La Coupe est pleine! Colère, bouffe et manifestation : appel aux groupes pour le 1er mai 2017!

Le Syndicat Industriel des Travailleurs et Travailleuses (SITT-IWW) vous propose un 1er mai sous un thème rassembleur qui aborde différents problèmes interreliés : « La coupe est pleine! »

Le coût de la vie augmente sans arrêt. Les services publics se font tronçonner. Les personnes assistées sociales subissent des attaques sauvages. Il y a la menace dune réforme des Normes du travail à la sauce patronale qui nous guette. Et pour ajouter linsulte à linjure, tandis que syndicats et groupes communautaires réclament un salaire minimum à 15$ de lheure, les boss et l’État répondent : vous ne valez guère plus de 11,25$.

Comme si ce n’était pas suffisant, le climat social se dégrade. Les discours racistes ont de vastes tribunes. On maltraite la différence. Les crimes haineux visant les femmes, les musulman.es et la communauté LGBTQIA* se multiplient. Nous ne tolérons pas ces discours de haine qui se propagent autant dans les médias, les milieux de travail et nos communautés.

Nous appelons donc les travailleurs et les travailleuses ainsi que nos groupes alliés à participer à notre ras-le-bol. Et cest dans cette optique que nous vous invitons officiellement à vous joindre à nous.

Le lundi 1er mai, de 14h30 à 16h30, nous offrirons une bouffe communautaire avec musique et prises de parole dans le quartier Centre-Sud au parc Médéric-Martin, puis nous nous rassemblerons au métro Frontenac à 17h00 pour manifester vers le centre-ville!

 

 

Nous invitons donc les groupes, syndicats et associations à endosser notre appel età confirmer leur présence via l’adresse courriel du SITT : [email protected]riseup.net

Vie de Wobblies: Ma vision du Syndicat

Présentation

Avant de débuter, veuillez comprendre que mon nom et mon milieu de travail ne seront pas diffusés, et ceci, à ma demande et à des fins de sécurité d’emploi. Je me décrirai donc seulement en disant que je suis un homme dans la fin vingtaine qui travaille, sans être aux études, depuis une dizaine d’années et qui milite auprès de différentes associations de gauche depuis 2014.

Mon aventure auprès des IWW a commencé en juin dernier à la suite de nombreux échecs de ma part et des groupes auprès desquels je militais à créer un mouvement de la gauche radicale solide, uni, durable et en perpétuelle croissance au Québec. Interpellé par l’idée d’arriver àrejoindre les gens directement sur leurs milieux de travail et d’enfin sortir de la gauche des CÉGEPS, du «‘shlag»et des Universités où elle était par la force des choses vouée à toujours demeurer marginale et insuffisante pour ne serait-ce que conserver nos acquis (et donc, loin de nous mener vers la révolution ou de bloquer la montée actuelle de l’extrême droite !), j’ai pris la décision de contacter un délégué et de signer ma carte, sachant que je n’avais rien à y perdre. Je n’avais à ce moment-là aucune idée de la grande aventure dans laquelle je m’apprêtais à m’engager ni de ce qu’était VRAIMENT le syndicalisme  révolutionnaire des IWW. À peine neuf mois plus tard, je l’ai cependant tatoué sur le cœur !

Mon arrivée

Ma première mission, que je me suis confié à moi-même, fut d’explorer la «faune» qui constituait cette organisation somme toute assez grande et complexe et d’en comprendre le fonctionnement qui différait beaucoup de celles, plus petites, auxquelles j’étais habitué. J’ai alors pris la décision de participer à au moins une rencontre de chaque comité (excepté le comité femme non-mixte auquel je ne pouvais participer, bien entendu) et au plus d’activités possible en un cours laps de temps afin de me familiariser avec l’organisation et les personnes qui en faisaient partie. Le SITT-IWW m’apparût très rapidement différent de tout ce que j’avais vu jusqu’à maintenant !

Tout d’abord, sa constitution, ses règlements et sa structure, forgé-e- s après plus de cents années d’existence par la pratique, rendaient cette organisation syndicale particulièrement à l’épreuve de la récupération bourgeoise ou étatique qui avait domestiquée tous les autre syndicats dont je connaissais l’existence à part la CNT. Ensuite, sa culture riche en expérience et sa littérature orientée vers la pratique fourmillaient d’archives historiques, d’études de cas, d’outils d’organisation, de méthodes, de formations (théoriques et pratiques) et d’habitudes de vie à adopter plus éducatives et transformatrices les unes que les autres. De plus, sa vision de la lutte permettait à la fois d’arriver à faire des gains au quotidien, mais aussi de bâtir un mouvement ouvrier inclusif et intersectionnel qui transformait réellement les gens à travers la lutte de solidarité et les campagnes d’organisation plutôt que de croire qu’ils et elles étaient transformé-e- s après avoir lu de grandes idées théoriques et être d’accord avec elles, mais sans arriver à avoir le bon état d’esprit (et tout se passe ici, croyez-moi !) pour les mettre en application. Je n’y voyais donc que du bon.

Je me suis alors décidé à m’impliquer plus sérieusement dans deux comités, soit celui d’organisation et celui de communication/traduction, puis de prendre en charge la tâche de monter notre journal (Combat Syndical) lorsque le camarade qui s’en occupait est rentré en France. J’ai aussi suivi la formation d’organisateur et d’organisatrice 101, puis ai commencé progressivement à organiser mes collègues, ami-e- s et (disons-le) camarades désorganisé-e- s qui étaient et sont encore bien trop nombreux et nombreuses. Militer auprès des IWW est devenu une vraie drogue, un mode de vie, une raison de me lever à chaque jour, mais aussi d’aller au lit sagement chaque soir (ok… j’ai peut-être encore un peu de difficulté avec ça hahaha) pour être au top le lendemain et organiser cette foutue révolution qui ne cesse de ne pas arriver ! J’adore savoir que je contribue à faire une différence dans le monde et de la voir en branle sur le terrain, auprès de moi-même et auprès de l’organisation.

Militer dans le SITT-IWW

Militer auprès du SITT-IWW, par rapport au reste du milieu de la gauche radicale québécoise, est assez unique en soit. Il s’agit, par mon expérience personnelle, d’une conception totalement différente du militantisme que j’avais jusqu’alors pratiqué et qui surmonte de nombreuses failles, frustrations et limites de celui-ci (bien qu’elle comporte elle-aussi ses limites, d’où l’importance toujours aussi grande d’une diversité des tactiques). Je crois aussi qu’il est impossible de bien comprendre ce qu’est l’essence du syndicalisme révolutionnaire tant et aussi longtemps qu’on ne devient pas organisateur ou organisatrice et que nous ne sommes pas confronté-e- s aux changements à l’intérieur, de notre propre caractère et personnalité, que cela implique ; tou-te- s les autres organisateurs et organisatrices avec qui j’en ai discuté semblent totalement d’accord avec moi à ce sujet. J’eus en effet au cours des neuf derniers mois de nombreuses prises de conscience majeures qu’il m’apparaît maintenant primordial de partager avec le plus de militant-e- s possible car elles seront garantes de notre succès ou non :

L’une des principales choses que j’ai constaté est que l’état d’esprit que demande et génère une personne qui tente d’organiser son milieu (et pas seulement de travail, mais sa communauté, son cercle social, tout quoi !) comme un-e wobblie créera inévitablement en elle et chez les autres des changements radicaux qui lui seront bénéfiques, à commencer par le fait d’être à l’écoute et empathique plutôt que de parler et de juger (ce seul point aurait peut-être pu permettre aux États-Unis d’éviter l’élection de Donald Trump !), puis celui de surmonter sa gêne et ses peurs, ou celui d’apprendre à «empowerer» (ou empuissancer) les autres en leur confiant des tâches et des responsabilités (et en les accompagnant à travers celles-ci jusqu’à ce qu’ils et elles deviennent autonomes) qui les amèneront à devenir plus polyvalent-e- s plutôt qu’à vouloir tout faire par soi-même et de n’arriver à rien ou à, pire encore, recréer de façon informelle les structures de hiérarchie et de dépendance que nous nous échinons à éliminer.

Cette façon de faire, lorsqu’appliquée, ne peut faire autrement que de créer une intersectionnalité réelle plutôt que théorique et nous éloigner de ce que nous appelons le «manarchisme», le «brocialisme», le «féminisme blanc», etc. ; pour ne prendre que mon exemple personnel, la première personne avec que j’ai «organisé» sur mon lieu de travail le fut autour du sexisme des autres employé-e- s, et simplement parce qu’ELLE me l’a adressé ainsi. Je l’ai écoutée, tout simplement ! Il ne suffit que de laisser les gens parler pour qu’ils ou elles nous disent par eux et elles-mêmes quels sont leurs problèmes au travail, ou à la maison, ou dans leur quartier ou leur ville. Inutile de se lancer dans de grands discours intellectuels de lutte des classes, citant au passage des vieux barbus du 19 e siècle, pour convaincre quelqu’un que sa job et le système, c’est de la merde ! Mais revenons au sujet principal : il m’apparaît depuis impossible d’avancer sans lutter contre ce sexisme, qu’il vienne des patrons ou de l’intérieur même de notre – éventuel, pour l’instant – comité d’organisation, branche du syndicat, ou de moi-même, et il en est de même pour toutes les autres causes, et dans toutes les autres sphères de ma vie.

La seconde chose que je constate est que la démocratie industrielle, ou le socialisme-libertaire, si vous voulez l’appeler ainsi, est bien plus que la révolution d’un système politico-économique, mais est aussi une révolution culturelle – et intrinsèque, pas seulement une minable police du «politicly correct», mais un changement RÉEL de mentalité – qui doit commencer dès maintenant et qui sera à la fois le ciment, le nerf de la guerre et le chien de garde des mouvements révolutionnaires à venir en Amérique du Nord. C’est ce que la culture des wobblies me permet de répandre partout autour de moi, que je milite ou non, et autour de mes camarades de lutte ou non – c’est-à- dire aussi bien auprès des personnes qui ne font qu’hocher de la tête et être d’accord avec moi sans s’impliquer qu’auprès des personnes qui se joignent directement à la lutte et foncent tête baissée au sens réel du terme.

Mon troisième constat est qu’il m’est maintenant possible de militer et d’être PAYÉ pour le faire 40 heures par semaine car je le fais sur mon/mes lieu(x) de travail. Il me permet entre autre de surmonter le faux dilemme courant chez les militant-e- s très dévoué-e- s entre travailler moins pour pouvoir militer davantage ou travailler plus pour pouvoir consommer «plus éthiquement» (et… disons-le, ne pas vivre dans un taudis minable à manger des dumpsters !), mais en ayant moins de temps pour militer. Il me permet aussi d’AMENER la lutte des classes à mes collègues ou ami-e- s peu engagé-e- s politiquement plutôt que d’essayer de les FAIRE VENIR vers la lutte des classes dans leurs temps libres, ce qu’ils et elles n’ont évidemment jamais fait-e-s lorsque j’utilisais simplement la rhétorique marxiste habituelle – particulièrement ce bon vieux fétichisme de la manifestation qui est une bonne tactique, mais qui n’attire qu’un nombre très restreint de personnes.

Mon quatrième et dernier constat est que, bien que je n’enlève rien au militantisme étudiant ou de cultures très marginales (punk, par exemple) duquel je proviens, le vrai pouvoir est entre les mains des travailleurs et des travailleuses, car ce sont principalement elles et eux qui peuvent réellement bloquer l’économie (par leur accès direct aux moyens de productions) et faire céder l’État, mais surtout, car ce sont elles et eux qui peuvent s’approprier les moyens de production en vue de les autogérer selon leurs connaissances et leur expérience de ceux-ci, et personne d’autre ! Ce détail est on ne peu plus important : tout-e révolutionnaire sait bien qu’on ne libère pas quelqu’un-e, mais qu’il ou elle se libère. Il est donc crucial d’organiser ces personnes plus que quiconque, parce qu’elles seront nos meilleur-e- s allié-e- s ou nos pires ennemi-e- s lorsque nous devrons nous émanciper des griffes de l’État et des capitalistes ou nous défendre contre les réactionnaires (qui seront grossièrement ces personnes que nous avons négligées d’organiser au préalable). Si nous n’arrivons pas à retirer aux capitalistes le contrôle sur les secteurs clés de l’économie tels que celui de l’alimentation et à ce qu’ils fonctionnent par eux-mêmes en autogestion lorsque nous voudrons nous libérer, nous n’iront nulle part ! Allons donc travailler et organiser la société !

Dans l’ensemble, donc ?

Adhérer au SITT-IWW est probablement la meilleure décision que j’ai prise dans ma vie de militant. Par contre, comme on le répète souvent : « Adhérer à un Syndicat, c’est comme s’inscrire à un gym, il faut y travailler pour qu’il se passe quelque chose ! »

C’est là toute l’essence du syndicalisme de solidarité : des travailleurs et des travailleuses (employé-e- s et employables ou non) qui luttent eux-mêmes et elles-mêmes en «s’empowerant» les un-e- s les autres et en s’entraidant d’un milieu de travail à l’autre, même entre syndiqué-e- s et non-syndiqué- e-s IWW, et en ne nuisant qu’aux patrons et pas aux autres travailleurs et travailleuses ni à la qualité des services offerts à la population. Nous sommes une grande famille inclusive, qui grandit, qui prend de la maturité, et qui fait des petits. On va l’avoir, notre révolution (ou sinon, on mordra assez fort pour repartir au moins avec un morceau de= jambe) !

X377131

Vie de Wobblies: Comment je suis devenue membre des IWW.

Quand on m’a demandé si je pouvais écrire un témoignage pour raconter mon parcours avec l’IWW, ma première réponse a été « Haha, j’ai rencontré un gars sur Tinder pis c’est comme ça que j’ai découvert l’IWW ». C’est ridicule parce que c’est vrai, mais c’est quand même une plus longue histoire que ça.

Il y a 2 ans, je m’impliquais avec mon asso étudiante et je m’embarquais dans un recours collectif contre la police de Québec. Il y a 2 ans aussi, je traînais sans espoir sur Tinder quand j’ai rencontré quelqu’un de bien. Et il se trouve que ce quelqu’un est membre de l’IWW… Eh oui, c’est comme ça que j’ai découvert le syndicat. Même pas dans des manifs, même pas par les actions, même pas par son organisation syndicale, juste par un drôle de hasard.

On s’entend qu’à ce moment-là, j’avais pas beaucoup d’expérience au niveau du militantisme. Quelques manifs, une souricière brutale, 2 semaines de grève, présence sur l’exécutif de mon asso… Ça se résume à ça, je crois. Mais j’étais déjà tannée du militantisme étudiant, de ses contraintes et surtout, de l’impossibilité d’établir des vrais projets à long terme : les gens viennent faire leur bacc puis disparaissent, alors on doit tisser des liens rapidement, travailler au jour le jour. Ça a ses avantages, mais pour une personne introvertie comme moi, qui a besoin de prendre son temps avec les nouvelles personnes, c’est des contraintes difficiles à surmonter. J’étais rendue à un moment dans ma vie où j’avais envie de m’impliquer de façon plus durable, mais je voyais pas beaucoup d’options ; c’est précisément à ce moment -jolie coïncidence- que j’ai découvert l’IWW.

On pourrait maintenant croire qu’après avoir découvert le syndicat, j’aurais pris ma carte tout de suite. De ce que j’avais pu voir en manif, et de ce que j’en avais entendu, ça avait l’air d’une grande famille de gens qui se tiennent les coudes serrés ; ça donne envie de les rejoindre, non? Oui, mais en même temps, c’est justement ce qui fait que ça m’a pris autant de temps avant de prendre ma décision. Comment moi, qui ne connaissais pratiquement personne du groupe, qui n’avais presque jamais participé à des actions directes, qui ne se croyait pas à la hauteur, j’allais réussir à faire ma place là-dedans? Eh bien, ça l’air que j’y suis arrivée. J’ai pris ma carte et me voilà, un an plus tard, à être impliquée dans 3 comités et secrétaire d’un d’entre eux, à être déléguée, à avoir donné 2 formations d’introduction à l’IWW et à écrire un article pour notre blog. À toutes les personnes trop timides pour faire le premier pas : vous ne perdez rien à essayer, y’a personne qui va vous manger.

Et puis la grande question : pourquoi j’ai fini par autant accrocher à ce groupe-là? Il y a mille réponses à ça, mais je trouve que le syndicat incarne des valeurs que je partage et que j’ai jamais vraiment eu l’occasion d’exprimer. J’ai une formation en travail social et ça fait des années que j’occupe des jobs dans le service à la clientèle ; après un moment, j’ai fini par réaliser que la précarité et la souffrance que vivent les gens qui travaillent en relation d’aide, que la pauvreté dans laquelle se démène la majorité des personnes autour de moi… ça ne peut pas durer. C’est pas normal qu’on doive vivre comme ça, je peux pas croire qu’il existe aucun moyen de s’en sortir. On en parle entre collègues, oui, on s’en plaint, mais pour plusieurs raisons on ne trouve jamais les moyens de s’attaquer au problème. Ce que je crois avoir trouvé avec l’IWW, c’est un bon point de départ pour faire ça.

Déjà, d’avoir un espace pour parler de ces problèmes-là et mettre en commun nos expériences, au lieu de nous dire qu’il y a pire et qu’on devrait se la fermer. Puis découvrir ce qui s’est fait ailleurs, ce qui motive les autres personnes, ce qu’on pourrait faire ; il y a une foule d’actions possibles pour parvenir à nos fins, des appels téléphoniques aux occupations, en passant par les manifs et les ateliers de discussion. Il n’y a pas que la grève pour venir à bout d’un conflit de travail : la créativité et la solidarité peuvent -et vont- nous mener loin.

Et pour finir sur une note cute, c’est toute cette implication qui m’a fait découvrir un monde de possibilités et de personnes extraordinaires, en plus de m’avoir donné un solide boost de confiance en moi. Oui, parce que j’assume des responsabilités et que les gens me font confiance, mais aussi parce que je me rends compte aujourd’hui que j’ai réussi à me créer un réseau dans une nouvelle ville, dans un groupe que j’ai choisi et qui représente mes idées. J’ai aussi appris ce que c’était, la solidarité. J’ai trouvé l’engagement militant qui me convient ; un engagement actif, continuel, plus centré sur l’action dans le présent que sur le respect à tout prix d’une idéologie. On fait quelque chose ensemble, et ça, ça n’a pas de prix. Il s’agit de cesser d’être passifs face au monde et ensemble, de commencer à y prendre activement notre place.

X377108

Découvre comment bâtir ton Syndicat!

Formation d’organisation 101.

Donnée sur 2 jours et en français, la formation d’organisation 101 (OT-101) permet de connaître et pratiquer les bases de la pratique d’organisation syndicale. Celle-ci vise à donner les outils nécessaires aux organisateurs et organisatrices qui pourront les utiliser sur leur lieux de travail, afin de mener des luttes syndicales dans la tradition du syndicalisme de solidarité en s’appuyant sur l’action directe.

La formation se déroule sur 2 jours, de 9h à 17h, soit le samedi 4 mars et dimanche 5 mars. Déjeuner et dîner sont assurés durant la formation. Un « social » est organisé le samedi soir.

La formation est accessible à tout les travailleurs et travailleuses. Cependant, en cas de demandes trop importantes, les personnes membres seront priorisées. Une contribution volontaire d’environ 20$ est suggérée.

INSCRIPTION

L’inscription se fait via le formulaire suivant: https://docs.google.com/forms/d/1nK54FBqBQlf5uOYBc7bm-X3WspYiFaFCh3ojdLtGi90/viewform?edit_requested=true

 

Déclaration du SITT-IWW contre les mesures anti-musulman.es de Trump.

Déclaration du SITT-IWW contre l’interdiction de voyager pour les musulman.es, instaurée par Trump. Soumis le lundi 6 février 2017 à 18h51

Le SITT-IWW est un syndicat pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses qui s’oppose à toutes les formes de discrimination. Ainsi, nous sommes absolument contre la récente interdiction de voyager instauré par Trump et qui vise les musulmans et musulmanes. Ce pas vers la discrimination officielle est une attaque contre nous tous et toutes. Le SITT-IWW a comme but d’organiser et de construire un réseau de force pour les travailleurs et les travailleuses les plus vulnérables, ce qui inclus les travailleurs et travailleuses à faible revenu et les immigrants et immigrantes. Nous sommes touchés par la résistance massive qui est née immédiatement après l’interdiction, comme, par exemple, de voir autant de personnes manifester leur mécontentement dans les aéroports à travers le pays. Nous sommes particulièrement fiers des travailleurs et travailleuses de la compagnie New York Taxis, qui ont interrompu les services à l’aéroport John F. Kennedy, mais aussi des employé.es des compagnies aériennes qui ont refusé de soutenir l’interdiction. Nous sentons que tous les gens sains d’esprit comprennent qu’il nous faut être solidaires jusqu’à ce que tous les non-résident.es aient le droit d’entrer au pays sans peur de représailles ou de persécutions. Cette solidarité entre prolétaires est notre meilleure arme pour repousser la vague de racisme – nous espérons que cette solidarité ne soit qu’un aperçu de ce dont nous sommes capables. Nous devons nous organiser pour réclamer la libération de tous les immigrant.es incarcéré.es et pour renverser l’interdiction de voyager. Notre pouvoir réside dans la solidarité. Une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous est une attaque contre tous et toutes!

Maraudage dans le secteur de la santé ou la dérive d’un corporatisme toxique

C’est le 6 février 2015 qu’a été adoptée la Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales, aussi appelée la Loi 10, qui allait entraîner des changements majeurs dans la structure du secteur de la santé et des services sociaux québécois. À cette époque, une importante mobilisation, constituée d’organisations syndicales, citoyennes et même professionnelles, a contesté cette réforme drastique dont les répercussions impliquent un chamboulement important de la structure organisationnelle du secteur.

Cette loi, comme tant d’autres, fut évidemment adoptée sans aucune consultation préalable des acteurs concernés. Son principal effet consiste à abolir de nombreux paliers administratifs et à fusionner une quantité importante d’établissements jusqu’alors autonomes. Avant, dans le réseau de la santé, il existait 182 établissements. Avec la Loi 10, nous passons à seulement 34, soit les Centres intégrés en santé et en services sociaux et les Centres intégrés universitaires en santé et en services sociaux. Cette réorganisation est évidemment présentée par le Gouvernement du Québec comme une mesure « d’optimisation des ressources allouées au réseau de la santé » en abolissant les agences régionales de santé et de services sociaux. Dans les faits, on peut surtout y voir une autre manifestation de l’austérité budgétaire puisqu’elle aura servi de prétexte pour des coupures de plusieurs centaines de millions de dollars dans l’enveloppe budgétaire du Ministère de la Santé.


Mais un autre effet, plus obscur, de l’adoption de cette loi est le chambardement dans le découpage syndical du secteur. Selon la CSN, il s’agirait de « la plus importante période de vote d’allégeance syndicale en santé et en services sociaux jamais connue au Québec »1. Concrètement, il faut comprendre qu’avec le monopole de la représentation syndicale, l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux est décortiqué en diverses unités de négociation. Pour chacune de ces unités, une association syndicale (généralement affiliée à une centrale syndicale) a le droit exclusif de représenter l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui la composent (l’accréditation syndicale). La réforme actuelle, en procédant à la fusion d’établissements, a pour effet de réduire de 800 à 100 les accréditations syndicales du secteur de la santé. Il va sans dire qu’il s’agit alors d’un moment névralgique pour les syndicats puisqu’il y aura une redéfinition des « parts de marché » à se diviser entre eux. Pour les établissements fusionnés dans lesquels se trouvaient des associations syndicales affiliées à plus d’une centrale syndicale (CSN, APTS, FIQ, CSQ, SCFP, FTQ et CSD), un vote, supervisé par le Tribunal administratif du travail, doit avoir lieu afin de déterminer l’affiliation de la nouvelle entité fusionnée.

Ce sont ces nombreux votes qui ont lieu du 30 janvier au 24 février 2017, aussi appelés le maraudage du secteur de la santé et des services sociaux.

1) Le maraudage : un complot de l’État et du patronat contre l’action syndicale?

Le maraudage, soit ces périodes durant lesquelles il est possible de changer d’accréditation syndicale, est un processus qui découle directement du modèle de rapports collectifs du travail imposé par l’État québécois (inspiré lui-même du Wagner act américain). En effet, à partir du moment où un syndicat a le monopole de la représentation de tous les travailleurs et toutes les travailleuses d’un milieu de travail donné, il est logique de prévoir certains mécanismes pour leur permettre de changer d’organisation selon leur volonté collective. Il peut s’agir d’un mal nécessaire, si on pense par exemple à certains syndicats contrôlés par les patrons de l’entreprise. Cependant, nous y voyons aussi des effets délétères.

C’est ainsi que le Code du travail prévoit certaines périodes précises durant lesquelles il est possible pour un syndicat rival de contester l’accréditation syndicale en obtenant une majorité de membres. La détermination des moments où ceci est permis est évidemment d’une grande complexité, laissant peu de place à l’initiative des travailleurs et travailleuses, généralement dépendants-es de l’expertise d’une centrale rivale, sans parler du nombre effroyable de règles qui régissent aussi le déroulement du maraudage. Comme c’est le cas dans tant d’autres volets du syndicalisme légaliste, on peut voir dans cette technicisation de l’action syndicale un phénomène des plus néfastes pour la démocratie interne, l’autonomie et la vitalité du syndicat local.

Dans le maraudage se trouve la manifestation d’une autre pratique désolante : la compétition intersyndicale. Dans ce contexte, nous assistons possiblement à l’expression la plus hideuse de la dérive corporatiste des centrales syndicales québécoises, ne serait-ce que parce qu’on peut facilement faire un parallèle avec le secteur privé où diverses entreprises compétitrices se disputent le même marché. Plutôt que de mettre énergie et ressources au service de la défense des intérêts des membres (et ultimement leur émancipation?), l’accent est mis sur la diffusion de campagnes de publicité, la tenue de kiosques dans les milieux de travail, la production de matériel de promotion, etc. Ces périodes sont ainsi excessivement contre-productives pour la lutte contre le patronat qui joue dans ces circonstances, un rôle de simple spectateur. Qui plus est, dans ce contexte toxique, il est assez fréquent qu’un syndicat poursuive dans les tribunaux ses concurrents. Encore une fois, nous sommes excessivement loin de la fonction légitime d’une telle organisation; c’est d’abord la solidarité entre salariés-es qui en prend tout un coup!

2) Critique de la situation actuelle : une marchandisation du service syndical?

Le maraudage du secteur de la santé est l’illustration parfaite de la nocivité d’un tel processus. Déjà, tel que mentionné, on peut présumer que les sommes d’argent investies sont l’accumulation de plusieurs millions de dollars. Cependant, au-delà de la simple préoccupation budgétaire, le discours et les arguments tenus par les centrales afin de convaincre les salariés-es de voter pour leur organisation sont des plus préoccupants.

Pour commencer, l’obsession quantitative et financière est tout à fait symptomatique de l’hégémonie de l’idéologie néolibérale qui a même réussi à contaminer les organisations syndicales. Pour la plupart des centrales, il semble que le meilleur argument pour « vendre » leur service se trouve dans la faiblesse du coût de la cotisation syndicale. Par exemple, la CSQ ne s’est pas gênée durant le temps des fêtes pour déclarer qu’un vote pour cette centrale « c’est plus d’argent pour Noël l’an prochain! » (sic). Du côté du SCFP, on met à la disposition des membres potentiels un calculateur virtuel permettant de déterminer, selon le poste, la catégorie et la région de résidence, avec quelle organisation il en aura le plus pour son argent. Évidemment, à la lumière des résultats, on constate que c’est plus souvent qu’autrement ce syndicat qui serait le plus avantageux. Bref, tout cela donne l’impression de vendeurs qui affirment avoir « le prix le plus bas en ville. »

Aussi, il est fort évocateur de prendre note de la prédominance du thème des assurances collectives dans les arguments de l’ensemble des organisations prétendantes. Chacune tente de faire la démonstration de la supériorité du produit qu’ils offrent en comparaison avec ses concurrentes. Des tableaux comparatifs sont ainsi diffusés afin de prouver que l’un est meilleur que l’autre. Bien sûr, ce ne sont pas les centrales elles-mêmes qui autogèrent ces régimes assurantiels; leur fonction se résume plutôt à être les courtiers de leurs membres afin de négocier avec les compagnies d’assurance (généralement privées).

Mention spéciale doit être faite à la CSN, qui semble beaucoup moins prompte que ses rivales à mettre l’accent sur les avantages pécuniers d’un vote favorable. Effectivement, son discours porte généralement plus sur sa capacité de mobilisation et d’action politique. Une fois que cela est dit, ça ne signifie pas que la Confédération soit moins obsédée par les nombres : il semble que ses spécialistes en communication aient décidé que la « force du nombre » devait être le principal argument en sa faveur, puisque la supériorité du syndicat découlerait de la prépondérance de membres en comparaison avec les rivaux.

Tous ces exemples permettent d’établir une constante : le syndicat n’est plus présenté comme une organisation par et pour les membres. Plutôt que d’y voir l’occasion de s’unir pour faire la force, on semble être dans un paradigme où le syndicat n’est qu’un vulgaire prestataire de services qui doit offrir le produit le moins cher et le plus avantageux sur le marché. Bref, on peut se questionner à savoir s’il ne s’agirait pas de la manifestation d’une marchandisation de l’action syndicale.

Cela est sans compter la dérive corporatiste qui est incluse dans le discours de nombres d’organisation. Ce chauvinisme institutionnel, en plus d’être fortement contre-productif si on garde en tête l’objectif ultime de la lutte contre le patronat, est d’autant plus nocif qu’il joue un rôle de démobilisation pitoyable pour l’ensemble du mouvement syndical. Ainsi, plusieurs centrales s’accusent les unes et les autres de mentir à la population ou de falsifier les statistiques afin de s’auto-promouvoir. Pensons seulement à la CSN qui a accusé la FIQ de « mener une campagne de désinformation » et d’avoir trahi ses membres lors de la dernière négociation.

Au niveau du corporatisme et de la désolidarisation, soulignons la campagne de la FIQ qui a atteint les bas-fonds du cynisme syndical. Sa campagne de publicité met d’abord l’accent sur l’uniformité de la composition du membership de l’organisation qui se veut une fédération interprofessionnelle. Ainsi, avec la FIQ, pas question de côtoyer des vulgaires préposés-es aux bénéficiaires, des travailleurs et travailleuses des cuisines, de l’entretien ménager, etc., car, « Contrairement aux autres syndicats, à la FIQ, nous sommes 100% professionnels en soins. » Ce discours est d’autant plus déplorable qu’il n’a pas seulement pour effet d’exacerber la compétition entre les organisations, mais de favoriser le mépris entre les salariés-es qui sont appelés-es à se désolidariser en fonction de leur profession, plutôt que de faire un front uni contre l’employeur.

3) Une autre vision du syndicalisme

Il existe certainement de nombreuses différences entre les diverses organisations syndicales présentement actives dans ce maraudage, notamment pour les questions liées à l’action politique, le positionnement dans les débats publics, le coût des prestations, etc. Cependant, il nous faut également reconnaître une homogénéité certaine quant aux moyens mis en œuvre pour jouer leur rôle de défense des travailleurs et travailleuses. Effectivement, toutes ces organisations effectuent au final la même tâche : soit de négocier « de bonne foi » des conventions collectives qu’ils co-administreront, avec le patronat, pour la période durant laquelle elles sont en vigueur. Elles amèneront en arbitrage les griefs de leurs membres, siègeront sur des comités de relations de travail ou de santé et sécurité au travail, tiendront des BBQ et, parfois, participeront à des manifestations.

Toutefois, il faut savoir qu’un autre syndicalisme est possible. On peut prôner une autre façon de faire par et pour les salariés-es. Plutôt que de voir le syndicat comme une entitée extérieur que nous ne contrôlons pas, il pourrait être une constellation de travailleurs et travailleuses qui s’unissent pour mener un combat collectif contre nos exploitants. Ainsi, toutes nos énergies seront concentrées sur la lutte contre le patronat, afin de nous émanciper pour de bon de l’exploitation salariale.

X374161

Les travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation se syndiquent avec les IWW

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Pour diffusion immédiate
– Montréal, 8 février 2017 – Les employé-e-s des milieux associatifs en éducation, provenant d’associations étudiantes, de cafés étudiants, de coopératives étudiantes et de syndicats d’enseignement, forment un nouveau regroupement syndical au sein du Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses (SITT-IWW).

C’est dans l’objectif de contrer la précarisation croissante de leurs emplois et de leurs conditions de travail que ces travailleurs et travailleuses s’unissent sous la bannière des IWW. Bien que le mouvement étudiant soit souvent solidaire des revendications progressistes, ce n’est que très rarement qu’il s’est engagé concrètement dans les luttes pour l’amélioration des conditions des employé-e-s de leurs associations.

« Nos emplois sont à contrat déterminé, ils sont souvent à temps partiel et n’ont pas de garantie d’heures l’été. Parfois, nos emplois sont même considérés comme du bénévolat! Nous revendiquons une sécurité d’emploi et des conditions de travail décentes. » affirme la porte-parole du Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation, Jasmine Léger. « Nous croyons qu’un salaire minimum de 15$ de l’heure, 5 semaines de vacances payées par année et 7 jours de maladies payés dès l’embauche constitue le minimum auquel nous avons droit. » poursuit Mme Léger.

Cette nouvelle initiative syndicale fait suite aux gains obtenus par le Syndicat des travailleurs et travailleuses du Frite Alors. En effet, à l’instar de leurs camarades, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation est fondé sur le principe du syndicalisme de solidarité et de l’action directe, visant la construction d’un rapport de force durable en vue d’instaurer, puis rehausser, un plancher de conditions de travail pour nous attaquer à la précarité.

SOURCE: Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses (SITT-IWW) de Montréal.

Renseignements: Ben Hunter, attaché de presse du STTMAE
Téléphone: 514-869-6130
Courriel: [email protected]

LIENS CONNEXES
http://www.facebook.com/sttmae

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des milieux associatifs en éducation (STTMAE) regroupe des employé-e-s de cinq milieux de travail, soit:
– l’Association générale étudiante du Cégep de Drummondville (AGECD)
– l’Association générale étudiante du Cégep de St-Jérôme (AGES),
– l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ),
– l’Association générale des étudiants de Montmorency (AGEM)
– l’Association générale des étudiants et étudiantes du Collège Édouard-Montpetit (AGECEM).

Tanné-e-s d’être précaires

Les membres des différentes associations étudiantes, un peu partout à travers la province, sont relativement habitué-e-s de se faire rappeler qu’il faut constamment lutter pour améliorer leurs conditions de vie et d’étude. Par contre, le mouvement étudiant, bien que souvent solidaire avec ce genre de revendications, ne s’est que très peu souvent engagé concrètement dans les luttes pour l’amélioration des conditions de travail.

STTMAE 3.pngCette année, l’ASSÉ, avec sa campagne “Tanné-e-s d’être pauvres”, se lance à l’assaut de ce qui rend les étudiants et étudiantes précaires et prend notamment position pour un salaire minimum à 15$ de l’heure. Même si nous nous devons d’applaudir cette prise de position, il est important de souligner que cette revendication est loin d’être mise en application au sein même des associations étudiantes.

D’entrée de jeu, nous tenons à souligner que nous appuyons la campagne “15-5-7” de l’IWW Montréal pour attaquer la précarité au travail de front. 15$ de l’heure, pour être au niveau du seuil de pauvreté et non plus en dessous. 5 semaines de vacances payées par année dès l’embauche, pour retrouver un peu de temps à nous et diminuer globalement le temps passé à travailler. 7 jours de maladie payés par année, dès l’embauche, parce qu’être malade, ce n’est pas un choix. Ce n’est qu’un gros minimum dans la lutte pour enrayer la précarité au travail. Ce devrait aussi être le gros minimum à offrir lorsqu’on veut embaucher une personne.

De base, on peut soulever le fait que plusieurs employé-e-s de permanences d’association étudiante ou de syndicat de l’éducation ont souvent le 15$ de l’heure d’acquis, mais pas nécessairement le reste. Le tableau est vraiment moins beau si on regarde du côté des employé-e-s de café étudiants (souvent au salaire minimum) et dans les coopératives étudiantes comme Coopsco. Quelle crédibilité a une association étudiante qui exige une mesure tout en ne l’appliquant pas dans son propre café? Il serait grand temps d’y remédier, et vite, sinon ces associations sont carrément complices de la précarité étudiante et ouvrière.

sttmaeLa précarité est loin de s’arrêter à ce niveau dans les milieux associatifs en éducation. En effet, la majorité des emplois offerts par les associations étudiantes et les cafés étudiants sont précaires par définition. Emplois à contrat déterminé, temps souvent très partiel, emplois atypiques ou sur appel, mises à pied durant l’été; si certaines de ces mesures peuvent satisfaire certaines travailleuses et certaines travailleurs, il faut dire qu’elles sont, plus souvent qu’autrement, une façon de précariser les employé-e-s. Si nous n’avons pas nécessairement de solution miracle à proposer face à ce genre de situation, il serait tout de même bien de se poser la question lorsqu’il y a volonté d’embaucher, et ne pas tenter de reproduire ce qui se fait dans l’entreprise capitaliste actuelle.

Toutes ces raisons sont celles qui nous ont poussé à nous organiser en tant que Syndicat des Travailleuses et Travailleurs des Milieux Associatifs en Éducation (STTMAE). En effet, à l’instar de plusieurs associations étudiantes, nous croyons au syndicalisme de combat pour faire valoir nos revendications et désirons nous organiser pour améliorer nos conditions de vie. Pour nous, il est temps de combattre la précarité présente même dans nos milieux progressistes. Nous adhérons également à une vision révolutionnaire du syndicalisme qui permet, maintenant, d’organiser la société de demain dans la coquille de l’ancienne.

Parce que nous aussi, vos employé-e-s, sommes tanné-e-s d’être pauvre!

Visitez notre page Facebook : https://www.facebook.com/sttmae

Lettre de l’éditrice sortante de l’Industrial Worker

Après 8 ans de loyaux services au poste d’éditrice du journal l’Industrial Worker (IW), la fellow worker Diane Krauthamer décida à l’automne 2016 de ne pas se représenter et de laisser la place à quelqu’un.e d’autre. Nous vous retranscrivons ici la lettre qu’elle a fait paraître dans la dernière édition de l’IW et la remercions chaleureusement pour tout ce qu’elle a fait. Nous profitons aussi de ces quelques lignes pour souhaiter la meilleure des chances à la fellow worker Roberta McNair, élue à majorité au référendum international pour le poste d’éditrice de l’IW pour le mandat 2017.

Fellow workers,
Après 8 merveilleuses années, cela aura été est mon dernier numéro en tant qu’éditrice de l’Industrial Worker. Bien que j’aie l’intention de continuer à travailler sur cette publication sur une base volontaire, je démissionne de ma position d’éditrice de l’Industrial Worker à la fin de 2016. Un-e autre camarade à être élu.e prendra ma place.

Lorsque j’ai commencé cet emploi au début 2009, je n’avais pas beaucoup d’expérience avec l’IWW. À cette époque, je vivais à New-York, aidant avec la section locale au soutien 
du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks et des campagnes d’organisation dans les entrepôts alimentaires de Brooklyn et du Queens. Ma connaissance et mon expérience avec les Wobblies du monde entier étaient plutôt limitées.

 

diane

Diane Krauthamer, éditrice de l’Industrial Worker.

En devenant éditrice de l’IW, j’ai eu le plaisir d’échanger des histoires avec des centaines de camarades du monde entier, de gens travaillant dans diverses industries, occupant différentes fonctions et militant pour plusieurs causes axées sur le travail. Même si nos communications ne se résumaient qu’en quelques échanges courriel, c’était exaltant pour moi d’apprendre sur les différents projets, campagnes, événements, victoires d’organisation, expériences, opinions, et idées de chaque personne. Malgré des revers et des épisodes de surmenages occasionnels, j’ai toujours trouvé la motivation pour poursuivre mon travail sur l’IW et mon implication avec le syndicat a été un succès. Mon implication avec l’IWW continue d’être inspirée par les innombrables fellow workers qui gardent vivant le momentum de notre syndicat. J’aurais abandonné il y a longtemps si ce n’était pas de vous.

Bien que mon travail sur le journal soit bientôt terminé (pour l’instant), mon travail pour le syndicat est loin de l’être. Ma première priorité est de bâtir et de renforcer l’IWW. Au cours des années, j’en suis venue à réaliser que n’importe quelle tentative est futile à moins que nous nous battions contre toute forme de discrimination dans le processus. Et ceci est impératif si nous voulons voir croître notre force. Comme certain.es d’entre vous se souviennent peut-être, au fil des années passées, au travers de mon travail éditorial, j’ai encouragé les débats ouverts sur ces problèmes. Personnellement, je crois que le plus gros obstacle à la croissance de l’IWW est le sexisme, et je ne crois pas qu’agir comme si le problème n’existait pas va le résoudre. L’IW est la publication officielle de l’IWW, et en tant que tel, je crois que ça devrait être la mission de cette publication d’encourager la poursuite du dialogue qui peut nous aider à travailler sur ces problèmes complexes.

J’ai choisi d’inclure ces discussions dans les pages de lIndustrial Worker pour cette raison précise. Si nous sommes honnêtes sur qui nous sommes, nous devons être honnêtes sur comment nous pouvons nous améliorer. Les membres potentiel.les vont voir cela et vont vouloir se joindre à une organisation qui reconnait ses problèmes et travaille à les résoudre. Les ancien.nes membres pourraient même revenir dans l’organisation s’il.les voient que nous nous battons ouvertement contre une culture patriarcale à l’interne. Les membres actuel.les peuvent être contrarié.es à propos de l’opinion d’une personne, mais il.les peuvent aussi répondre et voir leurs opinions publiées, et c’est ce qui rend le dialogue efficace. De l’autre côté, les patron.nes qui lisent l’IW, ne sauront pas quoi faire face à une organisation aussi forte.

Alors que je passe le flambeau au prochain éditeur ou la prochaine éditrice de l’IW, j’encourage cette personne à incorporer une mission éditoriale semblable dans son travail au journal, tout comme je l’ai fait avec le mien. Pendant ce temps, je vais continuer de bâtir un syndicat plus fort et plus inclusif. Mes buts demeurent les mêmes, quelle que soit ma position. 

J’espère que mon travail à l’Industrial Worker vous aura inspiré, car le vôtre m’a très certainement inspiré.

En solidarité,

Diane Krauthamer

Éditrice de l’Industrial Worker.

 

 

Paru en version originale anglaise dans l’édition de l’automne 2016  de l’Industrial Worker, #1777 Volume 113 No.4. Traduction par Pierre-Luc G et correction par Coline G.

UN MILITANT DES IWW BLESSÉ PAR BALLE D’UN COUP DE REVOLVER À SEATTLE

Vendredi 20 janvier et samedi 21 janvier, il y a eu de nombreuses manifestations anti-trump et anti-capitaliste. Lors de celle qui passait par l’université de Whashington à Seattle, pour contrer et empêcher un discours pro-trump du fasciste Milo Yiannopoulos (suprémaciste blanc), un membre des IWW (confédération syndicaliste révolutionnaire) a reçu une balle à bout portant. Ci-dessous la traduction de l’appel de fond pour lui payer les soins et les probables frais de justice.

Le Comité de Rédaction du Monde Libertaire

Dans la soirée du vendredi 20 janvier, un de nos compagnons a été blessé d’une balle dans l’estomac dans le lieu le plus public du campus de l’Université de Washington à Seattle – un endroit appelé «Place Rouge» pour la couleur de ses briques plutôt que pour sa politique.

Ce fellow workers (c’est ainsi que les membres de l’IWW se désignent entre eux) est un militant anti-fasciste actif de longue date, membre des Industrial Workers of the World (IWW) et du Comité de Défense Générale (GDC) de l’IWW. Il est actuellement dans un état critique à Harborview Hospital à Seattle. Ils ont un centre de traumatisme de niveau 1, donc il est probable qu’il reçoive la meilleure qualité de soins disponibles, ce pour quoi nous sommes profondément reconnaissants.

Comment réagissons-nous ? Nous construisons une présence anti-autoritaire, anti-capitaliste, antiraciste, anti-sexiste et antifasciste élargie à Seattle, et cette personne était à la tête de cet effort. Est-ce que d’autres sont prêts à s’avancer et à le remplacer pendant qu’il guérit ?

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour montrer au monde ce qui est clair pour nous : nous subissons une attaque armée. La droite fasciste sait où nous trouver – les manifestations anti-Donald Trump, ou les actions contre la brutalité policière. Dans les Villes Jumelles [Minneapolis et Saint-Paul] vient de commencer le procès d’Allen Scarsella, un des suprématistes blancs qui s’est rendu à la quatrième circonscription à Minneapolis en novembre 2015 et a ouvert le feu, tirant sur de nombreuses personnes.
Nous n’avons pas la confirmation que la personne qui a tiré sur notre compagnon était un contre-manifestant en colère contre ceux qui protestaient contre la détestable misogynie blanche nationaliste de Milo. Nous savons qu’il s’est rendu lui-même à la police plusieurs heures plus tard, en revendiquant la « légitime défense ». C’est bien sûr exactement ce que Scarsella a également fait.

Notre ami aura d’énormes frais d’hôpital et sans aucun doute des frais juridiques aussi. Il subira également une perte importante de revenus. Soutenons-le afin qu’il n’ait pas à s’inquiéter de ce genre de problème. S’il vous plaît donnez. Tout l’argent sera contrôlé directement et rien ne sera attribué à aucune autre cause, à l’exception des frais associés au service de collecte de fonds utilisés.

S’il vous plaît ne vous contentez pas de donner ; dites à vos amis, à vos familles et à vos organisations de donner. Cela peut sembler décourageant, mais voici pourquoi ils devraient le faire :
Il ne s’agit pas seulement d’un individu. Vos amis et vos familles savent que la situation a radicalement changé. Ils savent que les choses changent rapidement, et ils ont beaucoup entendu le mot fascisme depuis que Trump a été élu. Ils peuvent même soupçonner que le rythme effréné des révélations médiatiques et des décisions de l’exécutif vise à les distraire et à les faire se sentir impuissants.

Il s’agit de protéger ceux qui se sont déjà mis en avant pour nous protéger. Ceux qui se sont organisés pour nous et qui se sont engagés avant même Donald Trump ait été élu. Il s’agit de les protéger. Il s’agit d’encourager NOTRE côté à s’organiser pour se protéger, plutôt que de simplement solliciter la protection contre les fascistes et les racistes. Dont certains sont maintenant au pouvoir.

Nous devons leur assurer un soutien généralisé, et nous devons le faire au nom de l’anti-fascisme organisé. Nous devons démontrer que, indépendamment de notre propre analyse politique ou de notre identité – progressiste, libérale, de gauche, radicale, etc. – nous soutenons l’antifascisme et nous soutenons les antifascistes. Nous ne laisserons pas les nôtres en arrière. Nous soutiendrons les efforts antifascistes, surtout parce qu’ils sont plus nécessaires que jamais, et parce que ne pas les soutenir en ce moment crucial serait une catastrophe.

Merci de lire cet appel jusqu’au bout. Il est difficile d’entendre qu’un compagnon a été blessé par balle. Nous n’avons peut-être pas tout exprimé de la manière la plus organisée ou la meilleure, et si tel est le cas, veuillez accepter nos excuses.
Nous espérons que vous envisagerez de faire une contribution et peut-être écrire des lettres ou d’appeler le président de l’Université de Washington en exprimant votre soutien à la victime de la fusillade et aux manifestants, en exprimant vos critiques à l’égard de l’administration de l’Université Washington qui a autorisé un événement dont elle savait qu’il allait encourager la violence contre les groupes minoritaires. Maintenant, ils ont obtenu ce qu’ils auraient dû prévoir. Appelez ou écrivez au procureur du comté et exigez des poursuites agressives. Appelez les conseillers municipaux de Seattle et demandez-leur de publier une déclaration publique de condamnation des attaques violentes contre des manifestants antiracistes et antifascistes, et demandez-leur de soutenir notre compagnon.

Dites la vérité à vos voisins. Changez le récit que les médias vont essayer de vous présenter.

gdc

SOURCE : https://www.crowdrise.com/medical-fundraiser-for-iww-and-gdc-member-shot-in-seattle

Traduction par le Monde Libertaire:
http://monde-libertaire.net/?article=Un_militant_des_IWW_blesse_par_balle_dun_coup_de_revolver_a_Seattle