion de la « Fête » du travail, la branche montréalaise des IWW tenait une journée de mobilisation sous la thématique « Faites la lutte ! ». Sous un soleil de plomb et le regard bienveillant (lire harcelant) des patrouilles du SPVM, quelques tables occupaient le parc des Faubourgs et ce, dès midi. À l’horaire : musique, bouffe, ateliers, tables d’infos et marchandises, et pour conclure, manifestation populaire.
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Réclame ta paye : Victoire à la Station des Sports !

J’ai travaillé à la Station des Sports de septembre 2014 à juin 2015. Un gros neuf mois à ne pas trop savoir sur quel pied danser parce qu’il y a tellement de directives qui émanent du bureau chef et tellement de gérants qui passent qu’on ne sait plus trop ce qu’on attend de nous. Il y a eu ce gérant avec qui une barmaid a dû s’obstiner parce qu’il voulait mettre les souliers de tout le monde aux vidanges. Il trouvait que ça faisait pas ‘propre propre’ que nos runnings soient dans une armoire sous le bar, alors hop ! Aux poubelles ! Il y a eu celui qui faisait des bruits d’animaux en passant derrière les serveuses. Celui qui ramassait des cotisations pour les portiers et les empochait. Celui qui nous faisait fouiller dans les poubelles pour ramasser les trucs qu’il y échappait. Et même celui qui faisait pleuvoir les avertissements et qui a fini par se faire congédier pour avoir callé malade. Je vous épargne le classique : de la formation non-payée, des payes raccourcies de quinze minutes par-ci et par-là et des factures à payer à la place des clients qui se sont sauvés. Je crois que vous avez déjà saisi le tableau. Lire la suite

Deux militant-e-s syndicaux condamné-e-s


Alors que Jennifer Pawluck, militante au Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) vient d’être reconnue coupable d’harcèlement envers Ian Lafrenière, porte-parole du Service de Police de la ville de Montréal et qu’Hamza Babou, membre de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) est envoyé à la prison de Rivière-des-Prairies en attendant son procès, il est légitime pour les militant.es syndicaux de se demander où est-ce que tout cela s’arrêtera.

Rappelons que dans le cas de Jennifer Pawluck, ce que le système d’injustice appelle du harcèlement, n’est en fait rien d’autre que la publication sur son compte instagram comptant 81 abonné.es, de la photo d’un graffiti montrant le porte-parole du SPVM avec une balle dans la tête. Pawluck n’a pas fait ce graffiti, elle n’encouragea personne à partager la photo et surtout elle n’encouragea personne à atteindre à la sécurité de Lafrenière. Pierre Trudel, Professeur de droit à l’Université du Québec à Montréal, interviewé par Le Devoir, s’inquiète d’ailleurs des limites que la Cour est entrain de poser à la liberté d’expression, relevant que les codes du langage ne sont pas les mêmes sur internet que dans la vraie vie.

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Du côté d’Hamza Babou, ce sont 14 chefs d’accusations qui pèsent contre lui. Notamment ceux d’agression armée, lire : avoir lancé des fils serpentins en aérosol au visage d’un agent (il n’est toujours pas clair s’il s’agit d’un Garda ou d’un policier) et d’avoir brisé une injonction de la Cour interdisant les levées de cours votées démocratiquement par les associations étudiantes de l’UQÀM. Rappelons que le juge Denis Laberge n’en est pas à sa première en termes d’incarcération abusive. En 2003 il avait condamné un manifestant à 18 jours de prison en attendant son procès et, en dépit des lois canadiennes, lui avait interdit de présenter  la preuve pour sa propre défense lors de son enquête caution. Pour Me Véronique Robert, chargée de la défense de Babou, il ne fait aucun doute que la Cour essaie de faire de l’accusé un exemple et que son procès est chargé d’une volonté politique visant à écraser le mouvement de contestation qui a lieu au Québec.

Nous ne pouvons passer sous silence qu’il s’agit au mieux d’une drôle de coïncidence, que les procès de Pawluk et Babou prennent de si radicales tournures à deux semaines du 1er mai, journée internationale des travailleurs et des travailleuses et journée de grève générale et sociale poussée par plusieurs syndicats de base affiliés au Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW), à la Confédération des Syndicat Nationaux (CSN), à la Fédération des Travailleurs du Québec (FTQ), à la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ) ou encore à l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ) en plus des nombreux groupes communautaires gravitant autour de la Coalition Main Rouge.

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Tant et aussi longtemps que contestation sera synonyme de répression il sera des plus importants pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses de se serrer les coudes. De se rappeler que ceux et celles qui font face à la justice aujourd’hui ont été choisi afin de servir d’exemples et en ce sens nous représentent tous et toutes. Demain ce sera peut-être notre tour de faire face à la justice pour eux et elles. Parce qu’une injure à l’un ou à l’une d’entre nous est une injure à tous et à toutes, la section locale montréalais du SITT-IWW en appelle à votre solidarité, la seule arme que nous possédions dans la lutte contre l’austérité.

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester.

Radicalisation de la grève du 1er mai 2015 !

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Un spectre hante le Québec. Ce spectre, c’est la grève générale. Depuis 2012, nos élites savent que la classe ouvrière, les étudiant-e-s, et tout ceux et celles que l’injustice et la répression n’indiffère pas encore, peuvent prendre la rue et imposer leur légitimité face à l’État. Mais malgré cette hantise, les apôtres du capitalisme, et particulièrement de sa vision libérale, ne peuvent s’empêcher de mener une guerre ouverte contre tout ce qui n’est pas marchandise, contre tout ce qui n’est pas valorisable financièrement. Des coupures budgétaires au sur-armement policier, depuis nos jobs sous-payés jusqu’aux insultes publiques contre les pauvres et les exploité-e-s, tout porte à croire que le Québec s’est fait le chancre d’un capitalisme débridé. Ce paradis néo-libéral, protégé par l’État et ses sbires, ruine nos quotidiens et celui de nos proches, piétine volontairement les restes de notre liberté, crache aux visages des plus démunis et d’une misère qu’il a lui-même engendré. Nous avons cessé depuis bien longtemps de croire en la capacité régulatrice de ce système. En s’autodétruisant, il nous entrainera tous et toutes simultanément dans son sillage. Nous subissons chaque jour de nouveaux rappels de cet échec programmé: catastrophes environnementales, montée des inégalités, dégradations des conditions de travail, racisme institutionnel, corruption systémique de notre système politique, harcèlement des femmes sur leurs lieux de travail ou à l’université… D’une manière générale, ce sont toutes les formes de dominations qui augmentent dangereusement, poussant dans leurs derniers retranchements les exploité-e-s et les dominé-e-s de notre société, pour installer nos élites sur un piédestal bien trop confortable.

C’est pourquoi nous appelons les insoumis-e-s à l’insurrection. Nous espérons que ce printemps verra tous les enragé-e-s, tout-e-s ceux et celles que ce système dégoute, dans la rue et dans l’action. Parce que l’apathie ne nous convient pas, nous croyons fermement en notre capacité commune à créer un monde meilleur. Au-delà d’une simple lutte ponctuelle contre l’austérité, nous voyons pointer au loin les prémisses d’une guerre sociale, dont la grève de 2012 n’était que le début. Les gouvernements successifs et répétitifs, de droite comme de gauche, tentent depuis trop longtemps de nous imposer leur conception mortifère de l’économie, et plus largement de la société. Une seule et unique journée de grève n’est pas suffisante pour faire reculer un gouvernement protecteur des intérêts financiers des dominant-e-s. Nous pensons qu’une révolte globale de l’ensemble de la société doit émerger durant ce printemps. Cette révolte doit s’inscrire sur le long terme : au Québec comme en Europe, de trop nombreux exemples de mouvements sociaux récents ont prouvé l’inutilité d’actions ponctuelles contre des gouvernements désormais accoutumés et préparés à la grogne sociale.

Contre le capitalisme et le libéralisme, nous réaffirmons notre droit à la gestion de nos propres vies, que cela convienne ou non à ceux et celles qui nous dirigent. Notre quotidien nous appartient, nos villes sont à nous. Nous croyons fermement que le capitalisme doit être banni du Québec. Pour cela, nous nous montrerons toujours solidaires de ceux et celles qui luttent, mais à jamais antipathique aux yeux des résigné-e-s et des prostré-e-s. Nous serons aux côtés des travailleur et des travailleuses ainsi que des étudiant-e-s en lutte, et nous opposerons à la brutalité policière une solidarité prolétarienne. Dans la rue, sur les lieux de travail et d’étude, dans nos quartiers, nous sommes présent-e-s pour vous soutenir et vous aider.

N’ayons pas peur de nos utopies!

Osons nous battre pour renverser l’ordre établi!

Réunion de fondation du SITT-IWW Sherbrooke

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La section SITT-IWW Sherbrooke va de l’avant et fonde sa section locale! Nous tiendrons donc une réunion de fondation le jeudi 26 mars prochain, au 187 rue Laurier, salle Alphonse Desjardins, dès 19 heures.

L’objectif de cette rencontre est de faire connaître le SITT-IWW à Sherbrooke, de formaliser la création de notre branche (adoption des règlements du syndicat, élections), d’annoncer et de définir nos actions futures, et bien entendu de recruter tout-e nouveau ou nouvelle membre intéressé-e à se joindre au combat!

Le SITT-IWW est un syndicat inclusif, qui, par le réseautage et la solidarité, souhaite créer un véritable réseau de travailleurs et de travailleuses capables de se défendre les un-e-s et les autres pour, ensuite, viser un meilleur contrôle de leur milieu de travail.

Que tu sois travailleur ou travailleuse, que tu sois étudiant-e ou bien chômeur, chômeuse, viens nous rencontrer le jeudi 26 mars prochain!

Solidarité!

La section locale de Sherbrooke du SITT-IWW.

Appel à la grève le 1er mai 2015

Un spectre hante le Québec. Ce spectre, c’est la grève générale. Depuis 2012, nos élites savent que la classe ouvrière, les étudiant-e-s, et tout ceux et celles que l’injustice et la répression n’indiffère pas encore, peuvent prendre la rue et imposer leur légitimité face à l’État. Mais malgré cette hantise, les apôtres du capitalisme, et particulièrement de sa vision libérale, ne peuvent s’empêcher de mener une guerre ouverte contre tout ce qui n’est pas marchandise, contre tout ce qui n’est pas valorisable financièrement. Des coupures budgétaires au sur-armement policier, depuis nos jobs sous-payés jusqu’aux insultes publiques contre les pauvres et les exploité-e-s, tout porte à croire que le Québec s’est fait le chancre d’un capitalisme débridé. Ce paradis néo-libéral, protégé par l’État et ses sbires, ruine nos quotidiens et celui de nos proches, piétine volontairement les restes de notre liberté, crache aux visages des plus démunis et d’une misère qu’il a lui-même engendré. Nous avons cessé depuis bien longtemps de croire en la capacité régulatrice de ce système. En s’autodétruisant, il nous entrainera tous et toutes simultanément dans son sillage. Nous subissons chaque jour de nouveaux rappels de cet échec programmé: catastrophes environnementales, montée des inégalités, dégradations des conditions de travail, racisme institutionnel, corruption systémique de notre système politique, harcèlement des femmes sur leurs lieux de travail ou à l’université… D’une manière générale, ce sont toutes les formes de dominations qui augmentent dangereusement, poussant dans leurs derniers retranchements les exploité-e-s et les dominé-e-s de notre société, pour installer nos élites sur un piédestal bien trop confortable.

C’est pourquoi nous appelons les insoumis-e-s à l’insurrection. Nous espérons que ce printemps verra tous les enragé-e-s, tout-e-s ceux et celles que ce système dégoute, dans la rue et dans l’action. Parce que l’apathie ne nous convient pas, nous croyons fermement en notre capacité commune à créer un monde meilleur. Au-delà d’une simple lutte ponctuelle contre l’austérité, nous voyons pointer au loin les prémisses d’une guerre sociale, dont la grève de 2012 n’était que le début. Les gouvernements successifs et répétitifs, de droite comme de gauche, tentent depuis trop longtemps de nous imposer leur conception mortifère de l’économie, et plus largement de la société. Une seule et unique journée de grève n’est pas suffisante pour faire reculer un gouvernement protecteur des intérêts financiers des dominant-e-s. Nous pensons qu’une révolte globale de l’ensemble de la société doit émerger durant ce printemps. Cette révolte doit s’inscrire sur le long terme : au Québec comme en Europe, de trop nombreux exemples de mouvements sociaux récents ont prouvé l’inutilité d’actions ponctuelles contre des gouvernements désormais accoutumés et préparés à la grogne sociale.

Contre le capitalisme et le libéralisme, nous réaffirmons notre droit à la gestion de nos propres vies, que cela convienne ou non à ceux et celles qui nous dirigent. Notre quotidien nous appartient, nos villes sont à nous. Nous croyons fermement que le capitalisme doit être banni du Québec. Pour cela, nous nous montrerons toujours solidaires de ceux et celles qui luttent, mais à jamais antipathique aux yeux des résigné-e-s et des prostré-e-s. Nous serons aux côtés des travailleur et des travailleuses ainsi que des étudiant-e-s en lutte, et nous opposerons à la brutalité policière une solidarité prolétarienne. Dans la rue, sur les lieux de travail et d’étude, dans nos quartiers, nous sommes présent-e-s pour vous soutenir et vous aider.

N’ayons pas peur de nos utopies.

Osons nous battre pour renverser l’ordre établi.