La complainte du militant salarié

La complainte du militant salariécomment combattre le capitalisme par le capitalisme

In recent years, nous vivons une crise du militantisme. Bon nombre d’organismes ont du mal à recruter de nouveaux adhérents et à les mobiliser. Nous n’avons qu’à regarder notre propre taux d’adhésion, qui fluctue au gré des saisons, et les difficultés rencontrées lorsque vient le temps de mener une action pour réaliser que la[1] IWW subit, her too, les effets cette même crise. Bien que les explications à ce phénomène puissent être polysémiques, la plupart des gens reconnaissent que, de manière plus générale, cette situation est liée à une crise de l’action collective. Face à un syndicalisme de plus en plus corporatiste, certains militants n’entendent tout simplement plus l’appel à la mobilisation. En guise de solution, les bien-penseurs de ce monde, dont font partie certains Wobs, ont trouvé une solution révolutionnaire à ce problème: le militantisme rémunéré! Je sais, je sais… ce débat dure depuis des lunes et est constamment ramené à l’avant-plan, et de façon nauséabonde, dans nos discussions collectives. Même si bon nombre d’entre nous perdent patience devant ces échanges insensés sans fin, je crois qu’il importe que nous nous arrêtions un instant afin de régler cette question une fois pour toutes afin que nous puissions, à l’avenir, nous concentrer sur notre objectif commun: forcer la transformation sociale en démantelant le capitalisme.

At first glance, cette proposition peut sembler simple et cohérente avec les valeurs de notre organisation. After all, un travail effectué est un travail qui mérite d’être rémunéré. Assez simple, n’est-ce pas…? Sadly, This is not the case. Si certains membres, dont je fais partie, s’opposent au militantisme rémunéré, c’est que cette proposition vient heurter les valeurs les plus profondes qui nous habitent et provoque une dissonance cognitive[2] supérieure à ce que nous pouvons tolérer. Au-delà des idéologies qui s’opposent dans ce débat, je crois qu’il est important de le contextualiser afin de souligner certains obstacles plus techniques à considérer avant d’instaurer le militantisme rémunéré dans une organisation comme la nôtre.

Pendant de nombreuses années, je me suis impliquée dans mon « syndicat imposé ». Armée de ferveur gauchiste, je pensais être entourée de gens qui partagent mes valeurs de solidarité, d’entraide et de souci du bien commun. À coup de défaites et de frustrations, j’ai fini par réaliser que la montée de l’individualisme, combinée à la formule Rand, ont fait en sorte que les syndicats modernes ne sont rien de plus que des institutions corporatistes visant à maintenir le statu quo tout en convainquant la classe ouvrière d’accepter la médiocrité patronale (believe me, cette médiocrité est encore plus ironique lorsqu’on travaille pour la fonction publique ou parapublique). Nos élus syndicaux sont devenus des fonctionnaires nombrilistes plus préoccupés par leur réélection et leurs primes que par le bien commun. J’ai donc fait le choix, pour contrer le supplice de ma dissonance cognitive syndicale, de me désengager (bien que je ne puisse pas me désaffilier) de mon syndicat d’appartenance pour m’impliquer dans mon syndicat choisi. Comme vous tous, je pose le geste volontaire et conscient de payer mes cotisations mensuelles parce que j’y crois et non pas parce que ce montant est prélevé automatiquement de ma paie. Vous comprenez donc que, lorsque nos membres proposent des « idées novatrices » telles que le militantisme rémunéré, je ne peux pas m’empêcher de me méfier du corporatisme rampant qui a déjà englouti bon nombre d’institutions soi-disant de gauche.

Les arguments s’opposant au militantisme rémunéré sont nombreux et de plusieurs ordres. Comme point de départ, je propose que nous revisitions les principes fondateurs à la base de notre organisation. To do this, vous aurez à aller récupérer votre petit cahier rouge intitulé Préambule, constitution & règlements généraux du syndicat industriel des travailleurs et travailleuses[3] que vous gardez bien précieusement sous votre oreiller. Je vous invite à lire la première phrase de ce document, pierre angulaire sur laquelle repose la IWW: The working class and the employing class have nothing in common. En acceptant de salarier certains de nos membres, qui deviendraient en fait nos « employés », ne devenons-nous pas patrons? En soutenant l’idée du militantisme rémunéré, ne sommes-nous pas volontairement en train de devenir ce que nous méprisons le plus? Je suis peut-être un peu naïve, mais je vois difficilement comment nous allons pouvoir continuer de militer pour l’abolition du patronat tout en étant patron.

En poursuivant votre lecture du préambule (1 page – 6 paragraphes – 10 phrases – 27 lignes), vous remarquerez qu’en plus de toutes les fois où nous pouvons inférer la chose, il est textuellement mentionné à 2 reprises que notre revendication première, afin de supprimer le capitalisme, est d’ABOLIR LE SALARIAT. Allons-nous vraiment verser un salaire à des gens pour qu’ils militent pour l’abolition du salariat? Comment allons-nous scander, en toute crédibilité, «À bas le salariat! » tout en versant un salaire à nos militants…? Rappelons ici que, lors de ses études universitaires, le grand gauchiste Pierre Carl Péladeau s’est senti tellement interpelé par la doctrine marxiste qu’il a modifié l’épellation de son nom pour Pierre Karl… C’est bien la preuve que des patrons peuvent être socialistes !!! Comme solution à ce problème, je propose d’épargner le temps qu’il nous faudrait pour redéfinir radicalement qui nous sommes afin de mieux remplir notre rôle de patron et d’employer la même technique que ce grand homme qui nous a tant inspirés: changeons tout simplement le c pour un k dans Kapitalisme et concluons que nous avons réalisé notre rêve de transformation sociale. At the same time, il faudra aussi changer l’épellation de crédible pour krédible, et cohérent pour kohérent… Vous voyez, tout s’arrange!

Pour plusieurs, le débat s’arrête ici. Lorsque nous reconnaissons qu’une compensation financière pour notre implication à la IWW est diamétralement opposée aux principes fondateurs de notre organisation, le débat devient caduc. However, je ne peux pas m’empêcher de poser la question: quel est l’intérêt d’une personne à s’impliquer BÉNÉVOLEMENT et de son plein gré dans un organisme qui vise l’abolition du salariat tout en réclamant un salaire pour cette même implication? Pourquoi chercher à modifier une organisation incompatible avec nos ambitions pour qu’elle corresponde à nos idéaux plutôt que de tout simplement chercher une autre organisation qui correspond mieux à notre vision du monde?  C’est à peu près aussi pertinent que d’aller distribuer des tracts sur le véganisme au Stampede de Calgary (ou Kalgary, there yet, je ne sais plus!). However, la distinction entre militant et employé est bien claire. Mon travail est ce que je fais. Mon militantisme est qui je suis. Même si j’aime ce que je fais, que j’éprouve de la fierté pour ma profession, et que j’ai choisi de travailler dans un secteur qui rejoint mes valeurs personnelles, mon travail ne me définit pas. Je ne vis pas pour travailler; je travaille pour vivre. Pour ceux qui se posent la question, je vais me permettre ici de vous sauver les couts d’une consultation auprès d’un conseiller en orientation. Il existe une profession où vous pouvez défendre vos positions idéologiques à cœur joie tout en gagnant très bien votre vie. Vous n’avez qu’à remplir le formulaire d’adhésion disponible sur le site web de l’AQL (Association québécoise des lobbyistes) et le tour est joué! On the other hand, de grâce, lorsque ce sera fait, veuillez minimalement vous assurer de ne pas poser votre candidature pour un emploi auprès d’un organisme qui vous demandera de faire des représentations visant votre autoabolition…

Nonobstant le fait que le militantisme rémunéré soit à l’opposé de nos valeurs intrinsèques, un bon nombre d’obstacles techniques se présentent à nous. Poursuivez, si vous le voulez bien, la lecture de votre petit cahier rouge. Vous constaterez, like me, qu’une réécriture complète de nos règlements serait nécessaire. Bien que je ne souhaite pas en faire une liste exhaustive des incohérences entrainées par les revendications « salairistes » de certains, quelques exemples méritent tout de même d’être soulignés.

In the first place, rappelons que l’article II de nos règlements généraux, portant sur l’adhésion, précise qu’afin d’être éligibles, les membres de notre organisation doivent adopter des objectifs et des principes compatibles avec ceux de la IWW. Encore plus, il est inscrit que des actions clairement nuisibles à la solidarité ou en contradiction avec les objectifs et principes du SITT-IWW peuvent mener à l’exclusion d’un membre. Je crois ici que l’incompatibilité a déjà été largement démontrée préalablement et que nous nous entendons pour dire que le militantisme rémunéré ne fait pas partie de nos objectifs ou de nos principes…

Thereafter, l’article III, portant sur notre structure, nous rappelle l’importance des pratiques organisationnelles démocratiques et une transparence de la part de l’organisation. Soucieux de vouloir nous protéger du corporatisme, notre syndicat est dirigé par des personnes bénévoles et non par une partie patronale. Qu’adviendra-t-il de cette démocratie lorsque nous devrons gérer nos employés? Comment allons-nous pouvoir maintenir le principe de droits égaux cités à l’article IV lorsque nous aurons instauré une structure hiérarchique patronale entre les membres? Il est vrai que les jeux de rôles sont populaires, mais je ne suis vraiment pas certaine comment nous allons jouer le rôle de syndicaliste et de patron simultanément. J’imagine que ce serait un peu comme essayer de chanter Bohemian Rhapsody en solo.

Comme si l’absurdité de la militance rémunérée n’avait pas été suffisamment démontrée, continuons de gratter cette plaie poisseuse encore un peu. L’article VII de nos règlements nous met en garde contre l’utilisation de notre étiquette universelle. Comme nous avons déterminé que notre superbe symbole pourpre ne sera jamais délégué aux employeurs, notre comité marchandise risque de se retrouver dans l’embarras puisque la seconde où le premier chèque de paie sera signé, nous devrons tous nous départir de notre t-shirt préféré. Anyway, comme l’alinéa c) de l’article II de la page 15 précise qu’aucun membre du SITT-IWW ne peut représenter un syndicat corporatiste, nous venons tous volontairement de nous envoyer au banc des pénalités (insérer un slow clap et la procédure de rappel ici).

Jusqu’à présent, les arguments évoqués sont davantage d’ordre des idéaux et des valeurs collectives que nous souhaitons véhiculées. Sadly, ce genre d’argument, aussi bien formulé soit-il, ne rejoint pas les fauxchistes, ou cette nouvelle bourgeoisie militante qui, sous le couvert du socialisme, ne fait que renforcir un système capitaliste visant à maintenir le pouvoir entre les mains de la classe dominante. So, comme il n’est pas question ici de reconnaissance des droits des travailleurs, mais bien du maintien des privilèges de certains, je vais me permettre de répondre à l’avidité capitaliste des revendications salariales de nos bénévoles par un argumentaire capitaliste. Bien que présente mondialement, la IWW ne compte actuellement qu’environ 12 000 personnes membres. Supposons que tous nos membres sont à jour dans le paiement de leurs cotisations et que ceux-ci contribuent, en moyenne, 22$ per month (ce qui n’est pas le cas mais allons-y avec une estimation favorable), notre budget annuel mondial, toutes branches confondues, représente environ 3 000 000$. Si cette somme peut sembler énorme pour de simples travailleurs, nous sommes à même de constater que notre budget est en fait plus petit que le compte de dépenses de bien des PDG (nonon Pierre Karl, pas toi; on le sait que tu es marxiste). Une fois nos frais d’exploitation couverts, il n’est pas difficile de deviner que les sommes disponibles sont très limitées. Ajoutons à cela le salaire des parasites militants cherchant à cannibaliser notre organisation à grands coups de revendications salariales, les sommes restantes pour nos actions collectives seraient comparables au salaire moyen versé aux personnes incarcérées dans des prisons privées aux États-Unis. À ce rythme, nous allons rapidement devenir comparables à un organisme corporatiste tel qu’Autism Speaks, où la majorité des dépenses encourues sont en salaire, en publicité et en campagne de financement alors que moins de 4% de leur budget annuel sert à venir en aide aux personnes sur le spectre et à leurs familles. À la lumière de ce simple calcul mathématique, la question se pose: dans un organisme centré sur le bien commun, le militantisme rémunéré ne devient-il pas le moyen le plus opportun de rater notre cible? En quoi est-ce que d’allouer la majorité des ressources collectives dont nous disposons à quelques individus n’est pas du capitalisme dans sa plus simple expression…?

Tout cela étant dit, il me semble clair qu’en plus de rendre notre mission inutile, le militantisme rémunéré ne fait que solidifier les relations de travail capitalistes auxquelles nous nous opposons. Furthermore, celui-ci ne fait que renforcer le positionnement de plus en plus corporatiste des organismes et accentuer la division du travail. Finally, en plus de détourner le débat des vrais enjeux, de siphonner les ressources financières d’une organisation déjà précaire, la solution novatrice du militantisme rémunéré n’aura servi qu’à invalider l’essence même de notre existence et exacerber la crise du militantisme. Pour ma part, si cette proposition venait à être acceptée, tant qu’à contribuer au maintien d’un système que je déteste et devenir une caricature de moi-même, mon dernier acte avant de mettre fin à mon adhésion à la IWW serait d’insister pour que toutes nos employées soient des femmes. Like this, nous pourrons économiser 30% sur notre masse salariale. Pierre Karl aura de quoi être fier de nous.

MarieHélène


[1] L’usage du féminin est un choix délibéré. Deal with it or talk to your therapist.

[2] En psychologie sociale, la dissonance cognitive survient quand les personnes sont confrontées à une information qui n’est pas cohérente avec leurs croyances.

[3] Il serait intéressant que nous songions à revisiter cette appellation. D’une part, l’usage de Workers réfère à un modèle dichotomique qui est, in my opinion, désuet et déconnecté de la multiplicité des identités de genre de nos membres. Beside, la priorisation systématique du masculin dans nos textes ne fait que rappeler aux travailleuses, de façon très subtile (comme si la société ne se chargeait pas déjà amplement de nous le rappeler), que nous serons toujours un pas derrière nos collègues masculins.

Manifestation of the 1st of May 2022

REVOLTE-ES ! OUTRAGED !

(English below)
Revolted! In front of the bosses who refuse to give us a living wage! In front of the owners who seize a social right in order to enrich themselves! In front of governments that see migrants as fraudsters!

Another pandemic year to suffer the ravages of the capitalist economy. Another year where the economic imperatives of the corporate class have taken precedence over the well-being of working people. That is why the Industrial Workers Union – Montreal section still has three demands: a significant increase in the minimum wage to $22/h and an improvement in our working conditions, rent control and social housing, and status for all!The Industrial Workers' Union and several associated organizations invite you to a picnic and demonstration on Sunday May 1 2022 12:30 p.m. at Emmett-Johns Square, behind Papineau station. We're in front of the boss class and we're standing, ensemble. International Workers' Day is an opportunity to develop our ties, to share our struggles, to revolt to build a better world.__Also, we invite you to participate in the demonstration of the Convergence of anti-capitalist struggles (CLAC) which takes place after, at 5 p.m. instead of “Canada”, under the theme “Colonial and ecocidal: capitalism is war! ». Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875

Participating groups :
STTAB- Home Bonneau
Montreal North Housing Committee
ALV
Eastern unemployment committee
RCLALQ
Coalition Against Poverty Hochelaga
Plateau accommodation committee
MAC
Syndicat TRAC union

Outraged! Against bosses that refuse to give us a decent wage! Against landlords that take away a social right in order to make money! Against governments that see migrants as frauds!

Another pandemic year during which we suffered the devastation of the capitalist system. Another year during which the economic interests of the business class crushed the well being of the working class. That’s why the Industrial Workers of the World – Montréal still demand: a significant minimum wage raise to 22$/hour and better working conditions, rent control measures and social housing, and a status for all!SITT-IWW and others invites you to a picnic and demonstration on Sunday May 1st 2022 at 12:30 PM at Place Emmett-Johns, behind Papineau station. Against the employing class, we stand together. May Day is the opportunity to meet, share our struggles and rebel on the way to building a better world.___Also, we invite you to participate in the Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC)’s protest happening after, at 5 PM at Place du ” Canada », with the theme “Colonial and Ecocidal, Capitalism is war!”.
Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875


STTAB- Home Bonneau
Montreal North Housing Committee
ALV
Eastern unemployment committee
RCLALQ
Coalition Against Poverty Hochelaga
Plateau accommodation committee
MAC
Syndicat TRAC union

COVID-19 : save the furniture, fight and prepare for after

If for two or three short weeks, the federal and provincial governments have announced and put in place certain measures to help (partially) to workers, unemployed, so as to promote containment, les dernières conférences de presse de Legault laissent présager la fin de la lune de miel.

Il fallait s’y attendre, business as usual, l’État va privilégier les intérêts économiques de leurs amis les boss, les gros investisseurs, les riches, et ce au détriment des travailleuses-eurs, comme d’habitude. La CAQ parle de retour à l’école aussi tôt qu’au début mai, alors qu’on est loin d’avoir « vaincu » la pandémie ou même d’avoir un vaccin, parce qu’il faut bien faire quelque chose avec les enfants des travailleuses-eurs si on les force à retourner au travail

Pourquoi en serait-il autrement anyway? Ça a toujours été comme ça. La crise aura simplement eu un effet de loupe : nos conditions étaient déjà de la marde, elles ne deviendront pas meilleures magiquement.

Limiter les dégâts et revendiquer

C’est donc pour ça qu’actuellement, le milieu syndical (et une partie de la gauche) devrait être en mode « limiter les dégâts et pousser des revendications ». Sauver les meubles dans l’optique où il faut le savoir, la crise n’empêchera certainement pas les boss de s’enrichir sur le dos de leurs employé-e-s. On a qu’à regarder certaines entreprises et industries où on continue de presser le rendement comme si de rien était, encore plus si on a une main d’oeuvre qui a moins de ressources pour se défendre (les travailleuses-eurs à statut précaire notamment). 

Il nous faut demander des augmentations salariales et des améliorations dans nos conditions de travail plus largement, comme dans certains commerces ça s’est vu, and especially, s’arranger pour que ce ne soit pas temporaire. Parce que ce n’est pas vrai qu’on va donner 2$ de plus aux caissières de supermarchés pour mieux leur retirer dans six mois, and. Ce n’est pas le moment de se sentir coupable de demander de meilleures conditions ou de tomber dans le romantisme nationaliste de « l’effort de guerre » de Legault Inc.

Limiter les dégâts et revendiquer, ça veut aussi dire faire des refus de travail. Pas question de retourner travailler parce que nos boss s’inquiètent. Ils ne nous donnent pas plus de bonus en temps normal quand ça va bien, pourquoi alors irait-on se mettre en danger alors qu’on est en pleine pandémie? J’espère, ou je fantasme, des syndicats de profs qui vont bloquer ces retours en classe potentiels qui sonnent surtout comme un plan de mardeEt pas juste dans le milieu de l’éducation, mais dans le communautaire, dans la santé, in construction, dans le commerce de détail, etc.

passer des messages

C’est aussi le moment pour se former et s’organiser. Le Québec n’a pas une culture ouvrière ou syndical qui se transmet fort fort. At school, on fait peu ou pas d’éducation politique et encore moins sur les luttes sociales. Eh ben, c’est le temps d’y mettre des efforts. Et il faudra que ça vienne de la base, parce que de toute manière, we know it, les à-plat-ventristes à la tête des centrales syndicales tiennent trop au statu quo et à leurs privilèges pour véhiculer des idées plus radicales.

C’est le temps de passer des messages, de faire de l’éducation populaire, d’agiter nos collègues et de se donner les moyens de le faire. Écrire des textes, donner des formations et des ateliers, accompagner des plus jeunes dans un apprentissage militant. Préparer le monde à défier les lois spéciales et injonctions qui vont continuer de pleuvoir dès qu’on mettra de la pression au bon endroit.

et préparer l’après

Et il faut penser à l’après, parce que le cauchemar ne va pas prendre fin avec un éventuel déconfinement (qui lui-même risque d’être long et progressif, au gré des besoins des boss…). Si déjà nous sommes capables d’être assez alertes pour éviter de faire se faire passer par la bande des lois autoritaires ou anti-syndicales draconiennes (comme la plupart des États le font en temps de crise), on va tout de même se faire remettre une facture salée en sacrament.

Rien de nouveau à ce qui suit, mais juste à regarder notre filet social : si la panique est pogné dans nos hôpitaux, nos CHSLD (la plupart privés en plus), nos CLSC ou nos organismes communautaires, c’est que ça fait des décennies que les gouvernements se succèdent pour y mettre la hache. Ce n’est pas une triste coïncidence si on est pas capable de tester suffisamment, qu’on laisse du monde à la rue en plein pandémie, qu’on a pas assez d’équipement. Et ce n’est pas une crise sanitaire qui va changer cela, capitalisme oblige.

Legault et Cie le font déjà planer : ça va coûter cher. Pas vrai que les gouvernements vont ()instaurer une taxe sur le capital ou des impôts plus élevés pour les plus riches. Non, après les mesures de distanciation sociale, ça va être celles d’austérité qui vont être violentes, pas qu’un peu. On va nous demander de se serrer la ceinture sur un méchant temps.

Et notre système de santé qui aura déjà de peine et de misère passé au travers de la crise, va manger une autre claque. En éducation ça sera pareil. Les programmes de prestations auxquels nous contribuons n’y échapperont pas. Les acquis en matière de santé et sécurité, de conditions de travail, name it, tous vont y goûter.

Il faut donc qu’on se prépare à rebâtir et renforcer nos mouvements syndicaux, sociaux et de gauche. Ça ne se fait pas en claquant des doigts et il y aura des obstacles. Déjà comme je le mentionnais plus haut, il y aura « les élites » de gauche pour tenter de contrôler le bordel et la frustration que ça va générer. Quelle forme ça prendra, je ne le sais pas. Mais on est mieux de commencer à y penser.

COVID-19 : The IWW Montreal-demand the suspension of payments of rents and mortgages

MONTRÉAL, the 30 mars 2020 – The crisis coronavirus hit us hard and as usual in these difficult times, the first to pay the price were workers. Only a week after the start of social distancing measures, there were over a million new unemployed and new unemployed across the country.

Despite support programs announced by the different levels of government, it seems that the funds will not be distributed in time for the beginning of April. Thus, several hundred thousand people will have to choose between eating or paying the rent or mortgage. If taken containment measures are for the health of everyone, we believe it is important to remember that the housing and food are also vital needs and should be considered human rights.

In this sense, IWW Montreal-demand the suspension of payments of rents and mortgages for everyone. The spokesman of the union, Coline says Left : « Si, the base, we already have some discomfort with the fact monetize a basic human need like housing, this exceptional situation forces us to demand that governments take extraordinary measures. It is also that, public health ! »

Solidarity with the strikers rent

Since the state is slow to implement measures concerning the right to housing for all and all during this crisis, a rent strike is in the process of setting up a coast to coast. The IWW-Montreal wishes to publicly announce it up in solidarity with the strikers tenants, and that those who will be adversely affected by their owner will contact our Solidarity Committee to help defend.

« We will support our members, and any person who will suffer the consequences of participation in the rent strike, by need or solidarity. Be assuré.e.s that our union will respond if this crackdown are exercised by owners ! "Says Ms. Gaucher.

The IWW-Montreal also directed its allied organizations to take principled positions on the suspension of mortgages and rents during the crisis, to lobby all levels of government, and preparing solidarity with the people who will have to resolve to make the rent strike. There is no secret recipe, is uniting we will successfully defend the rights to housing and food for the whole of the working class, or unemployed.

Always on the side of those who fight

The Industrial Union of Workers and Workers - Industrial Workers of the World (SITT-IWW) is an open union to all members of the working class, or that they are salarié.e.s, unemployed, étudiant.e.s or retraité.e.s.

The mission of the ISTC-IWW is to organize workplaces, industries and communities. We want to both improve our living conditions in the immediate, but also a world without bosses. A world in which the production and distribution will be managed and organized by the workers, so that the needs of the entire population are met rather than just those of a powerful minority of exploiters and owners.

Photo credit: Cedric Martin

20th edition of the show of the Montreal Anarchist Book

This weekend was held the 20th edition of Anarchist Bookfair in Montreal. Book Sale, pamphlets, newspapers, but also all kinds of widgets, the living room of the anarchist book is somehow a big meeting family for radicals of all stripes.

With the participation of 76 Montreal collective and nearly fifty coming from everywhere in North America, but also of England, of France, Sweden and the Philippines. The lounge again this year attracted several hundred participant.es who marched between the tables and workshops throughout the weekend.

For members of the Industrial Workers Union and Workers (SITT-IWW), it was an opportunity to reconnect with fellow workers Locals Hamilton, Ottawa and Halifax, in addition to participating in the presentation 6 Months of Anarcho-syndicalism in Iceland: Industrial Workers of the World Inside Efling Trade Union’s Historic Mobilization, presented by one of our comrades who left Canada in the fall especially to help the organizing effort in Iceland.

On their side, the members of the IWW activist within the events-merchandise committee took the opportunity to relaunch their traditional BBQ in addition to presenting the release of a new t-shirt incorporating the artistic work of a member who had been used on May 1st.

It was once again an honor to participate at the Montreal Anarchist Bookfair.

For the One Big Union and Industrial Democracy,

Mathieu Stakh, X374166

Sommet Anti-G7: Summary of a quiet stay but while repression

7 June :
Après-midi touristique dans Québec : les magasins se barricadent petit à petit, les gens font leur vie, c’est très calme. On finit par être suivi-es par au moins 3 policiers en civil (ceux repérés) et on nous demande de nous identifier quand on mange un sandwich dans un cimetièreun groupe de 7 people, entouré par 20 flics : SPVQ, SQ main dans la mainLe profilage commence.
Manifestation de soir appelée par le RRAG7 et le communautaire : ambiance joyeuse bien qu’on sentait une certaine appréhension, entouré-es par des goons policiers, anti-émeutes et militaires. On a croisé des fusils d’assaut, des snipers, des drones, des chiens électrocutés à chaque aboiement, at least 3 hélicos et j’en passeTout ça pour une manif calme d’un millier de personnes et plus d’une centaine de journalistes.
-Retour vers nos quartiers, on est suivi par d’autres policiers en civil dans leur voiture qui prennent manifestement nos plaques d’immatriculation en note.

On a aimé : la mobilisation plus grande qu’on pensait, la préparation des médics et les discussions avec plein de belles personnes.
On a détesté : le PCR qui s’est pris pour un autre en passant devant tous les groupes communautaires qui organisaient la manifestation, les arrestations (2) dans la manifestation, l’arsenal policier.

 

8 June :
Manifestation matinale avortée par l’arsenal militaire et paramilitaire entourant les manifestant-es
On apprend que des véhicules de manifestant-es sont ‘arbitrairementarrêtés et fouillés dans QuébecPas nous, mais on a pu le constater en effet en arrivant sur place.
Rassemblement du midi : une autoroute bloquée quelques minutes qui a valu certes 2 sofas flambants entourés de béton, mais aussi des charges policières violentes (des plaquages dignes de pros de foot américain) et des arrestations.
Midi : pique-nique on ne peut plus relax près du plus chouette dépanneur du monde (rabais pour les manifestant-es, mise à dispo des toilettes, adorables employé-es, bain de face gratis en cas de gaz… !) Québec est devenue une ville fantôme, les rues sont vides, on s’attendrait presque à une attaque de zombies!
Manifestation de l’après-midi a à peine pu commencer que tous les goons bloquaient de nouveau les rues et poussaient les gens (dont des journalistes) en bas des cotesIls se sont aussi sentis bien seuls quand ils ont, tous seuls comme des grands, réussi à planter un de leur véhicule dans une mini-sortie de route qui leur a valu un remorquage et de se cacher dans des buissons ! Petit retour des choses !
On ne compte même plus la police en civil qui nous suit dans les rues et prend des notes.

On a aimé : le pique-nique et son ambiance ‘safe’, le dépanneur extra.
On a détesté : le véhicule blanc qui t’écoute et fait de la reconnaissance faciale, la répression surnuméraire qui fait avorter la moindre action et stresser à chaque coin de rue. Les arrestations en mode ‘kidnappingalors que les gens rentraient chez eux et elles. Les photographes qui ne respectent pas le consentement.

9 June :
Manifestation syndicale : encore près d’un millier de personnes, mais cette fois une superbe ambiance! Des chansons à tout va, l’orchestre Tintanar qui se déchaîne et un temps magnifique!
Retour à l’ordre : les policiers laissent vider la place au compte-goutte en profilant les individus et leur faisant vider leur sac.

On a aimé : la belle ambiance et rigoler de voir 15 SQ sécuriser un McDo.
On a détesté : ne pas savoir où sortir et se sentir comme des bêtes à l’abattoir après la manifestation on-ne-peut-plus-pacifique.

 

En résumé : 3 belles journées, bien qu’entourées de flics en tout genre, de toutes les couleurs et avec tout l’arsenal. On décompte 0 fenêtre brisée, 10 arrests, more than 400 millions de $ dépensés sur la sécuritéça fait cher du tie-wrap autour des poignets des arrêt-és !

Short, malgré la ‘petitemobilisation, ça a quand même réussi à faire fermer l’Assemblée nationale, donner congé aux personnes du Parlement, ainsi qu’à des profs et des enfantset littéralement ennuyer gentiment près de 8.000 flicailles mobilisées pour la sécurité !
And also… donner ben de la job aux personnes qui placardent les commerces, ça a été lucratif pour eux et elles assurément !

 

Solidarity,

x385013.

 

Lien vers une entrevue de deux membres du SITT-IWW Montréal au sujet de notre présence au G7, à l’antenne du FM93 (Radio de Québec).

 

Crédit photos: Cedric Martin.

Red Bee Media, union-busting and resistance

As you may have already heard, on 11 April 2018, Red Bee Media (A Part of Ericsson) unceremoniously shuttered the Montreal branch of their Access Services division. A more thorough breakdown of the incident will be forthcoming, but suffice it to say that the shuttering was swift and vicious. Rather than negotiate with the representatives of the Montreal Subtitlers Union in good faith, the powers-that-be at Red Bee Media decided that it would be less trouble to axe their entire Canadian division in one fell swoop. This is not an exaggeration: the workers who were in that day went from performing their usual duties to being ushered into a surprise meeting to being removed from the Ericsson campus by security in the span of 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Though our campaign was felled by the twin plagues of corporate greed and union-busting, the Montreal Subtitlers Union lives on. We invite other subtitlers working in Montreal, freelancers and full-timers alike, to band together under our banner to fight for a living wage, fair working conditions, and adequate support for the work that we do. Your fellow workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserve better. And employers deserve to know that we won’t be taken advantage of. The fight continues. Solidarity forever.

 

Media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Montreal Subtitlers Union through our facebook page, or email us at [email protected]

 

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including in Montreal. Its members strive for a union model based on robust working class solidarity called Solidarity Unionism. This model emphasizes direct action at the workplace as exemplified in our campaigns at Ellen’s Stardust Diner in New York City or at So-Frite! in Montreal.

 

French version here.

Red Bee Media, anti-union and resistance

As you may have already heard, the 11 april 2018 Red Bee Media (part of Ericsson) suddenly closed the Access Services Division of the Montreal branch. A more complete explanation of the incident is yet to come, but the least we can say is that the operation was quick and vicious. Instead of negotiating in good faith with the representatives and representatives of the Union of Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal, the leaders of Red Bee Media decided it would be easier to attack at once all their Canadian Division. It is not an exaggeration : workers, going about their usual occupations, were invited es to a surprise meeting, then were fired es Ericsson campus security, all in 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Although our country was defeated by the scourges of greed of capitalists and anti-unionism, the Union of Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal continues to live. We invite other subtitlers and sub-Labeling Machines working in Montreal, and that they are freelance or full time, to come together under our banner to fight for decent pay, fair working conditions and adequate support for the work we do. Your co-workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserves better. And employers deserve to know that we will not be exploited es. The fight goes on. Solidarity forever.

 

media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Union Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal through our page facebook, or send us an email to [email protected]

 

The Industrial Union of Workers and Workers (SITT-IWW) has several branches all over the world, including the Montreal Local. Its members are fighting for a union model based on strong solidarity between the working class, called solidarity unionism. This model encourages direct action on the workplace as can attest to our campaigns Ellen’s Stardust Diner New York and So-Frite! to Montreal.

 

English version here.

Community worker : Why I manifest May 1

I work as involved in the community for several years. Before that, I had a lot of different jobs in several industries. Diver, telephone pollster, cashier, assistant cook, warehouseman, House painter, concierge, clerk, attendant customer service, name it.

Evil may have changed places, but the situation changed so much : I always have an employer who takes advantage of me. Except that this time, the employer, it has a "humanist" mission behind which hide. And if that is not the employer who directly want more of me for as little as possible, these are the donor, private or state.

I'm not alone. Women workers (and workers) Community do not have easy. Reasons to demonstrate and be disgusted es, it does us no shortage.

Conditions do not improve. Our wages are stagnating. Many are in survival mode for a paycheque to paycheque. and yet, we asked more. The State deresponsibilises : public services and the social safety net eat the fly, the people with whom we also work thereby, so we have to compensate with the means at hand.

The organizations financed keeps us always in precarious. Our posts are subsidized to "project", often for a year, with no guarantee of renewal. Thus humpback connect with people you help and accompany (because we work with human beings, often maganés), not knowing if in six months, and, we can continue. It is also disturbing to us as unhealthy for the relationship we are trying to keep up with the people who attend our resources.

It burns. As in the health system, cases of burnout are rampant. In almost all organizations I work with in my work, there is at least one person had been on sick off work in the last year. And when a person leaves, our workloads that increase, there are other workers or workers who shop burnout. This is the burnout musical ...

Fortunately, we are not alone-e-s. There is something to inspire the movement of nurses and employee-s health. There are voices. It is organized gradually. It's up to us to mobilize. Our best weapon is our solidarity, no matter where we work. Community organization, intervention, animation, everyone working together and we're in the same boat (He was ...). That is why, you work in the community, in health, restoration, in construction, etc., le 1er mai, I walk with you.

 

Solidarity,

A member of the Community Committee of the Union of Industrial Workers and Workers (SITT-IWW Montreal)

In defense of territories

In early fall 2017, a large gathering was organized at Camp River, support camp to the barricade erected at the foot of Galt 4 oil company Junex. Lors de ce moment de conspiration et de festivités regroupant des personnes autochtones et allochtones venant de partout à travers les territoires de la Mik’ma’gi et du Québec, un appel fut lancé à la formation de Comités de défense et de décolonisation des territoires (CDDT).

 

Cette idée de défense de territoire ne s’apparente pas à une protection patrimoniale d’une zone sensible. Elle ne relève pas non plus d’un fantasme de construction d’une communauté alternative qui serait isolée de la métropole. Défendre un territoire c’est plutôt faire le choix radical de l’habiter. Assumer la singularité de sa situation, les couches de vérité et de souveraineté qui s’y superposent, les formes de vies qui le parsèment et, à partir de là, entrer en relation de camaraderie ou de conflit. Habiter un monde, c’est décider de défendre la vie contre les institutions de la modernité qui veulent la transformer en marchandise, c’est défendre sa force de vie contre tous ceux qui veulent la réduire à une force de travail.

 

On ne peut parler de défense territoriale en Amérique du Nord sans évoquer la colonisation. Indeed, vivre au Canada ou au Québec c’est être sur des territoires volés dont la richesse repose depuis cinq siècles sur l’expropriation et l’appropriation de fragments des mondes colonisés (vie humaine, animale et végétale), dans le but de construire une puissance économique et étatique. La réalité coloniale de ces États est donc double : d’un côté leur légitimité revendiquée sur un territoire non-cédé et les bénéfices qu’ils en tirent, et de l’autre leur position dans l’économie-monde. Le processus de dépossession puis d’extraction, toile de fond de la colonialité du pouvoir, n’est rendu possible que par l’entrelacement de pratiques militaires et économiques assurant la mainmise sur les territoires périphériques du Québec, du Canada, comme sur ceux du Sud Global.

 

Contre ce mode spécifique d’organisation, les CDDT ont pour double objectif de faire réfléchir aux questions liées à la colonisation, à l’extractivisme, à la territorialité des luttes, etc. et de mettre en action des réseaux dans le but de s’opposer concrètement à des projets dévastateurs. Ce travail double exprime la volonté de construire une force populaire qui puisse réellement mettre un frein aux ravages sociaux, écologiques et culturels de cette économie. Il s’agit donc à la fois de construire des luttes qui affirment l’inséparabilité du social et du territorial, de l’écologisme et de la décolonisation et de créer de nouveaux modes relationnels, de penser une repossession commune non dépossédante qui brise les modalités coloniales.

 

So, depuis les derniers mois, le mot a commencé à circuler à travers les villes, les villages et les réserves que des comités commençaient à se fomenter, partageant les impératifs de la défense de l’eau, de la terre et de tout ce qui y vit, avec comme prémisse la reconnaissance des souverainetés traditionnelles autochtones. À divers endroits des groupes ont commencé à se former, de multiples actions ont été menées, des conversations ont été poursuivies, des perceptions communes et de nouvelles amitiés se sont créées. Ces comités sont avant tout un prétexte au foisonnement d’initiatives. Un outil de rencontre pour aiguiser nos sens, affûter nos sensibilités. Ils s’apparentent à un spectre, hantant jusque dans leur demeure les possédants et les gouvernants qui veulent aménager nos vies avec leurs projets de développement.

 

Cette volonté de défense et de décolonisation des territoires se répand actuellement dans une pluralité de luttes. Pour rendre ces résistances possibles et victorieuses, là où des forces supplémentaires sont nécessaires et désirées, il importe de poser sérieusement la question de la liaison. Ce qui lie, c’est l’affirmation de ce à quoi on tient, ce à quoi on rêve, les façons de vivre et d’être ensemble, les actes concrets de résistance qui en découlentles grèves, les blocages, les occupations, les émeutes, les sabotages. C’est pourquoi les Comités de défense et de décolonisation participent, comme le SITT-IWW, à ce mouvement beaucoup plus vaste qui est celui de faire liaison. La simple possibilité de construire une force qui puisse arrêter de manière définitive la catastrophe de la modernité coloniale en dépend.

Solidarity,

Membre du CDDT,

X377647.