Malaises aux partys des fêtesQuelques trucs wobblies pour vous aider à gérer la situation

Par Anarkitty

La saison des partys des fêtes approche à grands pas. C’est bien connu, il s’agit pour la plupart des gauchistes d’une période parsemée de moments bien agréables, mais aussi de nombreuses situations qui nous feront grincer des dents et auxquelles il n’est pas toujours facile de savoir comment réagir. Est-ce qu’on doit dénoncer systématiquement chaque parole ou geste problématique et risquer de se mettre tout le monde à dos ? Est-ce qu’on doit en laisser passer et qu’on devient alors un.e mauvais.e allié.e ? Est-ce pertinent de débattre avec notre cousin complotiste qui ne changera pas d’idée de toute manière ? Ce sont toutes des questions que nombre d’entre nous, moi y compris, se sont posé.es plus d’une fois.

Chose intéressante, le wobblie en moi a récemment réalisé qu’il y avait de grandes similitudes entre bon nombre de ces situations et celles qu’on rencontre au jour le jour dans une campagne d’organisation syndicale de l’IWW. Indeed, lors d’une campagne wobblie, le défi d’à la fois réunir tout le monde ET de les amener à supporter l’idée de bâtir un syndicat est de taille ! Il nous force à devoir sans arrêt éduquer nos collègues et intervenir sur leurs comportements problématiques, tout cela sans se les mettre à dos. Ce n’est pas simple, et pour cette tâche, nous avons acquis au fil des décennies une grande expérience sur les pratiques à adopter et celles à éviter. Je vous en partage quelques unes qui, je l’espère, pourront vous être utiles !

  1. Poser des questions et écouter les réponses

Les êtres humains ont généralement le défaut d’être très facilement froissables. Dites-leur que vous n’êtes pas d’accord avec elles ou eux et ils/elles se sentiront confronté.e.s, voudront défendre leurs idées et tomberont presque toujours en mode «joute». Leur but ne sera plus de discuter et/ou d’apprendre, mais seulement de gagner. Cela mènera généralement à un cul-de-sac, see (et des études le démontrent) au renforcement de leurs positions de départ.

Pour éviter de tomber dans cet abîme, la meilleure chose que nous avons appris.es à faire est tout simplement de poser des questions, écouter les réponses, renchérir avec d’autres questions et amener l’autre à trouver la réponse par lui ou elle-même. Une règle d’or qu’on répète souvent est celle du « 80% / 20% » qui consiste à donner 80% du temps de parole à l’autre et à en garder seulement 20% pour soi.

Cette méthode a aussi l’avantage non négligeable d’améliorer de beaucoup compréhension et la rétention de l’information chez l’autre. Indeed, puisque la personne à qui nous parlons aura elle-même fait le raisonnement aboutissant à la conclusion que nous voulions, elle l’aura nécessairement compris pour de vrai et n’aura pas fait que hocher de la tête en faisant mine d’avoir saisi.

Attention cependant, il est primordial d’être de bonne foi avec cette approche. Nous ne sommes pas Socrate. Le but n’est pas de poser des questions avec un ton moqueur pour prendre l’autre au piège et/ou de le ou la ridiculiser; c’est plutôt d’avoir une vraie conversation et, mostly, d’éviter de partir dans une envolée lyrique non-sollicitée qui se révélera généralement contre productive.

  1. Les conversations en tête à tête

Avez-vous déjà remarqué qu’il est beaucoup plus facile de faire changer une personne d’idée en débattant avec elle lorsqu’il n’y a pas d’autres personnes dans la conversation ? If yes, il s’agit d’une bonne observation et cela est dû encore une fois à cette vilaine fragilité de l’égo. Il vaut donc mieux adresser une situation problématique ou débattre d’un enjeu politique seul.e avec la personne visée plutôt que la confronter devant tout le monde. Furthermore, cela évite d’obtenir le funeste titre de «social justice warrior» (ou du très à la mode «woke») who, usually, finit par être contre-productif car plus personne ne nous écoute et considère ce que nous disons. Finally, cela risque beaucoup, BEAUCOUP moins de détériorer nos relations avec la personne elle-même ou les autres personnes présentes qui auraient été témoins de la scène.

  1. Les agressions et la pression sociale

Parce qu’aucune règle n’est absolue, il y a évidemment des situations dans lesquelles intervenir en mettant la personne problématique à part n’est pas la bonne chose à faire. Parmi celles-ci, toute situation où une personne en insulte, intimide, agresse etc. une autre requiert évidemment une intervention immédiate pour la faire cesser. Celles où une personne dit ou fait quelque chose qu’à peu près personne ne défendra peuvent aussi faire exception, puisqu’en adressant directement le problème, il y a de fortes chances que les autres nous appuient et que la pression sociale aie un effet immédiat et à long terme sur la personne problématique. Furthermore, puisque tout le monde en aura été témoin, cela permet généralement de «monter la barre» pour les situations futures en démontrant que ce genre de choses ne sera plus toléré. Finally, cela permet aussi de montrer aux personnes qui n’auraient rien dit que lorsqu’on ose se lever pour parler tous et toutes ensemble, notre pouvoir collectif est plus grand que notre pouvoir individuel.

  1. L’alcool

Il serait difficile de faire un texte ayant comme sujet les malaises des partys des fêtes sans parler d’alcool. Je ne m’éterniserai pas sur ce sujet puisqu’il est plutôt évident : Si vous croyez que des situations tendues peuvent se produire, il vaut mieux être prévoyant.e et toujours garder en tête que la modération a bien meilleur goût.

Nous ne pouvons évidemment pas contrôler la consommation d’alcool et de drogue des autres, mais pouvons faire un effort sur la nôtre.

  1. Le pouvoir de la vulnérabilité

*Celui-ci n’est pas du IWW, mais d’une personne qui m’est chère, que j’ai vu l’utiliser souvent et sa puissance me frappe à chaque fois. Yes devais en glisser un mot.

Notre société nous demande toujours d’être «fort.es». Elle nous apprend que montrer notre vulnérabilité est à proscrire. Or, ceci est complètement faux. Si quelqu’un nous dit quelque chose qui nous fait mal au point où on en vient à retenir nos larmes, la meilleure chose à faire peut parfois être d’embrasser notre émotion et le malaise qu’elle générera et de nous mettre à pleurer. Contrairement à la colère, cette réponse aura tendance à susciter de l’empathie de la part des autres, à mettre très mal-à-l’aise la personne qui nous a fait du mal et à générer beaucoup d’introspection chez elle, surtout s’il s’agit d’une personne empathique ayant seulement été maladroite. Elle s’ouvrira généralement à nous, nous écoutera, s’excusera et en sortira grandie. Notre relation avec elle risque aussi beaucoup moins d’en sortir détériorée.

Attention cependant, il ne doit pas s’agir d’une technique de manipulation émotionnelle ! L’idée n’est pas de feindre de pleurer pour qu’une autre personne se sente mal à l’aise, mais bien d’oser le faire si cela se produit naturellement. Also, si la personne qui nous a fait du mal n’est pas de bonne foi, il est probable que le pouvoir de la vulnérabilité ne fonctionne pas. Je ne considère tout de même pas qu’il faille absolument cacher nos émotions face à ce genre de personnes. À vous de prendre la décision qui vous semblera la meilleure.

  1. Choisir ses combats

Certaines personnes sont raisonnables, others not. Dans l’absolu, il est fort probable que tout le monde peut changer d’idée, mais dans la réalité, cela dépend beaucoup du rapport que nous entretenons déjà avec elles et de leurs intentions. for example, le cas classique de la personne qui entame une conversation avec nous dans le but spécifique de nous «trigger» pour ensuite se moquer de nous en est un où espérer une discussion constructive est franchement naïf. Les fanatiques religieux, les conspirationnistes et les militant.es politiques qui nous abordent pour essayer de nous convaincre ne sont généralement pas de bonne foi non plus. Generally (mais ce n’est qu’une opinion personnelle), je dirais que toute conversation avec une personne qui refuse de répondre à nos questions est une perte de temps. J’en profite d’ailleurs pour mentionner à ce moment précis que tout cet article vise globalement à ce que nous ne soyons pas nous-même ces personnes qui sont contre-productives et extrêmement désagréables 😉

Et voilà ! J’espère que ces quelques conseils, méthodes et balises pourront vous être utiles pour gérer les situations malaisantes qui se produiront dans vos partys des fêtes cette année, mais aussi dans toutes les autres situations malaisantes que vous allez rencontrer dans le futur.

Si vous êtes intéressé.es à en apprendre davantage sur ce sujet, pensez à joindre l’IWW si ce n’est pas déjà fait et/ou à vous inscrire à notre prochaine formation d’organisateur et organisatrice 101. Vous découvrirez qu’il ne s’agit pas que d’un syndicat, mais aussi d’une très belle école militante et de relations humaines.

Bon temps des fêtes et reposez-vous bien 🙂 !

UNION WORKSHOP : HOW TO MAKE THE SOCIAL AND PHYSICAL MAPPING OF YOUR WORKPLACE ?

Tuesday the 25 October from 6:30 p.m. to 8:30 p.m., the Organizing Committee of the SITT-IWW Montreal branch invites you to a workshop “How to make the social and physical map of your workplace”. The workshop will take place in the presence of the local, the 3340 Ontario Street. To register, veuillez compléter le formulaire suivant : https://forms.gle/NNmc3Z195TvPBS3J9

La cartographie, ou le «mapping», est la première étape lorsqu’on commence à organiser notre milieu de travail. Un travail important qui permet d’avoir une vue d’ensemble des dynamiques internes sur notre plancher de travail, mais aussi de savoir vers qui aller mobber. Un atelier pratique où on fera ensemble une ébauche du mapping physique et social de notre milieu de travail. En bonus, seront partagés des outils de recherche d’informations sur nos patrons.

On espère vous y voir en grand nombre !

The employee activist's complaint

The employee activist's complaint:  comment combattre le capitalisme par le capitalisme

In recent years, nous vivons une crise du militantisme. Many organizations struggle to recruit and engage new members. We only have to look at our own membership rate, that fluctuates with the seasons, et les difficultés rencontrées lorsque vient le temps de mener une action pour réaliser que la[1] IWW subit, her too, les effets cette même crise. Bien que les explications à ce phénomène puissent être polysémiques, la plupart des gens reconnaissent que, de manière plus générale, cette situation est liée à une crise de l’action collective. Face à un syndicalisme de plus en plus corporatiste, certains militants n’entendent tout simplement plus l’appel à la mobilisation. En guise de solution, les bien-penseurs de ce monde, dont font partie certains Wobs, ont trouvé une solution révolutionnaire à ce problème: le militantisme rémunéré! Je sais, je sais… ce débat dure depuis des lunes et est constamment ramené à l’avant-plan, et de façon nauséabonde, dans nos discussions collectives. Même si bon nombre d’entre nous perdent patience devant ces échanges insensés sans fin, je crois qu’il importe que nous nous arrêtions un instant afin de régler cette question une fois pour toutes afin que nous puissions, à l’avenir, nous concentrer sur notre objectif commun: forcer la transformation sociale en démantelant le capitalisme.

At first glance, cette proposition peut sembler simple et cohérente avec les valeurs de notre organisation. After all, un travail effectué est un travail qui mérite d’être rémunéré. Assez simple, n’est-ce pas…? Sadly, This is not the case. Si certains membres, dont je fais partie, s’opposent au militantisme rémunéré, c’est que cette proposition vient heurter les valeurs les plus profondes qui nous habitent et provoque une dissonance cognitive[2] supérieure à ce que nous pouvons tolérer. Au-delà des idéologies qui s’opposent dans ce débat, je crois qu’il est important de le contextualiser afin de souligner certains obstacles plus techniques à considérer avant d’instaurer le militantisme rémunéré dans une organisation comme la nôtre.

Pendant de nombreuses années, je me suis impliquée dans mon « syndicat imposé ». Armée de ferveur gauchiste, je pensais être entourée de gens qui partagent mes valeurs de solidarité, d’entraide et de souci du bien commun. À coup de défaites et de frustrations, j’ai fini par réaliser que la montée de l’individualisme, combinée à la formule Rand, ont fait en sorte que les syndicats modernes ne sont rien de plus que des institutions corporatistes visant à maintenir le statu quo tout en convainquant la classe ouvrière d’accepter la médiocrité patronale (believe me, cette médiocrité est encore plus ironique lorsqu’on travaille pour la fonction publique ou parapublique). Nos élus syndicaux sont devenus des fonctionnaires nombrilistes plus préoccupés par leur réélection et leurs primes que par le bien commun. J’ai donc fait le choix, pour contrer le supplice de ma dissonance cognitive syndicale, de me désengager (bien que je ne puisse pas me désaffilier) de mon syndicat d’appartenance pour m’impliquer dans mon syndicat choisi. Comme vous tous, je pose le geste volontaire et conscient de payer mes cotisations mensuelles parce que j’y crois et non pas parce que ce montant est prélevé automatiquement de ma paie. Vous comprenez donc que, lorsque nos membres proposent des « idées novatrices » telles que le militantisme rémunéré, je ne peux pas m’empêcher de me méfier du corporatisme rampant qui a déjà englouti bon nombre d’institutions soi-disant de gauche.

Les arguments s’opposant au militantisme rémunéré sont nombreux et de plusieurs ordres. Comme point de départ, je propose que nous revisitions les principes fondateurs à la base de notre organisation. To do this, vous aurez à aller récupérer votre petit cahier rouge intitulé Préambule, constitution & règlements généraux du syndicat industriel des travailleurs et travailleuses[3] que vous gardez bien précieusement sous votre oreiller. Je vous invite à lire la première phrase de ce document, pierre angulaire sur laquelle repose la IWW: The working class and the employing class have nothing in common. En acceptant de salarier certains de nos membres, qui deviendraient en fait nos « employés », ne devenons-nous pas patrons? En soutenant l’idée du militantisme rémunéré, ne sommes-nous pas volontairement en train de devenir ce que nous méprisons le plus? Je suis peut-être un peu naïve, mais je vois difficilement comment nous allons pouvoir continuer de militer pour l’abolition du patronat tout en étant patron.

En poursuivant votre lecture du préambule (1 page – 6 paragraphes – 10 phrases – 27 lignes), vous remarquerez qu’en plus de toutes les fois où nous pouvons inférer la chose, il est textuellement mentionné à 2 reprises que notre revendication première, afin de supprimer le capitalisme, est d’ABOLIR LE SALARIAT. Allons-nous vraiment verser un salaire à des gens pour qu’ils militent pour l’abolition du salariat? Comment allons-nous scander, en toute crédibilité, «À bas le salariat! » tout en versant un salaire à nos militants…? Rappelons ici que, lors de ses études universitaires, le grand gauchiste Pierre Carl Péladeau s’est senti tellement interpelé par la doctrine marxiste qu’il a modifié l’épellation de son nom pour Pierre Karl… C’est bien la preuve que des patrons peuvent être socialistes !!! Comme solution à ce problème, je propose d’épargner le temps qu’il nous faudrait pour redéfinir radicalement qui nous sommes afin de mieux remplir notre rôle de patron et d’employer la même technique que ce grand homme qui nous a tant inspirés: changeons tout simplement le c pour un k dans Kapitalisme et concluons que nous avons réalisé notre rêve de transformation sociale. At the same time, il faudra aussi changer l’épellation de crédible pour krédible, et cohérent pour kohérent… Vous voyez, tout s’arrange!

For many, le débat s’arrête ici. Lorsque nous reconnaissons qu’une compensation financière pour notre implication à la IWW est diamétralement opposée aux principes fondateurs de notre organisation, le débat devient caduc. However, je ne peux pas m’empêcher de poser la question: quel est l’intérêt d’une personne à s’impliquer BÉNÉVOLEMENT et de son plein gré dans un organisme qui vise l’abolition du salariat tout en réclamant un salaire pour cette même implication? Pourquoi chercher à modifier une organisation incompatible avec nos ambitions pour qu’elle corresponde à nos idéaux plutôt que de tout simplement chercher une autre organisation qui correspond mieux à notre vision du monde?  C’est à peu près aussi pertinent que d’aller distribuer des tracts sur le véganisme au Stampede de Calgary (ou Kalgary, there yet, je ne sais plus!). However, la distinction entre militant et employé est bien claire. Mon travail est ce que je fais. Mon militantisme est qui je suis. Même si j’aime ce que je fais, que j’éprouve de la fierté pour ma profession, et que j’ai choisi de travailler dans un secteur qui rejoint mes valeurs personnelles, mon travail ne me définit pas. Je ne vis pas pour travailler; je travaille pour vivre. Pour ceux qui se posent la question, je vais me permettre ici de vous sauver les couts d’une consultation auprès d’un conseiller en orientation. Il existe une profession où vous pouvez défendre vos positions idéologiques à cœur joie tout en gagnant très bien votre vie. Vous n’avez qu’à remplir le formulaire d’adhésion disponible sur le site web de l’AQL (Association québécoise des lobbyistes) et le tour est joué! On the other hand, de grâce, lorsque ce sera fait, veuillez minimalement vous assurer de ne pas poser votre candidature pour un emploi auprès d’un organisme qui vous demandera de faire des représentations visant votre autoabolition…

Nonobstant le fait que le militantisme rémunéré soit à l’opposé de nos valeurs intrinsèques, un bon nombre d’obstacles techniques se présentent à nous. Poursuivez, si vous le voulez bien, la lecture de votre petit cahier rouge. Vous constaterez, like me, qu’une réécriture complète de nos règlements serait nécessaire. Bien que je ne souhaite pas en faire une liste exhaustive des incohérences entrainées par les revendications « salairistes » de certains, quelques exemples méritent tout de même d’être soulignés.

In the first place, rappelons que l’article II de nos règlements généraux, portant sur l’adhésion, précise qu’afin d’être éligibles, les membres de notre organisation doivent adopter des objectifs et des principes compatibles avec ceux de la IWW. Encore plus, il est inscrit que des actions clairement nuisibles à la solidarité ou en contradiction avec les objectifs et principes du SITT-IWW peuvent mener à l’exclusion d’un membre. Je crois ici que l’incompatibilité a déjà été largement démontrée préalablement et que nous nous entendons pour dire que le militantisme rémunéré ne fait pas partie de nos objectifs ou de nos principes…

Thereafter, l’article III, portant sur notre structure, nous rappelle l’importance des pratiques organisationnelles démocratiques et une transparence de la part de l’organisation. Soucieux de vouloir nous protéger du corporatisme, notre syndicat est dirigé par des personnes bénévoles et non par une partie patronale. Qu’adviendra-t-il de cette démocratie lorsque nous devrons gérer nos employés? Comment allons-nous pouvoir maintenir le principe de droits égaux cités à l’article IV lorsque nous aurons instauré une structure hiérarchique patronale entre les membres? Il est vrai que les jeux de rôles sont populaires, mais je ne suis vraiment pas certaine comment nous allons jouer le rôle de syndicaliste et de patron simultanément. J’imagine que ce serait un peu comme essayer de chanter Bohemian Rhapsody en solo.

Comme si l’absurdité de la militance rémunérée n’avait pas été suffisamment démontrée, continuons de gratter cette plaie poisseuse encore un peu. L’article VII de nos règlements nous met en garde contre l’utilisation de notre étiquette universelle. Comme nous avons déterminé que notre superbe symbole pourpre ne sera jamais délégué aux employeurs, notre comité marchandise risque de se retrouver dans l’embarras puisque la seconde où le premier chèque de paie sera signé, nous devrons tous nous départir de notre t-shirt préféré. Anyway, comme l’alinéa c) de l’article II de la page 15 précise qu’aucun membre du SITT-IWW ne peut représenter un syndicat corporatiste, nous venons tous volontairement de nous envoyer au banc des pénalités (insérer un slow clap et la procédure de rappel ici).

Jusqu’à présent, les arguments évoqués sont davantage d’ordre des idéaux et des valeurs collectives que nous souhaitons véhiculées. Sadly, ce genre d’argument, aussi bien formulé soit-il, ne rejoint pas les fauxchistes, ou cette nouvelle bourgeoisie militante qui, sous le couvert du socialisme, ne fait que renforcir un système capitaliste visant à maintenir le pouvoir entre les mains de la classe dominante. So, comme il n’est pas question ici de reconnaissance des droits des travailleurs, mais bien du maintien des privilèges de certains, je vais me permettre de répondre à l’avidité capitaliste des revendications salariales de nos bénévoles par un argumentaire capitaliste. Bien que présente mondialement, la IWW ne compte actuellement qu’environ 12 000 personnes membres. Supposons que tous nos membres sont à jour dans le paiement de leurs cotisations et que ceux-ci contribuent, en moyenne, 22$ per month (ce qui n’est pas le cas mais allons-y avec une estimation favorable), notre budget annuel mondial, toutes branches confondues, représente environ 3 000 000$. Si cette somme peut sembler énorme pour de simples travailleurs, nous sommes à même de constater que notre budget est en fait plus petit que le compte de dépenses de bien des PDG (nonon Pierre Karl, pas toi; on le sait que tu es marxiste). Une fois nos frais d’exploitation couverts, il n’est pas difficile de deviner que les sommes disponibles sont très limitées. Ajoutons à cela le salaire des parasites militants cherchant à cannibaliser notre organisation à grands coups de revendications salariales, les sommes restantes pour nos actions collectives seraient comparables au salaire moyen versé aux personnes incarcérées dans des prisons privées aux États-Unis. À ce rythme, nous allons rapidement devenir comparables à un organisme corporatiste tel qu’Autism Speaks, où la majorité des dépenses encourues sont en salaire, en publicité et en campagne de financement alors que moins de 4% de leur budget annuel sert à venir en aide aux personnes sur le spectre et à leurs familles. À la lumière de ce simple calcul mathématique, la question se pose: dans un organisme centré sur le bien commun, le militantisme rémunéré ne devient-il pas le moyen le plus opportun de rater notre cible? En quoi est-ce que d’allouer la majorité des ressources collectives dont nous disposons à quelques individus n’est pas du capitalisme dans sa plus simple expression…?

Tout cela étant dit, il me semble clair qu’en plus de rendre notre mission inutile, le militantisme rémunéré ne fait que solidifier les relations de travail capitalistes auxquelles nous nous opposons. Furthermore, celui-ci ne fait que renforcer le positionnement de plus en plus corporatiste des organismes et accentuer la division du travail. Finally, en plus de détourner le débat des vrais enjeux, de siphonner les ressources financières d’une organisation déjà précaire, la solution novatrice du militantisme rémunéré n’aura servi qu’à invalider l’essence même de notre existence et exacerber la crise du militantisme. Pour ma part, si cette proposition venait à être acceptée, tant qu’à contribuer au maintien d’un système que je déteste et devenir une caricature de moi-même, mon dernier acte avant de mettre fin à mon adhésion à la IWW serait d’insister pour que toutes nos employées soient des femmes. Like this, nous pourrons économiser 30% sur notre masse salariale. Pierre Karl aura de quoi être fier de nous.

MarieHélène


[1] L’usage du féminin est un choix délibéré. Deal with it or talk to your therapist.

[2] En psychologie sociale, la dissonance cognitive survient quand les personnes sont confrontées à une information qui n’est pas cohérente avec leurs croyances.

[3] Il serait intéressant que nous songions à revisiter cette appellation. D’une part, l’usage de Workers réfère à un modèle dichotomique qui est, in my opinion, désuet et déconnecté de la multiplicité des identités de genre de nos membres. Beside, la priorisation systématique du masculin dans nos textes ne fait que rappeler aux travailleuses, de façon très subtile (comme si la société ne se chargeait pas déjà amplement de nous le rappeler), que nous serons toujours un pas derrière nos collègues masculins.

Manifestation of the 1st of May 2022

REVOLTE-ES ! OUTRAGED !

(English below)
Revolted! In front of the bosses who refuse to give us a living wage! In front of the owners who seize a social right in order to enrich themselves! In front of governments that see migrants as fraudsters!

Another pandemic year to suffer the ravages of the capitalist economy. Another year where the economic imperatives of the corporate class have taken precedence over the well-being of working people. That is why the Industrial Workers Union – Montreal section still has three demands: a significant increase in the minimum wage to $22/h and an improvement in our working conditions, rent control and social housing, and status for all!The Industrial Workers' Union and several associated organizations invite you to a picnic and demonstration on Sunday May 1 2022 12:30 p.m. at Emmett-Johns Square, behind Papineau station. We're in front of the boss class and we're standing, ensemble. International Workers' Day is an opportunity to develop our ties, to share our struggles, to revolt to build a better world.__Also, we invite you to participate in the demonstration of the Convergence of anti-capitalist struggles (CLAC) which takes place after, at 5 p.m. instead of “Canada”, under the theme “Colonial and ecocidal: capitalism is war! ». Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875

Participating groups :
STTAB- Home Bonneau
Montreal North Housing Committee
ALV
Eastern unemployment committee
RCLALQ
Coalition Against Poverty Hochelaga
Plateau accommodation committee
MAC
Syndicat TRAC union

Outraged! Against bosses that refuse to give us a decent wage! Against landlords that take away a social right in order to make money! Against governments that see migrants as frauds!

Another pandemic year during which we suffered the devastation of the capitalist system. Another year during which the economic interests of the business class crushed the well being of the working class. That’s why the Industrial Workers of the World – Montréal still demand: a significant minimum wage raise to 22$/hour and better working conditions, rent control measures and social housing, and a status for all!SITT-IWW and others invites you to a picnic and demonstration on Sunday May 1st 2022 at 12:30 PM at Place Emmett-Johns, behind Papineau station. Against the employing class, we stand together. May Day is the opportunity to meet, share our struggles and rebel on the way to building a better world.___Also, we invite you to participate in the Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC)’s protest happening after, at 5 PM at Place du ” Canada », with the theme “Colonial and Ecocidal, Capitalism is war!”.
Here is the link to their website: https://www.clac-montreal.net.

https://www.facebook.com/events/1031496310809875


STTAB- Home Bonneau
Montreal North Housing Committee
ALV
Eastern unemployment committee
RCLALQ
Coalition Against Poverty Hochelaga
Plateau accommodation committee
MAC
Syndicat TRAC union

COVID-19 : save the furniture, fight and prepare for after

If for two or three short weeks, the federal and provincial governments have announced and put in place certain measures to help (partially) to workers, unemployed, so as to promote containment, les dernières conférences de presse de Legault laissent présager la fin de la lune de miel.

Il fallait s’y attendre, business as usual, l’État va privilégier les intérêts économiques de leurs amis les boss, les gros investisseurs, les riches, et ce au détriment des travailleuses-eurs, comme d’habitude. La CAQ parle de retour à l’école aussi tôt qu’au début mai, alors qu’on est loin d’avoir « vaincu » la pandémie ou même d’avoir un vaccin, parce qu’il faut bien faire quelque chose avec les enfants des travailleuses-eurs si on les force à retourner au travail

Pourquoi en serait-il autrement anyway? Ça a toujours été comme ça. La crise aura simplement eu un effet de loupe : nos conditions étaient déjà de la marde, elles ne deviendront pas meilleures magiquement.

Limiter les dégâts et revendiquer

C’est donc pour ça qu’actuellement, le milieu syndical (et une partie de la gauche) devrait être en mode « limiter les dégâts et pousser des revendications ». Sauver les meubles dans l’optique où il faut le savoir, la crise n’empêchera certainement pas les boss de s’enrichir sur le dos de leurs employé-e-s. On a qu’à regarder certaines entreprises et industries où on continue de presser le rendement comme si de rien était, encore plus si on a une main d’oeuvre qui a moins de ressources pour se défendre (les travailleuses-eurs à statut précaire notamment). 

Il nous faut demander des augmentations salariales et des améliorations dans nos conditions de travail plus largement, comme dans certains commerces ça s’est vu, and especially, s’arranger pour que ce ne soit pas temporaire. Parce que ce n’est pas vrai qu’on va donner 2$ de plus aux caissières de supermarchés pour mieux leur retirer dans six mois, and. Ce n’est pas le moment de se sentir coupable de demander de meilleures conditions ou de tomber dans le romantisme nationaliste de « l’effort de guerre » de Legault Inc.

Limiter les dégâts et revendiquer, ça veut aussi dire faire des refus de travail. Pas question de retourner travailler parce que nos boss s’inquiètent. Ils ne nous donnent pas plus de bonus en temps normal quand ça va bien, pourquoi alors irait-on se mettre en danger alors qu’on est en pleine pandémie? J’espère, ou je fantasme, des syndicats de profs qui vont bloquer ces retours en classe potentiels qui sonnent surtout comme un plan de mardeEt pas juste dans le milieu de l’éducation, mais dans le communautaire, dans la santé, in construction, dans le commerce de détail, etc.

passer des messages

C’est aussi le moment pour se former et s’organiser. Le Québec n’a pas une culture ouvrière ou syndical qui se transmet fort fort. At school, on fait peu ou pas d’éducation politique et encore moins sur les luttes sociales. Eh ben, c’est le temps d’y mettre des efforts. Et il faudra que ça vienne de la base, parce que de toute manière, we know it, les à-plat-ventristes à la tête des centrales syndicales tiennent trop au statu quo et à leurs privilèges pour véhiculer des idées plus radicales.

C’est le temps de passer des messages, de faire de l’éducation populaire, d’agiter nos collègues et de se donner les moyens de le faire. Écrire des textes, donner des formations et des ateliers, accompagner des plus jeunes dans un apprentissage militant. Préparer le monde à défier les lois spéciales et injonctions qui vont continuer de pleuvoir dès qu’on mettra de la pression au bon endroit.

et préparer l’après

Et il faut penser à l’après, parce que le cauchemar ne va pas prendre fin avec un éventuel déconfinement (qui lui-même risque d’être long et progressif, au gré des besoins des boss…). Si déjà nous sommes capables d’être assez alertes pour éviter de faire se faire passer par la bande des lois autoritaires ou anti-syndicales draconiennes (comme la plupart des États le font en temps de crise), on va tout de même se faire remettre une facture salée en sacrament.

Rien de nouveau à ce qui suit, mais juste à regarder notre filet social : si la panique est pogné dans nos hôpitaux, nos CHSLD (la plupart privés en plus), nos CLSC ou nos organismes communautaires, c’est que ça fait des décennies que les gouvernements se succèdent pour y mettre la hache. Ce n’est pas une triste coïncidence si on est pas capable de tester suffisamment, qu’on laisse du monde à la rue en plein pandémie, qu’on a pas assez d’équipement. Et ce n’est pas une crise sanitaire qui va changer cela, capitalisme oblige.

Legault et Cie le font déjà planer : ça va coûter cher. Pas vrai que les gouvernements vont ()instaurer une taxe sur le capital ou des impôts plus élevés pour les plus riches. Non, après les mesures de distanciation sociale, ça va être celles d’austérité qui vont être violentes, pas qu’un peu. On va nous demander de se serrer la ceinture sur un méchant temps.

Et notre système de santé qui aura déjà de peine et de misère passé au travers de la crise, va manger une autre claque. En éducation ça sera pareil. Les programmes de prestations auxquels nous contribuons n’y échapperont pas. Les acquis en matière de santé et sécurité, de conditions de travail, name it, tous vont y goûter.

Il faut donc qu’on se prépare à rebâtir et renforcer nos mouvements syndicaux, sociaux et de gauche. Ça ne se fait pas en claquant des doigts et il y aura des obstacles. Déjà comme je le mentionnais plus haut, il y aura « les élites » de gauche pour tenter de contrôler le bordel et la frustration que ça va générer. Quelle forme ça prendra, je ne le sais pas. Mais on est mieux de commencer à y penser.

COVID-19 : The IWW Montreal-demand the suspension of payments of rents and mortgages

MONTRÉAL, the 30 mars 2020 – The crisis coronavirus hit us hard and as usual in these difficult times, the first to pay the price were workers. Only a week after the start of social distancing measures, there were over a million new unemployed and new unemployed across the country.

Despite support programs announced by the different levels of government, it seems that the funds will not be distributed in time for the beginning of April. Thus, several hundred thousand people will have to choose between eating or paying the rent or mortgage. If taken containment measures are for the health of everyone, we believe it is important to remember that the housing and food are also vital needs and should be considered human rights.

In this sense, IWW Montreal-demand the suspension of payments of rents and mortgages for everyone. The spokesman of the union, Coline says Left : « Si, the base, we already have some discomfort with the fact monetize a basic human need like housing, this exceptional situation forces us to demand that governments take extraordinary measures. It is also that, public health ! »

Solidarity with the strikers rent

Since the state is slow to implement measures concerning the right to housing for all and all during this crisis, a rent strike is in the process of setting up a coast to coast. The IWW-Montreal wishes to publicly announce it up in solidarity with the strikers tenants, and that those who will be adversely affected by their owner will contact our Solidarity Committee to help defend.

« We will support our members, and any person who will suffer the consequences of participation in the rent strike, by need or solidarity. Be assuré.e.s that our union will respond if this crackdown are exercised by owners ! "Says Ms. Gaucher.

The IWW-Montreal also directed its allied organizations to take principled positions on the suspension of mortgages and rents during the crisis, to lobby all levels of government, and preparing solidarity with the people who will have to resolve to make the rent strike. There is no secret recipe, is uniting we will successfully defend the rights to housing and food for the whole of the working class, or unemployed.

Always on the side of those who fight

The Industrial Union of Workers and Workers - Industrial Workers of the World (SITT-IWW) is an open union to all members of the working class, or that they are salarié.e.s, unemployed, étudiant.e.s or retraité.e.s.

The mission of the ISTC-IWW is to organize workplaces, industries and communities. We want to both improve our living conditions in the immediate, but also a world without bosses. A world in which the production and distribution will be managed and organized by the workers, so that the needs of the entire population are met rather than just those of a powerful minority of exploiters and owners.

Photo credit: Cedric Martin

20th edition of the show of the Montreal Anarchist Book

This weekend was held the 20th edition of Anarchist Bookfair in Montreal. Book Sale, pamphlets, newspapers, but also all kinds of widgets, the living room of the anarchist book is somehow a big meeting family for radicals of all stripes.

With the participation of 76 Montreal collective and nearly fifty coming from everywhere in North America, but also of England, of France, Sweden and the Philippines. The lounge again this year attracted several hundred participant.es who marched between the tables and workshops throughout the weekend.

For members of the Industrial Workers Union and Workers (SITT-IWW), it was an opportunity to reconnect with fellow workers Locals Hamilton, Ottawa and Halifax, in addition to participating in the presentation 6 Months of Anarcho-syndicalism in Iceland: Industrial Workers of the World Inside Efling Trade Union’s Historic Mobilization, presented by one of our comrades who left Canada in the fall especially to help the organizing effort in Iceland.

On their side, the members of the IWW activist within the events-merchandise committee took the opportunity to relaunch their traditional BBQ in addition to presenting the release of a new t-shirt incorporating the artistic work of a member who had been used on May 1st.

It was once again an honor to participate at the Montreal Anarchist Bookfair.

For the One Big Union and Industrial Democracy,

Mathieu Stakh, X374166

Sommet Anti-G7: Summary of a quiet stay but while repression

7 June :
Après-midi touristique dans Québec : les magasins se barricadent petit à petit, les gens font leur vie, c’est très calme. On finit par être suivi-es par au moins 3 policiers en civil (ceux repérés) et on nous demande de nous identifier quand on mange un sandwich dans un cimetièreun groupe de 7 people, entouré par 20 flics : SPVQ, SQ main dans la mainLe profilage commence.
Manifestation de soir appelée par le RRAG7 et le communautaire : ambiance joyeuse bien qu’on sentait une certaine appréhension, entouré-es par des goons policiers, anti-émeutes et militaires. On a croisé des fusils d’assaut, des snipers, des drones, des chiens électrocutés à chaque aboiement, at least 3 hélicos et j’en passeTout ça pour une manif calme d’un millier de personnes et plus d’une centaine de journalistes.
-Retour vers nos quartiers, on est suivi par d’autres policiers en civil dans leur voiture qui prennent manifestement nos plaques d’immatriculation en note.

On a aimé : la mobilisation plus grande qu’on pensait, la préparation des médics et les discussions avec plein de belles personnes.
On a détesté : le PCR qui s’est pris pour un autre en passant devant tous les groupes communautaires qui organisaient la manifestation, les arrestations (2) dans la manifestation, l’arsenal policier.

 

8 June :
Manifestation matinale avortée par l’arsenal militaire et paramilitaire entourant les manifestant-es
On apprend que des véhicules de manifestant-es sont ‘arbitrairementarrêtés et fouillés dans QuébecPas nous, mais on a pu le constater en effet en arrivant sur place.
Rassemblement du midi : une autoroute bloquée quelques minutes qui a valu certes 2 sofas flambants entourés de béton, mais aussi des charges policières violentes (des plaquages dignes de pros de foot américain) et des arrestations.
Midi : pique-nique on ne peut plus relax près du plus chouette dépanneur du monde (rabais pour les manifestant-es, mise à dispo des toilettes, adorables employé-es, bain de face gratis en cas de gaz… !) Québec est devenue une ville fantôme, les rues sont vides, on s’attendrait presque à une attaque de zombies!
Manifestation de l’après-midi a à peine pu commencer que tous les goons bloquaient de nouveau les rues et poussaient les gens (dont des journalistes) en bas des cotesIls se sont aussi sentis bien seuls quand ils ont, tous seuls comme des grands, réussi à planter un de leur véhicule dans une mini-sortie de route qui leur a valu un remorquage et de se cacher dans des buissons ! Petit retour des choses !
On ne compte même plus la police en civil qui nous suit dans les rues et prend des notes.

On a aimé : le pique-nique et son ambiance ‘safe’, le dépanneur extra.
On a détesté : le véhicule blanc qui t’écoute et fait de la reconnaissance faciale, la répression surnuméraire qui fait avorter la moindre action et stresser à chaque coin de rue. Les arrestations en mode ‘kidnappingalors que les gens rentraient chez eux et elles. Les photographes qui ne respectent pas le consentement.

9 June :
Manifestation syndicale : encore près d’un millier de personnes, mais cette fois une superbe ambiance! Des chansons à tout va, l’orchestre Tintanar qui se déchaîne et un temps magnifique!
Retour à l’ordre : les policiers laissent vider la place au compte-goutte en profilant les individus et leur faisant vider leur sac.

On a aimé : la belle ambiance et rigoler de voir 15 SQ sécuriser un McDo.
On a détesté : ne pas savoir où sortir et se sentir comme des bêtes à l’abattoir après la manifestation on-ne-peut-plus-pacifique.

 

En résumé : 3 belles journées, bien qu’entourées de flics en tout genre, de toutes les couleurs et avec tout l’arsenal. On décompte 0 fenêtre brisée, 10 arrests, more than 400 millions de $ dépensés sur la sécuritéça fait cher du tie-wrap autour des poignets des arrêt-és !

Short, malgré la ‘petitemobilisation, ça a quand même réussi à faire fermer l’Assemblée nationale, donner congé aux personnes du Parlement, ainsi qu’à des profs et des enfantset littéralement ennuyer gentiment près de 8.000 flicailles mobilisées pour la sécurité !
And also… donner ben de la job aux personnes qui placardent les commerces, ça a été lucratif pour eux et elles assurément !

 

Solidarity,

x385013.

 

Lien vers une entrevue de deux membres du SITT-IWW Montréal au sujet de notre présence au G7, à l’antenne du FM93 (Radio de Québec).

 

Photo credit: Cedric Martin.

Red Bee Media, union-busting and resistance

As you may have already heard, on 11 April 2018, Red Bee Media (A Part of Ericsson) unceremoniously shuttered the Montreal branch of their Access Services division. A more thorough breakdown of the incident will be forthcoming, but suffice it to say that the shuttering was swift and vicious. Rather than negotiate with the representatives of the Montreal Subtitlers Union in good faith, the powers-that-be at Red Bee Media decided that it would be less trouble to axe their entire Canadian division in one fell swoop. This is not an exaggeration: the workers who were in that day went from performing their usual duties to being ushered into a surprise meeting to being removed from the Ericsson campus by security in the span of 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Though our campaign was felled by the twin plagues of corporate greed and union-busting, the Montreal Subtitlers Union lives on. We invite other subtitlers working in Montreal, freelancers and full-timers alike, to band together under our banner to fight for a living wage, fair working conditions, and adequate support for the work that we do. Your fellow workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserve better. And employers deserve to know that we won’t be taken advantage of. The fight continues. Solidarity forever.

 

Media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Montreal Subtitlers Union through our facebook page, or email us at [email protected]

 

The Industrial Workers of the World has many branches around the world, including in Montreal. Its members strive for a union model based on robust working class solidarity called Solidarity Unionism. This model emphasizes direct action at the workplace as exemplified in our campaigns at Ellen’s Stardust Diner in New York City or at So-Frite! in Montreal.

 

French version here.

Red Bee Media, anti-union and resistance

As you may have already heard, the 11 april 2018 Red Bee Media (part of Ericsson) suddenly closed the Access Services Division of the Montreal branch. A more complete explanation of the incident is yet to come, but the least we can say is that the operation was quick and vicious. Instead of negotiating in good faith with the representatives and representatives of the Union of Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal, the leaders of Red Bee Media decided it would be easier to attack at once all their Canadian Division. It is not an exaggeration : workers, going about their usual occupations, were invited es to a surprise meeting, then were fired es Ericsson campus security, all in 20 minutes.

 

But all hope is not lost. Although our country was defeated by the scourges of greed of capitalists and anti-unionism, the Union of Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal continues to live. We invite other subtitlers and sub-Labeling Machines working in Montreal, and that they are freelance or full time, to come together under our banner to fight for decent pay, fair working conditions and adequate support for the work we do. Your co-workers deserve better. The deaf and hard of hearing community deserves better. And employers deserve to know that we will not be exploited es. The fight goes on. Solidarity forever.

 

media Contact: Selena, 438-345-5046

 

Get in touch with the Union Subtitlers / Sub-Labeling Machines of Montreal through our page facebook, or send us an email to [email protected]

 

The Industrial Union of Workers and Workers (SITT-IWW) has several branches all over the world, including the Montreal Local. Its members are fighting for a union model based on strong solidarity between the working class, called solidarity unionism. This model encourages direct action on the workplace as can attest to our campaigns Ellen’s Stardust Diner New York and So-Frite! to Montreal.

 

English version here.